Le Christ, révélation de Dieu à l'homme — Préexistence et immortalité de l'homme
B. H. Roberts
Le Christ, révélation de Dieu à l'homme — Préexistence et immortalité de l'homme
C'est à ma grande surprise que j'ai été appelé à m'adresser à cette splendide assemblée. Dans mon propre cœur, je pourrais souhaiter que cette tâche eût été confiée à un autre ; car je ne crois pas qu'un homme puisse se tenir devant une assemblée de ce genre sans ressentir sa propre indignité et ses propres limites, qui lui font sentir la vérité qu'il n'est pas suffisant pour la tâche. Je sens donc, en cette occasion, que si je puis mettre mon propre cœur et mon âme à l'unisson de l'Infini, et recevoir l'aide qui vient de la possession de l'Esprit du Seigneur, alors, mes frères et sœurs, quelque chose d'utile, quelque chose d'élevant par nature, quelque chose qui tende à fortifier la foi et à accroître la connaissance, pourra en sortir. ¶
Comme les frères qui m'ont précédé aujourd'hui, je vais donc exalter le Seigneur en votre présence. Quand je pense à l'homme, à ses faiblesses et à ses limites, je sens véritablement le besoin de me tourner vers notre Père et de le mettre en avant, avec le Seigneur Jésus-Christ et le Saint-Esprit, comme le centre de notre foi et la circonférence de notre espérance. Ce matin, le président et frère Lund ont présenté un beau thème suggéré par ce jour, communément reçu comme l'anniversaire de la résurrection du Seigneur. Bien qu'il soit habituel de traiter une grande variété de sujets dans ces conférences générales — et en effet les besoins du peuple exigent l'examen d'une variété de sujets — je pense qu'il est bon, et en harmonie avec toute l'atmosphère de notre œuvre et de ce jour, de consacrer notre pensée au Seigneur Jésus-Christ ; de parler de lui et de l'honorer dans nos cœurs, et de nous souvenir de lui et du grand sacrifice expiatoire qu'il a accompli pour les enfants des hommes. Croyant ce sujet digne de notre considération, il m'est venu à l'esprit que je ne pourrais mieux faire que de vous lire quelques passages de son histoire, tels que racontés de cette belle manière simple dont ils sont contenus dans les Écritures. Je vous lis l'Évangile selon Matthieu : ¶
« Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le tombeau (où le Seigneur avait été couché). ¶
« Et voici, il y eut un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus. ¶
« Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige. ¶
« Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. » ¶
Ces gardes, vous vous en souviendrez peut-être, avaient été placés pour surveiller le sépulcre à la suggestion des prêtres juifs, de peur que les disciples de Jésus ne vinssent de nuit dérober le corps du Seigneur, et ne rapportassent ensuite qu'il était ressuscité des morts ; car ils se souvenaient qu'il avait fait partie de l'un de ses discours que, bien que devant être crucifié, il ressusciterait des morts le troisième jour. Se souvenant de cela, le sanhédrin inspira la désignation de certains hommes pour surveiller le sépulcre, de peur que son corps ne fût dérobé. ¶
« Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : Quant à vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. ¶
« Il n'est pas ici ; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché, ¶
« et allez promptement dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée : c'est là que vous le verrez. Voici, je vous l'ai dit. ¶
« Elles s'éloignèrent rapidement du tombeau, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. ¶
« Et voici, Jésus vint à leur rencontre et dit : Je vous salue. Elles s'approchèrent pour saisir ses pieds et elles se prosternèrent devant lui. ¶
« Alors Jésus leur dit : Ne craignez pas ; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. ¶
« Pendant qu'elles étaient en chemin, quelques hommes de la garde entrèrent dans la ville, et annoncèrent aux chefs des prêtres tout ce qui était arrivé. ¶
« Ceux-ci, après s'être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une grosse somme d'argent, en disant : Dites : Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. » ¶
Ce dut être en effet une grosse récompense que ces hypocrites et menteurs donnèrent aux soldats, car pour un soldat romain, s'endormir à son poste de garde était un crime capital. Mais remarquez ceci : ¶
« Et si le gouverneur l'apprend, nous l'apaiserons, et nous vous tirerons d'affaire. ¶
« Les soldats prirent l'argent et suivirent les instructions qui leur furent données. Et ce bruit s'est répandu parmi les Juifs, jusqu'à ce jour. ¶
« Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. ¶
« Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais quelques-uns eurent des doutes. ¶
« Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. ¶
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ¶
« et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » ¶
Je pense que c'est là un beau chapitre, digne d'être pleinement reçu. Tout effet recherché, toute la ruse et l'habileté de ce qu'on appelle un écrit habile, en sont absents, et la vérité y est exposée sous la forme qui lui sied le mieux — dans la simplicité et la modestie. J'ai lu ce chapitre afin que nous entrions dans son esprit, et qu'il rappelle à notre mémoire les grandes vérités relatives à cette partie de la vie de notre Sauveur et Rédempteur. ¶
Je me suis réjoui, cet après-midi, de la lecture faite par le président Lyman des paroles du Troisième Livre de Néphi, où l'avènement du Sauveur dans ce monde occidental est proclamé, et où sont exposées si explicitement et si clairement les grandes vérités et les ordonnances du salut. Et pendant qu'il lisait, je me suis souvenu que des auditoires de cette ville ont récemment entendu des critiques concernant le livre du Livre de Mormon connu sous le nom de « Troisième Néphi », et que l'on a débattu s'il devait ou non être considéré comme un « cinquième évangile ». Vous savez que nous avons l'histoire de la naissance, de la vie et du ministère du Messie dans quatre livres des Écritures juives, et ce Troisième Néphi donne un récit de son ministère dans cet hémisphère ; et, comme je le disais, on a débattu s'il devait être considéré comme un « cinquième évangile ». Soit dit en passant, on a affirmé, en partie par objection, qu'il ne contient aucune vérité nouvelle ; qu'il diffère des évangiles des Écritures juives en ceci que, tandis que Marc ajoute quelque chose à ce que Matthieu a dit, et Luc ajoute quelque chose à ce que Marc a dit, et que l'évangile selon saint Jean est généralement considéré comme l'évangile complémentaire par excellence, parce qu'il ajoute tant de choses que les autres ont omises ; mais l'on prétend que le Troisième Livre de Néphi, ou le « cinquième évangile », n'ajoute rien à la connaissance chrétienne concernant le salut. Ils se trompent grandement. Le passage que frère Lyman a lu ici cet après-midi ferait taire plusieurs très grandes controverses dans toute la chrétienté si les hommes voulaient bien accepter ce « cinquième évangile ». Cette remarque, cependant, n'est faite qu'en passant. ¶
Je reviens à l'anniversaire que nous célébrons en ce jour — la résurrection du Seigneur Jésus-Christ. Je me réjouis que tant de millions de personnes se réjouissent en ce jour de cette grande vérité de la religion chrétienne — le fait de la résurrection des morts ; l'espérance de l'immortalité, qu'elle enseigne à l'humanité. Les diverses sectes de la chrétienté peuvent se tromper sur bien des points, et se tromper sur certaines questions relatives à ce fait de la résurrection ; mais je me réjouis que, à travers toute l'apostasie de la vraie religion de Jésus-Christ, cette partie de l'Évangile demeure dans l'esprit et le cœur de tant de gens, et leur soit une espérance et une inspiration à vivre plus haut et mieux. Lorsque l'Église, en tant qu'organisation, cessa d'exister ; lorsque, pour ainsi dire, ce glorieux soleil se coucha derrière l'horizon du regard de l'homme, il laissa du moins quelques lumières dans le ciel, qui reflétaient certaines parties de la vérité de l'Évangile de Jésus-Christ. La dispensation de l'Évangile, que nous appelons la dispensation du méridien des temps, parce que cette dispensation fut donnée à peu près à mi-chemin entre le commencement de l'œuvre du Seigneur dans ce monde par la création d'Adam, et la scène finale qui achèvera le salut des hommes et la rédemption du monde — je dis que cette dispensation de l'Évangile, survenant à mi-chemin entre ces deux grands événements, fut glorieuse à bien des égards. Elle fut glorieuse en ceci notamment — elle apporta une révélation pleine et complète de Dieu par la personne et le caractère du Seigneur Jésus-Christ. Car, outre l'œuvre de rédemption qu'il accomplit pour l'humanité, Jésus-Christ se présenta comme la Déité révélée, comme Dieu manifesté dans la chair, la révélation de Dieu à l'homme ; de sorte que, désormais, toutes les brumes qui obscurcissent la philosophie, toutes les erreurs de la science faussement ainsi nommée, tout le mystère que le paganisme avait mêlé à ce thème, pouvaient être ôtés de la vue de l'homme, et que désormais Dieu devait être connu non seulement quant au fait de son être, mais aussi quant à la nature de son être. Le dessein du Seigneur était que l'homme, désormais, voie la divinité — Dieu révélé par la personne et le caractère de Jésus-Christ. Et cette vérité demeure sur la terre ; c'est un étalon par lequel nous pouvons mesurer les enseignements de quiconque viendrait proclamer la Déité. Est-il à la hauteur, et est-il identique à Jésus de Nazareth, la révélation de Dieu à l'homme ? Sinon, nous savons que cet instructeur qui échoue ainsi est dans l'erreur ; car tel que Jésus-Christ est dans son corps ressuscité, immortel, de chair et d'os — tel que Jésus-Christ est dans sa nature mentale, morale et spirituelle — ainsi est Dieu. ¶
Or, cette vérité vint en sa plénitude dans la dispensation du méridien des temps, ainsi que cette splendide vérité qui exerce une telle influence sur le cœur des hommes — la résurrection des morts. La grande vérité que l'homme doit vivre, et vivre éternellement ; qu'il est, et sera, dans sa personne ressuscitée, un être indestructible. Parallèlement à cette grande vérité se trouve cette autre vérité, qu'il doit s'exercer à vivre en harmonie avec la vérité telle que Dieu la révèle. Plus tôt il apprendra cette leçon, plus tôt il sera sur la voie d'un bonheur perpétuel et éternel. Il doit se conformer à la loi, car elle est universelle et infinie. Elle agit partout. L'homme ne peut y échapper. L'observance de la loi lui apportera le bonheur et la paix, et il se trouvera en harmonie avec tous les infinis par l'obéissance à la loi. ¶
Voilà quelques-unes des splendides vérités de notre commun héritage chrétien, et je suis très heureux qu'il y ait tant de millions de personnes qui partagent avec nous, du moins en partie, la connaissance de ces grandes choses. ¶
Pendant les remarques de notre président ce matin, je réfléchissais au sujet de la résurrection du Sauveur, et aux nombreuses assemblées qui se réuniraient pour lui rendre honneur en ce jour, et je pensais : qu'avons-nous à offrir au monde qu'il ne possède déjà ? Car, dans leur méprise sur cette œuvre des derniers jours, les hommes l'ont si bien réduite qu'ils manquent les vérités vraiment fondamentales sur lesquelles repose l'Église du Christ en ces derniers jours, et qu'ils ne saisissent pas le génie de cette grande œuvre, tout comme frère Lyman nous l'a expliqué, qu'ils comprennent mal le lien qui nous unit, la force qui nous pousse à l'action commune et qui fait de nous, par excellence, le peuple uni. Et cette pensée m'est venue à l'esprit en rapport avec la résurrection, à savoir que nous possédons une telle plénitude de la vérité que nous croyons non seulement en l'immortalité de l'homme après sa résurrection, mais aussi en l'immortalité absolue de l'intelligence qui est en lui. C'est-à-dire que nous croyons en une immortalité qui n'a pas de commencement, tout comme nous croyons en une immortalité qui n'a pas de fin. Tout ce qui est en deçà de cela n'est pas l'immortalité. Jean commence son évangile par une très belle préface, que je vais vous lire. Je pense, soit dit en passant, qu'il l'a écrite parce que, lorsqu'il composa son évangile, des idées païennes avaient commencé à s'introduire dans l'Église. La philosophie de Platon, qui faisait fureur en ce temps-là, s'était emparée de l'esprit des gens. Platon, soit dit en passant, avait saisi certaines grandes vérités, et entre autres il avait saisi, du moins en partie, le sens de l'immortalité de l'homme, la préexistence et l'indestructibilité de l'esprit de l'homme. Je pense donc, gardant cela à l'esprit, et afin d'énoncer exactement la vérité aux disciples de Jésus, que Jean a commencé cette belle préface de son évangile en disant : ¶
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. ¶
« Elle était au commencement avec Dieu. ¶
« Toutes choses ont été faites par elle et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. ¶
« En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » ¶
Plus loin, il dit : ¶
« Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » ¶
Ce dernier verset identifie Jésus-Christ à « la Parole ». « La Parole » qui était avec Dieu, qui était Dieu, et qui a été faite chair, était le Seigneur Jésus-Christ. Cette déclaration de Jean, dans la préface de son évangile, se réfère naturellement à l'esprit préexistant de Jésus et à l'état dans lequel il vivait, se mouvait, et avait un être tangible auprès du Père ; et si semblable à l'esprit du Père que nous pouvons dire qu'il était de la même substance que le Père. Dans le monde chrétien, la croyance en l'éternité du Seigneur Jésus-Christ est une doctrine assez généralement admise. Mais le « mormonisme » a un mot à dire à ce sujet pour tous les enfants des hommes. Car, bien que la préexistence de l'esprit du Seigneur Jésus-Christ soit une grande vérité, il y a une vérité plus grande encore à proclamer, et cette vérité plus grande fait partie du message que le « mormonisme » doit livrer au monde. ¶
Dans une révélation donnée en 1833 au prophète Joseph Smith, le Seigneur Jésus dit : ¶
« Et maintenant, en vérité, je vous le dis, j'étais au commencement avec le Père et je suis le Premier-né ; » ¶
Remarquez bien : ¶
« Vous » [c'est-à-dire les anciens auxquels il s'adressait] — « vous étiez aussi au commencement avec le Père ; ce qui est Esprit, c'est-à-dire l'Esprit de vérité »... ¶
« L'homme était aussi au commencement avec Dieu. L'intelligence, ou la lumière de la vérité, n'a été ni créée ni faite et ne peut assurément pas l'être. ¶
« Toute vérité est indépendante dans la sphère dans laquelle Dieu l'a placée, libre d'agir par elle-même ; et il en va de même pour toute intelligence ; sinon il n'y a pas d'existence. ¶
« Voici, c'est là qu'est le libre arbitre de l'homme, et c'est là qu'est la condamnation de l'homme ; parce que ce qui était dès le commencement lui est clairement manifesté, et il ne reçoit pas la lumière. ¶
« Et tout homme dont l'esprit ne reçoit pas la lumière est sous la condamnation. ¶
« Car l'homme est esprit. » ¶
L'homme n'est pas tant chaux, phosphate et autres matières grossières, mais l'homme est esprit ; et il était, comme Jésus, au commencement avec le Père. Les intelligences sont des esprits engendrés, et elles participent de la nature de celui qui les engendre. Paul dit : « D'ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? » Il y a, je pense, cette différence entre une chose créée et un être engendré : une chose créée ne participe pas nécessairement de la nature de celui qui la crée ; par exemple, le vaisseau, construit et lancé sur la mer par les mains habiles du charpentier, ne participe pas de la nature de son créateur ; mais si le charpentier engendre un fils, il lui communique de sa propre nature, et le rejeton, en général, ressemble à celui qui l'a engendré. Ainsi, lorsque nous parlons de Dieu créant l'homme, nous devrions faire cette distinction. Dieu engendre des intelligences, des esprits, et ces esprits, mâles et femelles, participent de la nature de Dieu. L'intelligence elle-même est incréée, existant par elle-même ; et ces esprits engendrés dans le monde où Dieu demeure sont ensuite engendrés hommes et femmes ici dans la chair, pour suivre encore plus loin les traces de leur Père. ¶
Voilà la grande vérité à laquelle je faisais allusion il y a un instant, que le mormonisme a à offrir au monde. C'est un principe qui était inconnu des hommes de notre génération jusqu'à ce qu'il fût révélé par le serviteur choisi de Dieu en ces derniers jours, le prophète Joseph Smith. Nous portons ce message au monde comme en notre main droite. Nous ne disons pas seulement aux hommes l'immortalité qui viendra après la résurrection, mais nous leur disons aussi l'immortalité qui existait avant que ne commençât leur vie terrestre. Les brumes qui enveloppent l'origine de l'homme et qui déconcertent les philosophes sont écartées, et voici, nous regardons dans un passé sans commencement, tout comme nous regardons vers un avenir sans fin. Les commencements ne peuvent être que de nature locale, et ce commencement dont il est question ici, lorsque Jésus était « au commencement avec le Père », et lorsque vos esprits et le mien étaient « au commencement avec le Père », ne se réfère qu'aux choses relatives à cette vie mortelle qui est la nôtre, et à cette terre sur laquelle nous vivons, et ne se réfère pas à une durée indépendante de ces événements locaux dont nous parlons ; et à leur sujet, pour être compris, nous devons nous exprimer en des termes qui sont parfois paradoxaux en eux-mêmes. Comme frère Lyman nous l'a enseigné cet après-midi, la durée elle-même est sans commencement et sans fin, tout comme la matière est inépuisable, ne peut être créée et ne peut être anéantie. Elle ne peut qu'être changée de forme, selon les desseins de Dieu, à mesure qu'il conçoit le développement et la croissance de son univers. ¶
Nous portons donc au monde cette vérité, la vérité de l'existence éternelle de l'intelligence de l'homme. Et quel sera l'effet moral de l'annonce d'une telle doctrine ? Un réveil spirituel. Nous n'avions pas su, non plus que nos pères, avant qu'il plût à Dieu de le révéler, d'où venait l'origine de l'homme ; mais maintenant nous commençons à reconnaître l'importance de l'homme dans le monde. Nous commençons à comprendre que son intelligence, son esprit, existe selon le même principe que celui selon lequel Dieu existe. Nous disons de Dieu qu'il est un être existant par lui-même, et cette doctrine est vraie. Le prophète Joseph Smith enseignait que l'homme aussi était un être existant par lui-même, de la même nature que son Père. Je dis que l'effet moral de cette vérité dans le monde engendrera encore un réveil spirituel tel qu'on n'en a pas connu dans les âges passés. ¶
J'ai été heureux d'entendre les notes d'espoir dans les paroles de notre frère Lyman, que nous sommes aussi heureux de voir parmi nous qu'il l'est de nous voir, et c'est avec des cœurs chaleureux et des mains accueillantes que nous saluons son retour. Après avoir été fidèle, ferme et loyal comme il l'a été à l'étranger, il revient maintenant parmi nous, et nous lui souhaitons une chaleureuse bienvenue à cette conférence générale. Permettez-moi d'être votre porte-parole pour lui dire : Bienvenue, frère Lyman ! Je le répète, je suis heureux de voir la note d'espoir dans ses paroles concernant l'accueil que le monde réserve à ce peuple et à ses doctrines. Bien des dizaines de milliers de personnes recevront encore ces vérités, peut-être pas directement de vos mains ni des miennes ; mais déjà, comme le levain dans les mesures de farine, ces principes agissent, et la lumière fait irruption sur l'intelligence des enfants des hommes, et ils s'empareront encore de ces grandes vérités fondamentales qui sont les nôtres, directement ou indirectement, et ainsi cette œuvre se frayera un chemin parmi les nations de la terre, jusqu'à ce que les enfants de notre Père (car tous les habitants de la terre sont ses enfants tout autant que nous) s'emparent de ces vérités, et soient finalement amenés à accepter une plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ. ¶
J'aime le mormonisme. Je l'aime parce qu'il est vrai — parce qu'il est la plénitude de la vérité. Et je me réjouis aussi de son ampleur, de sa grandeur. J'aime son esprit de largeur, tel que manifesté ici dans les paroles des frères à cette conférence. Je l'aime parce que ses racines plongent profondément dans les grandes choses de Dieu, et il est comme un arbre bien planté, que les vents qui le battent ne feront qu'aider en enfonçant ses racines plus profondément dans le sol, en s'étendant davantage à droite et à gauche, s'établissant comme un arbre planté par Dieu, sous les branches accueillantes duquel il y a de la place pour tous ceux qui viendront à lui ; et dont les feuilles mêmes suffisent à la guérison des nations. ¶
Le mormonisme a une parole d'espérance pour Israël dispersé ; il a une parole d'espérance pour le pauvre lamanite errant, le fils déchu de nobles ancêtres, le reste dégénéré d'un peuple autrefois magnifique. Les Gentils, dans leur orgueil, le regardent et le méprisent. Ils voient ses pas se hâter vers ce qu'ils considèrent comme une extinction totale. Mais nous arrêtons leurs railleries en proclamant la parole de Dieu selon laquelle il y a de l'espoir même pour cette race apparemment sans secours, et Laman sera encore souvenu du Seigneur ; il est tenu par alliance de le faire. Les pères d'autrefois ont prié en faveur de leur postérité, et Dieu les a entendus et l'a promis, et les enfants seront encore bénis. ¶
Nous avons aussi une parole d'espérance pour Juda, le rejeté, ce peuple contre qui la main de tout homme s'est levée, et qui a été persécuté dans les âges passés, et l'est encore aujourd'hui, par ceux qui prétendent être disciples de Jésus-Christ, lequel était lui-même de cette même race juive. Ne semble-t-il pas étrange que ceux qui ont pris sur eux le nom du Christ soient les persécuteurs les plus acharnés de sa race ! Mais nous avons une parole d'espérance pour Juda. Nous sommes autorisés par Dieu à dire à nos frères juifs que Jérusalem sera rachetée ; que votre peuple plantera encore ses pieds dans le pays de promesse ; que Dieu veillera sur votre condition, et qu'à la fin, dans un splendide déploiement de puissance et de gloire, il vous rachètera des nations qui vous oppriment maintenant. ¶
Nous avons une parole d'avertissement pour les races gentiles sur cette terre promise du monde occidental. Honorez le Dieu de ce pays, dit notre Livre de Mormon. Si vous ne l'honorez pas, mais endurcissez votre cœur contre lui, si grand que soit notre amour pour vous, la parole d'avertissement de Dieu est que, si vous n'honorez pas le Dieu de ce pays, qui est Jésus-Christ, vous pourrez lire votre sort dans les calamités qui ont frappé les anciennes nations, lesquelles, dans l'orgueil et la gloire du monde, occupaient autrefois ce pays du nord au sud comme vous le faites. Mais nous ne douterons pas de vous ; nous espérerons plutôt que vous honorerez le Dieu de ce pays — Jésus-Christ. Nous proclamerons la paix, et les choses pacifiques du royaume de Dieu. Nous invitons et exhortons tous les hommes à accepter ces principes de vérité divine, si chargés de connaissance et de vie porteuse d'espérance, et si précieux pour contribuer à l'honneur et à la gloire de l'homme. Que le Seigneur vous bénisse, au nom de Jésus. Amen. ¶