Pulpit

Réfutation des accusations contre Joseph Smith et le mormonisme

Orson F. Whitney

1906 October General Conference·Third Day Morning Session·1906-10-07

La loi parfaite de la liberté. — Réfutation des accusations portées contre Joseph Smith et le « mormonisme ». — Origine éternelle de l'Évangile. —

Revue des dispensations. — La liberté et ses champions. — Joseph Smith, patriote américain. — Ses vues sur la domination injuste. — Le « mormonisme » face à la tyrannie. — Point de roi avant que le Christ vienne. — Comment le monde sera contraint. — Dieu veille sur les siens.

L'esprit de poésie semble avoir imprégné cette conférence dans une certaine mesure, et c'est peut-être ce qui explique qu'une petite strophe flotte maintenant dans mon esprit :

« Brise-toi ! Brise-toi ! Brise-toi !

Sur tes froides pierres grises, ô mer ! Et je voudrais que mon cœur pût exprimer les pensées qui naissent en moi. »

Beaucoup de bonnes choses ont été dites par les divers orateurs qui se sont adressés aux assemblées, et il serait en effet difficile de décider lesquelles sont les plus importantes ou les plus édifiantes. La principale difficulté pour un orateur au temps de la conférence n'est pas de trouver un sujet, mais plutôt d'en choisir un parmi les nombreux qui se présentent à l'esprit, et de condenser ainsi ses pensées et ses paroles pour rester dans le temps imparti. J'espère avoir le bon Esprit pour m'inspirer, afin que je puisse dire les choses les plus nécessaires à dire. Je n'ai d'autre désir que de déclarer la vérité, selon que Dieu me donnera de m'exprimer.

J'ai été très impressionné, le jour de l'ouverture, par le discours du président Joseph F. Smith, et particulièrement par ce qu'il a dit au sujet du royaume dont le roi est Jésus-Christ. J'ai également été impressionné par ce que frère Nibley a dit concernant le but, l'esprit et la mission de ce que le monde appelle le « mormonisme » ; et je m'étonne, à la lumière de telles paroles, et à la lumière de ce que je sais être vrai concernant ce peuple et cette religion, que les malentendus et les conceptions erronées les plus grossiers puissent exister et existent réellement à leur sujet. Il fut allégué, du vivant du prophète Joseph Smith, qu'il voulait se faire roi, s'approprier les biens des mormons comme des gentils, en faire ses sujets, et fouler aux pieds leurs libertés. On a affirmé depuis le début que le « mormonisme » cherche à renverser les institutions libres, à renverser le gouvernement des États-Unis, et à établir, dans ce pays de la liberté, un despotisme asiatique. Je m'étonne de telles accusations. Il m'est difficile — désireux comme je le suis de croire tous les hommes honnêtes et sincères, partout où je le peux — de croire que de telles accusations soient portées avec sincérité.

Qu'est-ce donc que cette chose appelée « mormonisme » ? Vous avez entendu durant cette conférence que c'est ce que Paul l'apôtre a déclaré être l'Évangile du Christ : « la puissance de Dieu pour le salut ». Paul a aussi soutenu que l'Évangile est « la loi parfaite de la liberté ». Ce qu'il a dit de l'Évangile du Christ est vrai du « mormonisme », car ils sont une seule et même chose sous des noms différents. Ainsi, le « mormonisme » est « la loi parfaite de la liberté », et il est lui-même une institution libre. Pourquoi donc devrait-on l'accuser de chercher son propre renversement ?

Joseph Smith enseignait que l'Évangile était d'origine céleste. Il disait que Dieu, au commencement, se trouvant au milieu des esprits et de la gloire, et étant le plus intelligent de tous, jugea bon d'instituer des lois par lesquelles les autres pourraient progresser comme lui. Ce fut la première manifestation de tyrannie, de despotisme, dans l'histoire du « mormonisme », lorsque Dieu décréta que des lois seraient instituées par lesquelles les bénédictions dont il jouissait pourraient être étendues à ceux qui l'entouraient et dont jouiraient ceux-ci — les intelligences moindres qui se tournaient vers lui pour être guidées. Lui, en tant que leur Dieu, ordonna un moyen par lequel ils pourraient progresser et devenir comme lui, rendant possible l'obtention finale d'une gloire décrite comme la plénitude de la présence du Père, où il nous rend égaux à lui-même, et met entre nos mains la possession de toutes choses. Joseph Smith enseignait qu'avant que le monde fût, ce plan du salut, connu sous le nom d'Évangile — et surnommé aujourd'hui « mormonisme » — fut institué et ordonné comme le moyen de sauver le monde, de faire pour l'homme ce qu'il ne pouvait faire pour lui-même, de le racheter de la servitude du péché et de la mort, et de le rétablir dans la présence de Dieu, d'où il était tombé par transgression. Cela ressemble-t-il à de la tyrannie ? Cela porte-t-il quelque apparence de despotisme ? Y a-t-il, apparent dans ce grand plan ayant un tel objet, un quelconque dessein de renverser la liberté de l'homme ? Non ! Mes frères et sœurs, vous savez, comme je le sais, que Jésus-Christ est l'auteur de la liberté, qu'il est le grand champion de la liberté humaine, et qu'il a donné sa vie pour que le monde puisse être libre.

C'est Lucifer, au contraire, qui cherche le renversement des institutions libres, des Églises libres, des gouvernements libres, et qui sape partout où il le peut le fondement des droits de l'homme. Ce même être déchu, autrefois appelé l'Étoile du matin, se présenta devant le Père, au commencement, et s'offrit comme candidat pour être le sauveur de ce monde. Il déclara — il eut l'audace de déclarer — que son but était de sauver l'homme dans ses péchés. « Pas une seule âme ne sera perdue. » Il proposa de contraindre tous les hommes à être sauvés, et chercha à détruire le libre arbitre de l'homme. Mais son plan fut rejeté, et lui et tous ceux qui le suivirent furent chassés du ciel, car ils étaient les ennemis de la liberté et cherchaient le renversement de cette plus libre des institutions, l'Évangile du salut. C'est pourquoi ils furent rejetés, et un autre fut choisi comme Rédempteur, qui déclara que son but était de maintenir le libre arbitre de l'homme. Celui-ci ne rechercha pas son propre honneur, sa propre gloire, comme l'avait fait Lucifer — qui exigeait comme récompense pour son service proposé de pouvoir détrôner le Père et régner comme Dieu à sa place — mais cet autre Être dit : « Père, laisse-moi être ton Fils ; je descendrai ; je mourrai pour le monde, et tienne soit l'honneur et la gloire. » Il proposa de sauver l'homme de ses péchés, de faire du salut un don gratuit, de laisser tous les hommes libres d'accepter ou de rejeter l'Évangile, et le but de sa mission était de briser les liens de la mort, de racheter l'homme de la servitude, et c'est pourquoi son plan est connu, et véritablement connu, comme la loi parfaite de la liberté.

L'Évangile fut révélé d'abord à notre père Adam, qu'il racheta de la chute et rétablit dans la présence de Dieu. Après que ses descendants furent devenus dégénérés, il fut révélé à Hénoc, dont la ville fut enlevée dans les cieux. Plus tard, dans une autre dispensation, il vint à Noé, qui le prêcha au monde et réussit à sauver huit âmes, y compris la sienne. Après son époque, Abraham eut l'Évangile ; Abraham, chef de la maison d'Israël, par qui le Sauveur vint dans la chair, et par le moyen de la descendance duquel le sang de la foi fut répandu sur beaucoup de nations ; une dispersion d'Israël en préparation du grand rassemblement d'Israël dans les derniers jours. Puis Moïse eut l'Évangile, et chercha, au moyen de celui-ci et des pouvoirs de la sainte prêtrise, à amener son peuple dans une condition où il pourrait contempler, comme lui l'avait contemplée, la face de Dieu ; mais il ne le voulut pas. Cette génération ne voulut pas accepter l'Évangile, et il lui fut retiré, comme il l'avait été bien des fois auparavant, et les pouvoirs de la prêtrise de Melchisédek retournèrent dans les cieux, et Israël resta avec la prêtrise d'Aaron et la loi des commandements charnels, pour le fouetter comme un pédagogue jusqu'aux jours du Christ. Puis vint notre Sauveur, rétablissant l'ancienne foi, le plan du salut éternel et immuable, formé dans les cieux, dont il était lui-même l'auteur ; car il n'était autre que le roi du ciel, Jéhovah, le Dieu d'Israël. Il vint dans le monde comme un petit enfant, et grandit jusqu'à l'âge d'homme sans péché, vers le salut, montrant ce que l'homme peut faire s'il le veut, même dans cet état mortel. Il donna sa vie pour briser les liens de la mort, pour racheter l'homme des effets de la chute d'Adam et Ève. Il choisit douze apôtres pour établir son Église dans l'hémisphère oriental, puis vint, dans son corps ressuscité, dans l'hémisphère occidental, où il choisit également douze disciples pour établir son Église sur cette terre choisie. Mais le monde s'écarta de nouveau de la foi, et dans les derniers jours Dieu suscita un autre prophète, un autre champion de la vérité et de la liberté, et lui, se tenant à la tête de la plus grande et de la dernière des dispensations de l'Évangile, ne prêchant aucune doctrine nouvelle, mais proclamant les principes d'autrefois, les principes éternels de la liberté ; lui, Joseph Smith, fut accusé de chercher à se faire roi.

Je dis de tous ces prophètes, ces apôtres, ces patriarches, qui se sont tenus à la tête ou ont figuré dans les dispensations du passé, qu'ils sont les amis de la liberté, les champions de la liberté, reflétant la lumière et le pouvoir de Jésus-Christ. Et je dis aussi qu'une part de cette même lumière et de ce même pouvoir a reposé sur d'autres hommes, sur des poètes et des philosophes, sur des guerriers et des réformateurs, sur des savants, des inventeurs et des découvreurs ; qui ont joué leur rôle selon la lumière qui leur avait été donnée, et qui ont aidé à préparer la voie pour le grand accomplissement des derniers jours, quand le rétablissement de toutes choses est en perspective et en cours ; quand Dieu a décrété de répandre son esprit sur toute chair, et de réunir en un seul tout les choses dans les cieux et les choses sur la terre qui sont dans le Christ.

Luther avait une part de cet esprit lorsqu'il se tint devant la Diète de Worms, et, sommé de rétracter ce qu'il avait dit, posa sa main sur la Bible ouverte, fit face à un tyran renfrogné, et s'écria : « Me voici ; je ne puis faire autrement ; que Dieu me vienne en aide ! » Cromwell et ses Ironsides étaient animés d'une part de cet esprit lorsqu'ils s'opposèrent à un roi despote, et finirent par lui trancher la tête. Guillaume d'Orange en fut inspiré, lorsqu'il repoussa avec succès les incursions de l'envahisseur espagnol, et lutta pour la liberté des Pays-Bas. Colomb eut cet esprit lorsqu'il « poussa ses proues vers le soleil couchant, fit de l'ouest l'est », et découvrit cet hémisphère longtemps caché, la terre de Sion, la terre de Joseph, où la maison de Joseph doit se rassembler et la Nouvelle Jérusalem doit s'élever. Washington eut cet esprit lorsqu'il tailla, avec l'épée du patriotisme, l'indépendance de son pays ; « les fermiers rangés en bataille » l'eurent lorsqu'ils déversèrent leurs volées patriotiques dans les rangs des réguliers britanniques sur les pentes de Bunker Hill. Jefferson eut cet esprit lorsqu'il écrivit d'une plume de feu : « Tous les hommes sont créés égaux, et pour assurer les droits à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur, des gouvernements sont institués parmi les hommes, tirant leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés. » Joseph Smith, dans une bien plus grande mesure, possédait cet esprit de liberté, cet amour de la liberté, et il n'y a rien dans sa vie, dans son caractère, ni dans toute l'histoire du peuple mormon qui y soit contraire.

Qui était cet homme, Joseph Smith ? C'était un Américain de naissance ; un descendant des pèlerins, et des patriotes que Dieu inspira pour fonder cette nation. Il aimait son pays ; il but l'esprit de liberté au lait de sa mère, et en apprit les principes aux genoux de sa mère. Pourquoi aurait-il cherché à être roi, à renverser les institutions libres, à comploter la ruine de son pays ? Au contraire, il cherchait la gloire de son pays. Le dernier acte, et le couronnement, de sa vie, politiquement, fut une tentative de devenir président des États-Unis ; et dans la plateforme de principes qu'il énonça, il favorisait l'extension de l'Union, avec le consentement de l'homme rouge — oui, il pensait même au pauvre Indien et à ses droits — avec le consentement de l'homme rouge, il favorisait l'extension de l'Union d'un océan à l'autre. Il favorisait aussi l'annexion du Texas, du Mexique, du Canada, dès qu'ils le désireraient — tant il était désireux de répandre les bienfaits et les bénédictions d'un gouvernement libre. Et pourtant, cet homme pouvait être faussement accusé de chercher à se faire roi.

Les institutions de l'Église que Joseph fonda respirent le même esprit de liberté, le même respect des droits de l'homme, qui caractérisent le gouvernement des États-Unis, également inspiré de Dieu. Vous en avez vu une démonstration hier. Vous avez vu soumettre les noms d'hommes qui détiennent la sainte prêtrise, qui ont occupé des postes sacrés au milieu de ce peuple durant toute une vie ; vous avez vu leurs noms soumis ici, afin que le peuple manifeste s'il continuerait ou non à les accepter comme ses dirigeants, ses instructeurs spirituels. Cette pratique a prévalu dans cette Église depuis le commencement. Joseph Smith, qui avait contemplé la face de Dieu ; Oliver Cowdery, qui avec Joseph avait vu des anges et avait été ordonné par eux aux prêtrises d'Aaron et de Melchisédek — eux-mêmes, après tout, furent tenus par la volonté et la parole de Dieu de soumettre leurs noms au petit troupeau qu'ils avaient converti, pour voir s'il les soutiendrait ou non comme premier et second anciens de l'Église. La doctrine du consentement commun, « le consentement des gouvernés », que Thomas Jefferson proclama dans la Déclaration d'indépendance, et qui est pratiquée dans toutes les affaires électorales du peuple américain — cette même doctrine est pratiquée dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ; et pourtant cette Église est accusée de chercher le renversement des institutions libres.

Joseph Smith écrivit de sa propre main les Articles de foi de cette Église, et les 11e et 12e articles se lisent ainsi :

« Nous revendiquons le privilège d'adorer le Dieu Tout-Puissant selon les injonctions de notre propre conscience et accordons à tous les hommes ce même privilège ; qu'ils adorent comme, où ou ce qu'ils veulent. »

« Nous croyons qu'il faut être soumis aux rois, présidents, gouvernants et magistrats, en obéissant à la loi, en l'honorant et en la soutenant. »

Permettez-moi maintenant de lire une parole notable de Joseph Smith, montrant ce qu'il pensait de la tyrannie et de la domination injuste :

« Voici, il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. Et pourquoi ne sont-ils pas élus ?

« Parce que leur cœur se porte tellement vers les choses de ce monde et aspire tant aux honneurs des hommes, qu'ils n'apprennent pas cette grande leçon :

que les droits de la prêtrise sont inséparablement liés aux pouvoirs du ciel et que les pouvoirs du ciel ne peuvent être maîtrisés ou utilisés que selon les principes de la justice.

« Il est vrai qu'ils peuvent nous être conférés, mais lorsque nous entreprenons de couvrir nos péchés ou d'assouvir notre orgueil, notre vaine ambition, ou d'exercer, avec quelque degré d'injustice que ce soit, une emprise, une domination ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes, voici, les cieux se retirent ; l'Esprit du Seigneur est attristé, et lorsqu'il est retiré, c'est la fin de la prêtrise ou de l'autorité de cet homme.

« Voici, avant qu'il s'en aperçoive, il est laissé à lui-même pour regimber contre les aiguillons, persécuter les saints et combattre Dieu.

« Nous avons appris par triste expérience qu'il est de la nature et des dispositions de presque tous les hommes de commencer à exercer une domination injuste aussitôt qu'ils reçoivent un peu d'autorité ou qu'ils croient en avoir.

« C'est pour cela que beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.

« Aucun pouvoir, aucune influence ne peuvent ou ne devraient être exercés en vertu de la prêtrise autrement que par la persuasion, par la longanimité, par la gentillesse et la douceur, et par l'amour sincère ; « par la bonté et la connaissance pure qui épanouiront considérablement l'âme sans hypocrisie et sans fausseté, « réprimandant avec rigueur en temps opportun, sous l'inspiration du Saint-Esprit, et faisant preuve ensuite d'un redoublement d'amour envers celui que tu as réprimandé, de peur qu'il ne te considère comme son ennemi ; « afin qu'il sache que ta fidélité est plus forte que les liens de la mort ; « que tes entrailles soient également remplies de charité envers tous les hommes et envers les frères en la foi, et que la vertu orne sans cesse tes pensées, alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu, et la doctrine de la prêtrise se distillera sur ton âme comme la rosée des cieux.

« Le Saint-Esprit sera ton compagnon constant et ton sceptre, un sceptre immuable de justice et de vérité ; et ta domination sera une domination éternelle et, sans moyens de contrainte, elle affluera vers toi pour toujours et à jamais. » — Doctrine et Alliances, 121 : 34-46.

Voici un autre bref extrait du même livre :

« C'est pourquoi, il n'est pas juste qu'un homme soit asservi à un autre.

« C'est dans ce but que j'ai établi la Constitution de ce pays, par la main des sages que j'ai suscités dans ce but même, et que j'ai racheté le pays par l'effusion du sang. » — Doctrine et Alliances, 101 : 79, 80.

Tels sont quelques-uns des principes enseignés par Joseph Smith. La Doctrine et Alliances, le Livre de Mormon, tout écrit émané de l'esprit de ce grand homme, témoigne de la divinité du principe de liberté et proclame le libre arbitre de l'homme. Du Livre de Mormon, je lirai un paragraphe, pour montrer l'esprit de cet ancien écrit, et l'esprit de l'homme qui le traduisit. Je dirai ici que le Livre de Mormon tout entier est un grand plaidoyer pour la liberté, une puissante protestation contre la tyrannie et l'injustice. Voici une promesse du Seigneur à un ancien prophète parmi les Néphites, concernant cette terre, l'Amérique du Nord et du Sud, que Joseph Smith déclara être la terre de Sion :

« Et ce pays sera un pays de liberté pour les Gentils, et il n'y aura pas, dans le pays, de rois qui seront suscités pour les Gentils ; « et je fortifierai ce pays contre toutes les autres nations ; « et celui qui combat Sion périra, dit Dieu, « car celui qui suscite un roi contre moi périra, car moi, le Seigneur, le roi du ciel, je serai leur roi, et je serai à jamais une lumière pour ceux qui écoutent mes paroles. » — II Néphi, 10 : 11-14.

Un homme sensé croit-il que Joseph Smith aurait envoyé une telle proclamation, l'aurait publiée au monde, et aurait ensuite cherché, dans ce pays de liberté, à se faire roi ?

Peut-être cela suffit-il. Le président Smith parlait d'après l'histoire écrite lorsqu'il déclarait que Jésus-Christ est le roi de ce royaume ; ce n'est pas Joseph le prophète, ce n'est pas Brigham Young, ni John Taylor, ni Wilford Woodruff, ni Lorenzo Snow ; ce n'est pas Joseph F. Smith ; ce n'est aucun homme. Il ne viendra aucun roi sur cette terre avant que le Christ, le roi du ciel, vienne avec puissance et gloire pour régner sur la terre. Il est notre roi, le seul roi que nous reconnaissions, le seul roi que nous servions, et ces hommes sont les serviteurs du Roi, pour la venue duquel nous sommes ici pour nous préparer.

Ce thème est interminable ; je pourrais continuer pendant des heures à vous parler des sentiments qui animaient Brigham Young et ses successeurs, mais que ce seul fait suffise : que tous ceux qui ont dirigé cette Église depuis les jours de Joseph Smith jusqu'à ce jour n'ont fait que bâtir sur les fondations de Joseph et réitérer les principes qui lui étaient chers, principes que lui révéla le Dieu du ciel, Jésus-Christ, le Roi.

Il n'y a qu'un seul élément de contrainte dans les rapports de Dieu avec l'homme, et il ne forcera jamais l'esprit humain. Cela est illustré dans la parole de Dieu adressée aux premiers anciens de cette Église, en accomplissement d'une parabole de notre Sauveur, celle où il compara le royaume des cieux à un festin :

« Et Jésus lui répondit : Un homme donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens.

« À l'heure du souper, il envoya son serviteur dire aux invités : Venez, car tout est déjà prêt.

« Mais tous sans exception se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : J'ai acheté un champ et je suis obligé d'aller le voir ; excuse-moi, je t'en prie.

« Un autre dit : J'ai acheté cinq paires de bœufs et je vais les essayer ; excuse-moi, je t'en prie.

« Un autre dit : Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne peux pas venir.

« Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur : Va vite dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.

« Le serviteur dit : Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place.

« Et le maître dit au serviteur : Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, force-les à entrer, afin que ma maison soit remplie. » — Luc, 14 : 16-23.

Quoi ! Contraindre les hommes à être sauvés ? Dieu forcer l'esprit humain ? Jamais ! Et pourtant ils furent contraints d'entrer. Le sens littéral de cette parabole s'incarne dans un commandement donné aux anciens de l'Église en ces derniers jours, répétant le grand commandement de notre Seigneur à ses serviteurs il y a deux mille ans :

« Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création.

« Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.

« Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; « ils saisiront des serpents ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur feront pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris. » — Marc, 16 : 15-18.

Ces paroles furent répétées par Joseph le voyant, et d'autres paroles suivirent alors, non dites auparavant, mais réservées pour les derniers jours, quand les jugements de Dieu devaient venir compléter le témoignage des anciens. « Et après votre témoignage vient le témoignage des tremblements de terre, et des tempêtes, et des guerres, et des famines, et des pestilences, et de la voix des flots de la mer se soulevant au-delà de leurs limites. » « Toutes choses seront en agitation », et « non seulement la terre tremblera, mais les cieux étoilés trembleront aussi. »

Voilà comment Dieu contraindra les hommes à l'écouter, s'ils font la sourde oreille à la voix de la persuasion bienveillante. Il ne forcera pas l'esprit, mais créera des conditions et façonnera des circonstances qui inciteront les hommes à venir à lui et à s'incliner d'eux-mêmes devant sa sainte volonté. En attendant, il appartient à ce peuple de demeurer dans la liberté dont il a été affranchi, d'élever un étendard de paix vers toutes les nations, de rendre le bien pour le mal, les bénédictions pour les malédictions, et de laisser sa cause entre les mains de ce Dieu qui inspira un poète américain à écrire :

« La vérité pour toujours sur l'échafaud ; le mal pour toujours sur le trône ; pourtant cet échafaud oriente l'avenir, et derrière l'inconnu obscur, Dieu se tient dans l'ombre, veillant sur les siens. »

Citer ce discoursOrson F. Whitney, « Réfutation des accusations contre Joseph Smith et le mormonisme », 1906 October General Conference, Third Day Morning Session (1906-10-07). Pulpit Vault, 1906-10-whitney-refuting-charges. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).