Foi et travail assidu dans la mission des États du Nord
German E. Ellsworth
Mes frères et sœurs, je désire que vous offriez en ma faveur une prière solennelle, afin que l'esprit de crainte des hommes qui vient parfois sur les anciens lorsqu'ils paraissent devant les saints me soit ôté pour un court moment, pendant que je fais le rapport de l'état de la mission connue sous le nom des États du Nord. Cet esprit de crainte des hommes ne trouble pas les anciens autant devant une assemblée du monde que devant une assemblée de Saints des derniers jours. Ici, nous avons conscience que la majorité de l'auditoire, sinon tous, comprend les principes de l'Évangile aussi bien que nous ; mais lorsque nous paraissons devant le monde, nous savons que nous avons quelque chose de nouveau à annoncer, nous savons que nous avons été envoyés avec le message de vie et de salut à leur déclarer, et Dieu nous a bénis et nous a envoyés, et nous sentons que si nous sommes humbles, nous pouvons dire quelque chose au peuple. Si les Saints des derniers jours n'étaient pas en possession de l'Esprit du Seigneur, s'ils ne venaient pas rechercher la vérité de l'Évangile de Jésus-Christ, ils repartiraient des réunions insatisfaits de ce qui aurait été dit en leur présence. Les Saints des derniers jours, lorsqu'ils se réunissent et écoutent le principe de la foi, ou du repentir, ou du baptême, ou du Saint-Esprit, ou de l'un quelconque des principes simples de l'Évangile déclarés par les anciens, s'ils sont en possession de l'Esprit de Dieu, cet esprit leur manifeste ce qui satisfait l'âme. J'ai entendu des témoignages concernant des révélations de Dieu données à différentes personnes de l'auditoire pendant qu'un humble ancien parlait du rétablissement de l'Évangile de Jésus-Christ. Et cela seul me donne de l'espoir en assistant aux réunions, quel que soit l'orateur : si mon cœur est droit, Dieu me bénira selon mes désirs, et je repars édifié dans la foi et fortifié dans le témoignage de Jésus. Je sens, en écoutant les sermons prononcés dans cette conférence et les rapports des différentes missions, que nous n'avons entendu aucune doctrine nouvelle ni surprenante, mais qu'en raison de l'Esprit qui a été avec nous, bien des milliers de cœurs, je le sais, repartiront de cette conférence en sentant qu'il est bon de s'être rassemblés en corps de Saints des derniers jours. Il est bon d'avoir eu le privilège d'écouter les serviteurs du Seigneur, et d'ouvrir nos cœurs et nos esprits aux révélations que Dieu accorde à celui qui le cherche sincèrement. Je me réjouis d'avoir le privilège, après 16 mois, de me rassembler de nouveau avec les saints, et, sous l'influence de l'Esprit du Seigneur, de me nourrir des bonnes choses du royaume de notre Père. ¶
Il y a près de deux ans, lorsque je fus appelé à partir en mission, des amis me rappelèrent que je n'étais rentré chez moi que depuis peu de temps, et qu'il y avait d'autres hommes financièrement mieux à même de partir que moi. J'ai dit, lorsque l'apôtre Cowley me demanda si je voulais bien partir en mission, que je n'étais rentré chez moi que depuis un peu plus de quatre ans. Il me répondit que cela lui importait peu que je ne fusse rentré que depuis quatre semaines : « C'est la volonté du Seigneur que tu partes en mission. » Sans le savoir, j'essayais d'empêcher l'accomplissement d'une prophétie selon laquelle je repartirais en mission dans les cinq ans suivant mon retour de ma première mission. Je suis maintenant reconnaissant envers mon Père céleste d'avoir décidé de partir. La voie s'est ouverte, me donnant le glorieux privilège d'être de nouveau associé aux missionnaires de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Ils forment un corps d'hommes grand et noble, œuvrant dans les États du Nord. ¶
Nous comptons actuellement dans cette mission un peu moins de 100 anciens, et si ceux qui s'y trouvent depuis deux ans, ou près de cette durée, étaient libérés, nous en aurions moins de 75. La mission est si bonne que nous manquons d'au moins 50 à 75 hommes par rapport au nombre que nous pourrions employer commodément. Lorsque nous sommes arrivés dans la mission, j'ai trouvé que le président Asahel H. Woodruff se consacrait au travail, au travail, au travail. Un jour, alors que je prenais des leçons de calligraphie, mon professeur me dit qu'il me donnerait trois règles qui feraient de moi un bon calligraphe si je les suivais. Ces trois règles étaient : la pratique, la pratique intelligente, et la pratique intelligente et sérieuse. La vie de notre président, qui est resté dans la mission des États du Nord ces deux dernières années et demie, a été une vie de travail, de travail sérieux, de travail intelligent, sérieux et assidu. Il s'est efforcé, nuit et jour, d'inculquer cela dans le cœur de chacun des anciens là-bas, car il comprenait, et le leur disait souvent, que s'ils travaillaient sérieusement et avec assiduité pour le Seigneur, leur cœur s'ouvrirait et leur esprit serait vivifié par les révélations de notre Père, et ils seraient capables de parler au peuple. Lorsqu'il a enseigné au jeune ancien à travailler et à aimer les âmes des hommes, ceux-ci ont commencé à se développer et à chercher avec diligence quelqu'un à qui prêcher l'Évangile. Cet été, beaucoup de nos jeunes hommes ne se sont pas contentés d'aller dans les rues accompagnés de trois ou quatre autres, mais étaient prêts à saisir chaque occasion de prêcher l'Évangile au coin des rues par eux-mêmes ; et, se trouvant seuls, ils se sont présentés devant le peuple avec humilité et ont prêché soir après soir. Nous en avons plusieurs que je pourrais mentionner en particulier qui, cet été, sont allés jusqu'à 25 fois seuls dans les rues de Chicago proclamer l'Évangile. L'an dernier, à l'exception de trois ou quatre occasions, nous n'avions eu aucun succès dans les rues de la ville de Chicago. Des milliers de personnes ont reçu nos tracts et ont continué leur chemin sans s'arrêter pour nous écouter. Cette année, nous avons choisi trois coins de rue et désigné deux anciens pour chacun, afin d'y tenir réunion chaque soir où le temps le permettait. J'ai le plaisir de rapporter qu'à deux des coins choisis, nous avons une assemblée permanente de 40 à 100 personnes chaque soir où le temps est favorable. Si nous manquons de venir, les gens sont déçus. Maintenant que le temps commence à se refroidir, nous avons jusqu'à 25 personnes qui assistent à nos réunions en salle, résultat des réunions tenues à un coin choisi au début du printemps. ¶
Je me réjouis de l'œuvre du Seigneur, et je me réjouis des témoignages qu'il a donnés aux anciens dans les États du Nord. La plupart d'entre nous sont jeunes, et nous désirons faire la volonté du Seigneur, car nous n'avons pas d'autre but en demeurant dans ces États froids et arides, où il y a si peu d'honnêtes de cœur comparé aux nombreux millions d'habitants. ¶
Je désire raconter une circonstance, mes frères et sœurs, qui montre qu'il y a encore de la foi sur la terre. Nous avons eu la faveur, il y a environ trois semaines, de la visite de l'apôtre George A. Smith et du président Asahel H. Woodruff, et, le jour du sabbat où ils étaient là, une petite fille, qui avait entendu parler de la puissance de Dieu présente dans l'Église, mais n'avait jamais vu d'ancien, demanda à sa mère si elle pouvait venir à la réunion et être bénie par les anciens, croyant qu'elle serait guérie. La petite fille avait 11 ans, et lorsqu'elle n'en avait qu'environ 4, son père, qui était ivrogne, était rentré à la maison et l'avait jetée à travers la pièce. Il en résulta qu'une jambe fut handicapée, et pendant six ans elle avait porté une armature d'acier autour du corps, ne l'ôtant jamais, et celle-ci avait formé des plaies dures sur sa peau. Elle vint à la réunion et reçut, selon sa demande, l'imposition des mains. Pendant la nuit, elle entendit une voix lui disant d'ôter cette armature, et elle le fit. Elle se rendit alors dans la chambre de sa mère et dit que le Seigneur l'avait guérie. L'une de ses jambes s'est allongée de deux ou trois pouces ; elle est encore un peu plus courte que l'autre maintenant, mais Dieu l'a guérie par le pouvoir de la foi. Nous pourrions vous raconter bien d'autres choses que le Seigneur a faites pour les honnêtes de cœur. Il a béni les anciens de l'esprit d'humilité. Il les a bénis aussi d'un témoignage de l'Évangile, et d'un amour pour les âmes de leurs semblables. ¶
Il existe dans les États du Nord une secte connue sous le nom de Dowieites, qui enseigne avec beaucoup de vigueur la foi en Dieu et le repentir ; elle enseigne aussi le baptême pour la rémission des péchés. Ils pratiquent « la Parole de Sagesse » ; et dans leur ville de 10 000 habitants, il n'existe aucun endroit où l'on puisse acheter de l'alcool, ni du tabac, ni la moindre chair de porc. Un certain nombre de ces gens, au cours du dernier mois ou des deux derniers mois, ont témoigné dans nos réunions et demandé le baptême, après avoir été amenés à croire au Seigneur Jésus-Christ par la prédication de Dowie. S'ils ont été amenés à croire au nom de Jésus-Christ par cet homme, il a fait ce bien-là au moins. Je crois que c'est une chose glorieuse que de naître dans un pays chrétien, et d'être instruit à croire au nom de Jésus-Christ, quelle que soit la dénomination à laquelle on appartienne ; c'est autant en faveur de ce qui nous conduit vers la véritable Église du Christ. Nous surveillons ce peuple, et pensons qu'il est probable que, dans quelques années, les honnêtes de cœur parmi eux accepteront l'Évangile du Seigneur Jésus. ¶
Je prie Dieu de nous bénir tous, afin que nous ouvrions nos cœurs et désirions connaître la volonté de Dieu ; afin que nous tirions des nombreuses bonnes choses dites ici ce qui réconfortera nos âmes, afin que nous repartions édifiés dans la foi et pleins d'amour envers nos semblables sur toute la terre. Nous devons enseigner à tous nos jeunes gens à ouvrir leur cœur, car le jeune homme qui ne peut prier son Père céleste avec ferveur ne convertira jamais une âme au monde. Il doit aimer les âmes des hommes, il doit ouvrir son cœur dans la prière, dans le chant et dans un discours sincère avant de pouvoir convaincre le peuple qu'il croit ce qu'il dit. ¶
Que Dieu nous aide tous à être fidèles aux alliances que nous avons faites de soutenir et de maintenir les lois de Dieu sur la terre, telle est ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶