Responsabilités des officiers de pieu et de paroisse
Lorenzo Snow
Mes chers frères et sœurs, c'est presque un prodige pour moi que je m'aventure à vous parler cet après-midi ; non que je n'aie rien à dire, et j'aimerais vraiment avoir le temps et la voix pour le dire, et peut-être que par l'exercice de votre foi et de vos prières, j'aurai la voix pour m'adresser à vous pendant quelques instants. J'ai été enchanté d'entendre parler de l'esprit qui a accompagné les orateurs depuis l'ouverture de cette conférence. Cela me montre un fait glorieux — que, durant les six derniers mois, les Saints des derniers jours n'ont pas été inactifs. Lorsque les anciens s'adressent à cette conférence et que l'Esprit repose sur eux davantage qu'à la conférence précédente, cela montre très clairement qu'il y a eu, de la part des Saints des derniers jours, un progrès dans l'accomplissement de leurs devoirs. À la prochaine conférence, si les Saints continuent à progresser comme ils l'ont fait durant les six derniers mois, nos anciens auront davantage de l'Esprit, et leurs discours vous seront encore plus intelligents et plus utiles qu'ils ne l'ont été durant cette conférence. ¶
Frères et sœurs, que Dieu vous bénisse. Voilà ce que je voulais vous dire. J'ai eu, ces huit ou dix derniers jours, un rhume pénible qui m'a rendu la voix très rauque, et je craignais de ne pouvoir me présenter du tout durant cette conférence. ¶
Je veux dire quelques mots au sujet d'une question particulière, et je ne veux pas que ce que je dirai soit oublié. C'est une affaire qui concerne tous les Saints ; vous y êtes tous intéressés, et particulièrement les présidents de pieu, leurs conseillers, les grands conseillers, les évêques et leurs conseillers, et tous ceux qui ont été désignés pour détenir certaines parties de la sainte Prêtrise et pour être activement engagés dans les divers pieux de Sion. Il y a maintenant cinquante pieux de Sion, et ces pieux sont composés de plusieurs paroisses. En moyenne, il y a probablement sept ou huit paroisses par pieu. À la tête de chaque pieu, il y a un président et deux conseillers, ainsi que douze grands conseillers. Puis il y a des évêques et des conseillers à la tête des paroisses respectives. Et maintenant, quelles responsabilités reposent sur les officiers de ces cinquante pieux ! Le gouvernement des Saints des derniers jours, dans une large mesure, et les responsabilités les plus élevées et les plus sacrées, dépendent de ces cinquante présidents ; et il y a quelque chose à faire pour chacune de ces autorités que j'ai mentionnées. Les responsabilités les plus étendues et les plus importantes incombent à ces officiers. Et bien que, je n'en doute pas, ils aient été assez fidèles par le passé, ils ne l'ont pas été autant, à certains égards, qu'ils auraient dû l'être ; ils n'ont pas pris conscience de leurs sacrées responsabilités autant qu'ils auraient pu le faire. ¶
Cette Église a maintenant près de soixante-douze ans d'âge, et l'on n'attend pas de nous que nous fassions l'œuvre des jours de notre jeunesse, mais une œuvre plus grande, plus vaste et plus étendue. Le Seigneur viendra un de ces jours, et il s'intéresse à l'œuvre que vous devriez accomplir, et qu'il est impatient de vous voir accomplir. Vous devriez faire tout ce qui est en votre pouvoir, et laisser de côté, dans vos affaires, tout ce que vous pouvez sagement laisser de côté, pour vous consacrer à ces questions. Les présidents de ces cinquante pieux devraient considérer le peuple de leurs pieux respectifs, dans leurs divers territoires. Ils devraient les regarder comme leur propre famille, comme leurs fils et leurs filles, et s'intéresser à eux d'aussi près qu'ils devraient s'intéresser à leur propre femme et à leurs propres enfants. Cela devrait être leur préoccupation jour et nuit, de savoir comment et de quelle manière ils peuvent être le plus utiles à ceux qui leur sont confiés. Oh ! frères, souvenez-vous de ces choses dont je vous parle en ce moment ; ne les oubliez pas. Vous, présidents, quand vous vous retirez pour vous reposer, vous pouvez sans doute passer une demi-heure avant de vous endormir à repasser dans votre esprit vos diverses juridictions. Voyez en quoi, que ce soit physiquement, financièrement ou spirituellement, vous pouvez aider, et ce qui peut être fait de mieux pour faire progresser les intérêts de votre famille officielle. Ces évêques, si sages et énergiques qu'ils se croient — et la plupart d'entre eux sont certainement très sages et très énergiques — ont besoin qu'on veille sur eux. Ce n'est pas le devoir des apôtres de veiller sur eux. ¶
Les apôtres ont une œuvre qui va dans une tout autre direction. Je veux que les présidents de pieu comprennent désormais que c'est leur affaire, et non celle des apôtres ; c'est l'affaire des grands prêtres, des anciens, des évêques, des prêtres, des instructeurs et des diacres de veiller à ces choses. Ne faites pas peser ce devoir sur les épaules des apôtres. Cela ne relève pas de leur domaine, sinon à l'occasion seulement. Il existe un certain canal par et à travers lequel le Seigneur entend exalter ses fils et ses filles, ôter la méchanceté de la terre et établir la justice, et ce canal est la Prêtrise, que Dieu a établie et dont il a clairement montré la nature et le caractère des divers offices et devoirs qui s'y rattachent. Les apôtres et les soixante-dix ont pour affaire, par la désignation du Tout-Puissant, de veiller aux intérêts du monde. Les soixante-dix et les douze apôtres sont des témoins spéciaux auprès des nations de la terre. L'affaire des grands prêtres, des anciens et des évêques est de veiller aux intérêts de ces diverses organisations que j'ai mentionnées. Vous, officiers présidents des divers pieux de Sion, le temps vient où vous n'aurez plus à faire appel aux douze apôtres et à dépendre autant d'eux. Ils seront dirigés dans d'autres directions, et je veux que vous le compreniez distinctement ; et ne cherchez pas à rejeter sur ces douze apôtres et sur les soixante-dix des responsabilités qui vous appartiennent. ¶
Je voulais dire cela, et le dire avec force et d'une manière telle que vous ne l'oubliiez pas, que vous ne puissiez pas l'oublier. C'est une responsabilité magnifique, et le Seigneur l'attend de vous. Vous devriez savoir comment les lois de Dieu sont observées dans vos localités respectives — comment le sabbat est gardé ; si les jeunes gens jurent, et sont dehors à minuit alors qu'ils devraient être chez eux ; comment les parents les gouvernent et les surveillent ; dans quelle mesure le peuple paie correctement sa dîme ; ce qu'ils font au sujet de leurs maisons de réunion, de leurs maisons d'école et de leurs lieux de divertissement ; s'ils dépensent trop, ou pas assez, de temps et de moyens dans ces directions ; et ce que vous pouvez faire pour les aider en cela. Regardez ces choses, et tout ce qui touche au bonheur de vos enfants, les membres de cette famille qui est la vôtre, voyez ce que vous pouvez faire à ce sujet. Et le Seigneur Dieu d'Israël vous aidera en cela, car c'est précisément ce qu'il veut que vous fassiez. C'est le devoir qu'il a placé sur vous pour que vous l'accomplissiez, et il vous aidera certainement. Mais lorsque vous prenez une autre voie — lorsque vous comptez sur les apôtres pour réformer vos pieux respectifs — vous faites ce qui n'est pas de votre ressort. Faites-le vous-mêmes, vous présidents de pieu et conseillers, vous grands conseillers, et vous évêques. Le grand conseil devrait visiter, en liaison avec le président et ses conseillers, tout le pieu dont il a la charge. Ce n'est pas entièrement l'affaire du grand conseil d'attendre simplement que des personnes se présentent devant lui pour faire régler une petite affaire sans importance. Il doit faire autre chose, quelque chose de plus noble et de plus grand que de telles petites affaires. Allez là où vous pouvez faire du bien, et faites-le avec entrain. ¶
Maintenant, que Dieu vous bénisse, Saints des derniers jours. Je suis heureux de voir une aussi vaste multitude qu'il y en a ici, et qu'il y en a eu, si je comprends bien, tout au long de cette conférence. Je le répète, je suis tellement enchanté d'apprendre que l'Esprit de Dieu a reposé sur les anciens aussi abondamment qu'il l'a fait, et qu'ils vous ont parlé aussi bien et aussi sagement qu'ils l'ont fait. Je vous remercie de la foi que vous avez exercée, car lorsque je me suis levé ici, je ne savais pas si je pourrais prononcer cinq mots ; mais maintenant j'ai dit ce que je voulais dire. Il y aurait beaucoup à développer à ce sujet, et les frères le feront selon que l'occasion s'en présentera. ¶
Il y a encore une chose dont je pourrais parler. J'avance assez rapidement vers ma quatre-vingt-huitième année ; j'aurai bientôt quatre-vingt-huit ans ; et voilà quelques mois que je travaille avec un seul conseiller — le président Joseph F. Smith. Je sens que j'aurais besoin d'un peu plus d'aide — d'un autre conseiller ; et j'en ai choisi un (par les manifestations du Seigneur, je crois), qui, je pense, sera énergique et fort, servira le peuple, et m'aidera, moi et le président Joseph F. Smith, comme il convient ; et j'espère que vous le soutiendrez et l'appuierez. Que Dieu vous bénisse. Amen. ¶