Nourris du pain de vie et la crainte du monde devant la vérité
Reed Smoot
En regardant cette multitude ce matin, je puis vous assurer, mes frères et sœurs, que je sens ma faiblesse en me tenant devant vous ; mais je me repose sur les prières qui ont été offertes pendant cette conférence en faveur de ceux qui doivent parler, pour guider mes paroles. Je sens la responsabilité qui repose sur les serviteurs du Seigneur en tant qu'instructeurs, de donner au peuple la parole du Seigneur. Je me suis en vérité réjoui hier en écoutant les témoignages qui furent rendus sur la croissance de ce peuple. Sion croît, « Sion, gardée par la puissance divine. » Je me suis aussi réjoui d'entendre le prophète du Seigneur s'adresser au peuple et dire qu'il croissait en bonnes œuvres, dans le paiement de ses dîmes, et en nombre, et que Dieu le bénissait tant temporellement que spirituellement. J'ai remarqué dans le Deseret News, mercredi, une déclaration du président de la mission mexicaine selon laquelle trente membres de l'Église étaient venus du Mexique pour assister à cette conférence, ce voyage leur ayant coûté un peu plus de 7 000 dollars ; et je me suis dit combien il était important que chaque orateur parle par la puissance de Dieu, afin que ces fidèles saints soient récompensés d'un si grand sacrifice financier. Il est certain que chacun d'eux assistera à toutes les réunions de cette conférence, car ils ne sont venus ici dans aucun autre but que d'être nourris de la parole de Dieu. Quelle responsabilité pèse sur ceux qui sont appelés à instruire un peuple d'une telle foi en Dieu et d'un tel dévouement à son œuvre, et, comme je l'ai dit, j'y sens ma faiblesse ; mais je réclamerai ma part dans les prières qui ont été offertes, afin que l'esprit du Dieu Tout-Puissant soit avec moi, pour que je puisse, par la grâce de Dieu, nourrir le peuple du pain de vie. ¶
J'ai aussi remarqué, dans ce même rapport, que dans le lointain Mexique il y avait au moins trois mille personnes qui avaient pris sur elles le nom du Seigneur, qui avaient fléchi le genou devant le Dieu que nous adorons, qui avaient reconnu que Jésus est le Christ, et qui étaient membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Lorsque le président Joseph F. Smith parlait du merveilleux progrès de cette œuvre, il me vint à l'esprit que les prières des saints, demandant que les pieux de Sion soient affermis et ses cordages allongés, ont été exaucées. Non seulement nous croissons dans les montagnes Rocheuses, mais nous nous répandons sur toute la face de la terre. Pendant que je pensais à ces choses, cela me rappela une révélation donnée au prophète Joseph Smith en l'an 1829, peu de temps avant que l'Église ne fût organisée. Joseph Smith n'avait alors que vingt-trois ans, et je vous demande aujourd'hui de voir si les paroles révélées au jeune prophète en ce temps-là ne se sont pas vérifiées dans l'histoire de ce peuple. ¶
« 1. Voici, une œuvre merveilleuse est sur le point de se produire parmi les enfants des hommes ; 2. c'est pourquoi, ô vous qui vous embarquez dans le service de Dieu, veillez à le servir de tout votre cœur, de tout votre pouvoir, de tout votre esprit et de toutes vos forces afin d'être innocents devant Dieu au dernier jour ; 3. c'est pourquoi, si vous éprouvez le désir de servir Dieu, vous êtes appelés à l'œuvre ; 4. car voici, le champ blanchit déjà pour la moisson, et voici, celui qui lance sa faucille de toutes ses forces amasse des provisions afin de ne pas périr, mais apporte le salut à son âme ; 5. et la foi, l'espérance, la charité et l'amour, l'œil fixé uniquement sur la gloire de Dieu, le qualifient pour l'œuvre. ¶
« 6. Souvenez-vous de la foi, de la vertu, de la connaissance, de la tempérance, de la patience, de la bonté fraternelle, de la divinité, de la charité, de l'humilité, de la diligence. ¶
« 7. Demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira. Amen. » ¶
Même avant que cette révélation ne fût donnée, le monde s'inquiétait déjà de la déclaration faite par ce même prophète, que Dieu et son Fils Jésus-Christ lui étaient apparus ; et toutes les confessions chrétiennes se dressèrent contre lui dès qu'il eut fait cette déclaration. Elles ont, depuis lors, cherché à entraver les rouages de cette œuvre, et n'ont reculé devant rien pour en amener la destruction. Je vous le dis, Dieu ne permettra pas que cette Église soit renversée ou donnée à un autre peuple. S'il avait été possible à Satan de détruire cette œuvre, il l'aurait accomplie dès son enfance. ¶
Quand nous considérons la croissance merveilleuse de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et que nous lisons les prophéties du prophète de Dieu qui fut choisi pour ouvrir cette dernière dispensation, il me semble qu'il ne reste aucune place au doute que la main de Dieu a été sur ce peuple depuis le jour où l'Église fut organisée jusqu'à présent. Il est vrai que nous avons été éprouvés et tentés ; il est vrai que nous avons été persécutés, et que toutes sortes de faux-témoignages ont été répandus contre nous, et débités en gros et en détail à travers le monde ; mais laissez-moi vous dire : soyez fidèles au Dieu qui a veillé sur ce peuple et à ses commandements, et aussi sûrement que nous nous sommes accrus jusqu'à ce que nous sommes aujourd'hui, tout aussi sûrement la petite pierre, détachée de la montagne sans le secours d'aucune main, roulera et remplira toute la terre, comme le prophète de Dieu l'a prédit. Le temps n'est pas éloigné où l'on voudra, dans le monde entier, des hommes et des femmes de ce peuple. Je veux vous témoigner aujourd'hui que ce peuple, qui a été choisi de Dieu, enseignera encore au monde le chemin de la vie, et le seul moyen de retourner en la présence de Dieu. Le monde peut ne pas le croire, et il peut résister aussi longtemps que possible ; mais la parole a été prononcée que ce peuple, gouverné par les révélations du Tout-Puissant, sera encore une lumière pour le monde et lui enseignera le chemin du retour à la vie éternelle. Eh bien, aujourd'hui le monde nous regarde avec étonnement. Il est vrai qu'il cherche de diverses manières à abattre la puissance que ce peuple exerce sur la terre ; mais je veux vous dire que cela ne peut se faire. À mesure que nous avançons et croissons en connaissance, il combattra plus durement encore ; mais Dieu a dit que cela irait de l'avant, et cela continuera d'avancer. Aujourd'hui, nous commandons le respect de la partie honnête et respectable de toutes les classes qui nous connaissent. Tout ce que nous entreprenons de faire, tout ce qui nous est imposé par les autorités de l'Église, est accompli et mené à bien. Il n'existe presque aucun projet de colonisation proposé sans que ceux qui s'y intéressent ne demandent que le peuple « mormon » s'y intéresse et le mène au succès. N'avez-vous pas remarqué que partout où le peuple mormon a mis la main pour accomplir une chose, et où le prophète du Seigneur a dit que ce serait un succès, si difficile ou ardue que la chose ait pu paraître, elle a toujours été accomplie avec succès ? Nous nous répandons dans tous les États et Territoires voisins, et notre influence se fait sentir pour le bien partout où nous allons. Au Mexique, en Arizona, dans le Wyoming, dans l'Idaho, au Canada, et dans tout pays où ce peuple est appelé à se rendre, ceux qui s'intéressent à cette région et à son développement disent : « Que le peuple mormon vienne nous apprendre à bâtir un nouveau pays. » Il y a toujours deux côtés à une question, et tandis que certains prétendent que le mormonisme décline, d'autres le considèrent comme une menace, et une menace grandissante. J'ai ici une coupure tirée de l'un des grands journaux de New York, qui déclare : « Le danger du mormonisme est sous-estimé, et non surestimé. Quand le public se rendra compte qu'il existe deux Églises mormones à Brooklyn, une à Manhattan, une à Philadelphie, une colonie mormone forte et croissante aux frontières de la Pennsylvanie et du New Jersey, et que l'Église la plus forte d'une région à cinquante milles de Jersey City est mormone, on pourra comprendre que la situation est menaçante. » ¶
Cette déclaration, qui frappa d'étonnement le comité exécutif des femmes des missions intérieures de l'Église réformée, lors de son dix-huitième anniversaire dans cette ville, fut faite par Mlle Elizabeth V. Vermilye, membre du comité, dans un discours sur le mormonisme dans l'Est. Elle dit encore : ¶
« On avait prédit que, dans cinquante ans, les mormons contrôleraient une bande d'États coupant le pays en deux du nord-est au sud-ouest. Cette prédiction s'est vérifiée en vingt ans au lieu de cinquante. Ils possèdent des terres depuis les montagnes Rocheuses jusqu'à la Sierra, et se répandent vers l'est, comme je vous l'ai dit. Ils contrôlent quatre États de l'Ouest, et, au rythme actuel de leur progression, ils auront bientôt la suprématie dans d'autres encore. » ¶
Je vous dis, mes frères et sœurs, que, comme Dieu a prédit que ce peuple croîtrait et s'accroîtrait, l'œuvre continuera d'avancer jusqu'à ce que chaque parole prononcée par les prophètes du Seigneur soit accomplie en tout point. Et quand bien même nous contrôlerions quatre États de l'Ouest ? Et quand bien même nous contrôlerions tous les États de l'Ouest ? Je témoigne que, s'il en était ainsi, il n'y aurait pas un homme ni une femme vivant dans les limites de ces États qui n'aurait la liberté absolue. Aucune autorité de cette Église ne leur ôterait jamais le moindre de leurs droits. Aucune prêtrise que nous détenons n'interférerait jamais avec la citoyenneté d'un homme. Si ces États étaient contrôlés par le peuple mormon, ils seraient gouvernés dans la justice, l'honnêteté et l'honneur. ¶
Il y a quelques années se tint à Chicago un congrès des religions, et toute confession religieuse connue dans le monde fut invitée à s'y faire représenter. Les Anglo-Saxons, les Latins, et toutes les autres races connues, les nations semi-civilisées, et même les nations non civilisées, furent priées de s'y faire représenter. Les Saints des derniers jours, désireux de présenter les vérités révélées par le prophète Joseph Smith, envoyèrent un représentant, et vous connaissez tous le résultat : on ne voulut pas le recevoir. J'ai eu le sentiment que la raison pour laquelle on ne nous permit pas de nous faire représenter était qu'on craignait la lumière et la vérité que le représentant de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours leur aurait apportées. Son témoignage les aurait tous condamnés. Ce qui manque au monde aujourd'hui, c'est ceci : il ne veut pas de la lumière ; il ne veut pas de la vérité ; il veut vivre comme il vit ; mais aussi sûrement que le soleil se lèvera demain matin, tout aussi sûrement les vérités du ciel, telles que révélées à Joseph Smith, condamneront ou sauveront le monde. Cela peut être lent ; la vérité avance toujours lentement, mais elle triomphera à la fin. Ainsi triomphera l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sur toute opposition. ¶
Dans cette révélation, il nous est recommandé de nous souvenir de la foi. Je ne crois pas qu'il y ait sur la face de la terre un peuple ayant plus de foi que les Saints des derniers jours. Chaque acte de leur vie, chaque démarche entreprise par les autorités de l'Église, montre qu'ils ont eu une foi sans bornes en Dieu. Et nous continuerons d'avoir foi en ce même Dieu qui nous a dirigés vers ce pays, qui a veillé sur nous en tout temps, et qui continuera de le faire tant que nous le servirons et l'honorerons. ¶
La révélation dit aussi : souvenez-vous de la vertu. Mes frères et sœurs, aussi loin que mes voyages m'aient conduit — et ils m'ont mené dans un grand nombre de pays de ce monde — je vous témoigne, au nom du Seigneur Jésus-Christ, qu'il n'existe pas sur la terre de peuple qui tienne aussi sacrée la loi de vertu que les Saints des derniers jours. Il est vrai qu'on a rapporté ici hier que certains vices du monde s'infiltraient parmi nous, et qu'il en résulte, dans certains cas, une perte de vertu parmi notre jeunesse. Tant qu'il existera ne fût-ce qu'un seul cas de cela dans l'Église, c'est déjà trop ; mais malgré cela, je sais qu'il n'existe sur la terre aucun peuple qui soit, dans son ensemble, aussi vertueux que les Saints des derniers jours. ¶
J'approuve pleinement les remarques qui ont été faites hier au sujet de nos missionnaires et des qualités requises d'un missionnaire. L'autre jour, l'un des anciens qui avait présidé une conférence de mission me disait qu'il ne pensait pas qu'il y eût grande différence entre le missionnaire qui arrivait sur le terrain sans préparation et celui qui arrivait préparé ; car, disait-il, Dieu supplée à ce qui manque à celui qui n'est pas préparé, et il ne fallait que peu de temps avant que celui qui était venu sans préparation ne fût tout aussi qualifié que celui qui était venu préparé. Je n'étais pas de son avis sur ce point, car je sais que, lorsque j'étais dans le champ missionnaire, les hommes venus de nos écoles de l'Église, où on leur avait enseigné les principes de l'Évangile, étaient prêts à se mettre à l'œuvre immédiatement, tandis que la plupart des autres ne l'étaient pas. Mais, lui dis-je, en admettant que ce que vous dites soit vrai, je veux vous dire qu'il y a quelque chose de plus. Je lui ai dit, et je le dis aux mères et aux pères ici présents, que les missionnaires dont les fréquentations étaient mauvaises avant leur départ en mission peuvent partir et accomplir une mission satisfaisante, et être relevés honorablement, avec la bénédiction du président ; mais s'ils ont été dissipés avant leur départ, et si leurs compagnons étaient d'une fréquentation indigne d'un ancien de l'Église, presque toujours, dès leur retour, ils reprennent la même compagnie et retombent dans les mêmes mauvaises habitudes qu'avant leur départ. Il n'est que naturel qu'il en soit ainsi. Le résultat est que, dans trop de cas, ils ne sont pas rentrés de leur mission depuis trois mois qu'ils se retrouvent presque dans le même état spirituel qu'avant leur départ. J'ai souvent pensé que, si j'avais un fils appelé en mission qui avait eu de mauvaises fréquentations avant son départ, je voudrais, à son retour, qu'il aille vivre ailleurs, qu'il se fasse de nouvelles fréquentations, qu'il s'éloigne de l'influence de ses anciens compagnons et recommence sa vie à neuf. Je crois que le milieu et les fréquentations dont nos jeunes gens sont tirés ont une grande influence sur eux à leur retour de mission, et que c'est la cause pour laquelle beaucoup d'entre eux retombent dans l'ancienne ornière. Je veux demander aux évêques de veiller sur les jeunes gens qui reviennent de mission. Peut-être leur demandez-vous de parler à leur retour, et ne pensez-vous plus jamais à eux. Gardez-les au travail ; occupez-les dans la Prêtrise ; car s'ils restent occupés, ils garderont l'esprit qu'ils avaient dans le champ missionnaire. Laissez-les revenir et ne rien faire du tout, et ils deviendront bientôt froids et perdront le témoignage qu'ils ont sacrifié tant pour obtenir. J'ai senti le besoin de dire ceci au sujet de la question missionnaire. ¶
Dans une révélation donnée par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith à Sidney Rigdon, Parley P. Pratt et Leman Copley, en l'an 1831, il est dit : ¶
« Mais avant que le grand jour du Seigneur vienne, Jacob s'épanouira dans le désert, et les Lamanites fleuriront comme une rose. ¶
« Sion s'épanouira sur les collines et se réjouira sur les montagnes, et sera rassemblée vers le lieu que j'ai désigné. ¶
« Voici, je vous le dis, allez comme je vous l'ai commandé ; repentez-vous de tous vos péchés ; demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira : ¶
« Voici, j'irai devant vous et je serai votre arrière-garde ; je serai au milieu de vous, et vous ne serez pas confondus ; « Voici, je suis Jésus-Christ, et je viens rapidement. J'ai dit. Amen. ¶
Je veux attirer l'attention du peuple sur l'accomplissement de cette prédiction. Jacob n'a-t-il pas fleuri sur la montagne ? Sion n'est-elle pas entourée de collines ? Comme le dit le beau cantique que nous avons chanté ce matin : « Pour la force des collines, nous te bénissons, notre Dieu, Dieu de nos pères. » ¶
Je suis très reconnaissant que Dieu, mon Père, m'ait permis de naître à Sion, entouré des grandes et anciennes collines, et sous l'alliance éternelle. Je suis reconnaissant qu'il m'ait donné des parents si nobles, et j'espère vivre de manière à mériter les bénédictions que mon Père céleste m'a conférées. Des enfants nous sont donnés, mes frères et sœurs, comme une bénédiction. Le monde aujourd'hui ne croit pas à fonder une famille, car il semble penser que les enfants sont un fardeau ; mais la première grande loi que Dieu donna à l'homme fut : multipliez-vous et remplissez la terre. Dieu merci, ce peuple pratique et croit en ce commandement. Nos enfants sont une bénédiction pour nous, ou ils nous apportent chagrin et tourment. Veillons sur eux et prenons soin d'eux. Sachons qu'ils sont confiés à nos soins par le Père ; qu'ils devraient être des joyaux dans notre couronne dans le monde à venir. Je promets aux mères et aux pères ici présents que, s'ils ne veillent pas sur leurs enfants, beaucoup d'entre eux en viendront à faire la même déclaration, arrachée à l'angoisse de leur âme, que fit un père, selon le News d'hier soir : « Mon fils a été victime de l'influence funeste d'un dégénéré moralement dépravé, et des effets pernicieux de la lecture de romans à quatre sous. » J'espère devant Dieu que chaque mère et chaque père en Israël veilleront avec soin sur leurs fils et leurs filles. Soyez un peu méfiants à leur égard, si vous pouvez le faire de manière qu'ils ne s'en rendent pas compte. Examinez ce qu'ils lisent ; sachez où ils vont, et qui sont leurs fréquentations. Il y a tant de pères et de mères qui pensent que c'est telle fréquentation de leurs enfants qui est mauvaise, alors que c'est peut-être leur propre enfant qui est la mauvaise fréquentation des autres. ¶
Je demande aux pères et aux mères d'Israël non seulement de veiller, mais de prier avec leurs enfants. Faites d'eux vos confidents ; saluez-les d'un baiser ; gardez-les au sein de votre amour ; faites-leur sentir qu'aucune âme vivante ne s'intéresse à eux autant que vous ; rendez le foyer aussi heureux et aussi confortable que possible pour eux, et gardez-les autant que vous le pouvez auprès de vous et sous l'influence du foyer. Il n'y a pas de plus grande consolation dans cette vie qu'un fils digne ou une fille pure. Rien n'apporte plus de réconfort à un père ou à une mère que d'avoir des enfants dévoués ; et rien n'apporte plus d'angoisse et de détresse qu'un enfant dissipé qui commet quelque crime affreux. ¶
Mes frères et sœurs, je désire demander sur vous les bénédictions de Dieu. Je vous laisse aujourd'hui mon témoignage que Jésus est le Christ, et que Dieu vit. Je sais que ceci est l'œuvre de Dieu. Je sais que Joseph Smith fut un prophète de Dieu. Je sais que cette œuvre est destinée par Dieu à avancer et à remplir toute la terre. Ne vous découragez pas, mes frères et sœurs, où que vous viviez. Je me souviens être descendu au pieu de Sion de Millard, il y a environ six mois, et le peuple était assez découragé. Beaucoup d'entre eux songeaient à s'en aller et à chercher un nouveau pays. Je me souviens avoir prié là-bas avec ferveur mon Père céleste, pour qu'il leur envoie de la pluie et qu'ils fussent bénis de davantage d'eau l'année suivante. À tout homme que je rencontrais du pieu de Millard, pendant quelque temps après, je demandais des nouvelles des conditions là-bas, et la même réponse venait : « Sec et poussiéreux. » Le peuple, dans son ensemble, offrit ses supplications à notre Père céleste pour obtenir de l'humidité, et je crois que leurs prières ont été exaucées. Les régions mêmes qui étaient les plus desséchées dans ce beau pays qui est le nôtre ont aujourd'hui de bonnes perspectives de plus d'eau, et par conséquent de meilleures récoltes pour la saison prochaine. En parlant l'autre matin avec quelques-uns des frères du pieu de Millard, ils me dirent que le tremblement de terre qui avait récemment visité la partie sud de notre État avait accru les cours d'eau, et que la rivière Sevier s'était remplie comme elle ne l'avait pas fait depuis des années à cette époque de l'année. Leur petit réservoir, juste à l'est de Deseret, n'avait pas été rempli par toute l'eau qui y était parvenue durant toute la saison précédente ; mais cette saison, il fut rempli en huit jours, et le peuple a repris courage. Je vous le dis, mes frères et sœurs, même si les choses vous paraissent sombres parfois, ne vous découragez pas, mais confiez-vous en ce Dieu qui vous a conduits dans ce pays. Ceci est une terre promise. Dieu la bénira, et n'oubliez pas qu'il peut accroître les eaux et rendre vos terres productives. Que la paix de Dieu soit avec le peuple dans son ensemble ; que ses bénédictions reposent sur l'Église ; qu'elle croisse et s'accroisse jusqu'à ce qu'elle remplisse toute la terre, comme l'ont prédit les prophètes de Dieu, telle est ma prière au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶