Pulpit

Rapport sur la mission de Californie

Joseph E. Robinson

1906 April General Conference·Second Day Afternoon Session·1906-04-07

C'est très réjouissant pour moi, mes frères et sœurs, d'être avec vous à cette conférence. C'est aussi un plaisir de parler des conditions en Californie. Nous avons environ 600 membres dans cette mission ; du moins ce nombre est-il inscrit comme membres, mais il y en a quelques-uns que nous ne pouvons pas localiser. Certains ne sont pas aussi fidèles qu'ils pourraient l'être, mais dans l'ensemble ce sont des gens de choix. Il est des plus réjouissants de constater, mois après mois et parfois semaine après semaine, la fidélité et la constance des Saints dans le paiement des dîmes et des offrandes. Les registres de dîme de la mission montrent qu'il y a des dizaines de personnes dont les noms y sont inscrits, et l'on peut voir d'un coup d'œil les salaires qu'elles reçoivent mois après mois, tant sont exactes et rigoureuses ces personnes dans le paiement de leurs dîmes et offrandes.

Au cours de l'hiver passé, nous avons fait un peu de travail missionnaire dans cette partie de l'Arizona qui se trouve hors des pieux organisés de Sion, principalement dans les camps miniers, et au-delà de la frontière, dans un ou deux camps miniers du vieux Mexique. Une grande joie nous est venue dans nos travaux missionnaires là-bas, en rencontrant des fils et des filles de Saints des derniers jours qui travaillent dans ces camps, et qui n'ont pas eu le privilège de se réunir avec les Saints lors des réunions du sabbat. J'estime qu'un grand bien a été accompli auprès de nos enfants de cette manière, ce qui les aidera à combattre le bon combat et à garder la foi, tandis qu'ils sont isolés du corps de l'Église.

Récemment, nous nous sommes efforcés de faire sentir chez eux les Saints qui séjournent dans les stations balnéaires de Californie, en tenant des réunions dans leurs chalets. À Ocean Park, nous avons loué une salle, et des réunions y sont tenues chaque sabbat.

Une grande partie du travail que nous accomplissons sert autant les missions de l'Est que la nôtre ; car la Californie, pendant la saison hivernale, est fréquentée par des milliers de visiteurs venus de l'Est. Nous les rencontrons dans notre porte-à-porte, ils nous entendent dans les rues lorsque nous tenons des réunions, et ils rapportent chez eux, dans les États de l'Est, nos tracts, et dans bien des cas se procurent les adresses des maisons de mission dans diverses villes de l'Est. Ils fraternisent avec nous et nous traitent d'une manière fraternelle qu'ils n'auraient pas chez eux, disent-ils souvent eux-mêmes, de peur peut-être de perdre leur rang, ou de s'attirer la critique de leurs amis à cause de leur amitié envers les anciens « mormons ». Mais ils viennent dans l'Ouest pour leur santé ou pour se distraire, et ils sont disposés à voir tout ce qu'il y a à voir, et à entendre tout ce qu'il y a à entendre. Bien que dans certains cas ce soit une curiosité anormale qui les amène à nos réunions, à la fin ils sont dépouillés de leurs préjugés, et rentrent chez eux avec des sentiments amicaux envers nous et notre peuple. Je ne crois pas qu'on puisse citer un seul cas où, nous ayant écoutés et ayant remarqué le bon esprit que possèdent nos jeunes gens, ils ne soient repartis plus amicaux, sinon envers tout le corps de l'Église, du moins envers ceux avec qui ils ont été en contact. Certains pensent que nous sommes tenus en mépris par tous les gens du monde, mais mon témoignage est que, en près de six ans d'expérience sur la côte du Pacifique, ce n'est qu'une seule fois que je peux dire avoir été victime de discrimination parce que j'étais Saint des derniers jours. En ce qui me concerne, c'est plutôt le contraire ; on m'a fait des honneurs, et des gens se sont intéressés à moi, à cause de ma position dans l'Église et du peuple que je représente. On m'a témoigné, en diverses occasions, des marques de respect et d'estime qui ont été bienveillantes et gracieuses en vérité. Récemment, j'ai eu le privilège de m'entretenir avec un homme très en vue, considéré comme une étoile montante de son parti politique. Mon âme s'est réjouie en le quittant, car il m'a serré la main avec bonté, a posé son bras sur mon épaule et a dit : « Quand vous verrez John Henry Smith, transmettez-lui mon affection, et dites-lui que je pense vraiment le plus grand bien de lui. » Mardi dernier, je m'entretenais avec un autre monsieur influent. Il a rendu, sans le vouloir, témoignage du fait qu'Ésaïe était un prophète, car en passant en revue l'œuvre accomplie par notre peuple, il a dit : « Je veux vous dire, ancien Robinson, que c'est une œuvre merveilleuse et un prodige. » Or ce n'est pas un homme religieux, mais il connaît bien ce que notre peuple a accompli, et particulièrement le côté économique du « mormonisme ». Je pourrais aussi mentionner l'honorable W. E. Smythe, qui a écrit de nombreux articles amicaux à propos de notre peuple et de son œuvre. Je pourrais évoquer Benjamin Fay Mills, pasteur du club de la Fellowship League de Los Angeles, qui compte parmi ses membres certaines des lumières du monde littéraire et scientifique. Ils édifient une prétendue église fondée sur le sermon prononcé sur la Montagne, mais ne reconnaissent pas le Christ comme le Messie. M. Mills, en me parlant, a dit : « Nous travaillons vers la même fin, mais par des voies différentes, et je dois dire que je ne peux qu'estimer votre peuple pour son intégrité et sa constance, et pour ce qu'il a accompli dans ce pays de l'Ouest ; bien qu'il y ait certains des principes qu'ils enseignent en commun avec d'autres églises, tant orthodoxes qu'hétérodoxes, que je n'approuve pas, ou du moins que je ne comprends pas. » Récemment, une circonstance m'a fait connaître un monsieur d'Angleterre qui enseigne au College of Physicians and Surgeons de San Francisco, et qui n'est pas de mince renom en Allemagne et en Angleterre, dont il est diplômé et où il a enseigné pendant plusieurs années. Il m'a dit : « Je ne suis pas Américain, monsieur Robinson, mais j'ai suivi avec un intérêt considérable, en tant qu'érudit, l'œuvre de votre peuple et les problèmes qu'il résout, et je ressens, en tant qu'anthropologue, en tant qu'étudiant des conditions sociales, un profond intérêt pour le problème social que votre peuple a soulevé, et nous en suivrons les progrès, et j'estime qu'on aurait dû vous laisser seuls pour le résoudre. Les conditions sont telles », dit-il, « que nous ne savons pas ce qui nous attend en tant que peuple anglo-saxon. Regardez autour de vous dans cet État et vous trouverez que les gens ici ont un problème sur les bras, et le voici : le fils natif de l'Ouest doré vivra-t-il jusqu'à devenir arrière-grand-père, ou non ? Tandis que les peuples du sud de l'Europe, et certains du nord de l'Europe, prospèrent et se multiplient dans les districts les plus chauds de la Californie, le fils natif, l'Anglo-Saxon, est refoulé. » Il attribuait cela non pas à l'effet du climat, pour ce qui est de la chaleur, mais au fait qu'il y avait tant de soleil que cela était néfaste pour les races anglo-saxonne et teutonique, et qu'elles prospéraient le mieux dans le nord. « À cause de cela », dit-il, « nous suivrons avec un intérêt et une attention considérables les progrès de vos colonies mexicaines. » Il voulait savoir si j'étais au fait des conditions là-bas, et s'il s'y trouvait des arrière-petits-enfants parmi ce peuple.

Je pourrais continuer à citer d'autres personnes honorables de la terre qui m'ont parlé. L'une d'elles, un éminent chirurgien qui va donner des conférences pendant trois mois en Angleterre, sur l'invitation d'une des sociétés scientifiques du pays, a été l'un de nos meilleurs amis et soutiens. Lorsqu'un accident ou une maladie grave est survenu à des membres de notre Église dans le voisinage immédiat de San Francisco, ou lorsque des anciens ont développé un trouble organique qui ne pouvait être surmonté par de simples soins ou des médecins amicaux, chaque fois qu'il était évident qu'un spécialiste devait intervenir, nous sommes allés à l'hôpital de cet homme, et il a soigné nos frères gratuitement. Il m'a écrit que s'il y a quoi que ce soit qu'il puisse faire pour notre peuple, qu'ils aient de l'argent ou non, nous pouvons disposer de ses services et de ceux de son hôpital.

Je pense qu'il est bon de savoir que tous les hommes ne nous tiennent pas en mépris, mais que ceux qui ont l'esprit large, ceux qui observent le cours des événements, reconnaissent dans l'Évangile que nous enseignons une force d'élévation et de salut ; qu'il y a en lui quelque chose qui ne vient pas de la sagesse de l'homme, mais de l'Esprit de notre Père qui est aux cieux. De diverses manières, ces amis à nous le reconnaissent par leurs témoignages et leurs actions envers nous. L'un des membres de la commission d'examen des pensions de l'État, qui est médecin, m'a dit qu'il avait vu un groupe d'anciens dans les rues de la capitale, à diverses reprises, parler en public, sans savoir qui ils étaient ; mais il a dit qu'il ne passait jamais près d'eux sans ressentir l'envie de les prendre dans ses bras et de les bénir, à cause de la propreté de leur vie, qui se manifestait dans leur mise et se lisait sur leurs visages. Après avoir fait notre connaissance, il a fait de son cabinet un lieu de rendez-vous pour nos anciens, et les a soignés pour toute affection sans rien leur facturer pour ses services.

À cet égard, je voudrais dire avec bienveillance, aux évêques et aux présidents de pieu, que je ne veux pas que vous pensiez que la Californie est un remède universel à toutes sortes de maladies. Sur 30 anciens que nous avons eus pendant l'année écoulée, près de 50 pour cent d'entre eux étaient malades à leur arrivée, avec des troubles pulmonaires, une gorge malade, ou des troubles cardiaques ; pour cette raison, les efforts et les travaux de certains des hommes valides en ont été gênés. Pas plus tard que la semaine dernière, un frère est venu à la mission et a dit : « Je suppose que vous savez que j'ai été appelé dans les États du Nord. » Non, ai-je dit, je ne le savais pas. « Eh bien », a-t-il dit, « c'était le cas, mais on a pensé qu'il valait mieux que je vienne ici pour ma santé. » Trois semaines auparavant, un autre homme était venu pour sa santé, car il avait des rhumatismes, et on avait pensé qu'il vaudrait mieux qu'il aille en Californie. À cause de cela, notre travail en a été plus ou moins entravé. Néanmoins, nous avons eu un plus grand succès dans les baptêmes, et dans les rencontres avec les gens à leur domicile et dans les salles publiques, que nous n'en avons eu depuis 18 ou 10 mois. Nous avons eu le privilège de baptiser ce printemps de très bons hommes et femmes ; et j'ai été surpris de la connaissance qu'ils avaient manifestée des lois de l'Évangile. Un homme m'a dit : « Maintenant, frère Robinson, je veux jouir de tous les dons de l'Église et je veux payer ma dîme. » Je savais qu'il ne travaillait pas et je lui ai dit : « Vous ne travaillez pas en ce moment, n'est-ce pas ? » Il a répondu : « Non, mais j'ai économisé un peu, et je veux payer la dîme sur mon surplus, car c'est ainsi que le lit la Parole du Seigneur. » Je l'ai béni pour sa foi et il a payé la dîme sur son surplus. L'une de nos sœurs, qui s'était convertie, a également payé la dîme sur son surplus. C'était une jeune fille tout juste baptisée dans l'Église, mais elle a montré ainsi sa foi dans l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. J'estime que même si les convertis sont peu nombreux, lorsqu'ils manifestent une telle foi, cela vaut tout l'effort que nous déployons. Certains estiment qu'il est difficile de tenir des réunions dans les rues. Dans l'une des rues privilégiées de San Francisco — Grant Avenue — vous trouverez, dans un court pâté de maisons, presque chaque soir de la semaine, de dix à quinze réunions différentes tenues, orthodoxes et hétérodoxes, incrédules, socialistes, de la Citizens' Alliance, de l'Armée du Salut, des Volontaires d'Amérique, de la Penial Mission, et de conférenciers indépendants, de couleur et blancs, et parmi eux vous trouverez les anciens « mormons ». Nous tenons habituellement deux coins de rue. Certains de mes frères qui ont visité cet endroit m'ont dit : « Frère Robinson, cela ressemble à colporter l'Évangile au coin de la rue ; il me semble que vous pourriez tout aussi bien parler contre le vent. » Eh bien, de temps en temps, quelqu'un vient nous saisir la main et dit : « C'est exactement le genre de discours que je veux ; c'est ce que je cherchais. » Un homme nous a dit que trois semaines auparavant, il nous avait entendus dans les rues et était venu à nos réunions, et, disait-il, « vous m'excuserez, ancien Robinson, mais je ne peux pas rester loin de vous ; vous enseignez exactement ce que je veux. » Je sens donc que nous sommes bénis si seulement, de temps à autre, quelqu'un vient à nous avec ce témoignage, et devient ensuite identifié à l'Église. Je veux dire, pour la Société des Pionniers de San Bernardino (cette vieille ville fondée par nos frères et sœurs dès les premiers jours), que leur cœur, à mesure qu'ils vieillissent, se tourne vers le peuple de l'Utah. Depuis quelques années, nous sommes allés à leurs réunions, nous avons chanté pour eux, nous avons prié pour eux, nous les avons aidés à enterrer leurs morts ; et l'automne dernier, nous avons organisé pour eux une journée des personnes âgées, la première du genre dans cet État. Elle semble avoir trouvé la faveur de tous les citoyens. Divers membres d'église sont venus à nous, principalement de la Ladies' Aid Society, et ont aidé à prendre soin des personnes âgées pendant le jour réservé à cette fête, et ils se sont engagés à nous soutenir de cette manière, jusqu'à ce que l'inimitié de certaines des églises s'éveille, et elles ont interdit à leurs membres d'avoir quoi que ce soit à faire avec nous. Il en est résulté que certains ont quitté l'église à laquelle ils appartenaient, et ils nous aident dans cette ville. Entre autres choses, ils se proposent de visiter Salt Lake City cet été, grâce à la bonté du sénateur Clark. Dès le 17 juillet dernier, ils ont adopté une motion m'invitant, en tant qu'invité d'honneur, à me joindre à eux lorsqu'ils viendraient visiter Salt Lake City, et à être avec eux ici, non pas à cause de mon individualité, mais parce que j'étais le représentant de notre peuple. J'ai eu le privilège aujourd'hui de remettre à l'ancien Ben E. Rich un petit souvenir de la part de la société, sous la forme d'un insigne de membre, offert en raison de l'affection qu'ils portaient à son père. À mesure qu'ils vieillissent, leur amour pour les fondateurs de cette ville augmente, et ils les tiennent en grand honneur et estime. Beaucoup d'entre eux, bien qu'ils aient perdu leur appartenance à l'Église, et que, tant qu'ils vivront, ils ne se reconnaîtront peut-être pas eux-mêmes ni ne nous permettront de les reconnaître comme membres, j'ai néanmoins remarqué que, lorsque « l'appel redouté » vient les emporter, ils désirent que nous soyons avec eux, et ont demandé que nous prêchions leur oraison funèbre. En bien des cas, ils ont même reconnu que l'Évangile est vrai, et que c'est par leur propre faiblesse qu'ils s'en sont éloignés et ont perdu leur appartenance à l'Église.

Les jeunes anciens de cette mission sont humbles, fidèles et appliqués dans leurs efforts. Ils ne vont pas de l'avant par leur propre force, mais, comme David lorsqu'il affronta Goliath, ils vont dans la force et au nom du Seigneur Dieu d'Israël. Le courage qu'ils manifestent, et la foi qu'ils démontrent, agissent sur le cœur des gens pour qu'ils reçoivent leurs témoignages, et cela leur fait des amis, qu'ils embrassent l'Évangile ou non. Cela nous encourage.

Nous tenons à soutenir l'organisation de l'Église. Nous avons appris par expérience que nous ne marchons pas dans notre propre lumière. Parfois nous empruntons de la lumière à d'autres, mais nous nous efforçons de vivre de manière à marcher par la foi, par la lumière qui brille de l'intérieur, afin de pouvoir suivre nos chefs de file en toutes choses : en cela, nous savons qu'il y a la sécurité. Que Dieu nous accorde de réaliser tous nos chers idéaux et aspirations, et qu'il ne s'écoule pas longtemps avant que le monde ne croie que l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ est pour l'élévation de l'humanité, pour le salut des âmes des hommes, pour la guérison des nations, et que nous sommes les ambassadeurs de la vérité et de la justice, je le demande au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursJoseph E. Robinson, « Rapport sur la mission de Californie », 1906 April General Conference, Second Day Afternoon Session (1906-04-07). Pulpit Vault, 1906-04-robinson-report-california. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).