Une organisation d'Église parfaite et indispensable
Anthon H. Lund
Je vais lire quelques mots tirés du 4e chapitre des Éphésiens : ¶
« Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et instructeurs, ¶
« pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, ¶
« jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme accompli, à la mesure de la stature parfaite de Christ, ¶
« afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction. » ¶
J'ai été très intéressé par les remarques de notre président ce matin. En contemplant l'organisation de la Prêtrise que Dieu a placée dans son Église, il me semble que c'est une institution parfaite. Ce n'est pas une organisation qui a été conçue par l'homme, ou qui aurait évolué pour la première fois dans notre système de gouvernement d'Église : mais elle est semblable à celle que le Christ donna autrefois à son peuple. Il est nécessaire que les apôtres, les prophètes et tous ces différents officiers de la Prêtrise soient dans l'Église. L'Église ne peut se passer d'eux. Ils n'ont pas été placés dans l'Église de manière temporaire, comme le prétendent beaucoup de nos amis chrétiens. La plupart des dénominations de notre époque affirment que les apôtres devaient être des témoins spéciaux du Christ seulement aux premiers jours, et qu'après leur mort l'apostolat n'était plus nécessaire. Mais ce n'était pas là le point de vue de Paul. Il comprenait ce que le Seigneur voulait dire par son organisation de l'Église. Il en est qui prétendent que Jésus n'avait aucun système de gouvernement d'Église, qu'il n'avait aucun officier dans l'Église, mais qu'il en laissa tout le soin au peuple. On nous dit ici cependant qu'il donna à l'Église trois différents officiers dans la Prêtrise. Il n'est pas dit non plus que ce devait être seulement une organisation temporaire. Nous lisons que ces officiers furent donnés dans certains buts, à savoir, « pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ ». ¶
Ces choses sont aussi nécessaires au dix-neuvième et au vingtième siècle qu'elles l'étaient au premier siècle. Si le corps du Christ doit être édifié, ces hommes sont nécessaires dans l'Église. Si les saints doivent être perfectionnés, si l'œuvre du ministère doit être accomplie, ces officiers doivent être dans l'Église. De plus, Paul nous dit qu'ils devaient rester dans l'Église « jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme accompli, à la mesure de la stature parfaite de Christ ». Si des hommes ont été placés dans l'Église dans un certain but, tant qu'ils y sont et remplissent leur devoir, ce but sera accompli. Lorsque des divisions ou des contestations surgissaient autrefois dans l'Église, on les portait devant les apôtres, car ils avaient été placés dans l'Église pour conduire le peuple à l'unité de la foi. Ils étaient les oracles vivants, auxquels on pouvait référer toutes les questions litigieuses; et les saints qui vivaient dispersés dans le monde, lorsqu'ils ne comprenaient pas certaines choses, envoyaient vers la tête pour que ces points douteux fussent éclaircis et la vraie doctrine expliquée. Ils étaient là pour l'œuvre du ministère. Comment le ministère d'un apôtre pouvait-il s'accomplir si un apôtre n'était pas dans l'Église pour l'accomplir ? Ils étaient là pour l'édification du corps du Christ — c'est-à-dire de l'Église tout entière. Comment l'Église pouvait-elle être édifiée sans ces officiers que le Seigneur avait autorisés à donner sa parole au peuple ? Si ceux-ci ne se trouvent pas dans l'Église, je soutiens que les objets pour lesquels ils y furent placés par le Christ ne peuvent être accomplis. Comme preuve de cela, vous trouverez que, lorsque ces serviteurs autorisés de Dieu furent martyrisés, l'Église manqua d'accomplir ces objets. Au lieu de l'union dans l'Église, il y eut la désunion. Les hommes différaient si fortement dans leurs opinions que des dissensions surgirent, et l'Église fut divisée en de nombreuses factions différentes. L'apostasie en fut le résultat. Paul avait prévu cela, et avait averti le peuple que le jour du Christ ne viendrait pas avant « qu'il ne survienne l'apostasie et qu'on ne voie paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu ». Nous avons vu cela se réaliser. L'Église, en perdant ses officiers, a manqué de réaliser les buts pour lesquels ils y avaient été placés. ¶
Lorsque vint le temps que les prophètes avaient envisagé, où Dieu rétablirait de nouveau son Église et sa Prêtrise sur la terre et inaugurerait la dispensation de la plénitude des temps, nous trouvons de nouveau la même organisation dans l'Église. Il est vrai que, pendant quelques années après l'organisation de l'Église de nos jours, il n'y eut ni apôtres ni soixante-dix; mais leur institution avait été indiquée. Ce n'était pas un système se développant graduellement dans lequel on aurait pensé imiter l'Église établie autrefois; mais le Seigneur révéla au prophète Joseph dès le commencement ce que devait être l'organisation de son Église. En juin 1829 — un an avant que l'Église ne fût organisée — le Seigneur révéla aux trois témoins, par l'intermédiaire du prophète, qu'ils étaient appelés à choisir les douze apôtres de cette dernière dispensation. Rappelez-vous qu'il n'y avait alors aucune Église; mais le Seigneur savait ce qu'il allait établir. Avant que l'Église ne fût organisée, il dit au peuple qu'une œuvre merveilleuse allait être établie sur la terre. Lorsque l'Église fut organisée le 6 avril 1830, autant que nous puissions le savoir, il n'y avait que neuf personnes dans l'Église. Bien sûr, avec neuf personnes, il était impossible d'établir cette organisation parfaite de la Prêtrise. Joseph Smith et Oliver Cowdery furent appelés et ordonnés apôtres; mais il ne pouvait y avoir douze apôtres, il ne pouvait y avoir de soixante-dix, car à cette époque l'Église était trop petite. Il fallut du temps pour que l'œuvre se développe; mais le Seigneur avait donné une révélation à ce sujet, et lorsque le temps propice arriva, la Présidence de l'Église fut organisée, avec le prophète Joseph comme président et Sidney Rigdon et Frederick G. Williams comme conseillers. Ensuite les douze apôtres furent choisis, puis les soixante-dix. Mais au commencement, lorsqu'il n'y en avait pas assez pour former ces différents collèges, les anciens présidaient, parce qu'ils détenaient la Prêtrise de Melchisédek. Le Seigneur, cependant, avait une organisation parfaite pour son Église, et il la leur donna lorsqu'ils furent prêts à la recevoir. ¶
Nous avons trouvé par expérience que le Seigneur est capable d'accomplir son œuvre par l'intermédiaire de ces hommes. Lorsque la première urgence surgit au sujet de qui devait succéder dans la Présidence, le peuple n'y était pas préparé; mais voyez comme la succession vint naturellement. Comme nous le lisons dans les révélations données au début de l'Église, les apôtres forment un collège d'autorité égale à celle de la Première Présidence, lorsque la Première Présidence n'existe pas, et sur leurs épaules retombe l'autorité de gouverner l'Église jusqu'à ce que la Première Présidence soit de nouveau organisée. Et telle fut la procédure suivie à cette époque-là, et elle a été la procédure suivie en de tels cas depuis lors. Le Seigneur n'a rien fait en vain; il y a un but dans tout ce qu'il fait; et nous avons vu quelle bénédiction c'est pour l'Église d'avoir une Première Présidence. J'ai été heureux ce matin d'entendre le président Smith nous exposer la nécessité d'avoir ce collège organisé, afin qu'il n'y ait pas d'interrègne, sauf dans la mesure où cela est nécessaire. Combien large est la plateforme sur laquelle le Seigneur a bâti son Église. Il n'y a pas de place pour le doute ou l'incertitude. Si la Première Présidence est dissoute par la mort du prophète, alors les douze apôtres ont l'autorité de prendre les rênes du gouvernement. Si jamais un tel cas devait se présenter où le collège des apôtres serait lui aussi dissous (ce que je ne crois pas devoir jamais arriver), le Seigneur a en outre pourvu à ce qu'un collège des soixante-dix puisse détenir et exercer le même pouvoir. Je vois ici une belle illustration de la providence du Seigneur, qui a pourvu à ce que son Église ne soit jamais laissée dans le doute. Ce n'est pas non plus une chose nouvelle. Lorsque Jésus fut crucifié et monta au ciel, les douze prirent l'œuvre en main. Il présida certainement pendant qu'il était sur la terre, car il était le fondateur et la tête de l'Église. Il appela douze apôtres à son aide, et lorsqu'il partit, l'autorité retomba sur eux. Bien qu'il ne nous soit pas dit en termes exprès qu'il y avait une présidence de trois, nous trouvons que trois parmi les douze devinrent les plus en vue, et que c'est à eux que l'on référait les affaires de l'Église. Je fais référence à Pierre, Jacques et Jean. Je ne doute pas qu'ils formaient le collège présidant de l'Église, qu'ils détenaient la présidence de la Prêtrise supérieure, et que le Seigneur leur révélait sa volonté; car nous savons qu'ils vinrent de nos jours et transférèrent ces clefs au prophète Joseph — les clefs de la présidence sur la Prêtrise de Melchisédek. Combien de temps ils continuèrent à combler les vacances survenant dans le collège, je ne saurais le dire; nous avons si peu de choses dans le Nouveau Testament à ce sujet. Vous vous souviendrez que l'histoire de l'Église, telle qu'elle nous est donnée dans les écrits inspirés, couvre une période de moins de trente-trois ans — si l'on accepte l'an 66 comme celui où Pierre et Paul subirent le martyre. Mais durant ces années, nous avons des indications que des hommes furent choisis pour être apôtres. La place de Judas, qui devint un traître, fut comblée par le vote des apôtres, Matthias étant choisi. Puis nous lisons dans le Nouveau Testament qu'il y eut quatre autres apôtres — Paul, Barnabas, Junia et Andronicus. À propos de ces deux derniers, Paul dit, dans notre version anglaise de la Bible, qu'ils étaient de renom parmi les apôtres, et dans la traduction de Luther, ils sont appelés apôtres célèbres. Ils étaient donc plus nombreux que les douze originaux. Aussi longtemps que la vraie Prêtrise resta sur la terre, ces officiers se trouvèrent dans l'Église, remplissant le but pour lequel ils y avaient été placés. ¶
Je me réjouis de vivre en un jour où le Seigneur a révélé sa volonté aux hommes et nous a donné sa Prêtrise. Il nous a aussi donné de nombreuses promesses, dont nous savons qu'elles s'accompliront. C'est à nous de vivre de manière à montrer au Seigneur que nous apprécions ce qu'il a fait pour nous, de faire de notre mieux dans les postes où Dieu nous a appelés à servir, et de devenir de meilleurs hommes et de meilleures femmes. Que Dieu nous bénisse, et bénisse son œuvre sur la terre, afin qu'elle prospère, telle est ma prière au nom de Jésus. Amen. ¶