Le dévouement missionnaire et la construction de bâtiments de l'Église
Anthon H. Lund
J'espère que tous ceux qui sont présents se souviendront des bonnes paroles prononcées ce matin par le président Smith, et suivront son exhortation adressée à nous en tant que saints des derniers jours. Je me réjouis du témoignage qu'il a rendu, et j'ai pensé combien nous devrions être reconnaissants que le Seigneur nous ait donné individuellement un témoignage de la vérité, que Jésus est le Christ, que Joseph Smith est un prophète de Dieu. J'ai aussi été heureux d'entendre le président Winder exprimer sa gratitude d'être parmi nous. Il y a peu de temps, il fut atteint de pneumonie, et, en raison de son âge, nous craignions tous qu'il n'ait pas la force de la surmonter, mais le Seigneur l'a béni. Il ne fut absent du temple qu'un seul jour. Voilà une leçon de ponctualité à suivre pour nous ; le président Winder n'a jamais été absent du temple, depuis son ouverture jusqu'à ce jour, à l'exception de ce seul jour. Nous sommes reconnaissants que le Seigneur l'ait fortifié et lui ait donné une santé si robuste qu'il a pu continuer ses travaux, tant au temple qu'au bureau avec ses frères. ¶
Je suis heureux de voir cette grande assemblée ce matin, à l'ouverture de notre conférence. Cela montre que le peuple s'intéresse à l'œuvre du Seigneur, qu'il aime se réunir en ces occasions pour recevoir de la force dans sa foi, et pour être instruit dans ses devoirs. Le président Smith a dit que l'œuvre progresse ; cela est vrai. Les rapports de toutes nos missions sont encourageants. Les anciens font de leur mieux pour répandre la vérité parmi le peuple où ils sont appelés à travailler, ils s'efforcent de tirer le meilleur parti de leur temps, et leurs travaux sont couronnés d'un plus grand nombre d'ajouts à l'Église. Les présidents de mission étudient comment l'œuvre peut être le mieux fait progresser dans leurs champs de mission respectifs, et les anciens les soutiennent. Nous recevons chaque mois de bons rapports des travaux des anciens ; et nous sommes heureux que très peu d'anciens reviennent avant d'avoir honorablement rempli leur mission. Parfois, la maladie peut les contraindre à quitter leur champ de travail, et dans ce cas, nous considérons qu'ils ont accompli une mission honorable aussi longtemps qu'ils ont été absents. Nous ne voulons pas que les anciens sentent qu'ils doivent rester deux ans dans le champ de mission, ni pour quelque durée fixe que ce soit, si leur santé en est atteinte. Nous voulons que les présidents de mission veillent sur les anciens confiés à leurs soins, et que, si l'un des frères est atteint de maladie, ils veillent à ce qu'il reçoive les meilleurs soins ; et, s'il est jugé sage, qu'ils le renvoient chez lui, afin qu'il ne soit pas maintenu dans la mission au péril de sa vie. En règle générale, les anciens sont déterminés à ne pas quitter leur mission avant d'en avoir été honorablement libérés, et beaucoup d'entre eux, lorsqu'approche le moment de rentrer chez eux, sentent qu'ils peuvent à peine quitter les saints dans le monde. Ils ont pour les saints parmi lesquels ils travaillent, et pour leurs compagnons missionnaires, une telle affection et un tel amour, qu'il leur semble presque aussi difficile de quitter leur champ de travail pour rentrer chez eux que ce le fut de quitter leurs bien-aimés à la maison pour partir en mission. ¶
Nous avons reçu une lettre du président Taylor de la mission du Japon, un jeune homme qui y a travaillé plus de six ans, parmi un peuple qui ne croit ni au Christ ni à l'Évangile tel que l'ont prêché ses apôtres. Convertir un peuple tel que les Japonais est, bien entendu, une tâche ardue. Ce jeune homme et les missionnaires qui l'accompagnent font tout ce qui est en leur pouvoir pour toucher le cœur de ce peuple, et pour le convertir à la croyance au Christ et aux principes salvateurs de l'Évangile. Le frère Taylor traduit le Livre de Mormon en japonais, et il tient à ce qu'il paraisse sous la meilleure forme, à ce que la langue soit telle que les gens de ce pays ne puissent trouver à redire à sa construction. Quand on considère la différence entre une telle langue et la nôtre, et la différence entre leur mode de pensée et d'expression et notre mode de pensée et d'expression, on peut imaginer combien un tel travail est difficile. Mais ce jeune homme dit, dans sa lettre, qu'il ne désire pas rentrer avant d'avoir achevé cette œuvre. Il se sent si dévoué à l'œuvre du Seigneur que, bien qu'il ait été absent si longtemps, et qu'il ait ici un foyer splendide, où des amis feraient tout pour lui, il est néanmoins disposé à consacrer son temps et ses moyens à l'œuvre du Seigneur dans cette contrée lointaine, même s'il devait lui falloir des années de plus pour accomplir la tâche qui lui a été confiée. Voilà l'esprit qui devrait animer nos anciens. Ils devraient chercher premièrement le royaume de Dieu et son œuvre, et laisser le reste suivre. ¶
L'été dernier a vu l'érection de nombreux bâtiments de l'Église. Nos frères tiennent à améliorer leurs lieux de culte, afin d'avoir des endroits convenables où adorer le Seigneur. Nous félicitons les saints de leur bonne volonté à cet égard, mais nous dirions aux hommes qui président de prendre garde à ne pas engager des dépenses trop grandes dans la construction des bâtiments de l'Église. Bien que nous aimions voir ces édifices devenir des monuments d'honneur pour le peuple, nous ne voulons cependant pas que le peuple en soit trop chargé. ¶
Nous espérons que le peuple, si disposé à bâtir des bâtiments de l'Église, sera aussi disposé à les utiliser, et ne laissera pas l'indifférence et la négligence le retenir chez lui le jour du sabbat. C'est là l'un des devoirs que nous devons accomplir ; à moins que les saints n'assistent à leurs réunions, il leur sera difficile de rester vivants dans l'Évangile. « Vivre notre religion est tout aussi difficile que de mourir pour elle », a-t-on dit, et je le crois. Lorsque notre temps et notre attention sont accaparés par les affaires et les travaux de la vie quotidienne, nous avons tendance à devenir un peu indifférents envers l'œuvre du Seigneur. Sur le champ de bataille, un soldat se précipitera vers la mort sous l'impulsion du moment. De même, lorsqu'on est attaqué pour sa religion, on se sent fort pour résister à l'attaque, et on défend sa croyance à tout prix, mais lorsqu'il s'agit des devoirs quotidiens — et il y a chaque jour quelque chose à faire pour le saint des derniers jours — certains deviennent tièdes et indifférents. Il faut beaucoup de zèle et de persévérance pour s'acquitter de nos devoirs dans l'Église dans ces conditions ordinaires. Le sentiment qui devrait dominer dans nos cœurs est qu'en toutes circonstances, nous accomplirons fidèlement notre devoir. Ce n'est pas celui qui ne fait que commencer puis s'arrête à qui le salut est promis, mais celui qui persévère jusqu'à la fin. N'oublions pas de nous demander chaque matin : Quels sont les devoirs qui m'attendent aujourd'hui ? et, lorsque la nuit vient, que la question soit : Ai-je accompli mes devoirs aujourd'hui ? Si nous pouvons répondre affirmativement, alors, avec nos dernières pensées avant le sommeil, notre cœur pourra se tourner vers notre Père céleste avec des remerciements pour son aide et son assistance durant la journée, et en prière pour sa protection durant la nuit. Nous avons des devoirs que nous devons à nous-mêmes, à nos semblables, et à Dieu ; n'en négligeons aucun. Il y a aussi des devoirs que nous devons à nos enfants ; nous ne devons pas les négliger, ils sont de la plus haute importance. ¶
Cet été, nous avons eu connaissance de tristes révélations d'actes de dépravation survenus ici à Salt Lake City, parmi certains jeunes gens. Nous fûmes choqués d'apprendre ces méfaits. Tout homme et toute femme réfléchis devraient étudier sérieusement la question et tenter d'en trouver les causes, et les remèdes à un tel état de choses. L'une des causes de la situation dont nous avons entendu parler est la liberté que nous accordons à nos enfants — une liberté sans restriction d'errer dans les rues, surtout la nuit. Nos enfants devraient être à la maison le soir. Si nous les laissons aller chez un voisin, ou en tout autre lieu, nous devrions savoir où ils sont, et ne pas nous contenter de les voir rentrer à n'importe quelle heure de la nuit. Il faut du travail pour veiller sur nos enfants, mais c'est quelque chose qui nous récompensera, et les enfants nous remercieront, un jour, de la sollicitude que nous avons eue envers eux. Je me souviens d'un garçon qui disait à sa mère, en se plaignant : « Pourquoi es-tu toujours sur mes traces ? Pourquoi ne puis-je pas faire comme les enfants de nos voisins ? Leur mère ne veille jamais sur eux ; ils ont une liberté parfaite ; mais moi, je ne peux pas être absent dix minutes sans que tu ne me cherches. » Ce garçon remercie aujourd'hui sa mère pour les soins qu'elle lui a prodigués. Les garçons dont j'ai fait mention ont suivi une voie qui a dû causer bien du chagrin à leurs mères. Nous devons veiller sur nos enfants la nuit. Là où il existe des lois sur le couvre-feu, elles devraient être appliquées. Faites comprendre aux enfants que, lorsque la cloche du couvre-feu sonne, ils doivent être à la maison. ¶
Nous devrions signaler aux enfants les dangers qui jalonnent leur chemin ; et, comme le président Smith nous l'a dit, les mettre en garde contre les mauvaises compagnies. Combien les mauvais compagnons sont dangereux. Un garçon ou une fille de mauvaises mœurs peut causer un tort incalculable dans une communauté. Nous devrions mettre nos enfants en garde contre de telles fréquentations, et les exhorter à rechercher la bonne compagnie — celle des bons camarades avec qui ils étudient à l'école. Qu'ils étudient leurs leçons ensemble, et emploient leur temps utilement. Mettons-les en garde contre les mauvaises fréquentations dans les rues et ailleurs. Bien sûr, nous sentons tous que cela devrait être fait, mais beaucoup d'entre nous ont soit tant de confiance en leurs enfants qu'ils pensent qu'ils ne feront pas le mal, soit sont négligents à cet égard, mais une telle négligence entraînera bien des chagrins et des regrets. À mesure que nos enfants grandissent, faisons-les assister à l'École du Dimanche, aux Primaires et aux Classes de religion, et, lorsqu'ils sont plus âgés, aux Associations d'Amélioration Mutuelle. Toutes ces organisations constituent des sauvegardes à mettre autour de nos enfants. ¶
Un mot au sujet des Classes de religion. Nos programmes pour l'hiver prochain présentent des leçons sur la moralité et la pureté de vie, donnant aux enfants des leçons pratiques de vie vraie — en fait, leur enseignant une religion pratique ; leur apprenant à prier, à se consacrer à la piété et à la dévotion — je veux dire la piété du bon genre — et leur apprenant à marcher avec droiture devant le Seigneur. Nous avons tâché de faire correspondre, autant que possible, les programmes de l'année prochaine à ces lignes. Le frère Maeser, qui portait un si grand intérêt aux Classes de religion, désirait vivement que les instructeurs portent un intérêt particulier aux enfants, non seulement dans les écoles ou dans les classes, mais aussi lorsqu'ils n'étaient pas à l'école. Les Classes de religion faisant partie du système scolaire de l'Église, il estimait que la même tutelle devait être exercée sur les enfants appartenant à ces classes que celle exercée sur les enfants qui fréquentent les écoles de l'Église. Vous connaissez les organisations que nous y avons — comment les instructeurs s'efforcent de veiller sur les enfants envoyés depuis des foyers éloignés vers les écoles de l'Église, pour voir que leur temps est employé utilement, et qu'ils ne tombent pas dans de mauvaises fréquentations, ni dans de mauvaises pratiques et habitudes. Dans certains de nos pieux, on a suggéré que nos instructeurs des Classes de religion aident à veiller sur les jeunes la nuit, aident les agents de probation du tribunal pour mineurs à garder les enfants à la maison, à les connaître un peu, et à exercer avec amour une influence pour le bien sur ces enfants qui leur ont été confiés dans les Classes de religion. Nous espérons que ce mouvement réussira, et qu'il s'étendra à toute Sion, car nous sentons que nous ne pouvons prendre trop soin de nos enfants. Ce sont de précieuses charges qui nous ont été confiées, et le Seigneur nous demandera, un jour, de rendre compte de la manière dont nous en avons pris soin. Je me sens profondément préoccupé au sujet de nos enfants, et je sais que tous les saints des derniers jours ressentent la même chose. Veillons sur nos enfants dans leurs divertissements. Dernièrement, la vieille coutume qui voulait que les jeunes et les personnes âgées se mêlent dans les divertissements est tombée en désuétude, et nous laissons les enfants seuls dans leurs danses et leurs réunions sociales. Il serait bon que les évêques, qui peuvent exercer une influence sur l'organisation des divertissements dans les paroisses, veillent à ce que des personnes plus âgées soient présentes avec les enfants, afin que nos enfants, lorsqu'ils se réunissent entre eux, ne tombent pas sous de mauvaises influences. ¶
Dans nos foyers, frères et sœurs, veillons à ce que nous disons devant les enfants, et veillons à leur donner l'exemple que nous voudrions qu'ils suivent. Les garçons et les filles regardent leurs parents avec une entière confiance, et ce qu'ils voient faire père et mère, ils considèrent que cela doit être juste ; et, si on leur dit que certaines choses ne sont pas justes, ils pensent que cela ne peut pas être bien mal de suivre l'exemple de leurs pères et mères qui font ces choses. ¶
Veillons à ce que notre conduite soit telle qu'elle ne blesse pas notre conscience, et qu'elle puisse être un modèle correct pour nos enfants et pour les autres. Un grand nombre de personnes qui ne sont pas de notre foi vivent parmi nous, et elles nous observent. Elles savent bien comment un saint des derniers jours devrait vivre, et, s'il s'écarte de la voie qu'elles savent qu'il devrait suivre, elles ne tardent pas à le signaler, et cela cause du tort. Il a été dit : « Malheur à ceux par qui le scandale arrive. » Nous ne voulons pas assumer la responsabilité de causer du tort, mais nous voulons employer notre temps et nos efforts à amener d'autres personnes dans le bercail de l'Évangile. Si nous ne sommes pas appelés à travailler à l'étranger comme missionnaires, ou appelés à prêcher chez nous, nous pouvons prêcher par l'exemple. Que le monde nous voie tels que nous sommes. Qu'il nous voie non seulement professer être des saints, mais l'être en toute vérité. ¶
N'oublions pas les pauvres qui sont parmi nous. Que les saints se souviennent de leurs offrandes de jeûne, afin que les pauvres soient pourvus, qu'ils ne souffrent pas du besoin et que leur cri ne s'élève pas vers notre Père céleste. Il nous a commandé de les servir ; veillons donc à ce que les pauvres qui sont parmi nous ne soient pas oubliés. ¶
Lorsque nos frères et sœurs venus de l'étranger arrivent ici comme immigrants, efforçons-nous de veiller sur eux et de les aider. Durant la première semaine ou les deux premières semaines qu'ils passent ici, tout leur est étranger, ils n'ont pas de travail, et ils se sentent éprouvés et sans amis. C'est le moment de toucher leur cœur. ¶
Souvent, nous laissons passer cette occasion de les aider, et ils se lient avec des gens mécontents, qui, peut-être, ont apostasié de la vérité, et nos frères et sœurs immigrants peuvent être influencés par de telles personnes. Lorsque les immigrants arrivent dans nos diverses paroisses, souvenons-nous qu'ils ont obéi à l'Évangile par amour pour lui. Ils ont été disposés à quitter amis et parents pour l'amour de leur foi, et sont venus ici comme des étrangers. Qu'ils ne sentent pas que ceux qu'ils ont considérés comme des enfants de Sion ont perdu l'amour qu'ils devraient avoir pour leurs frères. Je pense que c'est là une question fort importante à considérer pour nous. ¶
Je dirais aussi à nos frères qui ont été à l'étranger comme missionnaires, qui ont travaillé à amener des gens dans l'Église, de ne pas perdre l'intérêt qu'ils leur portent, ni à l'œuvre pour laquelle ils ont consacré tant de temps et de moyens. Vous devriez vous souvenir de ceux que vous avez connus durant vos missions. Si une lettre peut leur faire du bien, envoyez-la-leur ; et, lorsqu'ils viennent ici, souvenez-vous de l'hospitalité qu'ils vous ont témoignée lorsque vous êtes entré dans leurs foyers ; souvenez-vous de leur bonté envers vous, et efforcez-vous de faire quelque chose pour eux ici. Je félicite ceux de nos frères qui ont continué à porter intérêt aux saints qu'ils ont connus durant leurs missions. J'ai remarqué que, lorsque des saints venus de l'étranger arrivent ici, de tels anciens ont été disposés à les accueillir dans leurs foyers, à tenter de leur trouver du travail, et à s'intéresser à leur bien-être. C'est là ce qui est juste, et ce que le missionnaire devrait faire. Il devrait aussi sentir qu'il ne vient jamais un moment où il cesse d'être missionnaire. Et nous tous, mes frères et sœurs, devrions nous intéresser à ceux qui viennent ici. Souvenez-vous que nous envoyons nos anciens — nos fils et nos frères — à l'étranger pour prêcher l'Évangile, pour amener le peuple dans l'Église du Christ, et pour le rassembler à Sion ; or, lorsqu'ils arrivent ici, ne sentons pas que notre devoir est terminé, mais souvenons-nous que la responsabilité de la croissance de Sion et de l'édification du royaume de Dieu repose sur nous. ¶
Que le Seigneur bénisse les saints des derniers jours ; que son œuvre continue de se répandre avec plus de rapidité sur la terre, afin que la vérité soit connue, telle est ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶