Un sermon franc sur l'obéissance et l'esprit de révélation
J. Golden Kimball
Je désire vivement dire ce qu'il convient au moment où il convient de le dire. Il se peut que je parle par paraboles. Or, j'ai l'intention de dire exactement ce que le Seigneur m'aidera à dire. Une parabole est que je ne veux pas d'un cercueil en bois de rose. Je suis disposé à être enterré parmi le peuple dans un simple cercueil, et tout ce que je désire voir inscrit sur la pierre de ma tombe, c'est que j'ai été fidèle à cette Église et à la prêtrise de Dieu, et que j'ai marché sur les traces de mon père. ¶
J'ai lu un jour un bel article sur les enclumes et les marteaux, et j'en ai recopié quelques maximes ; mais je ne les ai jamais utilisées, bien que j'aie porté cette copie jusqu'à ce qu'elle soit presque usée. Je cite maintenant ce qui suit : « Tout homme au monde qui porte des coups doit en recevoir, et tant qu'un homme ne devient pas une aussi bonne enclume qu'il est un bon marteau, il n'est pas pleinement apte à accomplir son œuvre. » ¶
Je suis né dans cette Église, et s'il y a une chose dont je suis fier, c'est d'être membre de cette Église. Vous, saints des derniers jours, savez bien combien je suis fier de ma filiation. Le jour où je cesserai de croire en mon père et en ma mère, je cesserai de croire en la famille humaine ; car là où ils vont, je veux aller. J'aime cette œuvre. Je ne l'aime peut-être pas tout à fait autant que certains hommes, mais j'espère qu'on me reconnaîtra toujours le mérite d'avoir de l'intégrité, et de soutenir la prêtrise de Dieu. ¶
Je vais vous dire comment j'ai été élevé, et vous pourrez alors trouver quelque excuse à mon caractère général. Un certain nombre d'entre nous, garçons, avions l'habitude de nous réunir dans la dix-huitième paroisse, à l'endroit même où se dresse aujourd'hui l'école Lafayette — ce beau bâtiment qui a coûté plus de cent soixante-dix mille dollars. J'ai été instruit dans un tout petit bâtiment du même pâté de maisons. Nous avions un frère qui était en quelque sorte notre général, et il nous entraînait, nous les garçons — du moins quand notre père était absent. Il nous emmenait derrière la grange, là où personne ne pouvait nous voir ; puis il posait un copeau de bois sur l'épaule de l'un de nous et disait à un autre garçon de le faire tomber, sur quoi nous nous battions. Cela faisait partie de l'entraînement qu'il nous donnait, et lorsque nous lui demandions pourquoi il faisait cela, il répondait que cela nous endurcissait. Mon père avait un grand jardin entouré d'un mur de pierre de six ou huit pieds. Père nous avait dit que nous ne pourrions avoir aucun des fruits, aussi nous les avons pris tout de même, et je vais vous dire comment nous nous y sommes pris. Ce même frère prenait l'un des garçons et le suspendait par-dessus le mur au bout d'une corde, et il remplissait sa chemise et ses poches de pommes. Une fois, père Tucker, le jardinier, se lança à sa poursuite avec une branche de saule, et le rossa vigoureusement. Notre frère dit que cela l'endurcirait. Aujourd'hui, j'ai un petit garçon — mon fils aîné — et lorsqu'il était enfant, nous l'obligions toujours à céder à tous les garçons du voisinage qui venaient chez nous. Ce sont là des paraboles que je vous raconte maintenant. Nous avons continué ainsi jusqu'à ce qu'il pense devoir tout céder au monde entier, ce qui a fait de lui plutôt un lâche. Il est allé à l'école, et les garçons ont découvert qu'ils pouvaient le battre ; et ils l'ont fait, jusqu'à ce que je lui dise que s'il ne prenait pas sa propre défense et ne se battait pas, c'est moi qui le battrais. Il n'y a pas longtemps, il est rentré à la maison avec le pouce déboîté, et, oubliant toute ma religion, j'ai dit : L'as-tu battu ? Il a répondu que oui. Alors je lui ai donné quelques conseils paternels. ¶
Or, j'admets, mes frères et sœurs, que nous devons parfois endurer, et je présume que si nous vivons l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ nous devons tout endurer ; mais il faut un cœur bien enclin à la prière pour nous permettre d'endurer certaines choses. Je comprends que le Congrès des États-Unis, le président des États-Unis, et la commission des privilèges et des élections, ont leur devoir à accomplir. Je ne m'oppose pas à ces choses, car c'est une doctrine de l'Église que de soutenir la loi du pays, et nous l'avons fait, bien que nous ayons combattu vaillamment pour les principes révélés au prophète Joseph Smith ; et je suis fier que le peuple ait mené ce combat jusqu'à ce qu'il soit décidé que certaines parties de notre religion étaient inconstitutionnelles et ne seraient pas permises. Mais ce à quoi je m'oppose, c'est que le moindre vaurien venu s'installer dans le pays croie pouvoir nous rudoyer, nous malmener et nous outrager. Je me sens parfois un peu comme Joe Rich lorsqu'on outragea son père, l'apôtre Charles C. Rich, qui passa une grande partie de sa vie comme pionnier dans cette contrée difficile de Bear Lake, qui traversait les montagnes en raquettes pour assister à la conférence, qui moulait son blé dans un petit moulin à café pour avoir du pain, et dont les femmes et les enfants vécurent de longues années dans des maisons de rondins au toit de terre. Joe se rendit dans les bureaux d'un certain journal et exigea une rétractation. Il leur dit que s'ils ne se rétractaient pas, il lâcherait toute la famille sur eux, et que lui-même était le plus petit de la famille et le plus lâche. La rétractation vint. Je ne dis pas cela pour faire sensation ; je vous le dis, n'était cet homme de Dieu, Joseph F. Smith, qui retient ses enfants, et ceux-ci lui étant obéissants, il y aurait aujourd'hui des hommes fouettés. Mais il est un serviteur de Dieu. Je l'ai connu toute ma vie. J'ai connu tous les hommes qui ont présidé cette Église depuis le président Brigham Young, et je sais qu'ils ont été des hommes de Dieu. ¶
Or, je comprends que tout homme qui porte des coups pour le pouvoir, pour l'influence, pour les institutions, pour le droit, doit être une aussi bonne enclume qu'il est un bon marteau. S'il ne l'est pas, il peut à juste titre conclure qu'il n'a pas de mission bien importante dans l'amélioration et le progrès de la race humaine. Si le péché privé et institué, l'erreur, le préjugé et le tort se tenaient tranquillement et nous laissaient en défoncer les flancs, ou les abattre, la réforme serait facile ; mais ils s'opposent toujours à ce traitement, et tout homme qui les attaque doit compter sur sa capacité de résistance, ou sur sa capacité à endurer sans faiblir les coups qu'il recevra en retour. ¶
Nous n'avons pas une mission de peu d'importance à accomplir. J'honore le prophète Joseph Smith pour sa bravoure, pour son courage, pour sa virilité. Il avait un message à délivrer qui entrait en conflit avec le péché et la méchanceté, et qui se heurtait aussi à toutes les organisations religieuses fondées par l'homme dans le monde. Mais Dieu le lui avait révélé, et il ne voulut pas le renier, quand bien même cela lui coûta la vie. Pensez-vous que nous puissions continuer à proclamer ce message — pouvons-nous, anciens, continuer à dire au monde que Dieu est effectivement apparu à Joseph Smith, et qu'il lui a effectivement révélé ces choses, et nous attendre à ce qu'on nous reçoive à bras ouverts ? Jamais. Mais néanmoins, notre mission est de les traiter avec bonté, de porter le rameau d'olivier dans nos mains, de prêcher l'Évangile et de délivrer ce message. En même temps, frères et sœurs, nous devons avoir de la fermeté. Les personnes rassemblées ici sont généralement celles qui accomplissent leurs devoirs, qui vont aux conférences trimestrielles et paient leur dîme ; mais je vous le dis, il y a dans cette Église des gens qui ne paient pas leur dîme, qui n'assistent pas à la conférence, qui n'écoutent pas les paroles des prophètes, et qui ne travaillent pas au salut des âmes des enfants des hommes, et ce sont ceux-là qui tremblent dans leurs chaussures en ce moment même. J'espère que le navire s'arrêtera juste assez longtemps pour qu'ils en descendent. La porte est grande ouverte ; et, comme quelqu'un l'a dit, « lorsque vous voulez aller en enfer, cirez vos bottes et allez-y comme un gentleman ». Si je quitte cette Église, j'espère avoir assez de virilité pour la quitter en homme, et non en traître qui combat le peuple. J'ai dit un jour à un homme : « Vous avez le droit de quitter cette Église, et c'est une chose très simple à faire. Il suffit d'aviser ceux qui détiennent l'autorité que vous désirez vous retirer. » C'est notre devoir de traiter tous ces gens avec bonté, de compatir avec eux, et, si possible, de les élever ; mais je n'aime pas un traître, et je ne l'ai jamais aimé. ¶
Je vais vous lire encore un peu : « Je pense qu'il existe un sentier méprisable et tranquille pour tous ceux qui craignent les coups et les marteaux des forces adverses. Il existe un combat honorable pour tout homme qui n'est pas prêt à oublier qu'il a une tête à faire battre et un nom à faire éclabousser. La vérité ne veut aucun champion qui ne soit pas aussi prêt à être frappé qu'à frapper pour elle. » ¶
Tous ces gens sans fermeté, tous ceux qui craignent que l'œuvre de Dieu ne triomphe pas, feraient mieux de se retirer à l'arrière-plan, et de laisser ceux qui ont du courage se tenir au premier rang du combat. Bien entendu, je pourrais être le premier à fuir ; je n'ai pas encore été éprouvé ; mais je sais que je le serai si je reste dans cette Église. Je sais que je ne peux vivre d'une lumière empruntée. Vous pouvez parler, prêcher et discourir jusqu'à en devenir tout noir, mais si vous ne savez pas que Jésus est le Christ, vous ne resterez jamais dans cette Église. ¶
Je veux lire encore une citation, puis je m'arrêterai : ¶
« Plus on lit les journaux, moins on voit clairement. Il y a des jours où, les ayant lus et admettant qu'on croit leur parole, le lecteur se voit obligé de tirer cette conclusion : Décidément, il n'y a partout que des hommes ternis. Il n'y a pas d'hommes d'intégrité, sauf peut-être certains de ces chroniqueurs. Mais cette dernière conclusion s'effondrera à son tour ! Le lecteur aurait sous les yeux un spectacle analogue à celui que représente la caricature appelée le « Combat du serpent ». Après avoir tout dévoré autour d'eux, deux reptiles s'attaquent l'un l'autre et commencent à s'avaler mutuellement, de sorte qu'il ne reste sur le champ de bataille que deux queues. » ¶
Je pense que nous savons où appliquer cela. Il y a dans cette ville un journal du matin qui nous a traités avec une équité raisonnable, et il sait combien il réussit bien dans ce traitement équitable. Pour ma part, je veux avoir assez de largeur d'esprit pour ouvrir les bras à l'étranger, et le traiter avec bonté ; mais je ne soutiendrai pas un homme qui mentirait, outragerait et tournerait ce peuple en dérision. C'est notre devoir de soutenir cette œuvre, et c'est notre devoir de soutenir cet État et cette nation. ¶
Que Dieu bénisse ce peuple. Qu'il bénisse les autorités de l'Église. Il n'est pas fréquent que je rende mon témoignage, mais je veux vous dire aujourd'hui que je sais que cette œuvre est vraie. Je sais que Joseph Smith est un prophète de Dieu. J'honore et j'aime sa mémoire, bien que je ne l'aie jamais vu. J'ai connu tous les prophètes de Dieu depuis l'époque du président Brigham Young. ¶
Ils ont été bons envers moi dans mon enfance et dans ma vie d'adulte. Peu m'importe le lieu où ils sont allés, mais je veux vous dire qu'ils sont pour moi une compagnie suffisamment bonne, et je ne désire aller avec personne d'autre, car je me sentirais seul. Que Dieu vous bénisse. Amen. ¶