Pulpit

Les opérations de l'Esprit de vérité

George A. Smith

1904 October General Conference·Closing Session·1904-10-09

Mes frères et sœurs, je désire avoir part à votre foi et à vos prières, afin que, durant les quelques instants où je me tiendrai devant vous, je sois inspiré par notre Père céleste à donner les paroles d'instruction ou d'exhortation qu'il voudrait que je vous adresse, dans la position que j'occupe. J'ai apprécié les témoignages qui ont été rendus. Cela a été pour moi comme du pain et du vin de me trouver parmi mes frères et sœurs à cette conférence semestrielle, et de participer de l'Esprit du Père qui a caractérisé ces réunions. Je ressens la responsabilité qui repose sur les autorités présidentes de l'Église lorsque je regarde les visages impatients et tournés vers nous des milliers de personnes rassemblées dans cet édifice, et que je réalise que vous n'êtes que les représentants de dizaines de milliers, oui, de centaines de milliers, désireux de connaître la pensée et la volonté de notre Père. Nous savons que les paroles prononcées du haut de cette chaire par ceux qui sont désignés pour vous parler sont rapportées chez beaucoup qui, pour des raisons indépendantes de leur volonté, ne peuvent s'assembler avec nous. J'ai apprécié plus que je ne saurais le dire les témoignages de nos frères, à savoir que partout où ils sont allés, l'Esprit de notre Père s'y trouvait en abondance. C'est un réconfort pour moi de savoir que les frères en Californie trouvent là-bas l'influence du Seigneur ; que des États de l'Est vient le témoignage que le même Esprit s'y trouve également ; que le président de la mission des États du Sud témoigne que notre Père céleste y déverse ses bénédictions sur eux, et que de chaque pieu de Sion, et de chaque champ de mission qui a été représenté ici, vient la même bonne parole, à savoir qu'ils ont reçu la bénédiction du Tout-Puissant sur leurs travaux.

Lorsque j'ai entendu l'un des frères déclarer qu'une de nos sœurs (et je tiens à souligner qu'il s'agissait d'une sœur, bien que non membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours) avait dit que la jeune génération montante avait honte de l'Utah et des « mormons », je me suis senti contraint de demander : Et pour quelle raison ? Même en admettant qu'il fût possible de trouver, dans les limites de ce grand État, un fils ou une fille des hommes et des femmes patriotes et nobles qui ont édifié cette communauté, qui ait honte des travaux accomplis par ceux que notre Père a honorés — je dis, en admettant que l'on puisse en trouver quelques-uns — de quoi auraient-ils honte ? Est-ce parce qu'aux premiers jours des hommes et des femmes animés du désir d'adorer Dieu selon les préceptes de leur conscience firent leurs adieux à leur père, à leur mère et à leurs proches, se privèrent du confort du foyer et des bienfaits de la vie sociale, et tournèrent leurs visages vers l'ouest, dans ce grand désert, pour y établir leur demeure parmi les bêtes sauvages et l'homme rouge plus sauvage encore ? Est-ce parce que l'esprit qui caractérisa Israël lorsque Moïse le fit sortir de la servitude remplit le cœur des premiers pionniers de cette terre occidentale ? Est-ce parce que des hommes et des femmes, animés d'un témoignage de la divinité de cette œuvre, sentirent qu'ils pouvaient quitter le confort dont ils avaient joui depuis l'enfance et prendre part aux privations de la vie de pionnier, et qu'ils pouvaient, dans bien des cas, accepter l'opprobre de leurs parents et de leurs proches, et voir leur nom rejeté comme mauvais, afin de pouvoir adorer leur Père céleste en esprit et en vérité ? Est-ce parce que ces hommes et ces femmes courageux, aux prises avec la privation et le besoin, ont marqué leur chemin à travers les grandes plaines des empreintes sanglantes de leurs pieds lacérés, dans la neige gelée, ou parce que, lorsqu'ils descendirent du canyon à l'est de nous, regardèrent la vallée du Grand Lac Salé, et virent les rayons du soleil scintiller sur la mer occidentale et le sol aride du désert craquelé de grandes crevasses sous la chaleur brûlante de l'été, ils dirent : « Nous sommes des exilés du lieu qui aurait dû être notre foyer, mais avec Dieu pour aide, nous élèverons ici une communauté, et nous ferons naître des fils et des filles qui glorifieront son nom » ? Est-ce parce que là où pas un brin d'herbe ne poussait auparavant, il y a aujourd'hui des champs verdoyants et luxuriants ? Est-ce parce que là où seuls le shadscale, l'armoise et le greasewood couvraient le sol, nous avons aujourd'hui de belles fermes et de beaux jardins, subsistance de milliers des enfants heureux de notre Père ? Est-ce parce que les hommes et les femmes dont la vie a été consacrée au service de notre Père sont décédés en gardant une foi toujours forte, et ont laissé à leurs fils et à leurs filles le témoignage de leur mort selon lequel ils savent que c'est l'œuvre du Maître ? Est-ce parce que le désert a été transformé pour fleurir comme la rose ? Est-ce parce que la proportion de forçats et de personnes qui désobéissent à la loi du pays est moindre en Utah que partout ailleurs dans le vaste monde ? Est-ce parce que la proportion d'enfants dans les écoles est plus grande, par rapport au nombre d'habitants, que dans tout autre État ou territoire de notre grande Union ? Est-ce parce qu'il y a davantage de garçons et de filles capables de se tenir debout devant une assemblée et de rendre témoignage de la divinité de l'œuvre de notre Père que l'on n'en trouve parmi n'importe quel autre groupe de personnes de nombre semblable ailleurs ? Est-ce parce qu'il y a une plus grande somme de vertu, de bonté et de soins tendres et aimants manifestés dans les foyers des saints des derniers jours qu'on n'en trouve dans la plupart des lieux du globe de notre Père ? Est-ce parce qu'aujourd'hui nous sommes considérés comme un peuple particulier ? Est-ce parce que nous croyons que Jésus est le Christ ? Est-ce parce que nous croyons que l'Ancien et le Nouveau Testament sont la parole révélée de notre Père céleste ? Est-ce parce que les garçons et les filles qui quittent ces grandes montagnes pour les collèges de l'Est en reviennent, presque sans exception, couverts d'honneur ? Est-ce à cause du succès qu'ils ont obtenu dans leur ministère ? Est-ce parce que nous avons de quinze cents à deux mille hommes qui ont quitté leur père et leur mère, leur femme et leurs enfants, ont tourné le dos au confort de cette vie, et sont partis

dans le monde pour témoigner que Jésus était en effet le Christ, et pour dépendre de la bonté du peuple pour leur pain quotidien ? Est-ce parce que ces fils, et dans certains cas ces filles, ont le courage, devant l'opposition du monde, de témoigner qu'ils savent que Jésus est le Christ et que l'Évangile qu'il a donné à la terre est la puissance de Dieu pour le salut ? Est-ce parce que, dans tout notre vaste pays, il y a des foyers heureux, et des fils et des filles qui ont été élevés dans le respect et l'honneur des grands hommes de notre nation, et des hommes que notre Père a suscités pour guider les destinées de son peuple en ce jour et en cette époque où nous vivons ? Je le demande, est-ce pour ces choses que quiconque devrait avoir honte de l'Utah ? Vous ne trouverez nulle part sur la terre de notre Père, aujourd'hui, un peuple plus patriote, plus attaché à son foyer, plus craignant Dieu, en proportion des habitants, que celui que vous trouverez parmi les vallées de ces collines éternelles. On nous a appris à honorer notre père et notre mère. On nous a appris à garder les commandements donnés par le Créateur à Moïse sur le mont Sinaï. On nous a appris à soutenir le gouvernement du grand pays dans lequel nous vivons. Et les fils de l'Utah ont déjà apporté honneur et gloire à cet État par leur valeur et leur patriotisme aux Philippines. On nous a appris que la Constitution des États-Unis fut inspirée du Dieu Tout-Puissant, et qu'il est du devoir de tout garçon et de toute fille de naissance « mormone » de la soutenir et de la défendre, s'il le faut, au prix même de sa vie. On nous a appris que ce grand pays d'Amérique est la terre promise, et que c'est ici que notre Père a donné à ses enfants l'occasion de l'adorer selon les préceptes de leur conscience. On nous a appris à aimer nos ennemis, et à prier pour ceux qui nous maltraitent et disent du mal de nous. On nous a appris que notre mission dans le monde est de prêcher le Christ et le Christ crucifié, et d'enseigner le même Évangile qu'il donna au monde lorsqu'il exerça son ministère parmi les enfants des hommes. Je le dis, loin d'avoir honte de l'Utah

et du « mormonisme », tout garçon ou toute fille qui examinera le splendide bilan du peuple de cet État lui en sera reconnaissant, et pourra lever la tête et dire : « Je suis fier du pays d'où je viens », et je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup qui seraient assez lâches pour reculer devant cela. Je ne crois pas, avec des pères et des mères tels que ceux que je vois devant moi aujourd'hui, que leurs enfants puissent exprimer un tel sentiment, mais je crois qu'avec une connaissance du caractère des enseignements de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, on ne saurait éprouver un tel sentiment. Et je tiens pour certain que le sentiment ainsi exprimé n'était qu'un souhait qui avait engendré la pensée.

Je me réjouis, mes frères et sœurs, d'être compté parmi vous. Notre Père nous a donné une grande mission parmi les enfants des hommes. Et tandis que nos frères et sœurs des autres confessions font, dans la plupart des cas, ce qu'ils croient être juste et convenable, le Créateur nous a donné un appel particulier, et il nous a exhortés à accomplir ce devoir avec bonté, amour et charité. Lorsqu'on vous outrage, ne rendez pas l'outrage. Lorsque d'autres disent du mal de vous, ayez pitié d'eux et priez pour eux. Souvenez-vous de l'exemple du divin Maître qui, suspendu sur l'arbre cruel, dit : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. » Les efforts de vos fils et filles missionnaires qui sont dispersés aujourd'hui dans le monde sont caractérisés par cet esprit. Ils trouvent partout où ils vont les cœurs sincères. L'Évangile est prêché aux pauvres, comme le Maître avait dit qu'il le serait, et des centaines et des milliers de ses enfants sont amenés à comprendre les enseignements qui ont été donnés à la terre en ce jour et en cette époque où nous vivons. Après avoir accompli notre part en prêchant l'Évangile aux enfants des hommes, si nous l'avons fait avec soin et minutie et avons été exemplaires, notre devoir est accompli, et le résultat est entre les mains du Maître. « Paul peut planter, et Apollos peut arroser, mais c'est Dieu qui donne l'accroissement. » Aussi doués que nous puissions être, ou aussi choisi que soit notre langage, c'est l'Esprit de notre Père qui atteint le cœur et apporte la conviction de la divinité de cette œuvre.

Je suis l'un des fils qui sont fiers de l'Utah, dont les ancêtres ont donné à cette terre des exemples de noble virilité et de noble féminité, dont la vie a été consacrée à la bénédiction de leurs semblables. Je me réjouis de ma lignée, et de ce que je suis considéré digne d'être, même le plus humble en Israël. Je prie pour que l'Esprit du Rédempteur brûle dans nos cœurs, afin que nos enfants ne se montrent jamais indignes de la grande occasion que notre Père leur a donnée, mais que, jour après jour, à mesure qu'ils manifestent dans leur vie la pureté de l'enseignement reçu au foyer et la chasteté de leur nature, la beauté de l'Évangile soit davantage appréciée par nos semblables. Oh ! Que nous puissions donner à l'humanité une compréhension de nos sentiments, afin qu'elle réalise que nous ne désirons pas restreindre ses occasions, mais que nos cœurs vont vers elle avec amour et bonté, sans aucun désir de la blesser. Notre mission dans le monde est de sauver des âmes, de les bénir, et de les mettre en état de retourner en présence de notre Père, couronnées de gloire, d'immortalité et de vie éternelle. Si elles ne le comprennent pas dans ce monde, nous avons le témoignage de notre Père qu'elles le comprendront dans la vie à venir. Que nous servions ainsi jour après jour dans la chair, afin que les hommes, voyant nos bonnes œuvres, glorifient notre Père qui est dans les cieux, en sorte que, lorsque notre vie s'éteindra, on puisse dire de nous que le monde a été meilleur pour que nous y ayons vécu. Que la bonté, la joie et la paix qui caractérisent nos efforts soient une bénédiction pour les enfants de notre Père partout où il nous sera donné de porter nos pas, afin que, lorsque nous passerons de l'autre côté, il nous soit dit par celui qui règne et gouverne là-haut : « C'est bien, bon et fidèle serviteur. » Je vous témoigne que c'est l'œuvre de notre Père, et qu'elle ira de l'avant jusqu'à ce qu'il revienne dans les nuées du ciel, quand il désignera à qui appartient le droit de régner. Alors, ceux qui n'ont pas compris cette œuvre la comprendront, et, grâce au témoignage que nous avons reçu, ils pourront encore avoir l'occasion de participer aux bénédictions que notre Père tient en réserve pour ses enfants.

Que l'influence de cette conférence se répande dans tout Israël et dans le monde, et que l'Esprit d'amour et de paix soit avec tous les enfants de notre Père, telle est ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursGeorge A. Smith, « Les opérations de l'Esprit de vérité », 1904 October General Conference, Closing Session (1904-10-09). Pulpit Vault, 1904-10-29-george-a-smith-operations-of-the-spirit-of-truth. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).