L'armée du Seigneur : soldats de la croix
J. Golden Kimball
Dans les quelques minutes qui me sont accordées, je désire parler de l'armée du Seigneur. Vous savez que le Seigneur a une armée, des « soldats de la croix », tout comme les États-Unis ont une armée régulière permanente. L'Église des saints des derniers jours a une armée de soldats comptant environ 8 000 hommes. On les appelle des hommes toujours prêts. Leur devoir est de prêcher l'Évangile, continuellement, parmi les enfants des hommes. Ils appartiennent à l'armée régulière de l'Église ; ce ne sont pas des volontaires ; et chaque fois qu'ils sont appelés par l'autorité divine à se rendre auprès des nations de la terre, on attend d'eux qu'ils soient prêts et préparés à partir. Cette armée des soldats du Seigneur sort livrer bataille contre le royaume du mal, dont frère Roberts a parlé. Or, mon expérience m'a appris que le royaume du mal ne va pas rester tranquillement couché pendant que nous le frappons. Vous constaterez en général que cet ennemi est bien prêt à se battre. Chaque fois que ces témoins sont mus par l'Esprit du Seigneur pour témoigner que Jésus est le Christ, et que Joseph Smith est un prophète de Dieu, alors les ennuis commencent ; ils n'ont pas besoin d'attaquer les religions des autres Églises. Je promets à tout ancien appelé par l'autorité divine à prêcher l'Évangile que, s'il rend témoignage de ces vérités, il aura tous les ennuis qu'il peut supporter. En outre, les anciens doivent maintenant avoir un peu d'argent en voyageant, sans quoi leurs ennemis leur rendront la vie très inconfortable. On m'informe que des lois ont été adoptées dans des villes des États du Sud, où des milliers de nos anciens voyageaient autrefois sans bourse ni sac, de sorte que si l'un d'eux se trouve maintenant dans une ville à demander l'hospitalité, il est mis en prison. Je crois que certains de nos anciens pourraient faire du bien en prison, car le Seigneur manifeste parfois sa puissance en faveur des anciens emprisonnés, et fortifie leur témoignage. ¶
Je m'intéresse beaucoup à cette armée du Seigneur, et afin d'introduire mes remarques, je vais lire quelques déclarations faites lors de notre dernière conférence. Voici une citation tirée du discours de clôture prononcé par le président Joseph F. Smith, le 8 octobre 1905. ¶
« Je désire bénir les collèges de la prêtrise, chacun d'eux, des grands prêtres jusqu'aux diacres. Je prie Dieu, mon Père céleste, de se souvenir d'eux dans leurs organisations, de les aider, afin qu'ils magnifient la prêtrise qu'ils détiennent et fassent la volonté du Père ; que les soixante-dix soient des hommes toujours prêts, en toute occasion, disposés et prêts à répondre aux appels qui leur sont faits d'aller prêcher l'Évangile au monde. Rassemblez, parmi les collèges des anciens, ceux qui ont fait leurs preuves et qui ont acquis de l'expérience, et faites-en des soixante-dix, afin que les collèges des soixante-dix soient renouvelés ; et que les anciens, dont l'état physique ne leur permet plus d'accomplir un service missionnaire dans le monde, soient ordonnés grands prêtres et patriarches, pour bénir le peuple et servir au pays. Rassemblez les forts, les vigoureux, les jeunes, les hommes valides qui ont l'esprit de l'Évangile dans leur cœur, pour remplir les rangs des soixante-dix, afin que nous ayons des ministres pour prêcher l'Évangile au monde. On en a besoin. Nous ne pouvons pas maintenant répondre à la demande. » ¶
Telle est la parole du Seigneur aux soixante-dix, aux présidents de pieu, et aux évêques de paroisse. Nous devrions rechercher soigneusement parmi nos jeunes gens et faire avancer dans la prêtrise ceux qui en sont dignes, afin que nous puissions renouveler les collèges des soixante-dix avec de bons hommes valides, disposés à accomplir les travaux ardus liés à la prédication de l'Évangile. Ce travail est difficile ; il est pénible pour les soixante-dix et les anciens, car ils sont envoyés sous tous les climats de la terre. Ils vont aux îles de la mer, dans des régions impaludées, ou à haute altitude, et à moins d'être forts et valides, ils s'effondrent physiquement. Pour illustrer cela, si vous envoyez un ancien en Australie, au coût peut-être de 120 dollars, et qu'il tombe malade de rhumatisme ou d'autres maux, et doit rentrer chez lui, tout cet argent est dépensé et bien peu accompli. Je pense que le président Smith m'a dit, personnellement, qu'envoyer sur le champ missionnaire des hommes qui s'effondrent physiquement démoralise la mission. C'est certainement un grand malheur de s'effondrer physiquement en mission. Si vous envoyez un ancien malade avec un compagnon en bonne santé, fort et valide, l'homme en bonne santé est empêché d'accomplir ses travaux à cause de la maladie de son compagnon. S'il y a des endroits faciles, ce sont les anciens malades qu'on doit y envoyer, aussi je pense qu'il est parfois un malheur d'être en bonne santé si l'on doit aller dans tous les endroits difficiles. Je dis : honneur aux soixante-dix âgés qui ont été fidèles, qui ont peut-être travaillé 70 ans, comme l'a fait frère Homer Duncan. Il fut l'un des plus anciens présidents de soixante-dix de l'Église ; il fut président principal du troisième collège pendant de nombreuses années. Il est mort récemment, âgé de plus de 90 ans ; et il voulait mourir soixante-dix ; rien n'aurait pu le faire changer d'avis à ce sujet. ¶
Il me semble que certains des soixante-dix âgés ont une conception erronée quant à leur changement de nomination à la charge de grand prêtre, afin de pouvoir travailler chez eux, dormir dans leur propre lit, et être soignés par leur famille. C'est la place des hommes qui sont âgés, et qui ont été des témoins fidèles et diligents du Seigneur. Il n'est pas bon pour eux d'être exposés dans le monde, comme nos anciens doivent l'être. Je m'intéresse profondément à cette question, et je désire que vous y réfléchissiez. Les soixante-dix sont sous la direction des douze apôtres, qui, lorsqu'ils ont besoin d'aide pour prêcher l'Évangile, devraient trouver ce secours dans les collèges des soixante-dix, plutôt qu'ailleurs, selon la révélation du Seigneur Jésus-Christ. Mais la difficulté est que beaucoup de ces « soldats de la croix » sont âgés, physiquement diminués, infirmes, et donc incapables d'accomplir ce travail, et il ne serait pas sage de les appeler. Nous avons donc besoin d'hommes jeunes et en bonne santé. ¶
Je désire dire de plus que nous avons besoin d'un peu plus de discipline, et d'une plus grande attention aux intérêts de nos soixante-dix. Il y a sept présidents à la tête de chacun de ces collèges dans l'Église, et il y a maintenant 148 collèges ; mais il y a une difficulté qu'il faut, je pense, examiner. L'École du Dimanche compte environ 100 000 membres. L'Association d'amélioration mutuelle des jeunes gens en compte environ 25 000. Ces organisations ont de solides commissions générales, et un travail merveilleux a été accompli par elles. Comme l'a déclaré le président Smith ce matin, on ne saurait exprimer en quelques mots ce que les Écoles du Dimanche, les associations d'amélioration mutuelle et les autres organisations auxiliaires ont accompli. Elles ont été encouragées, maintenues unies, poussées et sollicitées jusqu'à leur pleine capacité par leurs dirigeants énergiques et compétents. Les collèges de la prêtrise devraient être au premier plan dans cette Église, mais certains membres sont devenus paresseux d'esprit, et ont agi comme s'ils s'attendaient à ce que leurs organisations se maintiennent sans effort. Les auxiliaires ont été poussées en avant avec un grand enthousiasme, partout, du Canada au Mexique, ces organisations sont à l'avant-garde. Les collèges de la prêtrise semblent las de bien faire, et les dirigeants et les membres semblent penser que leurs organisations peuvent fonctionner d'elles-mêmes. Ils sont devenus négligents dans leur travail, et ont relâché leur prise. Tandis que les organisations auxiliaires ont pris les devants, les collèges de la prêtrise se tiennent là, regardant, saisis d'étonnement, la grande phalange des jeunes qui se précipitent en avant. Ainsi les organisations auxiliaires gravissent la colline, et nous, les collèges de la prêtrise, restons dans la vallée à regarder. Peut-être n'aimez-vous pas ce tableau, vous, hommes des collèges de la prêtrise, mais je vous dis qu'il y a là-dedans beaucoup de vérité. ¶
Vous devez d'abord allégeance à vos collèges et à vos réunions de collège, car c'est là que vous recevez votre autorité et votre pouvoir. Pourquoi sommes-nous différents des autres hommes du monde ? Ce n'est pas parce que nous avons plus de connaissance et d'information, mais parce que nous détenons la prêtrise. Pourquoi vous, pères et mères, permettez-vous à vos garçons de 18 ans de partir en Afrique du Sud, en Australie, en Allemagne, ou dans d'autres nations de la terre, alors que vous avez peur de les laisser sortir seuls dans cette ville après la tombée de la nuit ? C'est parce qu'ils détiennent la prêtrise. Nos garçons imberbes sont capables de défendre l'Église de Jésus-Christ, et de prêcher l'Évangile. Ils détiennent l'autorité divine, et sous leur administration, le croyant repentant est baptisé, reçoit la rémission de ses péchés, et le Saint-Esprit lui est conféré par l'imposition des mains. Le bras du Seigneur n'est pas raccourci. Ces garçons sont envoyés à son service, et il leur a dit de ne pas se soucier du lendemain, de ce qu'ils mangeront, ou de ce qu'ils boiront, ou de quoi ils seront vêtus, car il est amplement capable de prendre soin d'eux. Il n'y a pas dans cette Église un si grand nombre d'hommes si soigneusement veillés, et dont la vie soit si bien préservée, que les anciens qui prêchent l'Évangile dans le monde. Je suis en faveur de voir les collèges de la prêtrise occuper la place qui leur revient, et s'ils ne le font pas, ils devraient avoir honte d'eux-mêmes, car ils ont le pouvoir et l'intelligence, et ils détiennent l'autorité. Cela me rappelle une histoire, la seule qui me vienne à l'esprit en ce moment pour illustrer la situation. Elle n'est peut-être pas tout à fait convenable, mais je vais tout de même la raconter : ¶
Un homme noir avait une mule qui refusait d'avancer, et il ne pouvait pas la faire bouger ; il entra donc dans une pharmacie et demanda au pharmacien s'il avait quelque chose qui, à son avis, ferait démarrer la mule. Le pharmacien sortit et injecta quelque chose du côté des côtes de la mule, et immédiatement après, l'homme noir vit un nuage de poussière et l'animal filer par-dessus la colline. Il retourna voir le pharmacien et lui dit : « Combien ça coûte ? » « Vingt-cinq cents. » « Eh bien, dit-il, mettez-m'en cinquante cents dans le corps, pour que je puisse rattraper la mule. » (Rires.) ¶