Pulpit

Prospérité matérielle et conseils

Francis M. Lyman

1904 October General Conference·First Day Afternoon Session·1904-10-06

Je prie pour que l'Esprit du Seigneur soit avec nous pour le reste de cette conférence, comme il l'a été depuis le début, afin que les Saints des derniers jours ici rassemblés reçoivent chacun et tous les paroles d'encouragement et d'instruction qui sont nécessaires à leur bien-être.

Cette année a été une année fort remarquable dans le monde. Comme nous le savons tous fort bien, la guerre afflige les nations, et de graves troubles, complications et accidents remplissent le monde de tristesse. Les Saints des derniers jours, cependant, ont vécu en paix, et ont été remarquablement bénis et prospérés, bien que dans certaines régions ils aient sérieusement souffert de la sécheresse. Dans l'ensemble, nous avons de très grandes raisons de nous réjouir et de remercier le Seigneur, non seulement les Saints des derniers jours, mais tout le peuple de cette grande nation. Je crois que lorsque cette année sera terminée, elle entrera dans l'histoire comme l'une des plus fécondes et des plus prospères dont la nation ait jamais joui. Les Saints des derniers jours n'ont pas été préparés à prendre soin des grandes bénédictions que le Seigneur leur a accordées dans la fécondité de la terre ; car un grand pourcentage de nos fruits et légumes a été perdu, parce que nous n'avons pas pu les utiliser. Nous n'avons pas été pourvus d'usines pour la mise en conserve de nos fruits et légumes, et nous n'avons donc pas été en mesure de faire le meilleur usage des bénédictions qui nous ont été si généreusement répandues. Il nous incombe de faire un usage profitable des saisons abondantes que le Seigneur accorde au peuple, car elles ne durent pas toujours. Les saisons varient grandement, et la sagesse dicterait qu'avec le capital que le peuple de ce grand État possède en travail et en moyens, nous devrions nous préparer aux bénédictions que le Seigneur répand sur nous. Nous devrions établir des usines pour utiliser la matière première dont ce pays abonde, et nous devrions être prêts et prévoyants. Nos granges et nos greniers devraient être construits, nos usines devraient être établies, prêtes pour ces saisons fécondes lorsqu'elles arrivent. Nous devrions aussi profiter de ces années fécondes pour honorer toutes nos obligations, comme nos dirigeants nous l'ont si soigneusement enseigné, afin que lorsque les temps de gêne et de panique viendront sur nous, nous soyons en mesure d'endurer l'épreuve et de ne pas être menés à la faillite et à la ruine. L'industrie sucrière répond peut-être de plus près aux besoins du peuple qu'aucune autre établie dans cet État ; mais dans d'autres domaines d'industrie, il faudrait établir les installations nécessaires pour faire un usage adéquat des bénédictions que le Seigneur répand sur nous.

Les Saints des derniers jours devraient s'appliquer à l'économie et à la prudence dans leurs affaires financières. Ils devraient réfréner toute inclination à la prodigalité en tout domaine, et se préparer, non seulement par des fabriques et d'autres dispositions pour utiliser les ressources du pays, mais aussi pour faire face aux temps difficiles qui surviennent occasionnellement dans le pays. Les saisons fécondes sont maintenant sur nous, et pourront peut-être durer encore quelques années, puis viendront des temps de gêne, aussi certainement, je présume, qu'ils sont venus par le passé. Un homme averti en vaut deux ! Les temps changeront à l'avenir comme ils ont changé par le passé, et nous devons être prêts pour les temps à mesure qu'ils changent. La partie plus âgée de la population a eu de l'expérience et de la formation, et elle devrait en profiter ; mais il y a toujours des générations qui grandissent parmi nous, sans formation et sans expérience, et avec peut-être l'idée que les choses continueront toujours comme elles sont. Un avertissement a été lancé par nos dirigeants au cours des années passées, nous conseillant, en tant que Saints des derniers jours, de nous libérer des dettes, des hypothèques et des obligations que nous pourrions ne pas être en mesure d'honorer. Tous ces contrats devraient être honorablement accomplis, et nous devrions cesser d'être les esclaves d'obligations qui nous lient et entravent notre vie. Nous voulons être des hommes parmi les hommes, et avoir une mesure d'indépendance. J'ai senti que c'était le dessein du Seigneur, en donnant au peuple de notre État bien-aimé la prospérité qui nous est venue, que nous devrions nous préparer pour des temps sérieux à venir ; car les années maigres suivront celles de l'abondance. J'aimerais que tout Israël écoute, et s'applique très sérieusement et de tout son pouvoir à se libérer de toute obligation envers les banques, envers ses voisins, envers les marchands, envers les entrepreneurs, et envers tous les hommes d'affaires. Acquittez-vous de toutes vos obligations, et soyez libres. Ayez un peu de réserve dans vos greniers ; ayez un peu de crédit dans les caisses d'épargne ; et au lieu de vivre des moyens qui appartiennent à vos amis, vivez des vôtres. Payez vos maisons, vos machines, vos chariots, vos marchandises, la nourriture que vous avez mangée et les vêtements que vous avez usés. Faites tout cela, et voyez le temps où vous pourrez rencontrer votre commerçant et payer sa marchandise à mesure que vous la recevez. Il est merveilleusement agréable pour un homme ou une femme d'être vêtu de ses propres habits, de vivre dans sa propre maison, et de posséder tout ce qu'il occupe et dont il jouit, au lieu de gérer les moyens d'autrui et de payer des intérêts usuraires. Qu'ils soient plutôt en mesure de recevoir de tels intérêts. Je crois qu'il est tout à fait agréable au Seigneur que nous soyons sans dettes. Je crois qu'il l'exige de nous. Je le crois depuis de nombreuses années. Je conseille et j'exhorte les Saints des derniers jours à se libérer de toute obligation dès qu'ils le pourront. Bien que nous ayons peut-être encore quelques années de prospérité, elles ne seront pas très nombreuses, et pendant que les temps sont propices, vous voulez vous libérer les mains, puis vous entraîner à rester sans dettes. Ne laissez pas la spéculation et la perspective de grandes fortunes vous conduire à l'esclavage de la dette. C'est l'esclavage qui pèse aujourd'hui sur certains Saints des derniers jours. C'est pourquoi j'exhorte mes frères à travers Sion à se libérer de toutes leurs obligations. Je demande à mes frères qui ont de la richesse de prendre des mesures pour faire un usage profitable des bénédictions que le Seigneur nous accorde. Il y a du profit dans la mise en conserve de tous nos fruits. Je ne suis pas en mesure de dire quel pourcentage a été gaspillé, mais dans mes visites parmi les colonies, j'ai trouvé les terres sur lesquelles se dressent les vergers assez couvertes de fruits tombés et pourrissants. C'est étonnant le gaspillage que l'on peut découvrir dans ce pays. C'est étonnant la quantité de conserves qui sont apportées dans cet État. C'est un opprobre pour le peuple de l'Utah. Je me souviens m'être équipé pour un voyage en Arizona depuis St. George il y a quelques années, et les raisins en conserve dont nous nous étions pourvus venaient de Californie, les viandes en conserve venaient de Californie, le saumon et les autres articles en conserve venaient de l'Oregon ou de quelque autre État. Des dindes, des canards, des oies, de la volaille de toutes sortes sont apportés dans cet État par wagons entiers. C'est un opprobre pour l'État. Nous devrions produire toutes ces choses nous-mêmes, et aussi approvisionner nos voisins. Nous avons fait exactement dans l'industrie sucrière ce que nous devrions faire dans d'autres domaines. Aujourd'hui, nous fabriquons tout le sucre que consomme l'Utah, et nous en envoyons tout autant à l'extérieur à nos voisins. Nous gardons ici l'argent qui paie notre propre sucre, et nous en apportons tout autant dans l'État grâce à la vente de sucre à l'extérieur. Cela a contribué à faire de notre État l'un des États les plus à l'aise et les plus indépendants de l'Ouest. Mais il ne suffit pas que nous économisions dans l'industrie sucrière. Nous devrions être tout aussi sages dans la gestion de nos céréales, de nos légumes et de nos fruits. Ils devraient être bien soignés afin de pouvoir dominer le marché, et être demandés dans toutes les directions. Nous sommes entourés de camps miniers, et l'Utah devrait leur fournir tout ce dont ils ont besoin sur le plan agricole et industriel. Je veux conseiller aux hommes d'affaires, aux hommes de finance, de porter attention à ces questions, afin que nos fabriques puissent se multiplier, de sorte que les matières que nous accorde la fécondité de la terre puissent être utilisées avec profit, et que nous devenions un peuple indépendant dans cet État. Voilà ce que j'aimerais voir en Utah. Nous avons un bon pays. Nous vivons en paix et en harmonie ; et en plus de tout ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes, la main du gouvernement se tend pour nous aider dans l'irrigation de notre pays. Il y a assez d'humidité dans ce pays, si seulement elle est correctement utilisée. Le Dieu des cieux nous a donné des pluies, des neiges et des sources d'eau presque abondantes. Si seulement nous prenions soin des ressources qu'il nous a données, l'État est bien pourvu de l'eau nécessaire, et j'espère voir le temps où les terrasses de toutes nos vallées produiront à leur pleine capacité. Dans notre splendide foire d'État, nous pouvons voir la preuve de ce qui a été accompli cette saison en matière de culture sèche par les stations expérimentales de cet État. C'est merveilleux, les céréales qui ont été produites sur les terres sèches ; et ce qui a été fait cette année peut se faire généralement, quoique peut-être pas toujours aussi bien, car, comme je l'ai annoncé au début, cette année a été remarquable. Mais nous voulons voir le temps où toutes ces branches d'industrie et de fécondité seront utilisées et contrôlées par le peuple de l'Utah, de sorte que nous n'ayons pas à faire venir de la farine et des céréales d'autres États comme nous le faisons aujourd'hui. Nous ne voulons pas que leurs céréales, leurs légumes et leur volaille soient plus demandés que les nôtres. Nous ne voulons pas de leur porc. Nous ne voulons ni de leur jambon, ni de leur saindoux. Nous devrions le produire nous-mêmes ici.

Mes frères, mes sœurs et mes amis qui demeurez dans l'État de l'Utah, unissons-nous et utilisons la capacité, la sagesse et le capital que nous possédons pour la prospérité de ce grand État. Je sens qu'il nous sera profitable de considérer ces choses, et de progresser autant que nous le pouvons, et pas trop lentement. C'est merveilleux ce qui a été accompli dans certaines directions. Les industries minières de l'État reçoivent beaucoup d'attention et d'investissement, et nous aimerions inviter le capital à entrer dans d'autres domaines d'affaires. Nous aimerions que les millionnaires et ceux qui se sont enrichis grâce aux mines de cet État aident aussi à établir des fabriques qui donneront de l'emploi au peuple, afin qu'aucun homme ne puisse venir dans l'État de l'Utah et se plaindre d'être sans emploi. Un tel cri ne devrait pas se faire entendre parmi nous, alors que les éléments mêmes tout autour invitent aux usines et aux industries de toutes sortes. Nous voulons l'aide de ceux qui ont de la richesse, de ceux qui ont du génie, et de ceux qui ont des qualités d'affaires. Nous aimerions qu'ils fassent de l'Utah le joyau des montagnes, l'État le plus riche et le plus attrayant de l'Ouest. Nous ne nous opposons pas à la prospérité — nous aimerions qu'elle rayonne sur tout le peuple. Nous aimerions que tous soient unis et travaillent en harmonie dans les affaires de l'État, dans les affaires commerciales, et dans les affaires de citoyenneté en général. Nous désirons la paix ; nous ne voulons pas la guerre. Les Saints des derniers jours sont un peuple pacifique. Nous aimons la paix ; nous cherchons la paix ; nous la prêchons, nous l'enseignons, nous la conseillons et la recommandons, en tout temps ; car c'est là l'œuvre du Seigneur à laquelle se consacrent les Saints des derniers jours. Ceci est le pays de Sion — le pays de la paix — le pays des cœurs purs. Les cœurs purs seront heureux ; et ceux qui ne sont pas purs et qui ne sont pas consciencieux dans leur vie récolteront la récompense du chagrin. Nous vous demandons de vous repentir et de réformer vos mœurs, si nécessaire. Nous voulons réformer nos finances, nos sociétés, nos associations et nos travaux, afin que tout se fasse d'une manière agréable au Seigneur dans ce bel État, avec ses montagnes élevées, son abondante provision de santé, et avec la bénédiction et la protection de ces États-Unis. Remercions le Seigneur pour la liberté individuelle. Remercions le Seigneur pour les principes établis par nos ancêtres sur ce pays béni de Sion. Combien nous devrions être reconnaissants pour cette liberté, et faisons-en le meilleur usage possible.

Je le répète, dégagez-vous, mes frères, de vos obligations financières. Avant que ces années grasses ne soient passées, faites bon usage de tout ce qui est à votre portée et consacrez votre attention à honorer vos obligations, afin que vous deveniez des hommes libres, et ne contractiez plus de dettes. Restez sans dettes, et soyez un peuple libre, afin que vous ayez des moyens pour être enterrés à votre mort, et un peu de surplus à laisser à la veuve et aux enfants sans soutien. Ayons les choses en un peu meilleur état que par le passé. Évitez la faillite et la ruine ; car un homme ne peut être à l'aise spirituellement s'il est dans l'esclavage financièrement.

Que Dieu vous bénisse, frères et sœurs, et nous rende tous sages et prudents dans nos affaires financières comme dans les choses spirituelles. Puisque nous avons les grandes bénédictions spirituelles, et connaissons le chemin de retour dans la présence du Père, cherchons aussi la sagesse qui nous rendra égaux au monde dans les affaires commerciales. Que Dieu nous garde fidèles et humbles. Qu'il inspire le cœur des hommes qui nous dirigent, afin qu'ils soient à la hauteur de la grande œuvre qui repose sur eux. Le Seigneur est avec nous, et nous fera sortir victorieux. Je le sais comme je sais que je vis. Je sais que Joseph Smith, le prophète du dix-neuvième siècle, fut envoyé de Dieu, et qu'il accomplit son œuvre avec la plus grande fidélité et le plus grand soin ; et chacun de ses successeurs a été fidèle et vrai jusqu'à la fin. Comme Jésus a donné l'exemple à tous les hommes, ainsi ses disciples, les prophètes qui se sont tenus à la tête de ce grand peuple, vous ont donné l'exemple, à vous et à moi, afin que nous endurions et soyons fidèles et vrais envers Dieu et sa cause en tout temps, et il nous rachètera et nous sauvera de la manière la plus parfaite et la plus complète. Que Dieu vous bénisse, mes frères et sœurs, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Chant du chœur et de l'assemblée :

« Notre Dieu, nous t'élevons [passage illisible dans la source OCR] pour tes bénédictions gratuites dont nous jouissons ici. »

Bénédiction par l'ancien William Budge, président du pieu de Bear Lake.

Citer ce discoursFrancis M. Lyman, « Prospérité matérielle et conseils », 1904 October General Conference, First Day Afternoon Session (1904-10-06). Pulpit Vault, 1904-10-07-francis-m-lyman-material-prosperity-and-counsel. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).