L'Évangile du salut, échelle vers la vie éternelle
Orson F. Whitney
Deux ministres de l'Église chrétienne s'entretenaient un jour ensemble, et l'un d'eux posa à l'autre cette question : ¶
« Pourquoi donc, mon ami, les gens aiment-ils vous entendre prêcher, et pourquoi n'aiment-ils pas m'entendre, moi ? Pourquoi votre chapelle est-elle toujours pleine de fidèles empressés, tandis que la mienne est presque toujours vide ? » Son ami lui répondit en ces termes : ¶
« Je crois que c'est parce que je dis toujours aux gens que s'ils suivent une certaine voie, ils seront sauvés, tandis que vous leur dites toujours que s'ils ne font pas certaines choses, ils seront damnés. » ¶
J'en conclus qu'il y a dans le cœur humain quelque chose qui préfère l'affirmatif au négatif dans la présentation du message de l'Évangile. Je me suis toujours réjoui du fait que l'Évangile de Jésus-Christ est l'Évangile du salut. Paul l'Apôtre le déclare ainsi : ¶
« Je n'ai pas honte de l'Évangile du Christ, car c'est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. » ¶
S'il est vrai que le Sauveur, lorsqu'il chargea ses apôtres de prêcher l'Évangile, employa ces mots : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera damné », il n'y a rien là qui indique que l'Évangile est un évangile de damnation. La damnation ne fait pas partie de l'Évangile du Christ. Il n'y a pas de damnation en lui, mais il y a bien assez de damnation en dehors de lui. Quand viendra la fin, et que la mission du Christ sera consommée, on constatera qu'il aura épuisé tous les moyens pour le salut de l'homme ; et ceux qui se trouveront condamnés après que l'Évangile aura fait son œuvre se seront condamnés eux-mêmes. Dieu est résolu à sauver, non à damner, le genre humain ; et il emploiera tous les moyens possibles à cette fin. Il enverra ses serviteurs avec la voix de la persuasion, la voix du solennel avertissement, et il façonnera, formera, modèlera et disposera toutes choses pour la propagation de la vérité — le message du salut. Et alors, comme il l'a dit : ¶
« Après vos témoignages viennent les témoignages des tremblements de terre, la voix des tonnerres, la voix des vagues de la mer, s'élevant au-delà de ses limites. » ¶
« Toutes choses seront en émoi. » ¶
« Et non seulement la terre tremblera, mais les cieux étoilés eux-mêmes trembleront. » ¶
Ces puissances seront déployées pour le salut — non pour la damnation. La condamnation suit, comme la nuit suit le jour, le rejet des moyens de salut ; c'est l'alternative, la conséquence inévitable d'un refus d'accepter et d'user de la rédemption que Dieu a fournie. Permettez-moi de me servir d'une illustration : ¶
Supposons qu'un homme soit tombé dans une fosse, et qu'il soit incapable d'en escalader les parois pour remonter à la surface. Il a de l'intelligence, de la force, de la sagesse, peut-être même de l'habileté comme grimpeur, mais il ne peut grimper, car il n'a rien avec quoi ni par quoi grimper. Un ami vient à l'entrée de la fosse, l'interpelle, et dit : ¶
« Je vais t'aider ; tu ne peux pas te servir de tes propres forces, elles sont inefficaces. Je vais te donner le moyen de les employer comme il convient. » Il fait descendre une échelle, et dit à l'homme en bas : « Maintenant, grimpe. » ¶
Supposons que l'homme refuse de grimper. Qui est responsable de son échec à sortir de la fosse dans laquelle il est tombé ? N'est-il pas dans une situation pire, en rejetant le moyen d'en réchapper, que si ce moyen ne lui avait jamais été offert ? Il ne peut rien faire par lui-même, et quand on lui offre de l'aide, il la rejette. Qui est en faute ? ¶
Voilà sous quel jour ce problème se présente à moi. Par la transgression de nos premiers parents, le genre humain tomba dans une fosse, et il n'y avait, en deçà du ciel, ni secours ni espoir, car le genre humain ne pouvait se racheter lui-même. L'homme ne peut être assez honnête, ni assez vertueux, ni assez véridique, ni assez charitable pour sauver son âme. C'est pourquoi l'Évangile fut fourni comme moyen de salut, et il devait venir d'en haut. Rien de ce qui était sous la condamnation ne pouvait servir de moyen de rédemption. Adam et Ève, avec leur postérité, étaient sous la malédiction, et c'était la malédiction de la mort éternelle — mort spirituelle, mort temporelle — le bannissement sans fin de la présence de Dieu. ¶
Mais le Fils de Dieu descendit des cours célestes, et s'offrit lui-même en sacrifice, en rançon. Il n'était pas sous la malédiction ; il n'était pas déchu ; et sa vie pouvait payer la dette. Elle pouvait servir de moyen de rédemption du monde, et c'est ainsi qu'elle fut employée, et c'est ainsi qu'il devint l'auteur de la vie et du salut pour nous tous. Il fut les prémices de la résurrection, et il déclara : « Parce que je vis, vous vivrez aussi. » ¶
Il fit descendre l'échelle dans la fosse, et invita ceux qui désiraient le salut de sa main à grimper. Ils ne devaient pas plaider leurs propres mérites, ni se fier à leur propre force, mais devaient employer leurs forces à grimper par la voie qu'il avait fournie. Le premier échelon de l'échelle de l'Évangile est la foi en Dieu ; le second échelon est la repentance du péché ; le troisième échelon, le baptême par immersion pour la rémission des péchés ; et le quatrième échelon, l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit. ¶
Mais après avoir posé nos pieds sur le quatrième échelon de l'échelle, nous ne devons pas nous arrêter là ; nous devons continuer à grimper — continuer à obéir aux principes de l'Évangile. Ils s'étendent de la terre au ciel, et le salut dans sa plénitude n'est atteint que par ceux qui font la volonté de Dieu et persévèrent dans son service jusqu'à la fin. ¶
Tel est le problème du salut, du point de vue d'un Saint des derniers jours. Le mormonisme, comme on l'appelle, est l'Évangile du Christ. C'est un évangile de salut de part en part, et il se propose de sauver, non seulement les vivants, mais aussi « cette autre vivante, appelée les morts ». ¶
Je m'entretenais un jour avec un monsieur, ministre de l'une des grandes Églises, et il me dit : ¶
« Je ne crois pas que le mormonisme aurait existé, si Joseph Smith avait connu l'Église à laquelle j'appartiens, la religion que je professe et que je prêche. La révolte de Joseph Smith » — c'est le mot qu'il employa — « fut dirigée contre le méthodisme, le puritanisme collet-monté de son temps, et la théologie lugubre et sombre des presbytériens. Ce sont les sectes qu'il a rencontrées, et sa révolte ne m'étonne pas. Mais s'il avait connu mon Église, et s'était familiarisé avec ma religion, il n'y aurait pas eu de mormonisme, car il n'y en aurait pas eu besoin. » ¶
Je lui assurai qu'il se trompait fort s'il s'imaginait que le prophète ne comprenait pas sa religion aussi bien que toutes les autres. La parole de Dieu à Joseph Smith, en réponse à sa question de savoir laquelle de toutes les Églises il devait rejoindre, fut celle-ci : « Aucune d'elles ; car elles se sont toutes détournées du droit chemin. » Il lui fut dit que la véritable Église du Christ n'existait pas alors sur la terre, mais qu'elle allait être établie, et qu'il avait été choisi comme instrument à cette fin. ¶
Considérons brièvement quelques-unes des affirmations faites par le prophète moderne. Son mouvement n'était pas une simple « révolte » contre tel ou tel credo ; il n'appartenait à aucune Église ni secte ; mais c'était un chercheur sincère de la vérité, déconcerté par la confusion et les querelles qui régnaient dans les Églises chrétiennes. Lisant dans les Écritures : « Si quelqu'un manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous libéralement », il résolut de mettre cette promesse à l'épreuve. Il demanda donc à Dieu, et reçut la réponse que j'ai citée. Joseph déclare que, tandis que lui et Oliver Cowdery traduisaient les plaques néphites contenant le Livre de Mormon, et tandis qu'ils priaient au sujet d'une certaine doctrine mentionnée sur les plaques, un messager du ciel descendit, et, posant ses mains sur leurs têtes, prononça ces paroles : ¶
« Sur vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d'Aaron, qui détient les clés du ministère des anges, et de l'évangile de repentance, et du baptême par immersion pour la rémission des péchés ; et celles-ci ne seront plus jamais retirées de la terre, jusqu'à ce que les fils de Lévi offrent de nouveau une offrande au Seigneur dans la justice. » ¶
Jusqu'à cette époque — affirme le mormonisme — il n'y avait pas un homme sur la face de la terre, dans la chrétienté ou dans le paganisme, qui eût le droit de prêcher l'Évangile et d'administrer même les ordonnances extérieures qui s'y rattachent. ¶
L'ange qui ordonna Joseph et Oliver leur dit que son nom était Jean, anciennement appelé le Baptiste. Il les informa qu'il existait encore une prêtrise supérieure, une plus grande autorité, appelée la Prêtrise de Melchisédek, dont les clés étaient détenues par les apôtres Pierre, Jacques et Jean, sous la direction desquels il agissait. Cette prêtrise supérieure devait, en temps voulu, leur être conférée, et elle les qualifierait non seulement pour appeler les hommes à la repentance et les baptiser pour la rémission de leurs péchés, mais aussi pour imposer les mains à ceux qu'ils baptisaient et leur conférer le Saint-Esprit. Au moyen de ces deux prêtrises, autorité spirituelle et temporelle — car c'était un salut temporel autant que spirituel qui était prévu — l'Église de Dieu allait être établie, et s'ouvrirait la grande dispensation où devait s'accomplir le rétablissement de toutes choses. Telle était la substance du message de l'ange. Sous cette autorité divine, les Prêtrises d'Aaron et de Melchisédek, l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours fut organisée le 6 avril 1830, à Fayette, dans le comté de Seneca, dans l'État de New York. Six ans plus tard, alors que l'Église se trouvait à Kirtland, dans l'Ohio, une série de visions furent données dans le temple à Joseph Smith et à Oliver Cowdery. Dans la première vision, ils contemplèrent le Seigneur Jésus-Christ, en tant que Jéhovah, le Dieu d'Israël ; et ensuite, comme il est écrit : ¶
« Les cieux nous furent de nouveau ouverts, et Moïse se présenta devant nous, et nous remit les clés du rassemblement d'Israël des quatre coins de la terre et de la conduite des dix tribus depuis le pays du nord. ¶
« Après cela, Élias parut, et remit la dispensation de l'évangile d'Abraham, disant qu'en nous et en notre postérité toutes les générations après nous seraient bénies. ¶
« Après que cette vision se fut close, une autre vision, grande et glorieuse, éclata devant nous, car Élie le prophète, qui fut enlevé au ciel sans goûter la mort, se tint devant nous, et dit : ¶
« Voici, le temps est pleinement venu dont parla la bouche de Malachie, témoignant que lui (Élie) serait envoyé avant que vienne le jour grand et redoutable du Seigneur, pour tourner le cœur des pères vers les enfants, et le cœur des enfants vers les pères, de peur que toute la terre ne soit frappée d'une malédiction. ¶
« C'est pourquoi les clés de cette dispensation sont remises entre vos mains, et par là vous pouvez savoir que le jour grand et redoutable du Seigneur est proche, à la porte même. » ¶
N'est-il pas évident, pour qui étudie le mormonisme, s'il approfondit suffisamment le sujet, qu'il y a quelque chose de plus, dans ce problème grand et magnifique, qu'une simple « révolte » contre les doctrines incohérentes et non scripturaires de certaines sectes de la chrétienté ? Pensez-vous, après ce que je vous ai lu, que la voie de Joseph Smith aurait été différente s'il avait mieux connu telle ou telle Église ou credo alors existant ? ¶
Permettez-moi de lire encore, et de montrer davantage la conception merveilleuse du plan du salut de Dieu, telle qu'elle existait dans l'esprit de ce puissant prophète de Dieu. En l'an 1842, alors qu'il se cachait de ses ennemis, qui cherchaient sa vie et réussirent à la lui ôter deux ans plus tard, Joseph Smith adressa une communication à l'Église, montrant ce qui pesait le plus sur ses pensées, alors que sa carrière touchait à sa fin. Dans cette communication, il dit — après avoir cité les derniers versets de Malachie : ¶
« Il suffit de savoir que la terre sera frappée d'une malédiction, à moins qu'il n'y ait un lien de soudure de quelque sorte entre les pères et les enfants, sur quelque sujet que ce soit ; et voici, quel est ce sujet ? C'est le baptême pour les morts. Car nous, sans eux, ne pouvons être rendus parfaits ; ni eux, ni nous, ne pouvons être rendus parfaits sans ceux qui sont morts dans l'Évangile également. Car il est nécessaire, dans l'inauguration de la dispensation de la plénitude des temps, dispensation qui commence maintenant à s'introduire, qu'une union entière, complète et parfaite, et une soudure des dispensations, des clés, des pouvoirs et des gloires aient lieu et soient révélées depuis les jours d'Adam jusqu'à l'époque présente ; et non seulement cela, mais ces choses qui n'ont jamais été révélées, depuis la fondation du monde, mais ont été cachées aux sages et aux prudents, seront révélées aux petits enfants et aux nourrissons, dans cette dispensation de la plénitude des temps. » ¶
Deux grandes pensées s'imposent à l'esprit à la lecture de ce merveilleux passage de l'Écriture moderne : l'une, c'est que le passé appartient au mormonisme, et l'autre, c'est que l'avenir lui appartient aussi. Le mormonisme n'est pas une simple religion du dix-neuvième siècle ; ce n'est pas seulement une religion du temps. C'est la religion des éternités, et elle est descendue de la présence de Jéhovah, comme le plan préordonné pour le salut des enfants des hommes. Elle a été sur la terre à de nombreuses reprises, en une série de dispensations, et cette grande et suprême dispensation de l'Évangile a été introduite dans le but de lier ensemble toutes les dispensations, de souder le présent et le passé, et de préparer le monde à de plus grandes choses encore dans l'avenir. ¶
Quand et où l'Évangile a-t-il pris naissance ? Je ne connais pas de meilleure explication que celle donnée par le prophète Joseph Smith, qui a dit : ¶
« Au commencement, Dieu, se trouvant au milieu des esprits et de la gloire, parce qu'il était plus intelligent, jugea bon d'instituer des lois par lesquelles le reste pourrait progresser comme lui. » ¶
Nous apprenons de cela que l'Évangile — appelé maintenant le mormonisme — qui comprend et codifie ces lois qui furent instituées de Dieu au commencement, fut établi avant que le monde fût créé ; qu'il est le moyen de la progression de l'homme, tant dans le temps que dans l'éternité — l'échelle qu'il faut gravir pour parvenir à l'exaltation. La chute d'Adam fut un pas vers le bas, mais ce fut aussi un pas en avant — un pas dans la marche éternelle du progrès humain ; et c'est au moyen de cet Évangile éternel, et de nos propres efforts individuels à employer les forces que Dieu nous a données, que nous saisissons la vie éternelle et progressons vers la perfection. ¶
Cela étant vrai, est-il raisonnable de supposer que Dieu aurait attendu six mille ans avant de révéler pour la première fois à ses enfants le plan du salut ? Est-il raisonnable qu'il ait attendu quatre mille ans, ou même deux mille ans, avant de donner à l'homme la connaissance du Rédempteur qui devait venir ? Ne serait-ce pas une perte de temps ? Pourquoi ne pas en informer le père Adam et la mère Ève ? Pourquoi ne pas leur donner la joie de savoir qu'un Sauveur avait été prévu, en prévision de leur chute, et qu'eux et leur postérité étaient héritiers du salut, par l'expiation de Jésus-Christ ? ¶
Le mormonisme affirme que cela fut fait ; qu'Adam et Ève reçurent la révélation de l'Évangile avant la venue du Christ ; qu'ils furent baptisés pour la rémission de leurs péchés, et reçurent le Saint-Esprit. Par leur foi au Rédempteur, dont Adam symbolisa la venue en dressant un autel et en y offrant un agneau — en vertu de l'expiation du Christ et de leur obéissance aux principes de la foi, de la repentance, du baptême et de toutes les autres choses que Dieu exigeait d'eux, ils furent rachetés de la chute. Ils durent attendre la résurrection de leurs corps, mais n'eurent pas à attendre que quelqu'un fût baptisé pour eux. Ils furent baptisés en personne, et non par procuration. Il y aura assez de ce genre d'œuvre sans qu'on y ajoute les élus. Il faudra mille ans pour racheter les morts pour qui nous bâtissons des temples et officions. Mais certains hommes et femmes, à travers tous les âges, ont eu l'Évangile, et ont été rachetés par leur obéissance à celui-ci — ici, dans cette vie. Ils n'ont pas besoin de l'œuvre par procuration qu'il faudra accomplir pour peut-être des millions de gens de notre race qui n'ont jamais entendu le nom de Jésus-Christ. Le mormonisme nous dit qu'Adam, courbé par l'âge, bénit sa postérité, et prédit ce qui adviendrait d'elle jusqu'à la dernière génération. Le lien entre cette première dispensation de l'Évangile et cette dernière se manifeste dans le fait qu'Adam doit revenir, en tant qu'Ancien des jours ; qu'il appellera ses enfants devant lui, et jouera un grand rôle dans la scène finale, en liant sa dispensation à cette dispensation-ci, qui est destinée à engloutir les autres, tout comme l'océan engloutit les fleuves et les ruisseaux. ¶
Après le temps d'Adam, quand le monde se fut détourné de Dieu, une dispensation de l'Évangile fut donnée à Hénoc. Il bâtit une ville appelée Sion, qui fut rachetée et sanctifiée par des principes que nous, en tant qu'Église, avons reçus, mais à la pratique parfaite desquels nous ne sommes pas encore parvenus. Nous chancelons, certains d'entre nous, devant la loi de la dîme. Que ferons-nous quand viendra la loi plus grande — la loi de consécration, où tout ce que nous possédons sera requis pour l'édification de la Sion de Dieu, dont la Cité d'Hénoc n'était qu'un type, un symbole, une préfiguration, le moindre venant avant le plus grand, l'indiquant et préparant la voie ? ¶
À Noé aussi vint une dispensation de l'Évangile. À son époque, la terre fut baptisée d'eau, préfigurant le baptême de feu que notre planète est destinée à subir avant sa glorification. « Car ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme. » ¶
Abraham eut aussi l'Évangile révélé ; et quel rôle joua-t-il ? Quel est le lien entre sa dispensation et la nôtre ? Dieu lui dit : « En toi et en ta postérité seront bénies toutes les nations de la terre. » Cette promesse s'accomplit dans la venue du Seigneur Jésus-Christ par la lignée d'Abraham ; mais elle s'accomplit aussi dans la dispersion, parmi toutes les nations, des enfants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, en préparation du grand rassemblement des derniers jours, quand ils seront ramenés des quatre coins de la terre pour édifier Sion, et se préparer à la seconde venue du Messie. ¶
Vint ensuite Moïse, à la tête d'une dispensation de l'Évangile, détenant les clés du rassemblement d'Israël. Il confère ces clés au prophète Joseph Smith, afin que celui-ci commence l'œuvre du rassemblement, amenant à Dieu tous ceux qui viendront : le Juif, le Gentil, et l'Israélite d'entre les Gentils. Tous ceux qui accompliront les œuvres d'Abraham sont comptés parmi les enfants d'Abraham, justifiés par leur foi et leur obéissance à l'Évangile de Jésus-Christ. ¶
Au méridien des temps, le Sauveur fit son avènement mortel, choisissant douze apôtres pour prêcher l'Évangile dans l'hémisphère oriental, puis, après sa résurrection, apparaissant aux Néphites en Amérique, et choisissant douze d'entre eux pour prêcher l'Évangile dans cette partie du monde. ¶
Dix-huit cents ans plus tard s'ouvre la grande et dernière dispensation, la dispensation de la plénitude des temps. Le mormonisme, la Bible dans une main et le Livre de Mormon dans l'autre, récolte les fruits de toute l'œuvre accomplie par les serviteurs de Dieu dans les âges passés. Il tire profit de tout le bien qu'a accumulé le genre humain, non seulement par les prophètes et les apôtres, mais par les poètes, les philosophes, les inventeurs, les découvreurs — tous les bons et sages instructeurs de la chrétienté et du paganisme. Il recherche et emploie tout ce qui est pur, sage, vertueux et digne d'éloge ; et, par le savoir du passé et les révélations du présent, il se propose d'élever un monument à l'honneur et à la gloire de Dieu, qui durera à travers les âges sans fin de l'avenir. L'Évangile a pour dessein de sauver tous les hommes, mais il les sauvera selon les principes de la justice éternelle, chaque homme selon ses œuvres. Il y a une gloire du soleil, une gloire de la lune, et une gloire des étoiles, et de même que les étoiles diffèrent en grandeur, il en sera de même dans la résurrection des morts. La seule catégorie d'êtres humains qui ait à craindre qu'il n'y ait point de salut pour elle est celle qui a reçu l'Évangile dans sa plénitude, à qui ont été donnés toute clé et tout laissez-passer vers la gloire éternelle — le pouvoir d'être élevée à l'état le plus élevé dont l'intelligence soit capable — et qui a ensuite tout rejeté, le foulant aux pieds comme une chose de néant, et niant ce qu'elle sait être vrai. Tous les autres peuvent être sauvés, car tous les autres peuvent se repentir. Les hommes peuvent être pardonnés tant qu'ils ont le pouvoir de se repentir. ¶
Mais certains ne se repentiront pas avant de passer dans un autre monde, celui où allèrent les esprits dont les corps furent noyés par le déluge du temps de Noé. En ces jours, un grand principe, celui du salut pour les morts, a été révélé. C'est le lien de soudure qui unira les dispensations — l'enfant au parent — le présent au passé. Pouvez-vous imaginer quelque chose qui tournerait plus efficacement le cœur des pères vers les enfants, ou le cœur des enfants vers les pères, qu'un principe de cette nature ? Le mormonisme traite du passé, du présent et de l'avenir. Il se propose de sauver tous ceux qui veulent bien être sauvés. Il sauvera même les damnés, après qu'ils auront payé leur dette éternelle ; mais ceux-ci ne pourront être sauvés dans la plénitude de la gloire de Dieu. ¶
Le mormonisme n'est pas un ennemi du genre humain ; il n'est pas un ennemi des Gentils. Nous ne considérons pas le mot « Gentil » comme un terme injurieux, bien que certains de nos amis du dehors s'en offusquent, comme si nous cherchions à leur lancer une épithète désobligeante. Que signifie « Gentil » ? Le mot vient de « gentilis », qui signifie d'un clan, d'une famille, d'une race, d'une nation. Du temps de la communauté juive, Gentil signifiait simplement quelqu'un qui n'était pas juif ; aux premiers âges de l'Église chrétienne, cela signifiait quelqu'un qui n'était pas chrétien, et de nos jours, cela désigne quelqu'un qui n'est pas Saint des derniers jours. ¶
Les Gentils sont les enfants de Japhet, tandis que les Israélites descendent de Sem, par Abraham. Éphraïm, dont la plupart d'entre nous revendiquent une descendance directe, s'est mêlé aux Gentils, et est maintenant rassemblé du milieu d'eux. L'Évangile, lorsque les Juifs le rejetèrent, alla aux Gentils ; Dieu voulait les sauver. Corneille, homme juste, était Gentil, et sur lui et d'autres Gentils le Saint-Esprit fut répandu, avant même le baptême. Les Gentils d'aujourd'hui sont les nations de l'Europe moderne, et cette grande nation dont nous faisons partie. Colomb était Gentil, mû par l'Esprit de Dieu pour découvrir l'Amérique — le pays de Sion ; Washington était Gentil, qui tailla, avec l'épée du patriotisme, notre indépendance. Ce sont des Gentils qui fondèrent ce gouvernement, le plus puissant et le plus bienfaisant sur lequel le soleil brille. Dieu nous dit, dans le Livre de Mormon, que les nations gentiles seront puissantes à ses yeux en amenant les enfants d'Israël vers les terres de leur héritage. Il déclare en outre que si les Gentils le veulent, ils entreront dans l'Église, prendront part aux bénédictions de l'Évangile, et aideront la maison d'Israël à bâtir la Nouvelle Jérusalem, en préparation de la glorieuse venue du Fils de Dieu. La bénédiction de Noé sur Japhet fut : « Dieu étendra les possessions de Japhet, et il habitera dans les tentes de Sem. » Nous ne sommes pas les ennemis des Gentils, nous ne sommes pas les adversaires du genre humain ; notre mission est amitié, paix et bonne volonté ; notre œuvre est de préserver et de lier ensemble tout ce qui est bon, tant du passé que du présent, et de travailler à la consommation de l'œuvre du Christ dans le grand et merveilleux avenir. ¶
Que Dieu hâte sa cause, nous garde fermes dans la vérité, en élevant un étendard de paix vers les nations, et en prêchant à tout le monde l'Évangile du salut, par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen. ¶