Instructions à l'École du dimanche et éloge du chœur
Joseph F. Smith
Je ne me propose pas, en particulier, de m'arrêter sur un sujet quelconque. Je ferai peut-être seulement quelques remarques. ¶
Je désire dire un mot ou deux en louange et en éloge du chœur du Tabernacle d'Ogden. En regardant les visages, surtout ceux des frères, je constate que le chœur est en grande partie composé de jeunes gens, de jeunes hommes ; et cela a fait sur mon esprit une impression fort à l'honneur du peuple d'Ogden et du chœur du Tabernacle d'Ogden. Je voudrais pouvoir en dire autant du chœur du Tabernacle de Salt Lake, bien que nous ayons un certain nombre de jeunes gens associés au chœur du Tabernacle ; pourtant nous avons une bien lourde proportion de bons vieux pères et de fidèles habitués qui y sont associés depuis un temps quasi immémorial. Je suis heureux de les y voir, mais je voudrais voir un plus grand intérêt manifesté pour l'art du chant par nos jeunes gens, et je suis heureux de voir l'exemple qui nous est donné ce soir par le chœur venu d'Ogden. Je n'ai pas tant regardé du côté des dames. ¶
Je suis naturellement un peu timide à regarder du côté des dames, mais je remarque qu'il y en a un grand nombre qui sont aussi bien jeunes, et j'en suis fier, et je suis fier de dire que je découvre avoir moi-même quelques parentes dans le chœur venu d'Ogden. Je me souviens qu'à une occasion, assistant à une conférence, nous avions un joli chœur, en fait, je pense l'un des plus jolis chœurs que j'aie jamais vus, parce qu'ils étaient tous des dames, sauf un. Il y avait un homme d'âge moyen associé au chœur, qui fut présent pendant une partie de la conférence, mais qui n'y fut pas tout le temps. Et le chœur était dirigé par une dame, et le chant était entièrement assuré par les sœurs, et c'était très beau, très délicieux et vraiment agréable. Mais il m'arriva de demander pourquoi nous n'avions pas quelques-uns des jeunes gens dans le chœur, et l'on m'informa que les jeunes gens de la communauté trouvaient au-dessous de leur dignité de chanter, et cela me rappela un mot du Dr Talmage (non pas notre Dr Talmage, mais le merveilleux Dr Talmage de New York) — un ami particulier du peuple « mormon », vous savez. (Rires.) Ce monsieur qui allait rassembler tout le peuple « mormon » dans le Tabernacle et le temple, puis ouvrir le feu des canons de Fort Douglas et en finir avec eux. Néanmoins, il dit une bonne chose pendant qu'il donnait sa conférence ici, au théâtre. Il dit à peu près ceci, qu'un homme qui pouvait chanter et ne voulait pas chanter devrait aller à Sing Sing, et je m'en suis toujours souvenu. Et je suis grandement heureux de voir nos jeunes gens prendre intérêt au chant choral, et je félicite frère Ballantyne d'avoir de si belles voix pour l'assister dans son chœur. Certainement, ce ne sont pas seulement les citoyens d'Ogden qui ont lieu d'être fiers du chœur du Tabernacle d'Ogden, mais tous les saints des derniers jours ; et je n'ai pas besoin de répéter ici ce que j'ai dit bien des fois auparavant, que tout Israël a raison d'être fier du chœur du Tabernacle de Salt Lake. Et puis il y a encore beaucoup d'autres chœurs parmi les saints des derniers jours qui méritent la louange et la fierté des saints des derniers jours. Je regrette d'être dans la nécessité d'exprimer mes profonds regrets pour le départ du milieu de nous, depuis la dernière réunion de cette conférence il y a six mois, de l'un de nos ouvriers les plus fidèles, les plus énergiques et les plus intelligents dans la cause de l'École du dimanche. Nous avons été appelés à nous séparer de l'un de nos meilleurs hommes, de l'un de nos hommes les plus vrais, un homme en qui tous pouvaient placer leur confiance sans crainte d'être jamais trompés ou de sentir qu'ils avaient mal placé leur confiance. C'est tout récemment que nous avons porté à sa dernière demeure notre bien-aimé frère Leonard John Nuttall, qui fut l'un des ouvriers les plus fidèles de l'École du sabbat. J'espère sincèrement que nous ne serons pas appelés à nous séparer d'aucun autre parmi ceux qui sont encore ici avec nous, avant d'avoir le plaisir de nous retrouver dans cet édifice dans six mois. ¶
L'affluence à cette conférence et l'affluence à cette réunion sont phénoménales. Je ne me souviens pas avoir jamais vu auparavant autant de gens réunis à une occasion semblable. Le corps de la salle est presque rempli, sans compter le grand nombre de personnes à la galerie. ¶
Je souhaite sincèrement que les instructions que nous ont données le Dr Talmage et frère Joseph M. Tanner s'enfoncent profondément dans nos cœurs, et que nous puissions établir les distinctions si clairement définies par ces habiles orateurs, afin que nous comprenions la différence, la vraie différence, entre la religion pure et sans tache devant Dieu le Père, qui consiste « à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions et à se préserver des souillures du monde », et la théologie du monde ; la théologie, pour en parler dans les termes qu'emploient les doctes théologiens de notre temps, dans laquelle ils professent leur foi en ce qu'ils appellent l'énergie, et qu'ils appellent Dieu. Or, aussi surprenant que cela puisse vous paraître, et aussi surprenant que ce le fut pour moi d'apprendre ce fait, j'eus l'occasion de m'asseoir dans le tabernacle de Henry Ward Beecher à Brooklyn — depuis sa mort — et d'écouter le révérend Lyman Abbott prononcer l'un des discours les plus éloquents que j'aie jamais entendus, éloquent dans les mots, éloquent dans les images, et de fort belle expression ; et la conclusion de tout ce discours fut que la chose qu'il adorait, et la chose qu'il appelait Dieu, n'était ni plus ni moins que l'énergie. Or cela peut être de la théologie, mais ce n'est pas la vraie religion. C'est une fausse religion, si tant est qu'on puisse l'appeler religion. Il y a alors la différence entre la religion pratique de Jésus-Christ, fondée sur la doctrine : « Quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, je le comparerai à un homme qui a bâti sa maison sur le roc, et quand les tempêtes sont descendues, que les vents ont soufflé et se sont jetés contre la maison, elle n'est pas tombée, parce qu'elle était fondée sur le roc. » Ceci est la vraie religion, et elle diffère en vérité grandement de la religion des gens du monde, qui adorent le Seigneur sait quoi, car eux-mêmes ne le savent pas. Le fait est qu'ils ont confessé, comme faisant partie de leur croyance religieuse, que connaître Dieu serait détruire Dieu. Dieu, pour être Dieu, doit être incompréhensible pour l'homme, et donc, au moment où un homme pourrait comprendre la Divinité, il cesserait d'être Dieu. J'ai lu cela il y a bien des années comme étant la pensée de quelques très savants théologiens. Et pourtant, il est dit dans les Écritures : « Te connaître, toi, le seul vrai et vivant Dieu, et Jésus-Christ que tu as envoyé, c'est la vie éternelle. » Et si nous ne pouvons atteindre la vie éternelle qu'en connaissant et en comprenant le seul vrai et vivant Dieu et Jésus-Christ qu'il a envoyé dans le monde, nous ne devons pas adorer l'énergie. Nous ne devons pas non plus en conclure et nous arrêter à l'idée que Dieu est quelque chose d'incompréhensible, d'indescriptible, quelque chose qui emplit l'immensité de l'espace, sans forme ni figure, et pourtant si petit qu'il puisse danser une gigue sur la pointe d'une aiguille fine. Or cela peut être de la théologie, mais ce n'est pas la religion. ¶
Encore un mot ou deux au sujet de nos enfants et de leur éducation à la maison, ainsi que de l'éducation qu'ils devraient recevoir avec soin dans les Écoles du sabbat. ¶
Les parents, en premier lieu, qu'ils le fassent ou non, devraient s'aimer et se respecter mutuellement, et se traiter en tout temps avec une décence respectueuse et une bienveillante considération. Le mari devrait traiter sa femme avec la plus grande courtoisie et le plus grand respect. Le mari ne devrait jamais l'insulter, il ne devrait jamais parler d'elle avec mépris, mais devrait toujours la tenir dans la plus haute estime dans le foyer, en présence de leurs enfants. Nous ne le faisons pas toujours, peut-être ; certains d'entre nous, peut-être, ne le font pas du tout. Mais il n'en est pas moins vrai que nous devrions le faire. La femme, elle aussi, devrait traiter son mari avec le plus grand respect et la plus grande courtoisie. Ses paroles à son égard ne devraient être ni acérées, ni tranchantes, ni sarcastiques. Elle ne devrait pas lui lancer d'insinuations ou de reproches. Elle ne devrait pas le harceler. Elle ne devrait pas chercher à provoquer sa colère ou à rendre les choses désagréables dans le foyer. La femme devrait être la joie de son mari ; et elle devrait vivre et se conduire à la maison de telle sorte que le foyer soit, pour son mari, l'endroit le plus joyeux, le plus béni de la terre. Telle devrait être la condition du mari et de la femme, du père et de la mère, dans l'enceinte sacrée de ce lieu saint qu'est le foyer. Alors il sera facile aux parents d'instiller dans le cœur de leurs petits enfants, non seulement l'amour pour leurs pères et leurs mères, non seulement le respect et la courtoisie envers leurs parents, mais l'amour, la courtoisie et la déférence entre les enfants à la maison. Les petits frères respecteront leurs petites sœurs. Les petits garçons se respecteront les uns les autres. Les petites filles se respecteront les unes les autres, et les filles et les garçons se respecteront mutuellement, et se traiteront avec cet amour, cette déférence et ce respect qui devraient être observés à la maison de la part des petits enfants. Alors il sera facile à l'instructeur de l'École du dimanche de poursuivre l'éducation de l'enfant sous l'influence sanctifiée de l'École du sabbat ; et l'enfant sera docile et facile à conduire, parce que le fondement d'une éducation correcte aura été posé dans le cœur et l'esprit de l'enfant à la maison. L'instructeur pourra alors aider les petits enfants, élevés sous ces influences justes, à témoigner du respect et de la courtoisie à tous les hommes, et particulièrement aux malheureux, aux personnes âgées et aux infirmes. Si seulement nous pouvions élever ainsi nos enfants à la maison, et que cette influence du foyer s'étende dans les Écoles du sabbat comme dans les écoles de jour, il ne faudrait pas longtemps avant que les enfants ne rencontrent un infirme dans la rue avec révérence et pitié. Ils exprimeraient sur leur visage l'image même de la sympathie, et leurs âmes, pleines d'amour et de compassion, s'ouvriraient vers les malheureux. Qu'en est-il aujourd'hui ? Trop souvent, il arrive que nous voyions passer un pauvre être à demi dément, le pauvre infirme, la personne âgée et infirme, peut-être l'être mal vêtu et étrange, et que les garçons dans la rue les maltraitent, leur lancent des boules de neige, leur jettent peut-être des pierres, et fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour les tourmenter et rendre leur vie misérable plus misérable encore ; et cela par manque du respect, de la compassion et de l'amour qu'ils devraient éprouver pour les malheureux. ¶
Nous avons trop de conduite semblable parmi nous ; il y en a trop dans le monde, et l'on éduque trop peu les enfants au respect de tous les hommes. ¶
Je crois en l'exemple que donna l'illustre père de notre patrie. On raconte qu'à une occasion, comme il passait avec quelques-uns de ses aides, vêtu de son uniforme de général des armées des États-Unis, il rencontra un homme de couleur. L'homme de couleur, avec le plus grand respect et la plus grande courtoisie, ôta son chapeau et fit une profonde révérence au général. Le général ôta son chapeau et s'inclina avec la même courtoisie devant l'homme de couleur. Ses généraux compagnons le lui reprochèrent. Ils dirent : « Général, il est au-dessous de votre dignité de vous incliner devant un nègre. » Le général Washington se tourna vers eux et dit : « Messieurs, je ne puis me permettre qu'un nègre me surpasse en courtoisie. » Il serait donc bon pour nous, en tant que saints des derniers jours, en tant qu'enfants des saints des derniers jours, et en tant qu'instructeurs des enfants de ce peuple, d'enseigner la courtoisie et le respect envers toute l'humanité, et d'implanter la bonté dans le cœur de nos enfants, particulièrement envers les malheureux. Il y en a bien trop peu. Je vais dans la rue ici et je vois de petits garçons avec des cigarettes à la bouche ; je vois véritablement de jeunes hommes, tout juste en train de devenir des hommes, avec de vilaines et puantes vieilles pipes à la bouche, ou des cigares entre les dents, tandis qu'ils marchent dans les rues. Je vois des garçons marcher avec de belles jeunes dames sur les trottoirs, en fumant leurs cigares. Je pense qu'il est méprisable de voir des garçons avec des cigarettes, des pipes et des cigares à la bouche, soufflant leur infâme fumée au visage de belles femmes. C'est abominable. Et quand je vois un homme, un garçon surtout, avec un cigare ou une pipe à la bouche — la pipe est pire, elle sent plus mauvais et elle est bien plus nocive que le cigare, quoique je n'aie jamais beaucoup essayé ni l'un ni l'autre — mais quand je rencontre un jeune homme avec ces accessoires, je sens que, si je pouvais être justifié en quelque circonstance de passer devant quelqu'un avec mépris, ce sont bien ces gens-là que je passerais avec mépris. Je n'aime jamais m'incliner ni ôter mon chapeau devant un garçon ou un jeune homme qui a un cigare ou une cigarette à la bouche. Je n'aime pas m'incliner devant une cigarette. Je n'aime pas m'incliner et rendre hommage à une vilaine vieille pipe à tabac puante. Je pense que cela est bien plus condescendant que de s'incliner devant un homme courtois et distingué qui a le malheur d'avoir la peau noire. J'ai connu dans ma vie bien des gentlemen accomplis qui avaient le malheur de ne pas être blancs, c'est-à-dire quant à leur peau ; mais dans leur cœur et dans leurs manières, dans leur courtoisie et leur conduite, ils étaient de loin supérieurs à beaucoup de leurs frères blancs si fiers d'eux-mêmes. ¶
Apprenez à vos enfants à ne pas fumer. Persuadez-les de ne pas le faire. Veillez sur eux et surveillez-les, et efforcez-vous de leur enseigner mieux, et à être courtois et bons. ¶
Que le Seigneur vous bénisse, mes frères et sœurs, dans vos très importantes fonctions d'instructeurs dans les Écoles du sabbat de la jeunesse de Sion. Que le Seigneur vous guide par son Esprit. Souvenez-vous de ceci, que la grande différence entre la théologie dont nous avons entendu parler et la vraie religion, c'est que les fruits de l'Esprit de Dieu — les fruits de l'esprit de la vraie religion — sont la paix et l'amour, la vertu et l'honnêteté, l'intégrité, et la fidélité à toute vertu connue dans la loi de Dieu, tandis que l'esprit du monde est vicieux. Lisez le cinquième chapitre des Galates, et vous y découvrirez la différence entre les fruits de l'Esprit de Dieu et les fruits de l'esprit du monde. C'est là l'une des grandes et principales différences entre le « mormonisme », comme on l'appelle, et la théologie du monde. Si le « mormonisme » est quelque chose de plus que les autres religions, c'est qu'il est pratique, que les résultats de l'obéissance qu'on lui rend sont pratiques, qu'il rend meilleurs les hommes bons, et qu'il prend même les hommes mauvais pour en faire de bons. Voilà ce que fera le « mormonisme », si seulement nous le lui permettons ; si nous nous soumettons à ses commandements et adoptons ses préceptes dans notre vie, il fera de nous les fils et les filles de Dieu, dignes finalement de demeurer en la présence du Tout-Puissant dans les cieux. Que Dieu nous bénisse et nous aide à le devenir ; dignes, telle est ma prière, au nom de Jésus. Amen. ¶