L'effusion de l'Esprit à la Conférence générale
Joseph W. McMurrin
J'espère, mes frères et sœurs, que durant les quelques instants où je me tiens devant vous, je pourrai être béni de l'Esprit du Seigneur et prononcer devant cette assemblée les paroles que le Seigneur voudrait que je dise. Je me suis grandement réjoui des instructions données par les frères durant cette conférence, et je sens dans mon âme que ceux qui se sont tenus devant nous et ont rendu témoignage de la vérité de la grande œuvre à laquelle nous prenons part ont été dirigés dans leurs paroles par l'Esprit du Seigneur. En tant que peuple, nous croyons fermement en l'inspiration du Saint-Esprit, et nous croyons que l'homme n'est pas capable, par lui-même, par la sagesse qu'il possède naturellement, d'instruire le peuple au sujet des desseins du Seigneur. ¶
Cette instruction ne peut être donnée, pour convaincre le peuple et édifier la foi et la connaissance des Saints, que par le pouvoir du Saint-Esprit. En écoutant les remarques faites par l'ancien George Reynolds au sujet des missionnaires, certaines pensées me sont venues à l'esprit à leur égard. Il m'échoit, avec mes frères, de rencontrer très fréquemment des groupes de missionnaires dans l'annexe du temple de Salt Lake, où ils sont habituellement mis à part pour leurs travaux missionnaires, et j'ai observé, comme d'autres frères l'ont fait, que presque tous les anciens qui vont dans le monde prêcher l'Évangile sont de jeunes hommes, et pour la plupart des hommes sans expérience missionnaire — de jeunes hommes qui quittent leur foyer pour la première fois afin d'exercer l'autorité de la sainte prêtrise en appelant les hommes à la repentance. J'ai souvent pensé qu'il serait d'un grand avantage pour l'œuvre missionnaire à travers le monde si les frères qui sont appelés de temps à autre à proposer des missionnaires pouvaient mêler à ces jeunes hommes, qui travaillent avec tant de zèle et de fidélité à la prédication de l'Évangile, quelques hommes qui ont déjà une expérience missionnaire. ¶
Depuis le commencement de cette œuvre, des milliers d'hommes ont œuvré dans les nations de la terre dans les travaux du ministère, et aujourd'hui, dans les communautés des Saints des Derniers Jours, il y a un grand nombre d'hommes qui, au fil des années passées, ont travaillé avec succès et, par l'expérience, sont devenus compétents dans l'œuvre missionnaire. Je crains que, lorsque les frères cherchent des missionnaires, ils n'estiment que les hommes qui ont déjà été à l'étranger ne devraient pas être appelés de nouveau à ces travaux, s'il y a d'autres hommes qui n'ont pas eu cette possibilité. Mais je crois qu'il serait d'un très grand avantage pour les jeunes hommes, d'une aide pour les présidents de mission, et d'un bienfait pour le peuple du monde, si les jeunes hommes pouvaient être bénis de la compagnie et de l'assistance de quelques-uns des frères qui ont autrefois eu une expérience missionnaire. C'est pourquoi je suggère aux présidents de pieu et aux évêques qu'il conviendrait de chercher des missionnaires expérimentés, afin que ceux qui n'ont pas d'expérience puissent bénéficier de leur compagnie, et qu'ils reçoivent l'encouragement et la force qui viendraient naturellement de l'aide de ceux qui sont bien établis dans la foi de l'Évangile éternel. Au cours des vingt-cinq dernières années, un grand changement s'est produit chez nos missionnaires en ce qui concerne l'âge des hommes envoyés prêcher l'Évangile. Je me souviens que, pendant ma première mission, presque tous mes compagnons étaient des hommes d'expérience, et je suppose que c'était la condition de toutes les missions. C'était le cas, pour autant que je le sache, dans toutes les conférences de Grande-Bretagne. Ici et là, quelques jeunes hommes œuvraient comme missionnaires, mais la grande majorité des anciens étaient des hommes qui avaient de l'expérience, qui avaient été bien formés aux principes de l'Évangile, et qui étaient fermement établis dans la foi. Je me remémore aujourd'hui, et je remercie le Seigneur d'avoir eu le privilège d'une telle compagnie, d'avoir été associé à des hommes qui m'ont rapporté des circonstances liées à leur expérience dans l'œuvre du Seigneur, ce qui a tendu à fortifier ma foi et à me donner du courage et de l'espoir. Il y a aujourd'hui une place abondante pour cette catégorie de missionnaires. À l'heure actuelle, ce sont presque tous de jeunes garçons ; il n'y a que de temps à autre un homme qui a l'expérience à laquelle j'ai fait référence. Néanmoins, ces jeunes hommes possèdent l'autorité de la sainte prêtrise ; ils sont partis sur la désignation de notre Père céleste, par l'inspiration de l'Esprit Saint, et c'est une œuvre merveilleuse qui s'est accomplie. Elle sera merveilleuse à l'avenir ; car, comme par le passé, Dieu prendra les choses faibles du monde pour confondre les choses grandes et puissantes. Je suis cependant fermement convaincu que si un missionnaire expérimenté et accompli pouvait partir avec chaque demi-douzaine de jeunes hommes, un grand bien découlerait d'une telle combinaison, tant pour les jeunes missionnaires que pour l'œuvre du Seigneur à l'étranger. ¶
L'un des frères, hier, a laissé entendre dans ses remarques qu'il était heureux que le « mormonisme » n'ait pas été établi à la suite d'un quelconque désaccord entre hommes concernant un autre principe de religion révélée. Il a été établi par désignation et révélation divines. Quand ce frère a fait la remarque à laquelle je fais référence, je me suis souvenu qu'il y a quelques années, en visitant une grande église catholique de l'Ancien Monde, j'avais ramassé un tract écrit par un catholique, dont la couverture portait la mention « Pourquoi je suis catholique ». Dans ce petit tract se trouvait un paragraphe qui disait à peu près ceci : « Quand Martin Luther, Calvin et Henri VIII ont commencé leur folle carrière dans ce que vous, protestants, appelez la « glorieuse réforme », la vraie religion était alors dans le monde, ou elle ne l'était pas. Si elle l'était, ils ont commis de graves crimes en créant de nouvelles religions pour s'y opposer. Si elle ne l'était pas, ils étaient incapables de la créer. Il faut un Christ, et non un Luther, pour créer un christianisme ; dans les deux cas donc, le protestantisme n'est pas la vraie religion de Jésus-Christ. » J'ai été profondément impressionné par la lecture de ces mots. Il faut assurément un être immortel, il faut la source même de la religion, pour créer une religion. Aucun homme, ni aucune combinaison d'hommes, n'a l'intelligence ou l'autorité pour créer cet Évangile qui est la puissance de Dieu pour le salut. J'ai pensé combien est glorieux le fondement sur lequel le « mormonisme » est bâti ; et nous pourrions bien chanter, comme nous l'avons fait ce matin : « Quel ferme fondement, ô saints du Seigneur, est posé pour votre foi dans sa parole excellente. » Aucune division, contention ou querelle n'a fait naître les glorieux principes que nous avons épousés. Joseph Smith s'est approché de notre Père céleste pour obtenir des renseignements concernant le salut de son âme, et je n'ai jamais rencontré une seule personne opposée au « mormonisme » qui ait pu trouver à redire à ce fait que Joseph Smith s'est approché de notre Père céleste et l'a supplié de lui donner des renseignements concernant l'Évangile de son Fils. Vers quelle meilleure source aurait-il pu se tourner que la source de la lumière ? Lorsqu'il ne pouvait décider par lui-même où aller trouver le repos de son âme et les moyens du salut, vers quelle puissance plus grande aurait-il pu se tourner que son Père céleste ? En agissant ainsi, il était en stricte conformité avec le commandement de ce Père, et en harmonie également avec les enseignements des prophètes et des apôtres inspirés. Joseph Smith s'est tourné vers la seule source qui pouvait le conduire dans le droit chemin. Si la vérité n'était pas sur la terre, il s'est adressé à la seule puissance qui pouvait révéler et rétablir cette glorieuse vérité. Voilà le fondement sur lequel repose le « mormonisme » — le fondement de l'apparition du Père et du Fils au prophète Joseph Smith. Nous n'avons pas besoin d'un meilleur fondement. Nous n'avons pas à chercher ailleurs les moyens du salut. Et cette merveilleuse révélation dont Joseph Smith témoigne, et dont nous témoignons, est venue en accomplissement des promesses faites par la bouche de tous les prophètes, et par la promesse du Rédempteur lui-même, car il avait prédit qu'avant son second avènement, ce même Évangile serait de nouveau proclamé comme signe de cet événement. Mes frères et sœurs, cet Évangile ne nous est pas venu par les paroles séduisantes de la sagesse humaine, mais par la puissance et la démonstration du Saint-Esprit. Nous n'avons pas été persuadés par la logique des hommes de recevoir la vérité, mais nous avons été persuadés par la force de conviction du Saint-Esprit. Il n'est pas étonnant que les hommes qui font du prosélytisme parmi nous ne réussissent pas. Nous ne pouvons pas être détournés du froment de la parole de Dieu pour la balle qui vient de la sagesse des hommes. Nous avons reçu cette forme de doctrine qui est la puissance de Dieu pour le salut, telle qu'enseignée par le Rédempteur, et nous pouvons être assurés et heureux de savoir que nous avons mis la main à la charrue, et que nous avons saisi la « barre de fer » ! Nous n'avons pas besoin d'être ébranlés par les clameurs de ceux qui s'opposent à la vérité, mais nous pouvons sentir que nous avons reçu ce que le Seigneur voulait que nous ayons, et que nous sommes dans la même position que les apôtres d'autrefois lorsque le Sauveur leur demanda, après que plusieurs l'eurent abandonné : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? » Leur réponse fut : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Où pourrions-nous aller trouver la paix, le réconfort et l'espérance, si nous nous détournions de la vérité ? Nulle part. Pensez-y, et soyez fidèles et vrais envers ce que nous avons épousé. Je rends joyeusement mon témoignage, en union avec mes frères, de la vérité de cette œuvre merveilleuse. C'est la puissance de Dieu. Ce n'est ni une illusion ni un mythe. C'est l'œuvre annoncée par les prophètes, et elle triomphera. Que Dieu nous aide à faire notre part et à être vrais, fermes, loyaux et fidèles à son œuvre, et à nos alliances avec notre Père céleste et les uns envers les autres, c'est ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶