Pulpit

La mission des États du Sud et les libérations de missionnaires

Ben E. Rich

1904 October General Conference·Third Day Morning Session·1904-10-09

J'éprouve toujours un sentiment de timidité lorsque je me lève pour parler devant une assemblée, quelle qu'en soit l'importance, mais il me semble que ce sentiment s'accroît lorsque je me trouve devant une assemblée comme celle-ci. Je ne puis que prier, mes frères et sœurs, pour être influencé par les chuchotements de l'Esprit de Dieu durant le court moment où je vais vous parler, et pour que ce même Esprit repose également sur vous. Il nous est dit que nous pouvons comprendre les choses de l'homme par l'esprit de l'homme, mais que pour comprendre les choses de Dieu, il nous faut jouir de l'Esprit de Dieu. Il est tout aussi nécessaire d'écouter avec l'aide de cet Esprit que de parler sous son influence.

Il m'a été donné, depuis quelque temps déjà, de travailler dans le champ missionnaire connu sous le nom de mission des États du Sud. C'est probablement la plus ancienne mission des États-Unis, et peut-être même de l'Église. Bon nombre des hommes éminents qui se sont tenus aux côtés du prophète Joseph ont travaillé et rendu témoignage dans ce champ missionnaire. Un très grand nombre de personnes se sont jointes à l'Église dans cette région. De grands nombres ont émigré à Sion : et les pères et les mères, les grands-pères et les grands-mères de beaucoup de la jeunesse de Sion aujourd'hui ont été trouvés par l'Évangile dans le Sud ensoleillé. Nulle part sur cette terre ne peut-on trouver peuple plus hospitalier ni plus bienveillant. Durant mon séjour là-bas, treize cents anciens ont travaillé dans le Sud. Ils ont pris leurs valises et sont allés parmi le peuple, logeant où la nuit les surprenait. Ils allaient à une maison où ils pouvaient voir que c'était jour de lessive ; ils s'approchaient hardiment et disaient aux gens qu'ils étaient des ministres de l'Évangile, voyageant sans bourse ni sac, et prêchant l'Évangile tel que le Christ avait commandé qu'il fût enseigné, puis demandaient humblement si on voulait bien leur laver du linge. C'est ainsi qu'ils faisaient faire leur lessive. À l'époque où nous avions cinq cents anciens sur le terrain, il était remarquable de voir combien peu d'entre eux devaient coucher dans les bois. Que les gens appartinssent à l'Église ou non, ils accueillaient et nourrissaient les anciens. Et Dieu bénira tous ceux, qu'ils soient dans son Église ou non, qui accueillent ses serviteurs. Les gens du Sud sont le peuple religieux des États-Unis. Ils aiment entendre prêcher ; ils lisent la Bible. Il y a moins de coquetterie et moins de désir de venir montrer des chapeaux neufs et des diamants dans les églises du Sud que dans celles du Nord. C'est un peuple qui craint Dieu et qui aime Dieu. Bien que leurs préjugés soient très forts, leur amour l'est également.

À présent, nous avons moins de cent soixante-quinze anciens sur le terrain ; et si nous devions relever tous ceux qui s'y trouvent depuis deux ans, il nous en resterait moins de cent vingt-cinq, alors que nous en avions autrefois environ cinq cents. Bien que nous ayons entre huit et neuf mille saints dans cette mission, ils sont si mal répartis qu'il semble presque impossible d'en réunir assez pour maintenir une seule branche vigoureuse de l'Église. Certains mois, nous baptisons quatre-vingts ou quatre-vingt-dix nouveaux convertis. Lorsque j'ai quitté la mission, nous ne pouvions répondre aux appels qui nous étaient faits d'aller prêcher l'Évangile et baptiser des personnes converties et prêtes pour le baptême. Nous ne voulons pas que nos amis, l'ennemi, pensent que le « mormonisme » perd du terrain dans les États du Sud. Il semble y avoir un réveil dans le cœur du peuple, un désir de connaître la volonté de Dieu, et nos anciens trouvent amplement l'occasion de prêcher l'Évangile ; et plus la persécution et l'opposition sont fortes, plus nous avons d'occasions de prêcher. Nos anciens sont fidèles et énergiques.

Il y a une chose que je veux mentionner ici au sujet des anciens qui reviennent du Sud. Il arrive parfois que des anciens de cette mission perdent la santé, et ils restent souvent chez eux des années durant sans la recouvrer. Bien souvent, ils devraient rentrer avant de le faire ; mais j'ai eu des anciens qui m'ont dit : « Frère Rich, je préférerais rester ici et mourir plutôt que de rentrer chez moi avant d'avoir passé deux ans ici et accompli une mission honorable, telle qu'elle m'obtiendra l'approbation de mon Père céleste et de mes frères et sœurs au pays. » Il n'existe pas, dans cette Église, de chose telle qu'une mission de deux ans. Il est parfois tout autant la volonté de Dieu qu'un ancien rentre chez lui après six mois d'absence qu'après trois ans. Si les gens ici voulaient bien avoir confiance en ceux que les autorités de l'Église ont désignés pour présider les missions, ils cesseraient alors de médire au sujet d'un ancien qui rentre avant ses deux ans écoulés. S'il devait y avoir quelque chose de vraiment fautif dans le retour d'un ancien, les présidents de mission savent qu'il est de leur devoir de rapporter le cas aux autorités du pieu ; et lorsque cela n'est pas rapporté, et qu'un ancien rentre au bout de six ou douze mois pour cause de maladie, les saints devraient lui réserver un accueil aussi aimant que s'il avait été absent deux ou trois ans. Lorsqu'ils rentrent malades, vous devez avoir de la compassion pour eux, non les critiquer. Bien peu rentrent avant le terme prévu pour une autre cause que la maladie. Il arrive parfois qu'un ancien vienne en mission alors qu'il pourrait faire davantage de bien à l'œuvre de Dieu chez lui qu'à l'étranger, et qu'il vaille mieux pour la mission qu'il rentre. Dans de tels cas, la présidence de l'Église a donné pour instruction aux présidents de mission de les renvoyer chez eux. Vous savez quel était le credo « mormon » tel que le président Young l'avait établi : « Occupez-vous de vos affaires. » Lorsque vous envoyez l'un de vos fils dans les États du Sud, cela devient mon affaire et non la vôtre. Je suis responsable devant les autorités de l'Église, et si je juge bon de renvoyer un ancien chez lui après six mois de séjour, surtout s'il est malade, ayez de la compassion pour lui, priez avec lui, aidez à le fortifier, et n'essayez pas de le rabaisser. À propos, si l'humanité pouvait seulement observer ce credo « mormon », que ne ferait-il pas pour ce monde ! Dieu a dit qu'il pardonnera à qui il voudra, mais il nous fait comprendre que nous devons pardonner à tous les hommes. Notre affaire est de pardonner ; le jugement appartient à Dieu. Occupons-nous de nos affaires, et n'interférons pas avec ce qui appartient à notre Père céleste. Il a dit qu'il rendra les jugements à ceux qui les méritent ; et il nous a dit d'avoir la foi, l'espérance et la charité, et de nous aimer les uns les autres.

Nous savons que l'Évangile est vrai. Nous connaissons les conditions qui existent dans le monde, et si nous ne nous aimons pas les uns les autres, dans quelle condition désagréable nous nous trouvons. Le monde ne nous aime pas, et nous ne nous attendons pas à ce qu'il nous aime ; car le Christ a dit que si nous étions du monde, le monde aimerait ce qui lui appartient, mais que, parce qu'il nous a retirés du monde, le monde nous hait. Nous ne devons donc pas nous attendre à ce que le monde nous aime ; mais nous devrions nous aimer les uns les autres. Nous ne devrions pas seulement nous aimer les uns les autres, mais il nous a été commandé de laisser notre amour franchir le mur et d'aimer même nos ennemis, nous souvenant toujours de l'amour que Dieu le Père éternel a eu pour le monde, amour si grand qu'il donna son Fils unique, afin que quiconque croirait en lui pût avoir la vie éternelle.

Telle est la mission des saints des derniers jours. Nous sommes très peu nombreux comparés aux quinze cents millions d'habitants du monde, et pourtant on attend de nous que nous portions la lumière de l'Évangile à toute l'humanité. Nous avons donc fort à faire. Nous savons que Dieu a parlé à l'époque où nous vivons, qu'il a rétabli l'Évangile de son Fils en accomplissement de la prophétie, qu'il a parlé au prophète Joseph Smith, que par révélation et par la voix de Dieu cette Église a été organisée par l'intermédiaire de Joseph Smith, que son organisation est parfaite, que l'Évangile a été envoyé de la même manière qu'il l'a toujours été chaque fois que la puissance de Dieu s'est trouvée sur la terre, et qu'il est offert gratuitement à tous les hommes. Les exigences du salut sont aujourd'hui les mêmes qu'aux jours du Christ. L'homme doit avoir foi en Dieu et en la divinité de la mission du Christ. Il doit se repentir de ses péchés. Il doit comprendre que ceux qui rejettent le principe du baptême rejettent le conseil de Dieu à leur propre détriment. Il doit se souvenir que le Christ lui-même a dit que le baptême était nécessaire pour accomplir toute justice. Il doit comprendre que cela fut enseigné par Pierre, par Jean, par Jacques, par Paul, et par tous les apôtres, ainsi que par les prêtres, les anciens et les soixante-dix qui furent commissionnés et envoyés en ce temps-là. Il n'y a qu'un seul plan du salut, qu'une seule voie vers la vie éternelle. Nul homme n'a le droit de s'y élever par une autre voie. Il n'y a qu'une seule façon de recevoir le sceau de l'Esprit. Il nous faut naître de l'eau et de l'Esprit pour entrer dans le royaume de Dieu, parce que le Christ lui-même l'a dit. La foi des saints d'autrefois nous a été donnée, et nous combattons, sur toute la longueur et la largeur de la terre, pour la foi qui fut une fois transmise aux saints et qui nous est aujourd'hui transmise. Il nous a été commandé d'aller par tout le monde et de crier repentance ; oui, car le royaume des cieux est proche. Vous savez que cela est vrai, si vous n'avez pas chassé loin de vous l'Esprit de Dieu ; et si vous connaissez la vérité, alors vous connaissez la volonté du Maître, et vous devez vous souvenir que celui qui connaît la volonté du Maître et ne la fait point sera battu de nombreux coups.

Je désire vous rendre mon témoignage que je sais que l'Évangile a été rétabli sur la terre en cette époque. Je sais que Joseph Smith fut l'un des plus grands prophètes qui aient jamais existé sur cette terre. Sans l'instruction du monde, en se mettant en communion avec l'Esprit de Dieu, et en disant : « Ainsi dit le Seigneur », guidé par les chuchotements de l'Esprit, il a exposé l'organisation de l'Église et mis en ordre la maison de Dieu telle que le Seigneur la lui révéla ; et les théologiens du monde, depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui, n'ont pu trouver une seule faille dans l'organisation de l'Église ni dans les exigences du salut qui s'y trouvent. D'où venait la sagesse supérieure de Joseph Smith, si ce n'est de Dieu ? Fils de fermier, il a exposé le plan du salut et l'Église du Christ tels qu'on ne les trouvait pas alors sur la terre, et cela ne peut être attaqué avec succès par les théologiens du monde. Le seul argument est celui qu'on a employé contre le Christ et ses disciples — que leur caractère n'était pas bon. Leur caractère pas bon ! Le caractère des Smith pas bon ? Où pouvez-vous trouver aujourd'hui, sur cette terre, un nom dont les fruits démentent plus faussement une telle accusation que les fruits issus des reins des Smith, qui furent le père et les oncles du prophète Joseph Smith ? Le caractère de leur génération dément cela comme un mensonge. Bien plus, nous pouvons le leur jeter au visage, et les défier de trouver, à travers le cours du temps, une lignée aussi bonne que celle qui porte ce nom. Quatre cent mille personnes connaissent le caractère de ces hommes. Et tandis que je parle, je vois ici deux jeunes gens qui ont été appelés comme témoins spéciaux du Seigneur Jésus-Christ. Commencez par eux ; ils appartiennent aux deux familles des Smith — le père du prophète Joseph et son frère. Connaissez-vous ces jeunes gens ? Connaissez-vous leur vie ? Et connaissez-vous leurs pères, le président Joseph F. Smith et l'ancien John Henry Smith, également témoins spéciaux du Seigneur Jésus-Christ ? Et le frère du président Smith, le patriarche John Smith — le connaissez-vous ? Connaissez-vous les pères de ces hommes puissants — le patriarche Hyrum Smith et feu l'apôtre George A. Smith, membre de la Première Présidence aux côtés du président Brigham Young ? Y a-t-il quoi que ce soit à redire à leur caractère ? Et le grand-père — le grand-père de l'actuel ancien George A. Smith — qui fut l'oncle du prophète Joseph, et qui, après l'assassinat du patriarche Hyrum Smith, demeura patriarche de l'Église — le patriarche John Smith — connaissez-vous son caractère ? Nous irons même plus loin encore. Nous nous adresserons à ceux qui n'appartiennent pas à l'Église — aux enfants du prophète Joseph Smith qui s'opposent à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Dites aux gens du monde qui accusent le prophète Joseph d'avoir été un ivrogne, un fainéant et un homme malhonnête, que le caractère des propres fils du prophète dément cette accusation comme fausse, car on ne récolte pas de figues sur des chardons, ni de raisins sur des ronces, et l'on ne s'attend pas à ce qu'une source impure fasse jaillir une eau pure. Pour ce qui est du caractère de ces hommes, ils soutiennent le même témoignage que les autres Smith quant à la fausseté des accusations selon lesquelles le prophète Joseph, son père et les frères de son père n'auraient pas été des gens sobres, laborieux et honnêtes. Nous ne pouvons trouver une telle généalogie en aucun autre lieu sur la terre. Que Dieu bénisse ce nom. Que Dieu bénisse la mémoire de l'instrument choisi par le Tout-Puissant, par qui toutes ces vérités puissantes sont venues sur la terre.

Mes frères et sœurs, souvenez-vous de ce que l'Église a fait pour vous. Jouissez-vous de foyers heureux ? D'où les tenez-vous ? C'est probablement par l'intermédiaire d'un humble ancien mormon que l'Église a trouvé votre mère en Scandinavie et votre père en Angleterre. Elle les a réunis, et fut la cause du mariage entre eux qui vous a donné l'existence sur cette terre, dans un pays où il vous a été possible de jouir de foyers heureux. Et que devez-vous à l'Église ? Vous lui devez tout, la vie même ; et vous devriez vous souvenir que le Christ le Rédempteur a dit que si vous perdez votre vie à cause de lui, vous la retrouverez, oui, la vie éternelle. Je rends témoignage que Joseph Smith fut un prophète de Dieu, et que ceux qui se sont tenus à la tête de l'Église depuis la mort du prophète Joseph jusqu'à ce jour ont été et sont des prophètes, voyants et révélateurs. Je rends témoignage de cela. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursBen E. Rich, « La mission des États du Sud et les libérations de missionnaires », 1904 October General Conference, Third Day Morning Session (1904-10-09). Pulpit Vault, 1904-10-18-ben-e-rich-southern-states-mission-and-missionary-releases. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).