Pulpit

Les cieux racontent la gloire de Dieu

B. H. Roberts

1905 April General Conference·Second Day Afternoon Session·1905-04-07

Je vais vous demander d'écouter quelques passages de l'Écriture.

« Les cieux racontent la gloire de Dieu, et la voûte céleste manifeste l'œuvre de ses mains.

« Le jour proclame au jour la louange, la nuit donne à la nuit la connaissance.

« Ce n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles dont le son n'est pas entendu. »

Telle est la langue de David, prophète et roi d'Israël.

« Mais en réalité, dans l'homme, c'est l'Esprit, le souffle du Tout-Puissant, qui donne l'intelligence. » Voilà ce que dit Job.

« Car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. »

Telle est la langue du chef des apôtres dans la dispensation du méridien des temps.

« Dieu parle cependant, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, et l'on n'y prend pas garde.

« Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, quand ils sont endormis sur leur lit ; alors il ouvre l'oreille des hommes et y scelle ses avertissements. »

C'est encore Job.

« Et lorsque Moïse était entré dans la tente, la colonne de nuée descendait et s'arrêtait à l'entrée de la tente, et l'Éternel parlait avec Moïse.

« Tout le peuple voyait la colonne de nuée qui s'arrêtait à l'entrée de la tente, et tout le peuple se levait et se prosternait, chacun à l'entrée de sa tente.

« Et l'Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. »

Tous ces exemples de révélations de Dieu à l'homme sont tirés de l'Ancien Testament. Si vous vous tournez vers le Nouveau Testament, vous constaterez que tous ces modes de révélation s'y trouvent également. Je lirai un ou deux passages du Nouveau Testament.

« En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient clairement depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. »

Telles sont les paroles de Paul, l'apôtre des gentils.

« Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent [à Jean-Baptiste, qui devait être témoin que Jésus de Nazareth était l'Agneau de Dieu, le Rédempteur du monde ; c'est donc pour lui que les cieux s'ouvrirent] et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

« Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui m'est agréable. »

Faisant de nouveau référence à Étienne, au moment même de son martyre :

« Mais Étienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu.

« Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. »

Vous qui m'avez suivi dans la lecture de ces passages de l'Écriture, vous avez sans doute déjà conclu dans vos esprits que mon dessein est d'attirer votre attention sur les divers modes par lesquels Dieu se révèle aux enfants des hommes. Vous remarquerez que le premier passage que j'ai lu attire l'attention sur cette espèce de révélation qui se manifeste à travers les œuvres de la nature. « Les cieux racontent la gloire de Dieu. » Je présume qu'il n'y a pas eu, de nos jours ni dans le passé, de peuple qui n'ait été, dans une plus ou moins large mesure, touché par cette révélation que Dieu donne de lui-même à travers ses œuvres. Non seulement les chrétiens, mais aussi le mahométan, le bouddhiste, le déiste, sont tous frappés par cette magnifique révélation de la puissance et de la gloire de Dieu, telle qu'on peut la voir dans la grandeur de ses œuvres. Les déistes sont d'avis que cette révélation se suffit à elle-même comme fondement d'une religion naturelle. Un homme très en vue parmi eux a déclaré que la structure merveilleuse de l'univers et tout ce que nous voyons dans la création nous prouve, mieux que les livres ne le peuvent, l'existence de Dieu, et proclame en même temps ses attributs. « C'est par l'exercice de notre raison, poursuit-il, que nous sommes en mesure de contempler Dieu dans son œuvre et de méditer sur ses voies. Lorsque nous voyons sa sollicitude et sa bonté s'étendre sur ses créatures, cela nous enseigne nos devoirs les uns envers les autres, tout en suscitant notre gratitude envers lui. »

Mais, aussi grande et magnifique que soit cette révélation de la gloire et de la puissance de Dieu à travers ses œuvres, elle est insuffisante pour répondre à toutes les exigences de l'homme. Il y a de grandes questions auxquelles les étoiles ne peuvent répondre. Il y a de grands problèmes que ce monde ne peut résoudre. Je pose la question, en présence de cette grande révélation qui vient de Dieu par la nature : D'où vient l'homme, et quel est le but de son existence ? Et les étoiles ne donnent aucune réponse à cette question. Je pose la question : Quel est le but de l'existence humaine ? Et la nature ne répond pas. Je pose la question : Quelle est la fin de l'existence humaine ? Et de la nature ne vient aucune réponse satisfaisante. De sorte que cette révélation par la nature, quelque splendide qu'elle puisse être, ne suffit pas à guider les enfants des hommes. Ainsi disent les chrétiens de toutes les sectes. Ils soutiennent qu'il faut apprendre davantage que ce qui peut être appris des révélations de la nature. C'est pourquoi ils acceptent les révélations qui viennent par les Écritures.

Je désire attirer l'attention sur la foi chrétienne à ce sujet, et je désire aussi exposer notre foi, si je le puis, sur ce grand sujet.

Les chrétiens sont assez bien unis à croire qu'il existe une révélation de Dieu à travers la nature. Ils acceptent tout ce qui est contenu dans cette révélation de la nature, et, en plus de cela, ils croient que Dieu se manifeste dans l'histoire du monde. Nous le croyons aussi. Ils croient également qu'il existe une révélation de Dieu à travers le cœur humain. Nous croyons de même qu'il existe une révélation dans l'intelligence qui est dans l'homme. Le monde chrétien croit aussi aux révélations spéciales de Dieu — des révélations par inspiration, telles que Job en parle lorsqu'il dit qu'il y a un esprit dans l'homme et que l'inspiration du Tout-Puissant lui donne l'intelligence. C'est ce genre de révélation qui a produit l'Écriture. Les hommes ont parlé, autrefois, poussés par le Saint-Esprit, et ce qu'ils ont dit dans ces circonstances est devenu la parole de Dieu, la volonté de Dieu ; et, mis par écrit et conservé précieusement par le peuple, cela nous est parvenu à travers les âges comme une écriture sainte. Je le répète, tous les chrétiens croient à ce genre de révélation. Nous aussi. Mais il y a une différence entre notre foi à l'égard de cette classe de révélation spéciale et la croyance des diverses divisions de la chrétienté.

Je m'estime heureux qu'en conséquence de l'intérêt récemment suscité sur le sujet de la révélation, nous ayons dans notre ville l'expression de la croyance chrétienne sur ce sujet. Un ministre en vue de notre ville a exposé, non seulement les vues de l'église particulière dont il est le pasteur, mais aussi les vues de toute la chrétienté à l'égard de ce sujet de la révélation. Je ne fais pas référence à son discours dans l'intention d'engager une controverse. Loin de moi cette pensée. Je ne voudrais pour rien au monde, si je puis l'éviter, contester la justesse de quoi que ce soit qui ait pu être dit par nos frères chrétiens. Je ne ressens aucune animosité envers eux. Je suis un homme de paix. Mais ce discours en particulier a offert une bonne occasion de mettre en contraste nos croyances sur le sujet de la révélation avec les croyances du monde, et je m'en sers uniquement à cette fin. Parfois, vous le savez, nous pouvons mieux apprécier les choses lorsque nous les voyons par contraste que de toute autre manière.

Et maintenant, en ce qui concerne la révélation spéciale par inspiration, d'où viennent nos Écritures. Ce prédicateur chrétien dit ceci à ce sujet :

« Nous ne sommes pas seulement unanimes à recevoir avec gratitude de telles Écritures comme le témoignage fidèle des révélations gracieuses de Dieu et le sûr témoin du Christ, mais nous sommes également unanimes à nier qu'un tel témoignage ou une telle révélation de la volonté divine ait jamais été donné depuis, ou ne sera jamais donné, pour la conduite de l'humanité. »

Pourquoi devrait-on parvenir à une telle conclusion ? Lorsque le grand apôtre de la dispensation chrétienne, à qui Jésus avait dit : « Je te donnerai les clés du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » — lorsque cet homme, revêtu du Saint-Esprit, se tint devant la multitude à Jérusalem, et qu'on lui dit : « Hommes frères, que ferons-nous ? » il donna cette réponse mémorable : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Et remarquez bien : « Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. »

Si Pierre avait eu l'intention de rendre universelle cette promesse du Saint-Esprit, je ne puis, pour ma part, comprendre quel langage il aurait pu employer qui eût rendu cette promesse plus universelle que celui qu'il a employé. Cette promesse du Saint-Esprit, donnée en conséquence de l'obéissance à l'Évangile, était pour eux, pour leurs enfants, et pour tous ceux qui étaient au loin — cent ans plus tard, cinq cents ans plus tard, cinq mille ans plus tard — pour tous ceux à qui ce message de repentir parviendra, cette promesse est faite. Fort bien. Comment avons-nous reçu les Écritures ? « Les hommes ont parlé, poussés par le Saint-Esprit », voilà comment nous avons reçu les Écritures. « Il y a un esprit dans l'homme, et l'inspiration du Tout-Puissant lui donne l'intelligence. » Or, si des gens reçoivent l'Évangile aujourd'hui, je soutiens qu'ils ont droit à l'accomplissement de la promesse selon laquelle ils recevront le Saint-Esprit — le pouvoir par lequel les Écritures ont été écrites. Et voilà donc nos amis confrontés au choix de l'une de deux propositions : ou bien ils doivent dire que les hommes ne reçoivent plus le Saint-Esprit lorsqu'ils obéissent à l'Évangile, ou bien ils doivent dire que le Saint-Esprit a perdu son pouvoir de révéler la volonté de Dieu à l'homme. Dire cela serait, à mon avis, un blasphème. Nous, saints des derniers jours, ne le disons pas. Au contraire, nous disons que ce Saint-Esprit possède tous ses pouvoirs, et que ceux qui reçoivent cet Esprit reçoivent ses pouvoirs et peuvent les exercer et en jouir.

Encore une fois : tous les chrétiens, ainsi que nous-mêmes, reconnaissent que Dieu se manifeste par de puissantes œuvres, appelées miracles. Écoutez pourtant ce que dit ce discours au sujet de ce mode de révélation :

« Bien que les chrétiens soient pratiquement unanimes à reconnaître ces interventions de la volonté divine, ils sont presque aussi unanimement d'accord pour nier que nous ayons de bonnes raisons d'attendre la continuation de tels prodiges. »

Pourquoi ? D'où venaient les miracles de l'Écriture — la guérison des malades, la prophétie, le don des langues, l'interprétation des langues, le don de connaissance ? Ils venaient de la possession de ce même Esprit et de ce même pouvoir. Ce pouvoir, immanent dans la nature, qui façonne et modèle la matière selon la volonté de Dieu — d'où vient-il ? Il vient de la possession et de l'action de ce Saint-Esprit. Je le répète, refuser à cet Esprit les pouvoirs qui lui sont attribués dans l'Écriture serait un blasphème. Lui refuser son pouvoir reviendrait à dire qu'il est comme le sel qui a perdu sa saveur.

Comme nos frères chrétiens, nous croyons à ce mode de révélation par lequel des hommes de Dieu, tels que Moïse, Ésaïe, Jérémie, Pierre, Jean, Paul, et les autres noms qui ornent les pages de l'histoire sacrée, se sont élevés à de si hauts privilèges que, comme Moïse, certains d'entre eux ont parlé face à face avec Dieu, comme un homme parle à son ami. Mais tandis que le monde chrétien croit qu'une telle révélation a eu lieu dans le passé, écoutez ce qu'on en dit aujourd'hui :

« Peu de chrétiens nieront que les hommes d'autrefois aient eu de telles révélations ; peu de chrétiens prétendront que nous avons des raisons d'en attendre la continuation. »

Un autre mode de révélation reconnu par nous-mêmes ainsi que par le monde chrétien est la révélation de Dieu à travers Jésus-Christ. Il est la révélation couronnée ; car en lui, dans sa personne et son caractère, le divin fut révélé. Le Père fut révélé à travers lui. Il est dit être l'image même du Père ; et désormais le monde possède un moyen de connaître, non seulement l'être, l'existence de Dieu, mais le genre d'être qu'il est, à savoir qu'il est l'image même du Seigneur Jésus-Christ ; car, comme le Fils est l'image même du Père, ainsi le Père doit être l'image même du Fils. À ce sujet, le discours auquel je fais allusion dit :

« Tous les chrétiens croient à l'incarnation. Bien peu croient que cette révélation se répétera un jour, sous sa forme objective, avant que le temps, tel que nous le mesurons, prenne fin. »

Eh bien, non ; l'incarnation du Fils de Dieu ne se répétera pas. Il a obtenu son corps, et celui-ci a été glorifié par la résurrection d'entre les morts, et est devenu aussi immortel que l'esprit qui l'habite. Il n'y aura pas de réincarnation du Fils de Dieu, il est vrai ; mais ceci sera vrai du Fils de Dieu, si nous pouvons nous fier aux Écritures pour nous guider : il fera une glorieuse réapparition dans le monde. Vous vous souvenez, n'est-ce pas, de cette occasion où les disciples étaient rassemblés sur le mont des Oliviers après la résurrection, et où Jésus se réunit avec eux. Bientôt, après avoir donné sa dernière bénédiction, il fut enlevé au ciel. Fascinés par le beau spectacle de sa forme s'éloignant de la terre vers le ciel, les disciples restaient à le regarder fixement, et tandis qu'ils le faisaient, deux anges apparurent et leur dirent :

« Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel. »

Ce genre de révélation de Jésus-Christ — sa réapparition parmi les hommes dans son corps ressuscité et immortel de chair et d'os — ce genre de révélation de Jésus-Christ appartient encore à l'avenir du monde, bien qu'il n'y ait peut-être pas de réincarnation de lui.

La différence entre le monde chrétien et les saints des derniers jours au sujet des révélations spéciales de Dieu est celle-ci : le monde chrétien croit que de telles révélations ont eu lieu dans le passé, mais qu'elles n'ont pas eu lieu depuis la fin de l'âge apostolique ; que les miracles ont cessé ; que l'inspiration spéciale a cessé ; que Dieu s'entretenant avec l'homme face à face a cessé ; et il n'a aucun espoir de voir se répéter ces glorieux modes de révélation dans l'expérience du monde. Les saints des derniers jours, au contraire, déclarent hardiment au monde, ainsi que je m'en souviens, l'un de nos articles de foi déclare :

« Nous croyons tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant, et nous croyons qu'il révélera encore beaucoup de choses grandes et importantes concernant le royaume de Dieu. »

Je désire ajouter à cela un peu et dire que nous croyons non seulement aux révélations qui ont été données, qui sont maintenant données, et qui seront données à l'avenir, mais nous croyons aussi à tous ces modes de révélation — révélation par inspiration, par la manifestation de pouvoirs miraculeux, par des conversations face à face avec Dieu, et communion avec Jésus-Christ comme un homme pourrait communier avec son ami. Et nous croyons que tous ces modes de révélation continueront. Mais nous ne croyons pas que la volonté de l'homme dominera en ces matières. De certaines choses qui ont été dites récemment au sujet de la révélation, on pourrait conclure que, parce que nous avons parmi nous des prophètes et des apôtres, des hommes inspirés, Dieu et les anges et le Saint-Esprit sont soumis à leur bon vouloir ; et que, parce qu'un homme est reconnu comme prophète de Dieu, certains semblent supposer qu'il peut entrer dans la présence de Dieu quand il le veut et lui parler face à face ; ou que, sur son ordre, un prophète peut faire venir des anges à ses côtés selon son bon plaisir. Il n'en est rien. Ces choses divines sont sous le contrôle du Seigneur Tout-Puissant, et il se révélera lui-même quand et de la manière qui lui semblera bonne. Ne vous souvenez-vous pas des Écritures qui indiquent clairement la justesse de ce que je dis à ce sujet, où il est déclaré qu'à l'un est donnée par l'Esprit la parole de sagesse, à un autre la parole de connaissance, à un autre le don de la foi, à un autre le don de guérison, à un autre l'opération des miracles, à un autre la prophétie, etc., le Seigneur distribuant à chacun en particulier comme il le veut lui-même — et non comme l'homme pourrait le vouloir ou le choisir. Ainsi, les temps et les modes de révélation sont entre les mains de Dieu ; notre foi est simplement celle-ci : le Seigneur règne suprêmement dans les cieux, oui, et sur la terre, et chaque fois que son œuvre exige que sa main la touche et la guide, il inspirera ses serviteurs à prendre la voie nécessaire pour conformer ses œuvres à sa volonté. S'il est nécessaire d'envoyer, de la présence de son trône, un ange revêtu de puissance, de force et de majesté, pour se tenir en présence des prophètes et des apôtres, afin de faire connaître un dessein divin, la volonté souveraine de Dieu suffit à ordonner que cela soit fait ; et s'il devient nécessaire de faire venir un prophète en la présence de Dieu pour communier face à face avec lui, alors il fera venir ce prophète en sa présence ; ou il ouvrira la vision de son esprit, arrachera le voile qui nous sépare à présent de Dieu, et communiera avec son serviteur comme il le fit avec Moïse face à face — le tout selon la volonté de Dieu. Telle est notre foi concernant la révélation ; et comme le grand Luther le dit de sa foi à la Diète de Worms : « Me voici, je ne puis faire autrement, que Dieu me vienne en aide. » Si Dieu dit d'avancer, nous avancerons. S'il dit de faire halte, nous ferons halte. S'il dit de tourner à droite ou de tourner à gauche, nous nous tournerons en conséquence. Et notre foi est que si nous marchons sous la conduite de Dieu, aucun mal ne peut nous atteindre individuellement, ni l'œuvre de Dieu. Seules se produiront les choses qui tendront au progrès de l'œuvre de Dieu, et à la glorification de son nom sur la terre.

Je ne sais pas si j'exprime exactement votre foi en ces choses ou non, mais telle est ma foi ; et pour ma part, je ne puis comprendre comment quiconque, Juif ou Gentil, païen ou chrétien, croyant en Dieu, peut s'arrêter en deçà de cette parfaite soumission à sa volonté ; car cette soumission de l'esprit à Dieu est seule le vrai culte. Une fois admise la grande prémisse que Dieu vit, qu'il s'intéresse aux affaires humaines, qu'il n'a pas seulement créé mais gouverne et contrôle cet univers, il me semble qu'après cela la seule conclusion logique pour celui qui tient cette foi est que, s'il reçoit un message de Dieu, il accomplira la mission qui lui est confiée dans ce message.

Encore un mot ou deux en conclusion. Nous avons beaucoup parlé, au cours de cette conférence, de la haine du monde à notre égard. Je pense que nous employons parfois ce terme sans la modification suffisante et appropriée. Lorsque Jésus dit à ses disciples :

« Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n'êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. »

Lorsque le Maître employa ce langage, je ne pense guère qu'il faisait référence à tout le monde, mais seulement à ceux qui étaient « mondains », à ceux dont le cœur était attaché aux choses de ce monde, à ceux qui aimaient le plaisir plus qu'ils n'aimaient Dieu, à ceux qui étaient corrompus dans leur cœur ; c'est de ces conditions que le Seigneur avait appelé ses disciples, et c'est de là qu'il a maintenant appelé son peuple. Lorsque nous disons que « le monde nous hait », ne pensons pas que cela signifie toute l'humanité, mais que cela signifie la partie mondaine de l'humanité, ceux qui aiment les ténèbres plutôt que la lumière. Ceux dont les œuvres sont mauvaises. Lorsque nous allons vers eux avec notre message, il reprend cette partie du monde pour son péché et son injustice ; c'est pourquoi ils le haïssent. Ils haïssent la lumière, parce qu'ils aiment les ténèbres. Mais nous trouverons, j'en suis sûr, des centaines de milliers, voire des millions d'enfants de notre Père qui ne nous haïssent pas et ne nous haïront pas ; mais qui répondront au message que nous avons à leur déclarer. Je suis donc d'avis que nous devrions garder à l'esprit cette nuance : ce sont les mondains qui nous haïront, tandis que ceux qui sont honnêtes de cœur répondront aux témoignages que nous avons à rendre. Je me souviens avec quelle confiance suprême le président Brigham Young comptait sur l'action de l'Esprit de Dieu sur l'esprit des gens. Il a dit, à plus d'une occasion, qu'aucun homme n'avait jamais tant soit peu entendu parler du Livre de Mormon sans que l'Esprit du Seigneur ne murmure tranquillement à son âme que ce livre était vrai : aucun homme n'avait tant soit peu entendu parler du prophète Joseph Smith sans que « la petite voix douce » ne lui murmure qu'il était un vrai prophète.

Les paroles exactes du président Young à ce sujet sont les suivantes :

« Rien de moins que le Saint-Esprit ne nous fera un bien durable. Je vous ai dit, au début de mes propos, la vérité telle qu'elle est dans le ciel et sur la terre, telle qu'elle est avec les anges, et avec les prophètes, avec tous les gens de bien, et avec tout pécheur qui habite la terre. Il n'y a pas un homme ni une femme qui, en entendant le récit du Livre de Mormon, n'ait pas reçu de l'esprit du Tout-Puissant le témoignage de sa vérité ; et ils n'ont pas non plus entendu le nom de Joseph Smith sans que l'Esprit ne leur ait murmuré : « Il est le vrai prophète. » C'est l'esprit, invisible à l'esprit naturel de l'homme, qui produit des effets apparemment sans causes, et crée des mystères, des merveilles et des prodiges sur la terre. Nous voyons ces choses, mais nous ne pouvons, avec l'esprit naturel, en rendre compte, ni en deviner la fin dernière. »

(Discours du président Brigham Young, 13 juin 1852. Deseret News, vol. 4, n° 6.) Je crois cette doctrine, et elle devrait être une puissante source d'encouragement pour les anciens qui prêchent l'Évangile parmi les nations de la terre. Ils peinent et travaillent, ils distribuent des tracts, ils essaient de faire entendre leur voix au milieu du tumulte du monde, et ils peuvent penser, d'après des indices superficiels, que leurs travaux sont vains, que leur voix se perd comme s'ils criaient dans un désert. Il n'en est rien ; mais tandis qu'ils parlent dans des salles ou sur des voies publiques encombrées, l'Esprit de Dieu rend témoignage aux cœurs de ceux qui sont le moindrement sensibles à son influence, en témoignage des vérités énoncées ; et ce sera parce que le monde rejette ce témoignage qui vient à leur âme qu'il y aura condamnation pour eux, et non parce qu'ils auront rejeté les paroles prononcées par les anciens.

Nous-mêmes et le monde nous tenons en présence de cette influence et de cette puissance enveloppantes de l'Esprit-Saint de Dieu — l'esprit de révélation. Nos vies, par l'Évangile, peuvent être amenées à toucher la vie de Dieu, et en touchant la vie de Dieu, à participer quelque peu de ses qualités ; avoir apporté dans nos vies quelques-uns de ses pouvoirs divins, par lesquels, du moins, nous pouvons connaître la vérité et nous en réjouir. Et bien que « le monde » — considérant « le monde » à la lumière de ce que je viens de suggérer — puisse nous haïr, veillons à ne pas haïr le monde. Nous pouvons ne pas apprécier leurs actes ; nous pouvons être incapables de considérer leurs actions avec la moindre indulgence ; nous devons dire que leurs actions sont mauvaises et qu'eux-mêmes et leurs actions sont impies ; mais après tout, ce sont les enfants de Dieu, bien qu'ils se soient éloignés de lui, et notre mission est d'envoyer la voix qui les rappellera, de tendre une main qui les conduira dans le bercail. Tel est l'esprit de l'Évangile tel que nous l'avons reçu, et telle est notre foi dans les révélations de Dieu. Que le Seigneur vous bénisse. Amen.

Citer ce discoursB. H. Roberts, « Les cieux racontent la gloire de Dieu », 1905 April General Conference, Second Day Afternoon Session (1905-04-07). Pulpit Vault, 1905-04-roberts-heavens-declare-glory. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).