Pulpit

La Prêtrise et les affaires matérielles

Joseph F. Smith

1903 October General Conference·Closing Session·1903-10-06

Si je regrette une chose, c'est que nous n'ayons pas le temps d'entendre les témoignages de bien davantage de frères présents à cette conférence. Rien ne me réjouirait plus que d'avoir le privilège de rester ici et d'écouter vingt ou quarante présidents de pieu, présidents de mission, et d'autres hommes éminents présents à cette conférence, représentant les différents intérêts de l'Église. Je regrette plus que toute autre chose, en ce qui concerne nos conférences, que nous n'ayons pas davantage de temps, et que nous ne puissions entendre un plus grand nombre de nos frères. Mais je pense que le temps dont nous avons disposé jusqu'ici a été bien employé, et j'ai confiance que tout ce qui a été dit, tous les conseils qui ont été donnés, les exhortations offertes et les avertissements exprimés, seront bénis et sanctifiés par l'esprit de vérité, pour le bien et l'encouragement de tous ceux qui les ont entendus.

La seule chose que je désire à présent graver dans l'esprit de mes frères de la sainte prêtrise est que nous devrions vivre si près du Seigneur, être si humbles en esprit, si dociles et si malléables sous l'influence du Saint-Esprit, que nous soyons capables de connaître la pensée et la volonté du Père à notre égard, tant comme individus que comme officiers dans l'Église du Christ, en toutes circonstances. Et lorsque nous vivons de manière à pouvoir entendre et comprendre les murmures de la voix douce et légère de l'Esprit de Dieu, faisons tout ce que cet Esprit nous dicte, sans craindre les conséquences. Peu importe que cela plaise ou non aux critiques et aux détracteurs, ou aux ennemis du royaume de Dieu. Est-ce conforme à la volonté du Seigneur ? Est-ce compatible avec l'esprit de la grande œuvre des derniers jours à laquelle nous nous consacrons ? Le but visé est-il susceptible de faire progresser l'Église et de la fortifier sur la terre ? Si telle en est la tendance, faisons-le, quoi que les hommes puissent dire ou penser.

Je sais, comme je sais que je vis, que ceci est l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Quand je dis cela, je le dis en pleine connaissance de la signification de ce terme. C'est l'Église de Jésus-Christ. Ce n'est pas l'église de l'homme. Le Seigneur en a posé les fondements. C'est lui qui a inspiré le jeune prophète Joseph Smith et lui a donné la sagesse et l'intelligence d'organiser les conseils de la Prêtrise et d'établir son Église sur le fondement des prophètes, des apôtres, des évangélistes et des hommes inspirés. C'est le Seigneur Jésus qui a rétabli la sainte Prêtrise de Melchisédek, par l'intermédiaire qu'il a employé ; et toutes les bénédictions, tous les offices, tous les appels et toute l'autorité dans cette Église relèvent de la sainte Prêtrise de Melchisédek et y sont compris, elle qui est selon l'ordre du Fils de Dieu. Il n'y a aucun office issu de cette Prêtrise qui soit ou puisse être plus grand que la Prêtrise elle-même. C'est de la Prêtrise que l'office tire son autorité et son pouvoir. Aucun office ne donne l'autorité à la Prêtrise. Aucun office n'ajoute au pouvoir de la Prêtrise. Mais tous les offices de l'Église tirent leur pouvoir, leur vertu, leur autorité, de la Prêtrise. Si nos frères parvenaient à bien ancrer ce principe dans leur esprit, il y aurait moins de malentendus qu'il n'y en a au sujet des fonctions de gouvernement dans l'Église. Aujourd'hui, la question est de savoir lequel est le plus grand — le grand prêtre ou le soixante-dix, le soixante-dix ou le grand prêtre ? Je vous dis que ni l'un ni l'autre n'est le plus grand, et que ni l'un ni l'autre n'est le moindre. Leurs appels s'orientent dans des directions différentes, mais ils procèdent de la même Prêtrise. Si cela était nécessaire, le soixante-dix, détenant la Prêtrise de Melchisédek comme il le fait — et je dis bien SI CELA ÉTAIT NÉCESSAIRE — pourrait ordonner un grand prêtre ; et s'il était nécessaire qu'un grand prêtre ordonne un soixante-dix, il pourrait le faire. Pourquoi ? Parce que tous deux détiennent la Prêtrise de Melchisédek. De même, si cela était nécessaire — bien que je ne m'attende pas à ce que cette nécessité se présente jamais — et qu'il ne restât plus sur la terre aucun homme détenant la Prêtrise de Melchisédek, hormis un ancien, cet ancien pourrait, par l'inspiration de l'Esprit de Dieu et sous la direction du Tout-Puissant, procéder, et devrait procéder, à organiser l'Église de Jésus-Christ dans toute sa perfection, parce qu'il détient la Prêtrise de Melchisédek. Mais la maison de Dieu est une maison d'ordre, et tant que les autres offices subsistent dans l'Église, nous devons observer l'ordre de la Prêtrise, et nous devons accomplir les ordonnances et les ordinations strictement selon cet ordre, tel qu'il a été établi dans l'Église par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith et de ses successeurs.

Je sais qu'il y en a eu, par le passé, qui ont eu des vues différentes à ce sujet. Il se peut qu'ils aient encore des vues différentes ; et si tel est le cas, ils devront les changer tôt ou tard, s'ils parviennent un jour à une juste connaissance de la Prêtrise. Aucun office d'apôtre, aucun office de président, aucun office de grand prêtre, de soixante-dix ou d'ancien, n'est plus grand que la Prêtrise de Melchisédek. J'espère que vous comprendrez cela. Si un apôtre détient quelque autorité que ce soit, il la tire de la Prêtrise de Melchisédek, qui est selon l'ordre de Dieu, et il ne peut l'avoir d'aucune autre manière. Il n'existe aucune autorité qui ne vienne de cette Prêtrise. Elle détient les clés de l'administration des bénédictions, des ordonnances et des promesses sur la tête de tous les membres de l'Église. De la Prêtrise de Melchisédek procède la Prêtrise moindre, appelée Prêtrise selon l'ordre d'Aaron. Celle-ci est un appendice de la Prêtrise de Melchisédek. L'office d'ancien, de grand prêtre, de soixante-dix — tous les offices de l'Église sont simplement des appendices de la Prêtrise de Melchisédek, et en procèdent. Vous pouvez lire les révélations à ce sujet dans le livre de Doctrine et Alliances, et vous devez comprendre les choses exactement comme je vous les ai dites.

Je pense pouvoir dire, sans aucune réserve, que les frères chargés de veiller aux intérêts de l'Église accomplissent tout leur devoir avec le plus grand soin. Frère Clawson, dans son discours, a fait allusion à l'état de nos livres et registres de dîme. Jamais, depuis l'organisation de l'Église, ils n'ont été dans un état aussi parfait qu'aujourd'hui. Nous pouvons vous donner le nom de chaque homme, femme et enfant de l'Église qui paie la dîme, et vous dire exactement ce qu'il verse. Non seulement cela, mais nous avons des registres qui nous permettent d'indiquer les noms et le nombre des membres de l'Église qui ne paient pas la dîme. De plus, nous pouvons vous assurer que pas un seul dollar des dîmes de l'Église n'est employé à un usage autre que légitime et approprié, selon les besoins de l'Église. Je vous dis aussi que nous acquittons les dettes de l'Église, et que la dîme est actuellement employée avec soin et exclusivement à couvrir toutes les dépenses courantes et à éteindre nos obligations, tant obligataires que billets à ordre. Je suis heureux de vous dire, mes frères et sœurs, que le peuple fait aussi bien dans ce domaine, sinon mieux, qu'il ne l'a jamais fait, à l'exception, peut-être, d'une seule année. Il y eut une année où l'on paya davantage de dîme qu'aucune année depuis ; mais nous supposons que cela résulta d'une prospérité sans précédent, et nous ne sommes pas disposés à mesurer les années suivantes à l'aune de celle-là, mais plutôt à les comparer année après année, de façon cohérente. J'ai le plaisir de vous dire que si vous continuez à faire votre devoir en ce domaine, il ne se passera pas longtemps avant que l'Église ne doive plus rien à personne, sauf à Dieu. Pour ma part, je ne me suis pas particulièrement soucié de savoir si je vivrais longtemps ou peu ; je puis cependant dire qu'il me serait agréable d'avoir le privilège de vivre jusqu'à ce que chaque dollar dû par l'Église soit payé, et qu'il reste un bel excédent dans le trésor. Je désire voir ce jour, si le Seigneur le veut bien. Mais s'il ne veut pas que je vive jusqu'à ce jour, j'ai néanmoins l'intention de poursuivre ce but de mon mieux, et d'y travailler aussi longtemps que je vivrai et que je serai autorisé à occuper ma position actuelle. De plus, je vous dis que j'ai deux conseillers solides, fermes et fidèles pour m'assister et m'encourager dans cette entreprise — les présidents Winder et Lund. Je crois que si l'un de nous trois est plus enclin à la générosité que les autres, c'est peut-être frère Lund. Son âme généreuse et large s'étend parfois un peu plus loin que celle de frère Winder ou la mienne. Nous ne sommes pas en désaccord à ce sujet, mais nous essayons d'être économes et prudents, et de faire fructifier ce que nous avons. Nous nous efforçons d'aider la veuve et l'orphelin, et, dans la mesure de nos moyens, les différentes paroisses et pieux de Sion, dans l'édification de leurs maisons de réunion. Nous essayons de faire de notre mieux pour l'entretien de nos temples et la poursuite de l'œuvre qui s'y accomplit. Et cela demande des moyens considérables. Selon nos moyens et les obligations qui nous incombent, nous faisons, je pense, un beau travail pour nos écoles de l'Église, dont nous avons un certain nombre, et qui font honneur au peuple et à la cause de l'éducation. Nous sommes enfin parvenus à achever le bâtiment du Deseret News, dont les fondations avaient été posées par le président Lorenzo Snow. Nous avons également achevé l'annexe du Deseret News. Ces bâtiments font vraiment honneur à notre ville, mais ils ont représenté une grande dépense pour l'Église. Ce sont tous deux des bâtiments coûteux, en particulier le bâtiment principal, construit solidement et de la manière la plus coûteuse, et qui restera pour de nombreuses années un monument pour la ville. Ils sont maintenant payés, et cette obligation ne pèse plus sur nous. À présent, nous avons entrepris d'aider — non de tout faire nous-mêmes — à l'édification d'un hôpital des saints des derniers jours dans cette ville, où les malades et les malheureux de notre peuple pourront être admis en cas d'urgence. Il sera géré sous les auspices des saints des derniers jours, et nous espérons pouvoir aider à son achèvement tout en continuant à payer nos dettes. Mais si quelqu'un, disposant d'un surplus de moyens, est assez généreux pour contribuer volontairement à l'édification de cet hôpital, nous serons heureux de le recevoir de sa part. D'autres font de telles choses, mais nous n'avons pas beaucoup de riches parmi nous, et nous n'attendons donc pas tant de nos frères ; mais lorsque des hommes ont des moyens abondants et désirent en placer une partie là où elle fera du bien, s'ils l'offrent librement à cet hôpital, nous l'accepterons avec notre bénédiction, et avec la bénédiction des malades et des malheureux qui pourront y être admis à l'avenir. La bénédiction de tous reposera sur le donateur généreux. Nous espérons néanmoins pouvoir poursuivre la construction jusqu'à son achèvement — c'est-à-dire la partie principale. Avec le temps, sans doute, il faudra l'agrandir pour répondre à nos besoins. Par ailleurs, nous voulons que les bonnes sœurs qui ont contribué par le passé des moyens pour l'édification d'un bâtiment pour les femmes dans cette ville, pour lequel un terrain a été désigné, comprennent que leurs efforts en ce sens ne sont pas vains. Puisque vous avez apporté vos moyens et qu'ils sont conservés en lieu sûr, ils viendront fort à propos lorsque nous commencerons à poser les fondations d'un bâtiment commémoratif au nom et à l'honneur du prophète Joseph Smith, bâtiment dans lequel la Société de secours, les divers collèges de la Prêtrise et les autorités générales de l'Église auront leur résidence et leurs bureaux officiels. Nous érigerons, je l'espère, un bâtiment digne de l'Église — mais pas avant d'avoir payé nos dettes. Nous ne voulons pas commencer à contracter de nouvelles dettes avant que les anciennes ne soient effacées, ni même après, si nous pouvons l'éviter. Mais lorsque nous aurons les moyens et que nous serons par ailleurs en mesure de le faire, nous espérons ériger, à l'ancien angle du Deseret News, un bâtiment qui offrira un siège à la présidence de l'Église, aux douze apôtres, à l'épiscopat président, aux sept présidents des soixante-dix, et aux organisations générales et auxiliaires de l'Église. Nous ne voulons donc pas que vous, sœurs, soyez découragées de ne pas voir les travaux avancer pour l'instant. Nous n'avons pas utilisé votre argent ; en fait, vous en avez le contrôle, et il se trouve là où vous l'avez placé. Il y restera, et vous rapportera peut-être un peu d'intérêt, jusqu'à ce que nous soyons prêts à l'utiliser. Lorsque ce moment viendra, nous ferons appel à vous pour nous aider à vous bâtir, et à nous bâtir, une demeure.

Je me sens heureux dans cette œuvre. Je sais qu'elle est bonne. Je le sens dans chaque fibre de mon être. J'ai la certitude que la main du Seigneur repose sur son peuple pour son bien, et qu'il allonge les cordages de Sion et fortifie ses pieux. Je n'ai pas pu voyager autant que je l'aurais souhaité, mais j'ai eu le plaisir de visiter, cet été, nos colonies du Canada, de l'Oregon et du bassin de Big Horn ; et partout où je suis allé, j'ai vu des preuves indéniables de la bénédiction et de l'approbation de Dieu sur le peuple. De tous côtés, on voit des signes de progrès, de croissance, de mise en valeur des ressources du pays, et d'édification et de fortification des pieux de Sion. Je sens dans mon cœur que le Seigneur continuera à bénir et à faire prospérer Sion. Preuve qu'il en est ainsi, nous constatons que le diable n'est pas encore mort, et il ne mourra pas tant que l'œuvre de Dieu sera vivante sur la terre.

Que le Seigneur bénisse Sion. Que la paix soit avec vous, mes frères et mes sœurs, et dans toutes vos demeures. Que la paix et la bénédiction de Dieu reposent sur vos familles, sur vos troupeaux et vos bêtes, sur vos biens, et sur tout ce dont il vous a fait intendants, afin que ces choses soient sanctifiées au Seigneur et bénies de lui pour votre bien et votre bonheur continu dans le temps, et pour votre exaltation dans l'éternité. Que Dieu bénisse ces hommes fidèles qui président aux pieux de Sion, avec leurs conseillers et les membres des grands conseils, ainsi que les évêques et leurs conseillers. Que Dieu bénisse les présidents des soixante-dix, l'épiscopat président, les douze apôtres, et tous ceux qui se consacrent à l'œuvre du ministère, jusqu'à ce que les saints parviennent à la connaissance de la vérité, à la stature parfaite d'un homme dans le Christ Jésus ; afin que nous connaissions comme nous sommes connus, et que nous ne soyons pas ballottés par tout vent de doctrine et par la ruse astucieuse des hommes qui nous guettent pour nous tromper. Que Dieu nous délivre des pièges de l'adversaire, des embûches dressées sous nos pieds et des fosses creusées pour notre perte, et qu'il nous fasse prospérer sur cette terre, maintenant et à jamais ; c'est ma prière au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursJoseph F. Smith, « La Prêtrise et les affaires matérielles », 1903 October General Conference, Closing Session (1903-10-06). Pulpit Vault, 1903-10-smith-priesthood-and-material-affairs. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).