Pulpit

L'œuvre particulière des soixante-dix et le travail missionnaire local

J. Golden Kimball

1902 April General Conference·First Day Morning Session·1902-04-04

Je sens, mes frères et sœurs, que la vie est trop courte et que notre temps est trop bref pour être consacré à présenter des excuses ou à exprimer ma surprise. Je pense que nous devrions nous habituer à ne nous étonner de presque rien de ce qui se rapporte à notre appel dans la seule et unique sainte Prêtrise de Melchisédek, car nous ne savons jamais où la foudre frappera. Nous ne connaissons pas ceux qui seront relevés de leurs fonctions, ni ceux qui seront envoyés vers les nations de la terre ; mais nous croyons que cela vient de Dieu. Je sais et je témoigne que lorsqu'un homme est désigné pour occuper une place, même s'il ne possède pas toutes les qualifications requises, ni ne soit doté aussi richement qu'un autre pourrait l'être, et que le peuple soit surpris de cette désignation, le Seigneur est néanmoins capable de le qualifier. C'est merveilleux à mes yeux de voir comment les hommes appelés par l'autorité divine croissent en sagesse et en connaissance, comment ils progressent, et avec quelle compétence ils remplissent leurs fonctions lorsqu'ils possèdent l'esprit de leur office et de leur appel. Maintenant, frères, je sais ce que sont ma Prêtrise et mon appel. Je suis jeune en expérience, mais je sais que je suis un témoin spécial du Seigneur auprès des nations de la terre, sous la direction du grand conseil voyageur ; si je manque à certains égards, si je fais preuve de faiblesses, je demande au Seigneur de faire que mon intégrité, ma loyauté et mon attachement à l'Église de Jésus-Christ ne faiblissent jamais. Je ne veux pas avoir peur de l'homme. Je veux ouvrir la bouche et me servir du talent que le Seigneur m'a donné. Ce que je dis ne sera peut-être pas en harmonie avec certains hommes. Ceux avec qui il l'est, du fait d'une affinité et d'une sympathie entre nous, je pourrai peut-être toucher leur cœur.

Il est difficile pour le Premier Collège des soixante-dix de parler d'autre chose que de l'œuvre missionnaire, car c'est notre appel particulier. Je désire attirer l'attention des présidents de pieu et des évêques de paroisse sur le fait qu'hier, 50 lettres ont été envoyées, sous la direction du Premier Collège des soixante-dix, demandant que les 50 premiers collèges de l'Église fournissent chacun deux soixante-dix pour remplir des missions. Je pense que nous avons été assez explicites en leur disant quel genre de missionnaires nous voulions, et j'espère qu'ils les ont. Bien que nous reconnaissions qu'on ne peut pas presser les hommes à outrance, ni [illisible : li^] leur tête, nous avons demandé des hommes d'un certain genre. Il y a sept présidents pour chaque collège des soixante-dix dans l'Église, et il y a 142 collèges, comptant 9 500 soixante-dix ; et s'ils ne peuvent trouver 284 missionnaires parmi les 142 collèges, alors je suggère qu'ils vendent leur affaire et laissent quelqu'un d'autre [illisible : "tin] la conduire. Nous désirons qu'ils soient attentifs à leur moralité, à leur condition spirituelle, physique et financière. Je voudrais que nous puissions rayer ce mot « financière » ; mais nous ne le pouvons pas ; car si les soixante-dix sont endettés, en servitude, ils devront [illisible : noii;r>] et payer leurs dettes. C'est l'une des plus grandes difficultés que nous rencontrons pour appeler des missionnaires.

Notre frère McMurrin vous a parlé de l'œuvre missionnaire à l'étranger, et je désire corroborer ce qui a été dit. Il n'y a pas un Ancien ayant jamais présidé une mission qui ne préférerait un jeune homme à un homme âgé ; mais je veux vous dire que deux jeunes garçons peuvent causer beaucoup de dégâts en peu de temps ; ils ont l'intention de bien faire, et ils essaient de bien faire, et le Seigneur bénit ces jeunes gens de façon merveilleuse ; mais lorsqu'on en met deux ensemble, ils ne connaissent pas les coutumes du peuple, ils manquent d'expérience, et il faut beaucoup de sagesse et de courage pour aller parmi les enfants des hommes, être montré du doigt avec mépris et être aussi impopulaire que l'est un Ancien « mormon ». Aussi éduqués que nous soyons, et bien que nous respirions cet air des montagnes depuis 20 ans, il faut un peu d'entraînement avant de savoir tendre l'autre joue et traiter avec bonté ceux qui vous maltraitent avec méchanceté. Il faut un peu d'instruction pour apprendre combien les âmes des enfants des hommes sont précieuses aux yeux de Dieu. Nous avons donc besoin de quelques hommes plus âgés pour poser leurs mains sur nous, jeunes garçons, et nous retenir. Nous ressemblons beaucoup à Pierre. J'étais comme cela. J'aurais coupé plus d'une oreille, s'il y avait eu quelqu'un pour les recoller ensuite. Tel est l'esprit des jeunes gens au début ; mais avec le temps, ils se modèrent. Vous serez surpris de voir combien je me modèrerai dans les dix prochaines années ; je serai aussi doux qu'un matin d'été, car je commencerai alors à guetter la mort. Mais j'espère vivre encore un certain nombre d'années, et j'espère que le feu ne s'éteindra pas entièrement en moi. Un des apôtres m'a dit un jour : « Frère Kimball, si vous ne cessez pas de faire tant de bruit, vous vous consumerez. » « Eh bien, ai-je répondu, je veux me consumer et faire de la place pour quelqu'un d'autre, car je crois que certains hommes vivent trop longtemps. »

Je désire attirer votre attention sur une révélation, et j'ai essayé de comprendre le passage que je vais lire :

« Souvenez-vous que les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu. Car voici, le Seigneur, votre Rédempteur, a souffert la mort dans la chair ; c'est pourquoi, il a éprouvé les souffrances de tous les hommes, afin que tous les hommes puissent se repentir et venir à lui.

« Et il est ressuscité des morts afin d'amener tous les hommes à lui, à condition qu'ils se repentent ; et comme sa joie est grande pour l'âme qui se repent !

« C'est pourquoi vous êtes appelés à inviter ce peuple au repentir ; et si vous travaillez toute votre vie à appeler ce peuple au repentir et que vous m'amenez ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père !

« Et maintenant, si votre joie est grande avec cette seule âme que vous m'aurez amenée dans le royaume de mon Père, comme elle sera grande si vous m'en amenez beaucoup !

« Voici, vous avez devant vous mon Évangile, mon roc et mon salut ! »

Maintenant, mes frères et sœurs, je sens le besoin de témoigner. Je crois avec ferveur, après y avoir réfléchi un instant, au témoignage rendu par le président Smith au sujet du progrès continu de cette grande œuvre. Je crois qu'elle a été établie sur la terre pour ne jamais être renversée ni donnée à un autre peuple. Je crois avec vous, mes frères et sœurs qui avez un témoignage, que vos pieds sont plantés sur le roc du salut, et que vous savez que Jésus est le Christ. Je crois que vous serez sauvés dans le royaume de notre Père. Je crois que la plupart d'entre vous seront fidèles, seront constants, seront fermes, inébranlables et immuables. Vous n'êtes ni éblouis ni égarés par ces attraits qui se répandent parmi ce peuple. Vous avez dépassé cela. Vous n'avez plus de tête de jeune homme sur les épaules ; vous ne vous souciez plus de la société, de la société mondaine ; vous n'aspirez plus aux choses du monde. Vous avez pu écraser sous vos pieds ces appétits et ces faiblesses que les jeunes gens n'ont pas encore surmontés. Lorsque vous êtes venus au monde, les hommes n'étaient pas aussi égarés par les choses du monde. Ces choses sont venues avec le luxe et la richesse, et vous, comme il a été dit, devenez riches. Je vous déclare que nous, les fils et les filles de ces anciens pionniers, devenons efféminés, et nous ne croyons plus pouvoir faire ce que faisaient nos pères. Ce serait presque un crime de me demander de faire ce que faisait mon père. Je ne pense pas que je le ferais, bien que je le fasse peut-être si j'y étais appelé. Eh bien, certains croient qu'on ne peut plus prêcher l'Évangile sans bourse ni sac, même dans les pays où la coutume le permettrait. Nous nous appauvrissons pour envoyer nos fils en mission ; et si vous envoyez certains de ces hommes mariés, qui ont gardé les premiers commandements de Dieu, celui de croître et de multiplier et de remplir la terre — eh bien, les évêques ne veulent pas qu'ils partent, car cela signifie subvenir aux besoins d'une épouse et peut-être de treize enfants, si c'est dans un bon pays sain. Je ne blâme pas les évêques, car c'est une grande responsabilité ; et il y a fort peu d'hommes à la campagne, et moins encore dans les villes, qui aient de l'argent en banque. J'ai interrogé certains des soixante-dix de Salt Lake City, et j'ai vu trente hommes en une seule soirée, dont chacun a dit, en substance : « Si je pars en mission, je perds ma situation, il n'y a pas de revenu, et ma famille est sans ressources. » Il faut faire face à ces choses, et je m'en rends compte. Je pense qu'il y a une œuvre missionnaire merveilleuse à accomplir. Ils ont plus de 1 300 missionnaires dans le monde, et parmi eux, des jeunes gens très brillants, pleins de foi, qui accompliront une grande œuvre et parleront les langues de la terre par l'inspiration de Dieu.

Maintenant, après vous avoir parlé, à vous frères plus âgés, de la façon dont vous êtes fortifiés et attachés, dont vous êtes fidèles à garder les commandements du Seigneur et à payer votre dîme, qu'en est-il de vos fils et de vos filles ? Sont-ils convertis ? Sont-ils attachés ? Pouvez-vous les tenir ? Y a-t-il parmi vous des présidents de pieu et des évêques qui sentent qu'ils sont sur le point de chanceler et qui disent que ces jeunes leur échappent ? Nous accomplissons une grande œuvre missionnaire chez nous. Dans chaque pieu de Sion, des missionnaires locaux sont envoyés parmi le peuple pour prêcher, et nous prêchons, et nous prêchons, et nous prêchons avec la plus grande éloquence. Mais ces garçons ne sont pas là. Il se peut que pas même vingt pour cent d'entre eux assistent à vos réunions lorsque les missionnaires locaux prennent la parole. Il y a bien sûr quelques exceptions. Alors, que faites-vous à leur sujet ? Nous prêchons le jour, et je crois fermement que nous dormons trop la nuit. Je me souviens que frère Lyman a dit un jour : « Jeune homme, quel âge as-tu ? » « J'ai plus de quarante ans. » Il répondit : « Je le pensais bien, car tu commences déjà à chercher un fauteuil confortable. » À quarante ans, nous commençons à chercher un fauteuil confortable ; et ainsi, quand le soir approche, il semble que nous, les parents, allions tous nous coucher pour nous reposer. Je crois plutôt que si les présidents de pieu et les évêques de paroisse désignaient des missionnaires pour parcourir les rues la nuit, une œuvre merveilleuse s'accomplirait en Sion. Le diable ne fait pas son sale travail le jour, quand le soleil brille ; mais il commence à le faire ici même, sous la lumière éclatante de l'électricité. Allons-nous veiller sur nos enfants ? Je me souviens d'avoir été, il n'y a pas longtemps, dans une colonie éloignée où l'on voit peu, sinon pas du tout, de frères dirigeants, et qui compte pourtant plus de douze cents habitants. Ils ont un grand nombre de jeunes gens, et lorsque je me suis retiré dans mon lit après la réunion, j'ai été tenu éveillé toute la nuit par les garçons et les filles qui couraient dans les rues de cette colonie. Je me suis levé vers le matin, j'ai regardé ma montre, il était alors 4 heures, et ils erraient encore dans les rues. Bien que cela ait pu être inoffensif et que leurs intentions aient pu être pures, je vous le dis au nom du Dieu d'Israël, c'est l'une des choses criminelles qui se produisent dans ce pays. Le diable souffle dans le cœur de nos jeunes gens, et l'air même est vicié dans certaines de nos grandes villes par l'esprit d'immoralité, et aucun péché plus grave ne peut trouver son chemin dans le cœur de nos jeunes gens. Je vous le dis, c'est votre devoir et c'est mon devoir de sortir comme missionnaires ; non pas pour prêcher ces choses du haut de la chaire, non pas pour en parler publiquement à nos fils et à nos filles, mais en privé, et de leur montrer, d'une manière convenable, le mal grand et abominable du péché secret. Certains d'entre vous, dans vos districts éloignés, ne sont pas accablés par ce que nous appelons la civilisation et les choses du monde ; mais vous êtes menacés, et le plus grand danger qui vous menace aujourd'hui est l'immoralité et le péché secret. Vous savez comment nous protégeons nos missionnaires. Les anciens ont hier supplié un certain nombre de missionnaires jusqu'à ce que les larmes me viennent aux yeux. Oh, frères, évitez le vin et les femmes comme vous éviteriez les portes de l'enfer. Ne laissez aucune femme vous ravir votre honneur. Ne laissez aucune femme prendre votre bras. Tenez-les à distance ; et comme vous espérez accomplir honorablement votre mission et avoir l'Esprit de Dieu brûlant dans votre cœur, veillez à ce qu'il n'y ait ni fréquentations amoureuses, ni arrangements d'aucune sorte en vue du mariage ; mais revenez chez vous purs, propres et doux devant le Seigneur. Comme le disait un missionnaire, lorsqu'il rentra de sa première mission et s'apprêtait à franchir le seuil de sa mère, celle-ci lui dit : « Attends, mon fils, es-tu revenu vers moi aussi pur et aussi bon que lorsque tu es parti ? » Il put répondre : « Mère, je suis pur, je suis propre et doux devant le Seigneur » ; et elle ouvrit les bras et serra son fils dans son étreinte.

Frères et sœurs, allons-nous fortifier la jeunesse d'Israël et les filles de Sion, afin qu'elles puissent résister à ces hommes qui semblent croire que c'est leur mission particulière, et qu'ils sont justifiés de venir parmi notre peuple pour ruiner nos filles et détourner nos jeunes gens ? Que Dieu vous bénisse. Amen.

Citer ce discoursJ. Golden Kimball, « L'œuvre particulière des soixante-dix et le travail missionnaire local », 1902 April General Conference, First Day Morning Session (1902-04-04). Pulpit Vault, 1902-04-kimball-special-work-of-seventy. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).