Pulpit

Importance de l'instruction, nature du Dieu que nous adorons, et ouvrages canoniques

Anthon H. Lund

1902 October General Conference·Third Day Afternoon Session·1902-10-06

Cette conférence a été pour moi des plus intéressantes. Il a été instructif d'entendre les rapports des différents pieux et missions, donnés par ceux qui sont présents ; et pour autant que j'aie connu les conditions, je sais qu'ils ont rapporté fidèlement.

J'ai une ou deux choses dont je voudrais parler, si l'Esprit du Seigneur m'y conduit.

L'hiver approche, et pendant l'hiver toutes nos écoles de jour sont en session. Nous avons un excellent système scolaire dans l'État, et nous désirons demander à tous les parents de veiller à ce que leurs enfants fréquentent l'école et retirent tout le profit possible des écoles qui sont parmi nous. On nous a accusés d'être un peuple ignorant, et de croire, nous les autorités de l'Église, que notre force réside dans l'ignorance du peuple ; mais il n'en est rien. Nous ne voulons pas favoriser l'ignorance. Au contraire, nous désirons que tous nos enfants jouissent des bienfaits de l'instruction, autant qu'il est en notre pouvoir de la leur donner. Le prophète Joseph a dit que nul ne pouvait être sauvé dans l'ignorance. Nous considérons l'ignorance comme un obstacle au salut. C'est pourquoi nous voulons que notre peuple soit un peuple éclairé, un peuple instruit, un peuple formé à tout ce qui conduit à la vie éternelle.

Outre nos écoles de district, nous avons établi parmi nous des écoles pour l'enseignement des principes de l'Évangile. Hier soir, nous avons eu ici une grande assemblée d'ouvriers de l'école du dimanche. Nous voudrions que nos frères et sœurs, dans tous les pieux de Sion et dans les différentes missions où des écoles du dimanche sont établies, comprennent l'importance de veiller à ce que tous leurs enfants les fréquentent et reçoivent les instructions qui y sont données. Nous considérons l'école du dimanche comme une organisation très importante parmi nous, et nous nous réjouissons vivement de l'intérêt considérable qu'on lui porte. Puisque je parle des écoles du dimanche, je veux mentionner le Juvenile Instructor, et demander aux parents de soutenir ce journal et de le mettre entre les mains des enfants. Souvenez-vous qu'il appartient aux écoles du dimanche, et n'est pas une entreprise privée. C'est pourquoi nous demandons aux écoles du dimanche de le soutenir loyalement, afin que nous puissions consacrer davantage de moyens à l'améliorer et à en faire ce qu'il doit être — un journal véritablement destiné à l'instruction de nos jeunes.

Des classes de religion ont aussi été instituées parmi nous ; et maintenant que les écoles de jour sont ouvertes, nous voulons que ces classes soient instituées elles aussi, afin que l'instruction donnée dans les écoles de district soit complétée par une instruction religieuse. Il n'est cependant pas question de mélanger les deux. Nous ne pouvons pas nous ingérer dans les écoles de l'État. Nous ne désirons enlever aucun droit à nos amis qui vivent ici ; mais nous revendiquons le droit de veiller à ce que nos propres enfants aient le privilège d'apprendre ce que nous croyons être de la plus haute importance. Présidents de pieu et évêques de paroisse, nous comptons sur vous pour faire un effort sérieux afin que, dans chaque paroisse, une classe de religion soit établie, s'il n'y en a pas déjà une. Nous avons un assez grand nombre d'écoles de l'Église, et nous encourageons nos jeunes gens et nos jeunes filles à les fréquenter. Nous sommes heureux d'apprendre que toutes nos académies ont ouvert avec de meilleures perspectives que jamais. Un plus grand intérêt semble être porté à ces établissements, et la Première Présidence et le conseil de l'instruction de l'Église, comprenant l'importance de cette œuvre, y ont consacré une allocation plus grande que jamais. Nous estimons que les dépenses faites pour l'instruction de nos enfants dans ces écoles sont profitables. Nous ne pouvons pas pleinement évaluer la valeur de ces établissements. Cela peut nous coûter beaucoup, mais si nous pouvons sauver ne fût-ce qu'une seule âme, combien grande sera notre joie, dit le Seigneur. Je crois que ces établissements seront le moyen de sauver des milliers d'âmes. Dans nos académies, des cours missionnaires ont été établis, auxquels beaucoup de nos jeunes gens ont été appelés à assister, afin d'étudier les principes de l'Évangile et d'acquérir une connaissance systématique du plan du salut, de sorte que, lorsqu'ils sortiront dans le monde, ils sauront comment enseigner ce qu'ils croient. Ces cours font énormément de bien.

J'ai commencé en disant que nous voulons que tous fréquentent les écoles de district. Or, nous avons dans cet État une excellente université. On a dit que la Première Présidence et d'autres autorités de l'Église étaient hostiles à cet établissement, et ne voulaient pas que notre peuple y envoie ses jeunes gens et ses jeunes filles. Nous voulons qu'il soit bien compris qu'il n'en est rien. Par le passé, nos législatures ont été composées en majorité d'hommes appartenant à cette Église, et elles ont voté de larges crédits en faveur de cet établissement, pour l'équiper et le rendre digne du nom d'université. Nous estimons que notre peuple devrait profiter des avantages de cet établissement. Beaucoup de ceux qui vont s'instruire dans l'est pourraient se rendre à cette université et y recevoir, je crois, tout autant que dans les établissements d'enseignement de l'est. Nous voulons qu'il soit bien compris que nous ne sommes pas contre l'université, mais que nous encourageons notre peuple à profiter des avantages qu'elle offre. La religion ne peut évidemment pas y être enseignée. Là, toutes les sectes et confessions doivent se rencontrer sur un terrain neutre. Mais pour les étudiants appartenant aux Saints des derniers jours, il est possible de trouver quelque moyen de leur donner une instruction religieuse en dehors de l'établissement. Si l'un d'eux peut s'arranger pour suivre le cours de théologie de l'université des Saints des derniers jours, elle leur est ouverte.

Lorsque nous étions dans le sud, nous avons encouragé le peuple à fréquenter aussi l'école normale établie à Cedar City. Nous estimons que ces écoles de l'État sont bien équipées et pourvues d'instructeurs compétents, et que nos jeunes gens peuvent en tirer un grand profit. En somme, nous voulons étudier comment tirer le meilleur parti des avantages d'instruction dans cet État et dans les autres États de Sion, afin que tous nos enfants reçoivent une instruction.

En écoutant les rapports des présidents de mission, j'ai été heureux d'une chose. Certains d'entre eux ont dit que les missionnaires évitaient les débats et les querelles. Je considère cela comme la bonne marche à suivre. Il en est qui pensent que nous avons peur d'affronter qui que ce soit en débat. Il n'en est rien. Il est bien plus difficile pour nos jeunes frères de s'abstenir de débattre que de s'y engager ; car ils sentent qu'ils possèdent la vérité, et ils n'ont pas peur d'affronter qui que ce soit pour défendre les principes auxquels ils croient. Mais nous n'avons qu'un seul but en allant parmi les nations, c'est de suivre les instructions du Maître — sortir et enseigner les hommes. Telle est notre œuvre. Nous ne sortons pas pour remporter des victoires en tant que débatteurs ; mais nous sortons pour enseigner aux hommes ce que nous avons reçu, et que nous savons être vrai. Si les hommes ne veulent pas le recevoir, c'est leur affaire, non la nôtre. Lorsque nos anciens montrent au monde la beauté des principes de l'Évangile qui nous ont été révélés, c'est aux hommes de dire s'ils veulent les recevoir ou non. Les anciens font leur devoir, et laissent le résultat au Seigneur. Ceux qui cherchent à débattre avec nos anciens et qui ont soif de l'honneur de les vaincre en argumentation ne veulent pas être enseignés ; ils veulent simplement la querelle. Paul nous dit d'éviter la querelle. Il a dit : « Si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude, les Églises de Dieu non plus. » Nous disons donc que la querelle n'est pas notre habitude, et nous conseillons à nos missionnaires de ne pas contester, mais simplement de sortir et d'enseigner les principes de l'Évangile.

Il en est qui suivent nos anciens, et après qu'ils ont prêché les principes du salut, ces hommes se lèvent et accusent les anciens de ne pas croire en Dieu, mais de croire en Adam comme leur Dieu, et ils citent quelques passages de sermons prononcés par tel ou tel homme de l'Église pour étayer cette accusation. Or, nous n'avons pas honte de la glorieuse doctrine de la progression éternelle, selon laquelle l'homme peut atteindre la position de ceux à qui la parole de Dieu est venue, c'est-à-dire des dieux. Lorsque Jésus prêchait aux Juifs, en une occasion, ils le lapidèrent, et il voulut savoir s'ils le lapidaient pour les bonnes œuvres qu'il avait accomplies. Oh non, dirent-ils, « ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu. » Pour répondre à cela, Jésus dit :

« N'est-il pas écrit dans votre loi : J'ai dit : Vous êtes des dieux ?

« Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l'Écriture ne peut être anéantie, dites-vous de celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde : Tu blasphèmes ! Et cela parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? »

Nous croyons qu'il y a des dieux, comme l'a cité le Sauveur. Il répéta ce qui était écrit dans la loi, et il ne dit pas que c'était faux, mais s'en servit comme argument contre eux. Toutefois, bien que nous croyions, comme le déclare l'Écriture, qu'il y a plusieurs dieux, pour nous il n'y a qu'un seul Dieu. Nous adorons le Dieu qui a créé les cieux et la terre. Nous adorons le même Dieu qui vint à nos premiers parents dans le jardin d'Éden. Dans la révélation contenue dans la section 116 du Livre de Doctrine et Alliances, le Seigneur parle d'Adam-ondi-Ahman, « le lieu où Adam viendra rendre visite à son peuple, autrement dit, le lieu où l'Ancien des jours s'assiéra, comme le dit Daniel, le prophète. » Dans la 107e section, le Seigneur parle d'Adam comme de « Michel, le prince, l'archange », et dit qu'il sera prince sur les nations pour toujours. Nous pouvons, en toute propriété, l'appeler prince, l'ancien des jours, ou même Dieu au sens des paroles du Christ que je viens de citer ; mais nous ne l'adorons pas, nous adorons le même Dieu que lui adorait. Lorsque nos missionnaires se heurtent à ces sophismes et à des extraits isolés de sermons, nous leur disons que tout ce qui constitue un article de notre religion doit venir par révélation et être soutenu par l'Église, et qu'ils n'ont pas à batailler pour quoi que ce soit en dehors des ouvrages que l'Église a acceptés en tant que corps. Lorsque des hommes viennent avec des extraits de sermons, qu'ils apportent le sermon tout entier, afin que le contexte permette de voir quel était le sens du prédicateur, et qu'ils n'apportent pas quelques passages isolés dont le sens peut être tordu et déformé en son contraire. Nos frères ont le droit de l'exiger. Ils peuvent défendre les principes qu'ils enseignent par les révélations de Dieu contenues dans la Bible, le Livre de Mormon, le Livre de Doctrine et Alliances, et la Perle de Grand Prix, les ouvrages canoniques de l'Église ; ils n'ont pas besoin d'aller au-delà. Beaucoup de nos anciens, lorsqu'ils sortent dans le monde, n'ont jamais entendu parler des choses qu'on nous reproche, parce que ce ne sont pas des doctrines crues ou enseignées ici. En ce qui concerne le jeune homme qui a récemment commis un acte affreux à New York, et l'accusation selon laquelle les enseignements du mormonisme l'y auraient poussé, je puis affirmer avec certitude que ce jeune homme n'a jamais entendu, chez lui, à Sion, la moindre chose enseignée ici concernant l'horrible doctrine que le monde nous attribue, appelée « expiation par le sang », car rien de ce qui est enseigné, ni en privé ni en public, ne conduirait à un crime aussi épouvantable. Ce n'est que dans le monde qu'on nous accuse de soutenir de telles vues. J'ai fait allusion aux arguments dirigés contre nous et aux ouvrages que nous considérons comme canoniques, afin que nos missionnaires ne se sentent pas démunis quant à la conduite à tenir. Ils connaissent les ouvrages que l'Église a acceptés ; ils peuvent lire la parole de Dieu à son peuple, tant ancienne que moderne, et s'y établir fermement. Que Dieu vous bénisse tous. Amen.

Citer ce discoursAnthon H. Lund, « Importance de l'instruction, nature du Dieu que nous adorons, et ouvrages canoniques », 1902 October General Conference, Third Day Afternoon Session (1902-10-06). Pulpit Vault, 1902-10-lund-secular-and-religious-education. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).