Pulpit

Sion dans ses lieux de rassemblement

Andrew Jenson

1908 October General Conference·First Day Afternoon Session·1908-10-04

(Historien assistant.) À l'heure actuelle, mes frères et sœurs, Sion, dans sa condition rassemblée, est représentée par 58 pieux, et dans sa condition dispersée par 21 missions. Sur chacun de ces pieux, comme nous le savons, il y a des présidences ; et il y a aussi des présidents sur chaque mission, telles qu'elles sont maintenant établies à travers le monde. De ces dirigeants qui président, nous entendons souvent des rapports, comme nous en avons entendu ici aujourd'hui. En regardant largement l'œuvre des saints des derniers jours, nous réalisons que nous avons en effet un grand labeur à accomplir sur la terre. Notre mission spéciale est de prêcher l'Évangile dans le monde entier, dans quel but des missionnaires ont été envoyés depuis le tout début. Dans certains pays, ces missionnaires ont eu plus de succès que dans d'autres ; et particulièrement parmi les peuples de langue anglaise, les anciens ont été bénis en faisant un grand nombre de convertis. Ces convertis, une fois baptisés dans des pays étrangers, ou dans différentes parties de notre pays, sont habituellement organisés en branches et en conférences de l'Église, et celles-ci sont regroupées en missions. La plupart des missions dans les différentes contrées où nos anciens ont prêché ont été relativement permanentes, mais les conférences, et particulièrement les branches de ces missions, n'ont pas toujours été continues, parce que les membres qui les composent émigrent habituellement vers Sion, après un court laps de temps, parfois quelques mois seulement, parfois quelques années.

Le principe du rassemblement est enseigné par les anciens de l'Église ; et s'il n'a pas été beaucoup enseigné en public à certains moments, l'Esprit de Dieu, néanmoins, chuchote aux membres que la dispensation de la plénitude des temps est une dispensation de rassemblement, et qu'il est convenable et profitable pour les Saints de se rassembler à Sion, comme l'a fait remarquer frère Ivins, pour mieux apprendre les voies du Seigneur et marcher plus parfaitement dans ses sentiers. Pour cette raison, nous avons rassemblé les Saints presque depuis le commencement, le Seigneur nous faisant savoir qu'il appellerait les élus des quatre coins de la terre à s'assembler et à s'organiser en Sion, ou en pieux de Sion. Ainsi le Seigneur, dès les premiers temps, a révélé l'emplacement de la ville principale dans le comté de Jackson, au Missouri, et depuis ce temps jusqu'à présent nous avons compris que nous devrions, dans le cadre de nos labeurs pour la rédemption de l'humanité, bâtir des pieux de Sion à travers le pays jusqu'à ce que l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud soient toutes deux remplies de tels pieux. En fait, le prophète Joseph, lors de la dernière conférence à laquelle il assista avant son martyre à Carthage, en Illinois, déclara que toute l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud constituaient elles-mêmes le pays de Sion.

Nous avons été passablement réussis dans nos labeurs missionnaires à l'étranger, et nous avons aussi été passablement réussis dans nos entreprises à domicile. Pendant un certain nombre d'années après l'organisation de l'Église, disons 17 ou 18 ans, nous avons travaillé sous de grandes difficultés et dans des circonstances éprouvantes, dans nos efforts pour bâtir des cités, des villes et des villages dans l'Est, alors que la persécution s'élevait contre nous à cause de notre foi singulière, et que nos voisins ne voulaient pas nous laisser tranquilles. Ils nous ont volés et pillés, chassés de lieu en lieu, tué un certain nombre de nos gens, et rendu les choses très pénibles en effet pour les survivants. À la fin, nous nous sommes trouvés chassés au-delà des frontières de la civilisation dans ces vallées des montagnes — un événement qui eut lieu en accomplissement des prédictions faites par le prophète Joseph Smith de son vivant. Si sa vie avait été épargnée, il nous aurait sans doute conduits ici lui-même ; mais comme il fut enlevé alors qu'il était encore un jeune homme, le président Brigham Young devint l'instrument choisi entre les mains de Dieu pour conduire Israël jusqu'à ces vallées des montagnes. Et j'ose dire ici, mes frères et sœurs, que depuis que nous nous sommes établis ici dans ces vallées, nous avons eu la meilleure occasion que nous ayons jamais eue, en tant que peuple, ou en tant que communauté organisée, de démontrer, à un monde incrédule, ce que sont, ou pourraient être, ou peuvent être les fruits du « mormonisme », lorsque le peuple qui croit à l'Évangile rétabli est laissé tranquille. Nos ennemis nous ont donné une mauvaise réputation dans le Missouri et l'Illinois ; ils prétendaient que nous étions malhonnêtes ; ils prétendaient que nous avions parmi nous des filous, qui commettaient toutes sortes de méfaits ; il y avait, selon eux, même des faux-monnayeurs parmi nous, ainsi que des voleurs de chevaux et d'autres criminels, et sur ce prétexte ils cherchèrent à nous chasser tous loin d'eux. Mais il fut prouvé de la façon la plus belle et la plus concluante, après qu'ils nous eurent chassés dans le désert, et après que nous eûmes pris pied ici dans ces montagnes, que nous n'étions pas composés des éléments dont nos ennemis nous accusaient. Si nous avions été un tel peuple, nous aurions très certainement bâti une sorte de repaire de brigands dans ces retraites montagneuses, puisqu'il n'y avait ici rien pour nous en empêcher. Nous n'avions à cette époque aucune loi, sinon celles que nous avions apportées avec nous, qui étaient pratiquement les mêmes lois qui guidaient nos actions à Nauvoo, lorsqu'on nous accusait de tant de crimes ; et en plus de celles-ci, nous n'avons eu, pendant de nombreuses années, aucune autre loi ici que celles que nous nous étions données nous-mêmes. Ce fut absolument le cas pendant un certain nombre d'années après notre arrivée dans ces montagnes, disons depuis l'année 1847 jusqu'à ce que nous devenions le territoire de l'Utah. Ce territoire fut, comme vous le savez tous, créé à la fin de 1850, mais les fonctionnaires fédéraux qui furent nommés pour prendre en main le gouvernement local ici ne furent dûment installés qu'au début de l'année suivante, 1851.

Au cours des derniers mois, j'ai eu une meilleure occasion, plus que jamais auparavant dans ma vie, d'examiner la pile de lettres et de documents accumulés entre les mains des historiens et des Saints en général durant ces premières années où les Saints s'établirent d'abord dans la vallée du Grand Lac Salé. Beaucoup de lettres furent échangées entre les gens de cette vallée et les gens d'autres pays et climats, où nous avions des missionnaires et des amis ; certaines de ces lettres furent publiées à l'époque et sont connues de ceux qui sont familiers avec les anciens numéros du « Deseret News » et du « Millennial Star ». Mais beaucoup de communications importantes et caractéristiques n'ont jamais été publiées et n'ont jamais été connues du public en général. Outre les communications écrites par nos propres gens ici, beaucoup de lettres furent écrites par des étrangers qui passèrent par ici ou séjournèrent temporairement « dans nos portes ». Par exemple, en 1849, lorsque le grand afflux vers les mines de Californie eut lieu, et que des milliers de personnes passèrent par notre ville principale sur leur chemin de la rivière du Missouri jusqu'aux gisements d'or de Californie, il y avait parmi eux beaucoup d'hommes libéraux et impartiaux — des hommes qui n'avaient pas peur de dire la vérité au sujet des « Mormons » dans les montagnes Rocheuses. Beaucoup de ces voyageurs terrestres avaient des amis dans l'Est à qui ils rapportaient par lettres ou autrement ce qu'ils avaient vu et vécu dans ces montagnes au cours de leur voyage. Certains d'entre eux étaient, avant leur arrivée, si effrayés de la vallée de Salt Lake qu'ils ne savaient pas s'ils oseraient y passer ou non, parce qu'ils imaginaient, à en juger par ce qu'ils avaient entendu, que les « Mormons » voleraient leur bétail et leurs chariots, et rendraient ainsi impossible pour eux d'atteindre la Californie, but de leur ambition. Mais un certain nombre de ces mêmes écrivains furent, selon leur propre témoignage, presque abasourdis et absolument étonnés, lorsque, au lieu de hors-la-loi, ils trouvèrent un peuple craignant Dieu dans la vallée du Grand Lac Salé — un bon peuple, un peuple qui était, comme ils l'écrivirent à leurs amis, « amical envers nous, et au lieu de nous voler ce que nous avions, ils étaient bienveillants, honnêtes et accommodants envers nous ; car ils échangeaient des marchandises avec nous et nous donnaient ce dont nous avions besoin en échange de ce que nous avions et pouvions épargner ; et ainsi ils nous ont facilité l'accès à la Californie plus qu'il ne l'aurait été autrement. En fait, dans bien des cas, il nous aurait été impossible d'atteindre la Californie cette année-là, sans l'assistance qui nous fut rendue par les « Mormons ». » Et, en parlant de nos mœurs, ces voyageurs dirent qu'ils n'avaient jamais connu de peuple plus moral, plus chaste et plus tempérant que celui qu'ils trouvèrent dans la vallée de Salt Lake. Ils décrivent ces premiers pionniers de l'Utah comme craignant Dieu, honnêtes, et possédant toutes les vertus que l'on pourrait attendre d'une communauté chrétienne ; et ils allèrent même jusqu'à dire qu'ils surpassaient en vertu les chrétiens des États de l'Est, sans parler des États de l'Ouest, où le peuple à cette époque n'était pas supposé être aussi bon qu'il l'était dans l'Est. Tels furent les rapports de ces étrangers qui passèrent par les établissements des Saints en 1849. J'attire votre attention sur ces choses pour vous montrer les fruits du « mormonisme », car le Christ a dit dans son grand sermon sur la montagne : « C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas des raisins sur des épines, ni des figues sur des chardons. »

Je suis fier, en tant qu'un de vos historiens, de me référer à ces faits, et de savoir qu'à l'époque où notre peuple aurait pu être très méchant, il choisit d'être bon ; à l'époque où il aurait pu être voleur, hors-la-loi et moralement corrompu, il choisit d'être un peuple honnête ; à l'époque où il aurait pu, sans crainte de punition, voler ses voisins qui passaient au milieu de lui, il les aida de toutes les manières possibles. Ceci est un fait établi ; et notre nation et le monde reconnaîtront un jour que ces conditions étaient les fruits naturels du « mormonisme », parce que les « Mormons » avaient alors une bien meilleure occasion qu'ils n'en ont jamais eue auparavant, ou n'en ont eue depuis, de manifester ce qu'étaient les fruits de leur religion ou de leurs propres inclinations naturelles. Il n'y a donc, sur ce fondement, aucune raison pour laquelle nous devrions être persécutés ou rejetés en tant que peuple de Dieu.

En arrivant à l'époque actuelle, nous constatons que les conditions ont quelque peu changé chez nous. Après que le Seigneur eut béni ce pays où nous habitons, d'autres — non de notre foi — vinrent habiter parmi nous, tout comme des étrangers l'avaient fait dans le pays de Palestine aux jours anciens. Lorsque le Seigneur fit de ce pays d'Orient un bon pays, des étrangers vinrent séjourner et habiter avec Israël, et, dans certains cas, ceux-ci détournèrent le cœur de la postérité choisie du chemin du devoir et les amenèrent à fléchir le genou devant Baal, ou à adorer des dieux étrangers. Cela attira le mécontentement du Dieu d'Israël et son peuple fut amené à en souffrir en conséquence. Or, nous sommes d'Israël, tout autant que les habitants de la Palestine l'étaient en ces jours-là, seulement nous vivons dans une dispensation différente et dans un pays différent. Nous sommes continuellement visités par des hommes et des femmes qui se rendent compte que notre climat est bon, que notre air de montagne est doux et agréable, et qui aiment vivre à l'ombre de ces grandes montagnes Wasatch et jouir des bénédictions dont nous jouissons déjà ici. Il en résulte que nous sommes aujourd'hui une communauté mixte, et certains des maux qui existent dans cette ville maintenant, et dans d'autres villes de l'Utah, ne sont assurément pas les fruits du « mormonisme ». De la part des Saints, ils sont plutôt les fruits de leur contact et de leur association avec le monde extérieur. Lorsque les enfants d'Israël, aux jours du prophète Élie, fléchirent le genou devant Baal au point qu'il n'y avait que quelques milliers qui n'avaient pas adoré les idoles, cette condition n'existait pas à cause des enseignements des prophètes de Dieu. Au contraire, c'était la conséquence de leur rejet de ces saints hommes et de leur contact avec les peuples qui les entouraient. Il en est de même pour nous. Nos torts en tant que peuple et en tant qu'individus aujourd'hui ne sont pas les fruits du « mormonisme », mais nous agissons mal, dans bien des cas, parce que nous nous soumettons à des choses qui ont été introduites parmi nous par ceux qui ne sont pas des nôtres, et à cause des influences qui se sont exercées sur nous ; et cela a causé du chagrin et beaucoup de peine à un grand nombre de notre peuple.

Lorsque nous pensons à notre succès sur le champ de mission, et que nous entendons de si splendides rapports que ceux que nous avons entendus aujourd'hui, nous sommes parfois attristés en considérant que nos convertis, qui font leur chemin vers ces vallées dans le but de s'identifier à une paroisse et à un pieu de Sion, se trouveront naturellement en contact avec les influences de gens méchants dans notre propre milieu ; car, dans certains cas, les Saints ont, par le passé, été entraînés à adorer les « dieux des étrangers », et à faire des choses qui ne sont pas acceptables aux yeux de notre Père céleste.

Efforçons-nous de nous souvenir, mes frères et sœurs, que nous sommes le peuple de Dieu, et que nous vivons dans un pays que Dieu nous a donné, et que nous devrions continuer à faire de ce pays un pays de Sion — une demeure agréable pour ceux qui ont le cœur pur ; et si nos pères et nos mères ont si bien réussi dans les premiers jours de l'Église, même dans des temps troublés, nous devrions nous efforcer, dans toute la mesure de nos pouvoirs et de nos capacités, de faire aussi bien qu'ils l'ont fait, malgré le fait que nous avons maintenant des voisins tout autour de nous qui ne servent pas Dieu, et qui ne désirent pas garder ses commandements. Souvenez-vous que la rédemption de Sion est encore à venir et qu'une grande œuvre préparatoire pour le second avènement du Christ est attendue de nous. Lorsque nous parlons de la rédemption de Sion dans le sens que j'y fais maintenant allusion, nous voulons dire que le temps viendra où certains des Saints retourneront dans le comté de Jackson et y bâtiront la plus grande et la meilleure cité que nous ayons jamais été appelés à bâtir, et aussi un temple au nom du grand et vrai Dieu — un tel qui n'a jamais été érigé auparavant par les hommes ; et il faudra un peuple qui aura bien agi et servi Dieu fidèlement dans les pieux de Sion pour accomplir cette œuvre. La cité principale de Sion doit être bâtie par un peuple qui est fidèle à son Dieu, et fidèle à ses frères et à sa religion. Ce sera assurément le lot de ce seul peuple d'aller bâtir ce lieu central, et d'ériger ce plus grand de tous les temples.

Efforçons-nous, mes frères et sœurs, alors que nous vivons dans ces montagnes, avec des prophètes et des apôtres du Dieu Tout-Puissant parmi nous, d'adorer, en esprit et en vérité, le Dieu de nos pères, le Dieu d'Israël que nos pères ont obéi si zélément dans les années passées, le Dieu de nos pères à New York, en Ohio, au Missouri et en Illinois, et dans les premiers jours dans ces vallées des Rocheuses, et le Dieu de nos pères aux jours anciens, même dans le pays de Canaan. Souvenons-nous que le Dieu de l'ancien Israël est aussi notre Dieu, et qu'il regarde le péché et l'iniquité sous le même jour qu'il les regardait il y a des milliers d'années. Ce qui était péché alors est péché maintenant ; ce qui déplaisait aux yeux de Dieu alors lui déplaît maintenant, car Dieu ne change jamais. Les circonstances qui entourent le peuple de Dieu peuvent changer, mais les principes éternels de Dieu ne changent jamais, et Dieu accepte sur un terrain commun son peuple dans tous les âges et dans tous les pays et climats qui le servent et gardent ses commandements ; et il se plaira à multiplier les bénédictions sur tous ceux qui méritent ses bénédictions. Il nous appartient de prêcher l'Évangile dans le monde entier, de rassembler les élus de tous les pays et climats, de bâtir Sion et d'accomplir l'œuvre préparatoire qui doit nécessairement être faite avant que le Christ ne vienne régner sur la terre en tant que Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Que Dieu nous aide à être fidèles et vrais dans l'accomplissement de cette grande et glorieuse mission qui nous a été confiée par notre Père céleste, telle est ma prière au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursAndrew Jenson, « Sion dans ses lieux de rassemblement », 1908 October General Conference, First Day Afternoon Session (1908-10-04). Pulpit Vault, 1908-10-jenson-gathering-places. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).