Pulpit

L'organisation de la prêtrise

Rudger Clawson

1903 October General Conference·Second Day Afternoon Session·1903-10-05

Frères et sœurs, j'espère pouvoir me faire entendre. Je me suis grandement réjoui de l'esprit et des enseignements de cette conférence. Nous avons eu une riche effusion du Saint-Esprit, et nous sommes en vérité un peuple béni.

Alors que j'étais assis ici, la pensée m'est venue que le système et l'ordre de la prêtrise dans cette Église sont si parfaits qu'aucun de nous n'a besoin de perdre son temps; et ce serait une honte qu'un homme de cette Église, détenant quelque portion de la sainte prêtrise, dise qu'il n'a rien à faire. C'est une idée erronée que tout homme pourrait entretenir, car il y a beaucoup à faire. Je me souviens avoir lu, dans l'une des révélations, un passage qui se rapporte à ce point. Vous le trouverez dans la section 107 du Livre de Doctrine et Alliances, et ce sont les paroles de clôture de la révélation:

« C'est pourquoi, que chaque homme s'instruise de son devoir et apprenne à remplir l'office auquel il est désigné, et ce, en toute diligence.

« Le paresseux ne sera pas considéré comme digne de demeurer, et celui qui ne s'instruit pas de son devoir et se montre déméritant ne sera pas considéré comme digne de demeurer. »

Dans une autre révélation — la section 68 — se trouvent ces paroles:

« Et les habitants de Sion se souviendront aussi en toute fidélité de leurs travaux, s'ils sont désignés pour travailler; car le paresseux sera tenu en mémoire devant le Seigneur. »

Puis, dans la section 75:

« Que chacun soit diligent en tout. Le paresseux n'aura pas de place dans l'Église, à moins qu'il ne se repente et ne s'amende. »

De ces passages, nous pouvons voir que l'oisiveté est un péché véritable, et que ceux qui s'y adonnent, au détriment de leurs devoirs, seront jugés indignes de communion dans l'Église.

Frères et sœurs, si je puis avoir la liberté de l'Esprit, je voudrais faire un bref rapport concernant certaines des autorités générales de l'Église. Je pense que les saints sont fondés à regarder les autorités générales comme un exemple. Si la tête est malade, le corps le sera aussi; mais si la tête est bien éveillée, le corps sera plein de lumière. Cela est vrai de l'Église à toutes les époques du monde.

D'abord, je voudrais dire un mot de la Première Présidence de l'Église. Nous l'avons parmi nous aujourd'hui. Ses membres sont en bonne santé et en bonne forme. Nous avons entendu leurs voix. Je pense pouvoir dire en toute vérité qu'il n'y a pas trois hommes dans l'Église qui soient plus occupés, plus industrieux, ni dont le temps soit plus employé que la Présidence. Une grande charge de responsabilité repose sur eux. Ils sont appelés à se tenir à la tête de l'Église, et à diriger les affaires touchant cinquante et un pieux de Sion et quatorze missions. Ces frères doivent examiner des questions de poids qui leur sont soumises par les pieux de Sion. Ils reçoivent de nombreuses communications écrites de grande importance, qui exigent l'examen le plus réfléchi. Ils sont en séance presque quotidiennement, se consacrant à ces affaires. En plus de la très abondante correspondance à laquelle ils doivent répondre, beaucoup de dirigeants des pieux viennent en personne solliciter des entretiens avec la Présidence de l'Église. Il faut les recevoir; c'est leur droit d'être reçus; ils viennent chercher conseil sur des questions de poids et d'intérêt pour les saints des derniers jours. En outre, de nombreux étrangers se présentent au bureau du président, désireux de le rencontrer, lui et ses conseillers, et de leur serrer la main. La réputation de ce peuple s'est répandue de par le monde, et beaucoup de personnes éminentes, en passant, s'arrêtent à Sion, désireuses de voir ceux qui président aux affaires de ce peuple particulier. Et permettez-moi de vous dire, frères et sœurs, que jamais on ne refuse un entretien à l'étranger qui le désire dans nos murs.

La Présidence se réjouit fort de les recevoir, de s'entretenir avec eux et de leur rendre témoignage. Outre ces labeurs ardus et exigeants, le président de l'Église préside à quelques très importantes organisations auxiliaires. Il est à la tête de la grande organisation de l'école du dimanche dans l'Église. Nous en avons eu une preuve hier soir, quand ce Tabernacle était bondé, tous les sièges occupés et des gens debout, tous intéressés par les écoles du dimanche. Il est aussi surintendant général des associations d'amélioration mutuelle des jeunes gens, qui comptent environ 28 000 jeunes hommes d'Israël — une véritable armée; et ils le reconnaissent comme leur chef, conseiller et directeur particulier. Il est aussi le rédacteur en chef de l'« Improvement Era » et du « Juvenile Instructor ». En plus de tout cela, le président a été appelé — et cela est bien approprié — à se tenir à la tête de quelques-unes des grandes institutions temporelles de Sion. Ne vous semble-t-il pas juste qu'il ait été appelé à représenter le grand mouvement coopératif institué par le président Brigham Young, et qui a accompli tant de bien pour Sion? Je fais allusion ici au Z. C. M. I. Nous connaissons tous cette institution, et ce qu'elle a fait pour le peuple. Pour employer une expression courante, elle a « donné le ton » dans les affaires. Elle a une influence considérable dans les affaires commerciales de cet État et des autres, dans l'ajustement des prix et la conduite des affaires d'une manière juste et convenable. Si vous ne faites pas toujours vos achats là-bas, frères et sœurs, souvenez-vous de ceci: lorsque vous allez ailleurs et que vous obtenez des prix bas, le Z. C. M. I. a contribué, par son influence puissante, à établir ces prix. Le président a aussi été appelé à se tenir à la tête de deux ou trois fabriques de sucre, qui sont des industries importantes et prospères, profitant au peuple de Sion. Il est donc non seulement notre chef spirituel, mais aussi, à certains égards importants, notre chef temporel. Dans notre Église, le spirituel et le temporel, pourrait-on dire, vont de pair; la ligne de démarcation ne peut être tracée. En plus de tous ces devoirs, que je n'ai fait que brièvement mentionner, la

Présidence de l'Église va souvent visiter le peuple dans les différents pieux de Sion. Je ne comprends pas comment ils trouvent le temps de le faire. D'abord, vous entendez dire que la Présidence est en bas, en Arizona, ou au Mexique; et bientôt vous entendez dire qu'elle est au Canada, ou dans le pays de Big Horn, ou en Oregon. Autant que je sache, ils sont très heureux d'aller se mêler aux saints des derniers jours, et d'élever la voix pour conseiller ou avertir. Je me suis parfois demandé si la Présidence se rendait pleinement compte de la quantité de bien accomplie par leurs visites dans les pieux de Sion. Les apôtres qui les suivent le comprennent. Je réitère ma déclaration précédente, qu'il n'y a pas trois hommes dans tout Israël qui soient plus occupés et plus actifs que la Présidence de l'Église. Je me réjouis de la vérité de ce témoignage.

Venons-en maintenant à considérer les travaux du collège des douze apôtres. Permettez-moi de parler brièvement du collège, qui se tient immédiatement après la Présidence. Le collège des douze apôtres se réunit régulièrement une fois par semaine avec la Présidence. Ils se réunissent en collège chaque trimestre, pendant trois jours. Pour les membres du collège, ces réunions sont de la plus haute importance. Les frères se rassemblent afin de prier, de rendre témoignage et de prendre en considération les questions qui peuvent leur être soumises. Où que le devoir les appelle, les Douze doivent y aller. Ils sont disposés et désireux de visiter les saints dans les conférences de pieu, ou d'aller par le monde. Ils se tiennent prêts à répondre à tout moment aux appels de la Présidence de l'Église. Quand ils reviennent de telles visites, ils doivent rendre compte de leur intendance. Les travaux de chaque semaine doivent être rapportés à la Présidence. C'est ainsi que la Présidence de l'Église est tenue au courant des conditions dans Sion. Permettez-moi de dire qu'il n'y a pas un pieu dans tout Sion qui échappe à leur attention. Il n'y a pas un président de pieu ni un conseiller et, d'une manière générale, je puis dire qu'il n'y a pas un évêque qui n'entre dans le champ d'observation de la

Présidence de l'Église, par le moyen de ces rapports. Nous voulons que les frères des divers pieux comprennent que leurs travaux sont appréciés, et que leur fidélité est connue. Et quand tout va bien, oh, comme c'est grand et beau! Combien les Douze sont heureux de rapporter des conditions favorables dans les pieux de Sion! Quand quelque chose ne va pas, quand il y a un manque de fidélité de la part de quiconque détient la prêtrise dans les pieux de Sion, cela est connu; et connu seulement pour être corrigé. Nous voudrions que le peuple comprenne que la prêtrise a le souci de lui. Nous connaissons votre fidélité; et là où il y a de l'indifférence, nous en avons connaissance. Bien que les maux existants ne soient pas toujours corrigés sur-le-champ, laissez-moi vous dire qu'en général ils sont connus et débattus dans les conseils de la sainte prêtrise. Les Douze considèrent qu'il est de leur devoir, lorsqu'ils sont en ville, d'assister à leurs réunions. Ils le considèrent comme l'un de leurs plus hauts devoirs; ils sentent qu'ils doivent y être, à moins peut-être qu'il y ait maladie ou décès dans la famille, ou qu'ils soient envoyés ailleurs par la Présidence. C'est ainsi qu'ils envisagent leurs réunions de collège. C'est ainsi que nous voulons que les frères de la prêtrise, à travers toute l'Église, envisagent leurs réunions de collège respectives. Nous nous réjouissons de nos travaux. Je témoigne qu'il existe un esprit d'unité et d'amour dans le collège des Douze, existant aussi entre eux et la Présidence de l'Église, tel que vous n'en trouverez guère parmi aucun autre groupe d'hommes sur la terre. Un amour l'un pour l'autre qui dépasse presque l'amour d'un homme pour sa femme. C'est l'amour de la prêtrise — l'amour de Dieu.

Après les douze apôtres viennent les sept premiers présidents des soixante-dix. Oh, quelle lourde charge de responsabilité repose sur ces sept hommes! Ils sont appelés à présider 143 collèges de soixante-dix — dix mille hommes! Supposez qu'ils fussent alignés dans la cour du Tabernacle en un seul corps, quelle armée du Seigneur ce serait! Ces sept présidents sont appelés à veiller aux intérêts de ce grand corps de soixante-dix, à les conseiller, à les diriger, à les mettre en garde

contre l'esprit de négligence et d'indifférence, ou à les féliciter pour leurs bonnes œuvres. Ont-ils du temps pour l'oisiveté? Ont-ils du temps à perdre? Non, en vérité! Ces hommes se réunissent régulièrement une fois par semaine, afin de délibérer sur les affaires des collèges des soixante-dix, dispersés à travers toute l'Église, depuis le Canada au nord jusqu'au Mexique au sud. Ensuite, ils visitent constamment les collèges, les organisant et les réorganisant. Ils rencontrent quelques difficultés sérieuses dans ce travail, car, lorsque, dans certains cas, ils trouvent un homme véritablement bon pour remplir une fonction et accomplir le travail, il est appelé à un autre poste dans l'Église, et ils doivent alors choisir un autre homme du collège pour répondre aux besoins. Il leur faut une vigilance constante pour maintenir les membres actifs dans leurs devoirs de collège. En plus de cela, les sept présidents des soixante-dix travaillent sous la direction des douze apôtres, et se tiennent en constante disposition à répondre à tout appel. Ils sont toujours disponibles; nous savons où les trouver. Ils accompagnent les Douze dans les pieux de Sion, ou partout où le devoir les appelle, dans un esprit de bonne humeur et de bonne volonté. Ces frères sont fidèles à leur devoir.

Ensuite, nous avons l'Épiscopat président de l'Église. Ils sont appelés à une grande et lourde responsabilité. Trois hommes qui veillent aux intérêts temporels de Sion et supervisent la dîme donnée par le peuple. Le principe de la dîme est important. L'un des orateurs a dit aujourd'hui que si les membres de certaines autres dénominations chrétiennes payaient la dîme, qui s'en occuperait? Où est le prophète pour indiquer comment la dîme doit être utilisée et gérée pour le Seigneur? Elle appartient au Seigneur, et non au peuple; elle doit entrer dans le magasin du Seigneur, et où est le serviteur de Dieu autorisé à diriger son usage convenable? Voici l'Épiscopat, appelé à ce devoir sacré, sous la Présidence de l'Église, et tenu à une stricte responsabilité pour son intendance. De même que les 600 évêques et plus de l'Église doivent leur rendre compte, ainsi ils doivent rendre compte à la Présidence de l'Église. C'est un devoir lourd qui repose sur ces frères, et ils sont en séance — j'allais dire jour et nuit; mais chaque jour, ils délibèrent ensemble, et beaucoup de questions importantes se présentent devant eux. Ils ont beaucoup de choses à surveiller, ce qui les oblige à se rendre dans les différents pieux pour corriger les erreurs qui peuvent survenir. Je témoigne que, à ma connaissance, jamais dans l'histoire de l'Église la dîme du peuple n'a été aussi soigneusement suivie et comptabilisée, au centime près, qu'elle l'est aujourd'hui. Les saints des derniers jours n'ont nul besoin d'inquiétude à ce sujet. La dîme est prise en charge scrupuleusement, sous la direction de la Première Présidence, et cela conformément à la révélation et au commandement. Cela entraîne une grande anxiété et un grand labeur pour ces trois hommes, et ils ne peuvent y échapper; en fait, ils assument volontiers cette responsabilité. Par la bénédiction du Seigneur, ils accomplissent ce devoir avec succès. N'était sa bénédiction, ils ne pourraient supporter cette charge.

Certaines personnes m'ont dit: « Oh, quel agréable moment vous devez passer, vous les apôtres! Vous voyagez de-ci de-là, vous vous amusez et vous vivez une vie délicieuse. » Oui, oui, un moment très agréable. (?) Si les apôtres ont l'esprit de leur appel reposant sur eux, cela est délicieux, c'est bonheur et joie pour eux; mais si l'esprit de l'apostolat ne reposait pas sur eux, ce serait un devoir bien pénible. Les apôtres sont éloignés de leur famille environ les deux tiers du temps, et ils sont rarement chez eux le jour du sabbat. D'autres peuvent aller à la maison de culte avec leur femme et leurs enfants, et avoir leurs enfants sous leur surveillance; il n'en est pas de même pour les apôtres, qui sont d'ordinaire absents dans les pieux de Sion. Pour eux, c'est un changement constant — changement de nourriture, changement de logement, changement d'entourage; ce qui rendrait la vie très désagréable et pénible, n'était le pouvoir soutenant de l'esprit de leur appel. Il en est de même pour les sept présidents des soixante-dix; et, je présume, il en est de même pour l'Épiscopat. Sans doute l'Épiscopat président trouve-t-il une grande joie et satisfaction dans ses travaux, parce que l'esprit et le pouvoir de l'Épiscopat reposent sur eux; mais s'ils étaient privés de cet esprit, leur position serait bien pénible. Et il en est ainsi de tous les évêques, et de toutes les autorités qui président.

Pour conclure, je désire dire que les présidents de pieu sont invités à se réunir régulièrement chaque semaine, pour délibérer et concevoir des plans en faveur de ceux sur qui ils président. Nous nous attendons à ce qu'ils tiennent ces réunions hebdomadaires sans faute, et qu'ils y prêtent attention à leurs fins. Nous désirons aussi que les évêques des paroisses et leurs conseillers se réunissent régulièrement une fois par semaine, avec la même fidélité que celle montrée par les autorités qui président. Aucun épiscopat ne devrait laisser passer une semaine sans se réunir, afin de s'enquérir des conditions qui prévalent dans la paroisse, et de corriger tout mal qui pourrait exister. Ces réunions les rapprochent aussi davantage, et ils apprennent à mieux se connaître les uns les autres. Il est nécessaire que l'évêque et ses conseillers se comprennent parfaitement, afin qu'ils puissent travailler avec unité pour le bien-être et la bénédiction de leur peuple. De même pour le grand conseil; de même pour la présidence des collèges. Nous voulons que les dirigeants soient vivants et bien éveillés, et fidèles à leur devoir en toutes choses.

Que Dieu vous bénisse, ainsi que tout Israël; et, par-dessus tout, qu'il bénisse la prêtrise, telle est ma prière au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursRudger Clawson, « L'organisation de la prêtrise », 1903 October General Conference, Second Day Afternoon Session (1903-10-05). Pulpit Vault, 1903-10-clawson-the-organization-of-the-priesthood. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).