L'œuvre missionnaire
Asahel H. Woodruff
Mes frères et sœurs, je fais sincèrement confiance que je pourrai bénéficier de vos prières de foi pour m'assister durant les quelques instants où je vais m'adresser à vous en cette occasion. ¶
J'apprécie pleinement ce privilège qui nous est accordé de monter occasionnellement à Sion, et de regarder au visage des serviteurs de Dieu et d'écouter leur voix, car ils nous adressent les paroles de la vie éternelle. ¶
Comme le frère qui m'a précédé, mon âme s'est réjouie en écoutant les paroles prononcées par les serviteurs inspirés de Dieu lors de notre réunion de ce matin, dans le Tabernacle. J'ai senti dans mon cœur dire : « Nous te remercions, ô Dieu, pour un prophète qui nous guide en ces derniers jours », pour indiquer le chemin qui nous mènera vers la perfection à laquelle notre Père céleste nous a exhortés à tendre par l'intermédiaire de son Fils. Je réalise, et j'ai le témoignage à porter, qu'en suivant les enseignements qui nous sont donnés par la bouche de Dieu sur la terre, nous serons en mesure d'atteindre cette condition. Il ne nous est pas possible, en suivant la sagesse de l'homme, d'atteindre cette condition. L'homme ne connaît pas la perfection de Dieu ; toutes les choses nécessaires pour que nous atteignions cette condition ne nous ont pas encore été révélées. Jésus-Christ en avait ainsi informé ses disciples, lorsqu'il œuvrait parmi eux. Les gens du monde ont commis une erreur en supposant que tout ce que Dieu a jamais l'intention de faire ou de dire, pour l'avancement et le bien-être de ses enfants, a été dit et est consigné dans la Bible. Mais Jésus n'a pas laissé cette impression, comme nous le constaterons en étudiant l'Évangile et les paroles du Sauveur. Il n'était pas possible à ses disciples d'absorber et de comprendre toutes les choses qu'il désirait leur enseigner, aussi leur dit-il en une occasion : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les supporter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu et il vous annoncera les choses à venir. » ¶
Nous sommes un peuple béni en ce que nous avons réalisé la promesse faite aux enfants des hommes, que ceux qui font la volonté du Père recevront le don du Saint-Esprit, qui est un guide pour nos pas et une lumière sur notre chemin. Nous sommes un peuple béni en ce que nous avons aujourd'hui à notre tête des hommes revêtus de l'Esprit du Seigneur, qui parlent non pas comme les scribes, mais comme ceux qui ont autorité. Je remercie Dieu, mes frères et sœurs, de vivre en un jour et un temps où nous avons un prophète pour nous guider. ¶
Malheureusement, les gens du monde persistent à mal comprendre les Saints des derniers jours ; ils persistent à mal comprendre le « mormonisme » et ce qu'il entend faire pour le monde de l'humanité. Dans leur aveuglement, ils ont tenté par le passé, et tentent encore aujourd'hui, de mettre en œuvre toutes les puissances de l'adversaire pour renverser et contrecarrer l'œuvre de Dieu, qu'il a établie sur la terre en ces derniers jours. Je présume que, parmi les ennemis de cette œuvre, certains s'imaginent qu'il y a tremblement des genoux et défaillance d'esprit chez ceux qui ont épousé cette cause. Ils s'imaginent en vain que les épreuves que nous avons traversées, et la persécution qui a été et est encore dirigée contre nous, aboutiront au renversement de cette œuvre. Si nous n'étions pas assurés dans nos cœurs que nous sommes engagés dans l'œuvre de Dieu, une œuvre qui a pour objet la bénédiction de l'humanité, et non un travail individuel ; que nous ne poursuivons pas nos propres désirs égoïstes, que notre position dans le monde n'est pas de notre propre choix, indépendamment d'une puissance supérieure — si nous ne savions pas avec certitude que nous sommes un peuple choisi du monde pour un but particulier, que Dieu nous a choisis, comme il a choisi des peuples dans les jours passés, pour être des instruments spéciaux dans l'accomplissement de ses desseins sur la terre, il pourrait y avoir quelque raison au sentiment auquel je faisais allusion. Il n'y a aucun doute dans l'esprit des Saints des derniers jours quant à l'issue finale de cette œuvre. Ils ont reçu témoignage sur témoignage que Dieu tient la barre ; ils savent que les efforts de ceux qui ne nous comprennent pas seront vains, comme par le passé. C'est la conscience de la droiture de nos intentions qui nous soutient à travers toutes ces choses, et face à toutes les épreuves et persécutions que nous, en tant que peuple, sommes appelés à traverser maintenant et l'avons été par le passé. ¶
En tant que Saints des derniers jours, nous avons une vision particulière de la vie. Nous considérons notre existence présente comme une saison d'épreuve, une probation, dans laquelle nous acquérons de l'expérience et apprenons les leçons qui nous permettront de progresser et de croître en connaissance et en pouvoir devant Dieu, et qui nous rendront dignes d'être comptés parmi ses joyaux, lorsqu'il viendra les rassembler auprès de lui. Nous considérons notre condition ici comme semblable à celle d'être loin de la maison. Nous avons quitté notre Père et notre Mère au ciel, nous nous sommes volontairement exilés des associations de notre existence primordiale, et nous sommes descendus ici sur la terre en obéissance à la volonté de Dieu, pour un dessein sage qu'il a en vue. Nous ne considérons pas la vie comme un terrain de plaisir, comme des vacances ; nous la considérons comme une école, dans laquelle nous nous engageons à apprendre des leçons qui nous rendront aptes et dignes de la présence de notre Père céleste, quand nous partirons d'ici. Nous ne croyons pas avoir du temps à gaspiller ou à perdre, ni à consacrer à la poursuite du plaisir, ou à suivre des fantasmes trompeurs et des choses qui détournent du grand but de l'existence sur la terre ; nous croyons que notre temps et nos talents, et tout ce que nous avons et sommes, devraient être consacrés au service du Seigneur, et que nous devrions nous efforcer, du mieux que nous le pouvons, d'accomplir ses desseins nous concernant, ici sur la terre. Peu importe ce que les gens disent de nous, si nous avons une conscience sans reproche envers Dieu et envers les hommes. Si nous savons que nous sommes persécutés pour la justice, peu importe, nous pouvons nous réjouir d'être ainsi privilégiés. Je ne crois pas que cela prouve qu'un peuple soit méchant ou corrompu parce qu'on le fait souffrir. Je crois que les gens du monde découvriront encore qu'il existe une chose telle que souffrir pour la justice. Je crois que le Sauveur a dit la vérité lorsqu'il a déclaré : « Heureux serez-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. » Peu importe que nos accusateurs, ceux qui trouvent à redire à notre croyance et à nos principes religieux, soient les gens à la mode, instruits et cultivés du monde ; Jésus-Christ fut accusé par de tels hommes. Il fut traduit en justice selon la loi, et ses accusateurs étaient les grands et les puissants parmi les hommes, scribes et pharisiens, qui offraient de longues prières en public pour être vus des hommes, qui observaient scrupuleusement les formes et cérémonies extérieures, des hommes « justes » ! des hommes qui se trouvaient dans une condition telle qu'ils ne pouvaient jeter la première pierre à la femme prise en adultère, mais qui étaient affligés en esprit parce que Jésus allait proférant un « blasphème » en disant qu'il était le Fils de Dieu. Telles étaient les influences, le genre de témoins et de témoignages qui furent produits contre Jésus de Nazareth, et qui amenèrent sa condamnation et sa mort ignominieuse sur la croix. Les hommes de loi d'aujourd'hui nous disent que sa mort fut un meurtre judiciaire ; ainsi nous voyons, mes frères et sœurs, qu'il est possible que la loi soit dans l'erreur. Il est parfois possible que quelques personnes aient raison et que le reste de l'humanité ait tort. Il est possible que des gens soient contraints de se soumettre à une loi humaine erronée. ¶
Les saints de Dieu sont tenus de faire leurs preuves, en conservant le témoignage de Jésus-Christ face aux persécutions et à l'affliction. On nous a accusés d'être un peuple immoral. Nous rencontrons fréquemment cette accusation dans nos travaux missionnaires ; mais si des personnes intelligentes voulaient considérer l'histoire de ce peuple, elles trouveraient une réfutation de cette accusation dans la vie des Saints des derniers jours. Ce n'étaient certainement pas des gens immoraux qui ont mis leurs femmes et leurs enfants dans des chariots bâchés, qui ont traversé mille cinq cents kilomètres de pays inexploré, exposés aux dangers et aux privations propres à la colonisation d'un pays nouveau et sauvage, et aux bêtes féroces et aux êtres humains sauvages ! Ce n'est pas la pratique des gens immoraux de poursuivre les occupations ardues et de manifester les caractéristiques d'abnégation qu'a montrées notre peuple. Nous savons que ce n'est pas le péché et la méchanceté du monde que nos détracteurs combattent. C'est l'Église et le royaume de Dieu qui sont attaqués, et cela, dans un pays de liberté, dans le pays de Washington, le pays de Jefferson, le pays des patriotes, qui ont combattu, saigné et sont morts afin de nous transmettre, à nous, leurs descendants dans bien des cas, le don inestimable de la liberté religieuse. Nous ressentons de l'indignation devant cette situation, devant l'incohérence de la position de tant de gens du monde. Nous revendiquons le droit de jouir de la liberté religieuse, et nous adhérons à la déclaration des patriotes selon laquelle ce pays devrait, comme prévu, être un pays où chacun pourrait adorer Dieu selon les préceptes de sa conscience, tant qu'il n'empiète pas sur les droits ou les libertés de son prochain. Je mets le monde au défi de prouver que les Saints des derniers jours ont jamais empiété sur les droits d'autrui. Ils ont été persécutés et foulés aux pieds à cause de leur religion, mais ils veulent bien que d'autres puissent jouir de leurs convictions à cet égard. Nous nous efforcerons de traiter toute l'humanité comme des frères et des sœurs. Nous les traiterons comme des concitoyens jusqu'à ce qu'ils se montrent indignes de l'être. Mais nous ne proposons pas de tendre la main au diable, pour ainsi dire, afin de montrer combien nous sommes libéraux et généreux. Nous n'avons rien à faire avec lui ni avec ses voies, car il est tombé et a été chassé, avec d'autres esprits rebelles, et il est devenu le diable. Lui et son armée d'esprits désincarnés, s'ils avaient pu agir à leur guise, auraient contraint les hommes à suivre leur voie et à faire ce qu'ils leur dictaient, mais cela n'était pas selon le plan de notre Père céleste. Il a voulu que nous jouissions tous de la liberté religieuse, et que nous soyons des agents moraux libres pour nous-mêmes ; et c'est parce que nous insistons sur ce principe et cette règle que nous sommes devenus, dans une certaine mesure, importuns aux yeux de nos semblables. Le diable n'est nullement mort, ni ses armées, mais il continue « d'aller et venir sur la terre, cherchant qui il pourra dévorer », comme le disent les Écritures, mettant dans le cœur d'une classe de gens de persécuter une autre classe de gens, et cherchant à détourner les hommes de la vertu vers le vice et à les conduire vers la mort. Il est nécessaire pour nous d'être fidèles à nos alliances, et d'enseigner au monde ce qu'est réellement le « mormonisme », à savoir l'Évangile de Jésus-Christ, rétabli sur la terre au jour et au temps où nous vivons. ¶
Nous avons toutes les raisons, mes frères et sœurs, de nous sentir encouragés dans l'œuvre à laquelle nous sommes engagés. La parole de notre Père céleste a été déclarée que cette Église, qui est l'embryon du royaume qui viendra et gouvernera durant le millénium, ne sera ni renversée ni donnée à un autre peuple. Nous n'avons pas besoin d'envisager l'avenir avec autant d'incertitude que les premiers saints, à qui les apôtres avaient enseigné qu'une apostasie surviendrait. Il en est autrement en notre temps, car nous avons l'assurance, par les prophètes de Dieu, que cette œuvre ne sera pas renversée ; que nous, en tant qu'individus, tombions ou non, l'œuvre de Dieu se poursuivra. Maintenant, je prie que les bénédictions du Seigneur continuent d'être avec nous durant les réunions de notre conférence, et que nous puissions repartir bien réconfortés et fortifiés. Que Dieu ajoute sa bénédiction, je prie au nom de Jésus. ¶