Pulpit

Rapport de la mission des États du Nord

Asahel H. Woodruff

1904 October General Conference·Third Day Morning Session·1904-10-09

Mes frères et sœurs, j'ai pleinement goûté le discours plein d'entrain que le président Rich a prononcé ce matin. Je regrette seulement que les circonstances m'aient empêché d'assister aux réunions précédentes de cette glorieuse conférence. Je ressens vivement le besoin de la foi et des prières de mes frères et sœurs pendant les quelques instants où je vais m'adresser à vous en cette importante occasion. Comme beaucoup le savent sans doute, il m'est échu de présider pendant une brève période cette branche importante de l'œuvre du Seigneur connue sous le nom de mission des États du Nord. Selon la providence du Seigneur et sur instruction de ses serviteurs, j'ai été libéré de ce poste, après avoir joui de ce privilège pendant environ trente-deux mois. Durant la majeure partie de ce temps, j'ai grandement pris plaisir à mon travail. Cela m'a donné beaucoup de satisfaction et de joie de savoir que je jouissais de la confiance de mes frères au point qu'ils aient été disposés à me confier ce poste important ; et bien que j'aie vivement ressenti mon incapacité à bien des égards à remplir les exigences de cette charge, j'ai néanmoins essayé d'accomplir mon travail du mieux que je le pouvais, et j'ose croire avec quelque degré de succès. J'ai bénéficié de la confiance et du soutien des anciens qui avaient été désignés pour travailler avec moi dans cette partie de la vigne du Seigneur, et je crois que, par nos efforts unis, un certain bien a été accompli. Une grande quantité de littérature a été distribuée parmi les habitants des six États qui composent la mission des États du Nord. Au cours des deux dernières années et demie, nous avons distribué quatre cent mille tracts et plus de vingt mille livres. Nous avons tenu plus de dix mille réunions, et plus de quatre cent mille conversations sur l'Évangile, et en établissant une moyenne raisonnable de cinq membres par famille visitée, et de vingt personnes par réunion tenue, nous croyons avoir touché quatre millions de personnes dans la mission des États du Nord durant cette période. Aussi considérable que soit ce nombre, il ne représente qu'une petite partie de la population totale de ces États. Lorsque nous nous rappelons que la seule population de la ville de Chicago égale la population combinée de dix de nos États de l'Ouest, nous pouvons peut-être mesurer l'ampleur de l'œuvre qui attend le petit groupe d'anciens qui travaillent actuellement dans ce champ. Les gens de là-bas ne sont, dans une large mesure, pas naturellement religieux. Leur cœur, pour une grande part, est attaché aux choses de ce monde. Le président Rich a énoncé une vérité lorsqu'il a dit que les gens du Sud différaient à cet égard. Beaucoup de gens du Nord, particulièrement dans les grandes villes, ne lisent guère la Bible, et ils relèguent la religion à l'arrière-plan. Ils semblent penser qu'elle est une chose qui concerne les femmes et les enfants, et ceux qui ne sont pas tout à fait sains de leurs facultés mentales. En conséquence, nous devons raisonner avec eux au sujet de l'Évangile, et leur en montrer la philosophie ; et nous n'avons pas plus de candidats au baptême que nos anciens ne peuvent en prendre soin confortablement. Nous nous réjouissons, cependant, de pouvoir rapporter à nos frères et sœurs que l'œuvre du Seigneur progresse dans les États du Nord, et que les baptêmes sont tout à fait satisfaisants. Ainsi que je l'apprends de l'ancien German E. Ellsworth, de Lehi, qui a été désigné pour me succéder à la présidence de cette mission, certaines des conférences tenues cet automne ont connu un succès inhabituel, en particulier l'une d'elles, tenue dans l'État de l'Indiana, dans un district travaillé depuis quelque temps par les anciens et qui promettait de porter du fruit. Il fut décidé de tenir une conférence près de la localité de Robinson, comté de Greene, Indiana. La conférence se réunit dans un bosquet, loin de tout centre populeux. Le frère Ellsworth déclare qu'il n'a jamais vu deux maisons voisines l'une de l'autre en ce lieu, mais les bois semblaient faire sortir les gens en grand nombre, en réponse à notre invitation à assister à la conférence ; et l'intérêt suscité durant les premières séances de la conférence fut si grand qu'on se sentit contraint de fixer une date pour des baptêmes. La conférence commença le samedi, et le mercredi après-midi suivant, sept des citoyens les plus en vue du voisinage, quatre hommes et trois femmes, se présentèrent comme candidats au baptême. Cela fut suivi plus tard de deux autres baptêmes, et le total ajouté au bercail durant cette conférence fut de 15. Les frères poursuivirent les réunions pendant 14 jours, et l'on rapporte qu'il existe deux ou trois autres districts dans cet État où l'on croit que ces résultats pourraient se reproduire.

Il pourrait intéresser les saints des derniers jours de savoir que l'œuvre a été ouverte avec vigueur dans le comté de Hancock, État de l'Illinois — un comté qui évoque tant de souvenirs historiques, les uns agréables et les autres moins, en particulier pour les membres les plus âgés de l'Église. Deux anciens, pleins de foi, d'espérance et de courage, et pourvus des capacités convenables et de la confiance dans le Seigneur, furent envoyés dans ce comté il y a quelques mois, sans bourse ni sac, et ils réussirent au-delà de toute attente à toucher le cœur des gens et à se faire des amis. Ils purent tenir des réunions fructueuses dans la ville de Nauvoo et à Carthage. Leur quartier général se trouve actuellement dans la localité de Carthage, et il n'est pas improbable, si des dispositions convenables peuvent être prises avec la Présidence, que d'ici peu l'Évangile soit prêché régulièrement le jour du sabbat dans la prison de Carthage. C'est là un grand renversement des conditions telles qu'elles existaient dans les années 1840, et nous sentons que le Seigneur œuvre avec les cœurs honnêtes dans ces États.

Mes frères et sœurs, je veux appuyer les paroles prononcées par le frère Rich concernant l'ingérence de la part de nos frères et sœurs au pays dans des affaires qui appartiennent proprement à la mission. Sans doute cela se fait-il de façon irréfléchie dans la grande majorité des cas ; mais nous avons constaté, dans les États du Nord, qu'il était presque impossible de suivre le conseil que le président F. M. Lyman nous avait donné en passant par là il y a quelque temps, à savoir que nous devions briser dans l'esprit des anciens la notion qu'une mission n'était que de deux ans, à cause de la critique et de l'ingérence de ceux qui sont restés au pays. Nous nous sommes efforcés de mettre cette idée en pratique, et nous avons libéré certains frères même avant les deux années, parce qu'ils étaient avancés en âge et avaient des charges de famille. D'autre part, nous avons essayé de garder certains jeunes gens qui étaient en mesure de nous rendre un grand bien ; et je veux dire qu'un ancien qui a servi deux ans, s'il peut être maintenu sur le terrain six mois de plus, peut, s'il maintient son ardeur, accomplir durant ces six mois presque autant de bien qu'il en a accompli durant les deux années précédentes. Nous avons donc essayé d'en garder certains deux ans et demi ; mais dans la grande majorité des cas, soit leurs parents, soit le président de pieu, soit d'autres personnes intéressées, ont demandé qu'ils rentrent chez eux, parfois, nous le craignons, sans juste motif. Nous croyons que, lorsqu'un ancien est envoyé sur le terrain, il se trouve sous la direction du président de mission, qui devrait certainement avoir droit à l'esprit de sa charge et de son appel. S'il ne jouit pas de l'inspiration du Seigneur pour diriger son travail, il n'est pas la personne convenable pour être maintenue à ce poste, et je ne crois pas que le Seigneur l'y maintiendrait longtemps. Je mentionne simplement ce fait parce qu'il m'arrive de penser que les parents ne voient pas toujours la question sous son juste jour. Il me semble que chaque père et chaque mère devrait sentir que c'est un honneur conféré à leur fils s'il est maintenu au-delà de la période habituelle. Cela devrait leur être une preuve qu'il est apprécié et qu'il a de la valeur pour l'œuvre.

Grâce à l'aide matérielle reçue de la Présidence de l'Église, une magnifique église et son presbytère ont été récemment acquis dans la ville de Chicago, qui serviront non seulement de lieu de réunion pour les saints de cette ville, mais aussi de quartier général pour la mission des États du Nord. Le bâtiment est situé presque au centre de la ville et accessible de toutes ses parties. L'auditoire du bâtiment pourra accueillir au moins cinq cents personnes, et il est pourvu de splendides sièges en noyer et d'un bel orgue à tuyaux. La partie inférieure du bâtiment est divisée en une salle de chapelle pouvant contenir environ trois cents personnes. Il y a également plusieurs salles pour l'École du Dimanche, un bureau pour le pasteur, une salle à manger et une cuisine. Nous estimons que c'est là une acquisition très précieuse pour la mission, qui contribuera grandement à faire avancer l'œuvre dans cette importante métropole. Bien que notre lieu de réunion ait été, par le passé, tout à fait confortable, il n'a pas toujours créé une impression favorable sur nos amis, et je me réjouis d'apprendre que l'assistance s'est déjà grandement accrue depuis que nous avons le privilège de nous réunir dans des conditions plus favorables.

Je suis certain que le président Ellsworth et les anciens qui travaillent à Chicago seront heureux d'accueillir les frères et sœurs de l'Utah qui visitent cette ville pour affaires ou pour d'autres motifs. Certains d'entre eux tiennent à passer voir les anciens lorsqu'ils sont de passage. D'autres, cependant, vont et viennent sans se faire connaître. Nombreux sont ceux qui ont l'habitude de s'y rendre avec des wagons de bétail et de moutons, et beaucoup d'entre eux s'intéressent activement à l'œuvre du Seigneur, mais ils ne bénissent pas toujours les saints de leur présence, et je suis certain que les anciens seraient heureux de les inviter à venir les entendre, et de faire ainsi progresser les intérêts de l'œuvre du Seigneur. Il nous est arrivé parfois d'avoir le privilège de prêcher aux frères de passage au coin des rues, mais nous ne pouvions les amener dans la salle. Je me souviens que l'été dernier, tandis que je prêchais dans la rue, un groupe d'hommes s'approcha, et je fus assez surpris de voir certains d'entre eux ôter leur chapeau lorsque la prière d'ouverture fut offerte, mais j'appris à la fin de la réunion que c'était un groupe de nos frères venus avec du bétail, en route vers le théâtre, et qui avaient été attirés par le chant. Certains d'entre eux firent ensuite remarquer que c'était la première fois de leur vie qu'ils entendaient prêcher les principes de l'Évangile avec une telle clarté. Je voudrais que nos visiteurs viennent non seulement aux réunions de rue, mais aussi aux services tenus à l'intérieur.

Certaines femmes égarées ont prétendu, en particulier l'une d'elles en s'adressant à une convention à Denver il y a quelques jours, que beaucoup de jeunes saints des derniers jours en venaient à avoir honte de la religion de leurs pères. Je sais que les jeunes gens qui prêchent l'Évangile dans les États du Nord sont des jeunes gens de courage et de conviction ; ils sont intrépides et n'hésitent pas à sortir dans les rues encombrées, bien qu'il leur faille parfois marcher ensemble en chantant leurs propres cantiques et en tenant leurs propres services, et ils regardent sans crainte des centaines de personnes en face pour leur déclarer les purs principes de l'Évangile de Jésus-Christ. Qu'y a-t-il, dans l'Évangile de Jésus-Christ, la religion de nos pères, dont on doive avoir honte ? Assurément nous n'avons pas à avoir honte que Dieu ait été assez bon pour rendre témoignage à nos âmes qu'il vit réellement, que Jésus-Christ vit, et qu'il a de nouveau parlé des cieux, et remis les clefs de l'autorité et du pouvoir par lesquelles les hommes furent autorisés à organiser son Église sur la terre dans toute sa plénitude, au jour et à l'époque où nous vivons. Il n'y a là rien dont il faille avoir honte. Il n'y a rien dans l'histoire de notre peuple dont il faille avoir honte. Il n'y a rien dont il faille avoir honte dans les progrès matériels que nous avons accomplis, par lesquels cette religion méprisée a fait passer le peuple d'un état de dépendance, sinon de pauvreté, parmi les nations de la terre, à une position d'indépendance, et en a fait des propriétaires terriens et des chefs de famille. Je veux vous rendre témoignage qu'aucun des jeunes gens qui se trouvent dans la mission des États du Nord n'en vient à avoir honte de sa religion, et je n'en ai trouvé aucun de tel au pays. S'il en existe de tels, je crains que le Seigneur n'ait autant honte d'eux qu'ils ont honte de lui et de son œuvre.

Je rends témoignage de la divinité de cette œuvre. Je sais que c'est la vérité éternelle de Dieu rétablie sur la terre. Je sais qu'il a suscité son serviteur, le prophète Joseph Smith, et lui a donné autorité pour organiser son Église sur la terre. Il a accompli tout ce qui lui était demandé, il a posé les fondements de cette œuvre, et il les a posés profondément, et il les a bien posés. Après lui sont venus d'autres hommes spécialement qualifiés pour l'œuvre particulière et les conditions particulières qu'ils devaient rencontrer en leur temps. Et je témoigne que nous avons aujourd'hui un prophète du Seigneur à la tête de cette œuvre. Je prie pour que les bénédictions du Seigneur soient avec nous, que son Esprit remplisse nos cœurs, et que notre premier souci et notre premier désir soient toujours de travailler à l'avancement de son œuvre sur la terre. Je le demande au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursAsahel H. Woodruff, « Rapport de la mission des États du Nord », 1904 October General Conference, Third Day Morning Session (1904-10-09). Pulpit Vault, 1904-10-20-asahel-h-woodruff-northern-states-mission-report. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).