Témoignage de l'Évangile et soutien à la Première Présidence
Seymour B. Young
Mes bien-aimés frères et sœurs, je désire vivement que vous m'accordiez votre foi, vos prières et votre attention sincère. Je me sens grandement honoré, ce matin, d'être appelé à m'adresser à cette vaste assemblée. Nous avons de nouveau le privilège de nous réunir pour notre conférence annuelle, et je me sens, pour ma part, très reconnaissant de ce privilège. Mon cœur déborde de gratitude envers mon Père céleste pour les conditions de prospérité qui entourent aujourd'hui son peuple. J'ai un témoignage à rendre, et c'est le même témoignage que j'ai pu rendre pendant de nombreuses années. C'est la vérité, telle que je l'ai entendue de la bouche de mon père avant moi, et de la bouche de mes frères. ¶
Lorsque j'observe, comme je le fais, la situation des Saints des derniers jours dans les différents pieux de Sion que j'ai le privilège de visiter à l'occasion ; lorsque je vois les possibilités qu'ont nos jeunes gens de progresser sur le plan de la culture de l'esprit et de l'âme, je me réjouis grandement de voir tant de nos jeunes gens et de nos jeunes filles saisir l'occasion qui leur est offerte et se préparer assez bien, sur le plan de la culture, à la grande œuvre qui les attend. Mais, partageant les sentiments exprimés par le président Joseph F. Smith, j'ai parfois regretté, et je regrette encore aujourd'hui, le manque de formation physique ou manuelle dans notre système général d'éducation. Le président Young avait coutume de dire que l'éducation de la jeunesse était incomplète sans cette formation manuelle et la culture de ces facultés de l'esprit humain qui mèneraient au développement de la force et de la capacité de produire à partir de la terre et des éléments qui nous entourent. C'est le cas parmi nous aujourd'hui, je le réalise, dans une certaine mesure. ¶
Je ne me sens aucunement porté à trouver à redire à nos établissements d'enseignement, ni à ces hommes et ces femmes qui se consacrent si fidèlement à la formation de nos jeunes dans les écoles de l'Église et dans les différentes organisations auxiliaires de l'Église. Permettez-moi de dire ici, à propos de nos écoles du dimanche, qu'elles sont devenues une excellente partie de la formation de nos jeunes gens. Elles commencent, pour ainsi dire, dès le tout début. Nos instructeurs de l'école du dimanche commencent avec les tout petits enfants et travaillent avec eux jusqu'à ce qu'ils atteignent les classes avancées, consacrant à ce travail d'amour un dévouement qui n'existe peut-être pas chez d'autres peuples. Ce dévouement se manifeste chez tous, depuis le conseil de l'Union des écoles du dimanche jusqu'au dernier et au plus modeste instructeur de l'organisation. Ils ne consacrent pas seulement leur temps chaque sabbat, mais, en semaine, ils passent des heures et des heures à développer leur propre esprit sur le plan du bien-être éducatif des enfants. Je dis qu'ils devraient être loués pour ce dévouement, et ils sont certainement bénis dans leurs travaux. ¶
Pour ce qui est de cette formation manuelle, je sens que nos écoles et nos collèges sont incomplets, et le resteront tant que nous n'aurons pas, dans chacun d'eux, un système de formation qui développera l'élève dans les métiers manuels les plus utiles. Aujourd'hui, comme on l'a justement fait remarquer, nous vivons une grande prospérité. Où que j'aille, sur toute l'étendue des pieux de Sion, je trouve le peuple dans des conditions de confort matériel. Il y en a très peu, parmi les Saints des derniers jours, qui soient réellement dans le besoin. C'est particulièrement le cas dans les pieux extérieurs de Sion. Loin de ces villes populeuses comme Salt Lake City, il est exceptionnel de trouver une personne indigente. Le fait que nous en ayons ici s'explique par la tendance des pauvres et de ceux qui sont plus ou moins financièrement démunis à affluer vers ces centres de population. Mais, d'une manière générale, il existe aujourd'hui une condition de prospérité parmi les Saints des derniers jours. Et je crois pouvoir dire aussi, en toute vérité, que j'ai vu des marques décidées d'amélioration et des preuves de progrès parmi les Saints des derniers jours, sur le plan de la foi et de la culture des principes de l'Évangile. Il y a eu un progrès spirituel, ainsi qu'un progrès dans d'autres directions. Je suis heureux de pouvoir dire cela. Je témoigne devant vous qui êtes réunis ici que les Saints des derniers jours sont un peuple très choisi, et qu'ils travaillent avec beaucoup de diligence et de fidélité dans presque tous les pieux de Sion. La plupart d'entre eux, dans tous les pieux, semblent imprégnés de l'esprit de leur religion. Je suis heureux qu'il en soit ainsi. J'y vois le résultat des enseignements de nos dirigeants. Les frères et les sœurs ont pris conscience de leur situation, et ont renouvelé leur diligence à payer leurs dîmes et leurs offrandes. Je vois les bénédictions du ciel se répandre sur le peuple, et je sais que c'est le résultat de leur obéissance au principe qu'ils ont observé si religieusement, particulièrement ces dernières années. Depuis qu'ils ont obéi plus fidèlement à cette loi, les bénédictions du Seigneur se sont répandues plus abondamment sur eux, d'un bout à l'autre du pays. La citation de l'évêque Hunter s'est véritablement vérifiée : « Payez votre dîme et soyez bénis. » Nous sentons effectivement que nous sommes bénis lorsque nous obéissons à cette loi. ¶
À la mesure de notre condition actuelle de bonheur et de progrès, résultat des bénédictions du Seigneur sur nous, nous pouvons nous attendre à trouver de l'opposition dans l'esprit des gens du monde. C'est l'histoire de ce peuple, depuis le début, qu'à mesure qu'il progressait en foi et en puissance par son obéissance aux principes de l'Évangile, nos ennemis redoublaient d'efforts pour abattre la vérité et arrêter le progrès de cette œuvre. Je le dis à titre de fait historique, non pour rejeter le blâme sur qui que ce soit. Nous savons, mes frères et sœurs, que les puissances du mal sont sur la face de ce pays aujourd'hui, comme elles l'ont été depuis l'organisation de l'Église ; et elles se sont manifestées davantage à mesure que le peuple a grandi en foi et en puissance. J'ai vu, il n'y a pas longtemps, une pièce de théâtre où figurait le personnage de Satan. Il disait : « Je gouverne la terre ; mon pouvoir est partout. » J'ai pensé en moi-même combien cela était vrai, en un sens ; mais, en y réfléchissant davantage, j'ai été amené à m'exclamer en mon cœur : « Et la puissance de Dieu est aussi partout. » Cette même pensée m'a rappelé la phrase selon laquelle « Dieu et un homme de bien forment une majorité ». ¶
L'œuvre du Seigneur progresse. Les anciens travaillent fidèlement dans les différentes missions, et le succès a couronné leurs efforts dans la plupart des endroits. De temps à autre, nous entendons parler d'une certaine opposition violente, comme par exemple le malheur qui est récemment arrivé à l'un de nos anciens dans le Sud, qui a été sévèrement battu et maltraité. Cela, cependant, n'est pas chose nouvelle. Les puissances du mal ont, de tout temps, été dressées contre la puissance du Seigneur et contre ses serviteurs, dans tout pays où ils ont exercé leur ministère. Nous devons nous attendre à de l'opposition. Je me souviens avoir entendu une remarque que fit Sidney Rigdon peu après avoir été maltraité par une foule, avec le prophète Joseph Smith, et traîné inconscient à travers les bois. Il demanda au prophète Joseph combien de temps cela allait durer. Combien de temps, dit-il, devons-nous subir ces outrages et ces mauvais traitements de la part des ennemis de toute justice ? La réponse du prophète fut à peu près celle-ci : « Aussi longtemps, frère Sidney, que la puissance du mal sera sur la terre ; et jusqu'à ce que la puissance de Dieu surmonte la puissance du mal, il y aura toujours des preuves de la puissance de ce malin, existant sur la terre pour nuire et faire du mal aux serviteurs du Seigneur. » La réponse que fit l'ancien Sidney Rigdon ne fut pas des plus pleines d'espérance. Il dit : « Frère Joseph, je ne peux pas le supporter ; c'est plus que je ne peux endurer. » J'ai parfois réfléchi à cette déclaration, et je me suis demandé s'il manquait de foi par manque de diligence ou de pureté de vie, ou si c'était son malheur d'être ainsi constitué qu'il ne pouvait saisir la situation ni comprendre la responsabilité qui reposait sur lui. Certains hommes sont naturellement faibles et succombent vite à l'opposition, tandis que d'autres sont d'une trempe plus dure et affrontent toute opposition avec une intégrité inébranlable, surtout lorsqu'ils savent par eux-mêmes qu'ils sont engagés dans la cause du bien et de la vérité ; car cette connaissance apporte à tout homme une force et une assurance qui ne se laissent pas facilement vaincre. Quand je repense aux grands personnages qui ont été les pionniers de cette œuvre, je réalise qu'ils ont été des hommes de force et de courage. Le prophète Joseph Smith, la tête même et le chef de cette dispensation des derniers jours, fut un homme qu'on n'a jamais vu fléchir ni faiblir, bien que, tout au long des années de son ministère, il n'ait presque jamais été à l'abri, un seul instant, de l'amertume de la haine que lui témoignaient ses semblables, et cela pour aucune autre raison, à ce que j'ai pu voir, sinon qu'il avait été choisi par le Tout-Puissant lui-même pour être son prophète en cette grande dispensation de la plénitude des temps. Les hommes qui lui ont succédé à la tête de l'Église ont été tout aussi éprouvés et fidèles. Jamais on n'a vu des hommes tels que Brigham Young, Heber C. Kimball et d'autres personnages illustres que je pourrais citer manquer ou faiblir dans leur allégeance au prophète Joseph ou au Seigneur Tout-Puissant. Bien que ces hommes, comme frère Sidney Rigdon, aient reçu plus que leur part de persécution et d'opposition, considérée d'un point de vue naturel, ils n'ont jamais été vaincus. Ils avaient le courage de leurs convictions, comme leur grand chef, le prophète Joseph, et ils y sont restés fidèles en toutes circonstances. La raison en est qu'ils avaient reçu dans leur propre cœur un témoignage de la divinité de cette œuvre, et ce témoignage brûlait vivement dans leur cœur tous les jours de leur vie. ¶
Nous entendons parler d'enfants qui naissent dans l'Église. Oui, chaque Saint des derniers jours naît dans l'Église, et il n'y a qu'une seule naissance qui les y admet, c'est la naissance du baptême — la naissance de l'eau et de l'Esprit. C'est cela qui les admet dans l'Église du Christ, et qui les marque comme enfants de Dieu. Ils ne peuvent recevoir cette naissance d'aucune autre manière. Le grand guerrier Napoléon a dit que, bien que le Sauveur fût mort depuis dix-huit cents ans, l'empreinte de son ministère et de sa puissance s'était tellement développée dans le cœur de la famille humaine que, bien que les hommes ne l'eussent pas vu depuis des siècles, sa mission divine remuait encore le monde. Il en est ainsi des Saints des derniers jours aujourd'hui. Des milliers et des milliers de personnes se sont rassemblées ici, venues de toutes les parties de la terre. Bien peu vivent encore de ceux qui ont vu le prophète Joseph Smith ; mais la puissance de Dieu manifestée par lui s'est tellement imprimée sur le peuple que, même si nous ne l'avons peut-être jamais vu, nous témoignons qu'il fut divinement inspiré. Pourquoi ? Parce que nous avons dans le cœur le même témoignage de Jésus que Pierre avait lorsque le Maître lui demanda : « Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? » « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », répondit Pierre. Jésus lui répondit : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux. » Pierre avait reçu du Père la révélation que Jésus était le Christ. Par cette même puissance, nous témoignons que Jésus est le Christ, et que Joseph Smith est un prophète de Dieu. En tant que peuple, nous n'avons pas vu notre Sauveur ni parlé avec lui face à face ; nos prophètes ont ce grand honneur et ce privilège, dans la mesure où le Seigneur a voulu qu'ils l'aient ; mais les saints, en général, ont reçu l'empreinte et la puissance du Saint-Esprit ; et bien que la plupart d'entre eux n'aient pas vu le Seigneur face à face, ils témoignent pourtant que Jésus est le Christ. Comment ? Par la puissance du Dieu vivant, et par le témoignage de ce Saint-Esprit qu'il donne à tout croyant sincère et fidèle. Ainsi, les saints qui se sont soumis à l'Évangile savent que Jésus est le Christ, et que Joseph Smith est un prophète du Dieu vivant, le président de cette grande dispensation de la plénitude des temps. ¶
Mes frères et sœurs, prêtons attention aujourd'hui à l'exhortation de notre prophète et dirigeant. Tandis que nous sommes dans une condition de prospérité, n'oublions pas les obligations que nous devons à notre Père céleste, et veillons à payer honnêtement notre dîme devant le Seigneur en tout temps. Acquittons-nous fidèlement de toutes les obligations qui nous sont imposées, vivant devant le Père et les uns envers les autres de manière à pouvoir prétendre à la continuation des grandes bénédictions que nous possédons aujourd'hui. Je vous témoigne que Joseph Smith fut un prophète du Dieu vivant, et qu'il alla à son destin sachant qu'il devait être martyrisé pour la vérité que Dieu lui avait donnée ; et pourtant, comme son grand chef, le Sauveur du monde, il ne fléchit ni ne se détourna de la voie que le Seigneur lui avait tracée à suivre. De la même manière, les frères qui lui ont succédé sont demeurés inébranlables dans leur intégrité, fidèles à leur foi, fidèles à leurs alliances avec Dieu et les uns avec les autres. De même que le Seigneur les a bénis, de même il bénit aujourd'hui ses serviteurs et son peuple ; et il continuera ses bénédictions sur nous si nous continuons à le servir fidèlement. Bien que nous ayons la preuve de la haine des hommes méchants, cela ne devrait nullement nous décourager, mais plutôt nous donner plus de détermination, afin que, par la grâce de notre Père et par les bénédictions de l'Évangile, nous demeurions vrais et fidèles envers celui qui nous a ainsi bénis. Je prie pour que les bénédictions du Seigneur soient sur les orateurs pendant le reste de cette conférence, et que l'esprit de notre dirigeant remplisse chaque cœur et encourage chacun de vous, mes frères et sœurs, et nous conduise tous sur les sentiers de la vie éternelle. Au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶