Pulpit

Rapport sur la mission de Californie et l'esprit de Sion

Joseph E. Robinson

1902 October General Conference·First Day Morning Session·1902-10-04

Mes très chers frères et sœurs, quand j'ai entendu la voix du prophète de Dieu dire que tout va bien à Sion, les paroles de l'un des prophètes d'autrefois me sont venues à l'esprit :

« Qu'ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : Ton Dieu règne ! »

Dans la mission de Californie, nous ne sommes pas toujours bénis par la présence de ceux qui apportent de bonnes nouvelles ; nous entendons souvent le peuple de Sion calomnié et décrié. Cela remplit mon cœur de joie de savoir que ceux dont les intérêts sont nos intérêts, et qui ont tant fait pour notre bien commun en favorisant nos industries, peuvent dire que tout va bien, et qu'ils n'ont aucune plainte à formuler concernant la loi de la dîme et les autres questions relatives aux saints de Dieu.

Dans notre mission, nous avons le même esprit qui caractérise les saints de Dieu dans le monde entier. Le cœur des saints, là-bas, se tourne vers vous dans ces vallées, et au fond de leur âme, ils ont le désir de venir au temple du Seigneur et d'y recevoir leurs bénédictions, et quelques-uns ont eu ce privilège. Ils éprouvent de la fierté pour tous vos succès. Lorsqu'ils entendent parler de quelque grande chose que vous accomplissez, ou de quelque bonne chose que l'on dit de vous, ils se réjouissent, et sentent qu'ils y ont droit, parce qu'ils sont des vôtres, bien que n'étant pas avec vous. Quand le chœur du Tabernacle nous a rendu visite, cela a régalé nos âmes. Nous avons de nouveau senti que s'accomplissait la prophétie selon laquelle il devait y avoir à Sion la voix de l'action de grâces et de la mélodie. Quand nous avons élevé nos voix ensemble ce matin et chanté à l'unisson, cela m'a rappelé ce dicton d'autrefois :

« La voix de tes sentinelles retentit ; Elles élèvent la voix, Elles poussent ensemble des cris d'allégresse ; Car de leurs propres yeux elles voient Que l'Éternel ramène Sion. »

Les saints de la mission de Californie ont été vaillants et sérieux dans le paiement de leur dîme. Ils sentent qu'ils ajoutent à la gloire de Sion et à la richesse de leur propre âme par la pratique de l'abnégation de soi et du sacrifice de soi. Bien que nous ne comptions qu'environ six cents âmes, et qu'une bonne proportion d'entre elles, je regrette de le dire, ne soient pas des plus fidèles, nous avons pourtant, à ce jour, payé un peu plus de 3 000 dollars en dîmes, en plus d'offrandes généreuses. Les anciens sont vaillants, sérieux et craignant Dieu ; beaucoup d'entre eux sont des garçons, plusieurs ayant moins de vingt ans. Parmi eux se trouvent des orateurs des plus prometteurs, humbles, semblables à des enfants, sentant leur dépendance envers le Seigneur, et sachant qu'il ne suffit pas de pouvoir citer les Écritures pour justifier notre croyance, mais qu'ils doivent vivre selon l'Esprit du Seigneur pour gagner la faveur des gens honorables du monde. Je leur dis souvent qu'il ne suffit pas de pouvoir citer les Écritures ; car beaucoup de gens de notre État cosmopolite connaissent peu les Écritures, et beaucoup de ceux qui les connaissent n'y croient pas, et demandent des résultats plus concrets. « Montrez-moi, disent-ils, en quoi l'Évangile que vous enseignez vous a profité et vous a aidés à devenir meilleurs. Qu'a-t-il fait pour votre communauté ? Montrez-moi la logique ou la philosophie de l'Évangile que vous prêchez. » Quelle satisfaction pour l'âme de pouvoir dire qu'il a formé un peuple épris de paix, un peuple patriote, un peuple qui, dans une très large mesure, vit dans ses propres foyers, un peuple qui ne s'est pas hypothéqué, un peuple tolérant, un peuple rassemblé de presque tous les pays et de tous les climats, avec un seul but, une seule ambition, qui a abandonné ses antipathies et ses animosités nationales, et qui, dans ses enfants, s'est fondu en un seul peuple. Lorsque j'ai appris la réponse que l'ambassadeur White avait faite au comte Tolstoï, à savoir que lorsque la jeunesse de Sion grandirait et commencerait à affirmer son individualité, alors le tissu qui avait été tissé et l'édifice qui avait été construit par le mormonisme tomberaient en morceaux, j'ai pensé combien il nous connaît peu. Je me souviens du temps où nos pères, rassemblés de nombreux pays, avaient des différends entre eux. Ayant été élevés dans des milieux et selon des formations différentes, ils avaient des méthodes différentes pour gagner leur vie et des idées variées sur ce qu'il fallait accomplir, et il leur arrivait parfois de se heurter les uns aux autres. Mais nous constatons maintenant que leurs fils ont abandonné les différences de nationalité, et, jouissant du même témoignage que leurs pères ont rendu quant à la vérité de l'Évangile, ils sont unis d'intention et de but, et je crois qu'ils sont, si possible, plus fermement attachés au seul objectif d'édifier le royaume de Dieu que ne l'étaient leurs pères et leurs mères. Ceci est pour moi un témoignage de l'Évangile du Christ.

Nos anciens rencontrent la même expérience que dans d'autres pays. Au cours des cinq derniers mois, nous avons rencontré beaucoup d'opposition, surtout dans les rues. Quelques hommes se sont apparemment donné pour but de nous chasser de l'État, de dénoncer notre fraude, comme ils l'appellent, et la vie d'hypocrisie qu'ils nous accusent de mener. Ils nous ont rencontrés à chaque coin de rue et de toutes les manières imaginables. Lorsqu'ils ont appris que nous avions quelques amis, ils ont envoyé des gens auprès d'eux pour envenimer leur esprit contre nous ; et dans une ville, ils sont même allés jusqu'à imprimer un petit tract à notre sujet, signé par les dames de trois grandes organisations religieuses. Ce tract a été distribué à profusion. Ils n'ont même pas épargné la maison des anciens, mais nous en ont laissé un exemplaire. Nous pensons que cela est dû, en partie, à la visite du chœur et à l'attention qu'elle a attirée sur nous dans cet État, ainsi qu'à nos efforts renouvelés pour nous faire entendre et voir. J'ai trouvé nécessaire de faire appel au maire et au chef de la police de certaines villes, et de leur exprimer le souhait qu'ils veillent à ce que nous, en tant que citoyens américains, ne soyons pas calomniés au-delà du supportable ; et je suis heureux de dire qu'ils m'ont accordé une écoute des plus bienveillantes et m'ont donné la protection demandée, à tel point que certains des orateurs les plus pernicieux se sont vu dire qu'ils ne pouvaient plus parler dans les rues. Soit dit en passant, l'un d'eux a depuis été accueilli dans la chaire de l'une des principales églises et y prêche maintenant.

Nous n'avons pas eu beaucoup de baptêmes cette année jusqu'ici. Ce n'a pas été une saison de moisson. Mais nos cœurs ont été remplis de joie à cause des milliers d'étrangers qui ont entendu nos témoignages. Dans cette terre au soleil doré, il y a des milliers de gens venus de l'est, qui viennent là pour le climat. Beaucoup d'entre eux viennent nous entendre, alors que, dans bien des cas, ils n'auraient rien voulu avoir affaire à nous chez eux, à cause du même esprit que manifesta Nicodème lorsqu'il vint trouver le Sauveur de nuit. Nous avons visité les foyers de 3 000 étrangers, et en avons revisité plus de 4 000, tout en maintenant l'union des saints. Nous avons distribué quelque 38 000 tracts, en plus de prêter un certain nombre de livres. Nous n'avons pas le succès dans la vente de notre littérature que certains des frères rapportent dans d'autres parties des États-Unis. Les gens ne semblent pas désireux d'acheter chez nous, ou alors nous ne sommes pas de très bons démarcheurs en ce domaine. Mais nous en avons distribué gratuitement un bon nombre, et nous essayons de placer le Livre de Mormon, en particulier, de manière que les gens s'en saisissent, en raison du prix auquel le livre est maintenant vendu et des dons généreux qui nous sont accordés par la Présidence de l'Église.

Je ne pense pas qu'il convienne, mes frères et sœurs, que je prenne davantage de votre temps ; car vous êtes venus entendre les paroles des prophètes du Dieu vivant ; mais mon témoignage est que Dieu vit, que son œuvre avance, que nous commençons à être connus comme son peuple, et que les gens du monde sentent qu'il y a, dans le génie même de l'Évangile que nous enseignons, quelque chose qui a plus de rapport avec cette vie que tous leurs plans ou leurs projets. Ils voient aussi que c'est bénéfique, et ils préféreraient avoir quelque chose de pratique, qui ne traite pas seulement du passé révolu. Il nous est venu bien des amis qui ont dit savoir que nous avions davantage à offrir que toute autre confession religieuse, mais qu'ils ne se souciaient d'aucune église. Nous avons eu la chance de faire la connaissance de quelques-uns des citoyens les plus en vue de l'État, et parmi le corps médical, nous avons des amis qui ont pris soin des anciens et continuent d'en prendre soin sans rien demander, et qui m'ont dit de leur envoyer les anciens s'ils avaient jamais besoin d'une consultation. Je pense parfois que, à cause de la réputation du bon climat de Californie, on m'a envoyé plusieurs anciens qui n'étaient pas des plus solides de santé. Cette saison, j'en ai eu six ou huit qu'il a fallu soigner presque toute la saison.

Que Dieu vous bénisse et vous fasse prospérer dans vos travaux, qu'il accroisse votre amour pour l'Évangile, qu'il vous aide à dompter vos passions, à vous détacher des désirs déplacés, à corriger votre jugement, que la paix vous accompagne dans vos foyers et que la joie vous attende à vos portes, telle est ma prière au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursJoseph E. Robinson, « Rapport sur la mission de Californie et l'esprit de Sion », 1902 October General Conference, First Day Morning Session (1902-10-04). Pulpit Vault, 1902-10-robinson-growth-of-the-work. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).