Les conférences, une bénédiction, et l'importance de la progression
Anthon H. Lund
Je sollicite sincèrement une part dans votre foi et vos prières, afin que, durant les quelques instants où j'occuperai cette tribune, je puisse être entendu de vous et dire quelque chose qui soit pour notre bénéfice mutuel. J'ai pris hier un très vif intérêt aux délibérations de notre conférence. J'ai apprécié les paroles prononcées par nos frères, et j'ai senti qu'elles étaient dictées par l'Esprit de Dieu. Il est agréable de se réunir en de telles occasions pour recevoir l'instruction et être fortifiés dans notre sainte foi. ¶
Le Seigneur a institué ces réunions des saints, et elles se sont révélées une grande bénédiction pour le peuple. Les Israélites d'autrefois avaient reçu le commandement de monter chaque année à Jérusalem pour adorer au temple ; et ce fut un moyen puissant de maintenir le peuple uni. Cela les liait ensemble, et ils renouaient de vieilles connaissances. Lorsque Jéroboam se révolta et que les dix tribus se séparèrent du gouvernement de Roboam, il vit le danger qu'il y avait à laisser le peuple se rassembler à Jérusalem, et il l'interdit donc, dressant pour son peuple des autels étrangers à Béthel et en d'autres lieux. Il ne voulait pas que le peuple aille adorer à Jérusalem, car il sentait que son gouvernement n'en serait pas aussi stable. Le Seigneur, en ordonnant ces rassemblements, de même que les conférences trimestrielles des pieux, l'a fait pour le bien de son peuple. Le peuple se rassemble, le cœur adouci, écoute les serviteurs de Dieu, renoue de vieilles connaissances, et se trouve fortifié dans la fraternité à laquelle il appartient. Je connais beaucoup de gens qui tiennent à assister à ces conférences, et qui estiment en être bien récompensés. Ils se sentiraient mal s'ils ne pouvaient venir ici et s'imprégner de l'esprit de la conférence. ¶
Le président Smith nous a mis en garde hier contre bien des dangers qui nous entourent, et les frères y ont fait allusion. Ce sont là des sujets d'actualité. Nous devrions nous examiner nous-mêmes et considérer la position élevée que nous occupons. Nous professons être des Saints des Derniers Jours, et être un Saint des Derniers Jours en esprit et en vérité signifie marcher avec droiture devant le Seigneur, et régler notre conduite ici-bas de manière à obtenir la vie éternelle. Le monde sait ce que signifie être un Saint des Derniers Jours, et s'il voit que nous agissons d'une manière différente de celle qu'un Saint des Derniers Jours devrait avoir, il nous tient pour des hypocrites, et à juste titre. Professer être des Saints des Derniers Jours ne fait pas de nous des Saints des Derniers Jours. Il faut veiller et prier, s'examiner continuellement soi-même, pour vivre la vie des saints. Nous avons hissé le drapeau de Sion ; nous naviguons sous ce drapeau. Soyons-lui fidèles. Soyons fidèles aux professions que nous faisons, et montrons au monde que nous le sommes non seulement en paroles et en profession, mais aussi par nos œuvres. Étudions la parole de Dieu, et prêtons-y attention, qu'elle soit écrite ou donnée oralement par ses serviteurs. Combien nous sommes reconnaissants que le Seigneur ait parlé aux hommes de notre temps ; que nous ne dépendions pas de la parole écrite seule, mais que nous ayons avec nous les oracles vivants. Nous sommes reconnaissants que la parole de Dieu nous soit parvenue, à travers tant de siècles, aussi pure qu'elle l'est. De tous les peuples de la terre, nous avons les meilleures raisons de croire aux Écritures. Nous n'avons pas seulement les preuves de leur véracité que nous tirons des Écritures elles-mêmes — et leurs preuves internes, telles que les prophéties et les vérités historiques, nous touchent fortement —, mais nous avons aussi d'autres preuves que le monde rejette. Nous avons le Livre de Mormon, qui contient de nombreux extraits des prophéties que renferme la Bible. À peu de choses près, bon nombre des prophéties d'Ésaïe, ainsi que celles d'autres prophètes, nous sont parvenues dans le Livre de Mormon, et ce fait nous fournit une preuve supplémentaire de la véracité de la Bible. Nous voulons nous familiariser avec la Bible, le Livre de Mormon et le Livre des Doctrine et Alliances, et nous préparer à recevoir davantage de la parole de Dieu. Chaque fois que le Seigneur a eu une dispensation sur la terre, il a toujours favorisé son peuple de sa parole et de sa faveur. Il n'a pas laissé son peuple errer dans les ténèbres, mais s'est révélé à lui. Chaque fois que la révélation n'a pas été donnée, les hommes ont péri spirituellement. Le sage d'autrefois a dit : « Quand il n'y a pas de révélation, le peuple est sans frein. » ¶
La révélation est nécessaire pour guider le peuple de Dieu. Le président Woodruff avait coutume de dire que nous ne pourrions exister un seul jour en tant qu'Église sans la révélation de Dieu. Nous en dépendons, et nous ne pouvons nous en passer. Notre adversaire veut nous faire croire qu'elle n'est pas nécessaire, et je me suis souvent demandé combien il était étrange qu'il puisse amener des gens qui croient au Christ et aux Écritures à se satisfaire d'un état de choses où les cieux étaient fermés aux hommes. Des personnes se disant disciples du Christ ont été disposées à défendre cette idée, et à déclarer que ceux qui croyaient à la nécessité de la révélation se trompaient, et qu'en acceptant une révélation nouvelle de Dieu, nous nous exposions à la malédiction prononcée par Jean contre quiconque ajouterait à son livre. Je crois aujourd'hui aussi fermement que lui alors que tout homme qui, de lui-même, ajouterait à la parole de Dieu s'exposerait à la malédiction qu'il prononce, car nul n'a le droit de le faire ; mais Jean n'a jamais voulu donner à entendre que le Seigneur n'avait pas le droit de donner d'autres révélations. Il a montré par sa propre conduite que telle n'était pas sa pensée ; car après avoir écrit ces paroles si souvent citées contre la révélation nouvelle, il écrivit ce bel évangile qui porte son nom, et qui contient tant de choses précieuses. Le Seigneur n'est nullement limité de cette manière. ¶
Depuis les jours de Moïse jusqu'aux jours des apôtres, il donna des révélations et inspira ses serviteurs pour qu'ils les mettent par écrit. Combien nous sommes reconnaissants que ces annales aient été conservées ! Moïse a été appelé la première plume de Dieu. Les plus anciens écrits authentiques que nous possédions viennent de lui, et, en les étudiant, nous voyons combien la parole de Dieu est cohérente du début à la fin. Moïse donna aux hommes le même avertissement que Jean, et pourtant, après lui, il y eut de nombreux rédacteurs d'Écritures. Nous avons beaucoup de livres écrits depuis lors, dont nous savons qu'ils ont été écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit. Beaucoup de livres ont été perdus, et beaucoup de livres seront encore mis au jour par la puissance de Dieu. Le Seigneur a soigneusement gardé sa parole, de sorte qu'elle nous est parvenue, à travers ses nombreuses traductions, presque intacte. Nous aimerions que nos jeunes gens et nos jeunes filles étudient ces ouvrages et se familiarisent avec les joyaux de vérité que l'on trouve sur leurs pages. L'hiver approche, et nous aimerions que notre peuple emploie les soirées d'hiver à se perfectionner. Cela s'applique particulièrement aux jeunes. Nous aimerions qu'ils s'abstiennent de trop danser. La danse est un agréable divertissement lorsqu'elle est pratiquée comme il convient ; mais un excès de danse rend l'esprit frivole et empêche ceux qui s'y adonnent ainsi de se consacrer à l'étude. Il y a certes des moments où il est bon de se détendre. La détente est nécessaire, mais elle ne devrait pas être l'objet principal de nos soirées d'hiver. Nous espérons que ceux qui appartiennent aux associations d'amélioration mutuelle apprendront leurs leçons et ne manqueront aucune réunion. Lorsque vous prenez votre manuel pour l'étudier, tâchez de prendre aussi d'autres livres sur des sujets semblables. Allez à la source d'où ces choses sont tirées, et étudiez tout ce que vous pouvez sur le sujet, afin d'être pleinement informés. Alors vos soirées vous seront agréables lorsque vous vous réunirez avec vos amis appartenant à la même société. ¶
En parlant du fait que le Seigneur a inspiré ses serviteurs à tenir des annales, je me rappelle que nous, en tant que peuple, écrivons l'histoire, et que cette histoire devrait, elle aussi, être conservée. Le jour même où l'Église fut organisée, le prophète reçut une révélation disant qu'une annale devait être tenue dans l'Église. Par la suite, à plusieurs reprises, le Seigneur instruisit Joseph à ce sujet, lui disant de nommer un historien général qui tiendrait une annale de tous les événements de l'Église. Un an et demi plus tard, il lui fut dit de tenir une annale des saints et de leur condition dans l'Église. C'est là un sujet sur lequel le prophète insista beaucoup, mais la tenue des annales a été passablement négligée parmi nous. Avant même la révélation lue par frère Clawson, où il était dit qu'une annale devait être tenue, une révélation avait été reçue commandant de tenir une annale généalogique — les noms de ceux qui étaient baptisés, et de toutes les ordinations, etc., faites dans l'Église. Le Seigneur instruisit ses serviteurs que tout devait se faire dans l'ordre. Ces derniers temps, je suis heureux de le constater, on observe dans les différents pieux et paroisses une tendance croissante à prendre soin des annales. Nous espérons que cela deviendra uniforme dans toute l'Église, et que dans chaque pieu et chaque paroisse seront tenues des annales donnant un historique précis du pieu ou de la paroisse. Dans chaque paroisse, deux annales devraient être tenues. L'une, une annale généalogique des naissances, bénédictions, baptêmes, ordinations, etc. Au bureau du Deseret News, on peut se procurer des registres déjà imprimés, avec des en-têtes qui suggéreront ce qui doit être noté. ¶
Ensuite, on devrait tenir une annale de tout ce qui d'important se passe dans la paroisse. Le greffier de la paroisse peut apporter son registre aux réunions et, pendant que la réunion se déroule, noter quelques éléments de ce qui se dit, qui est présent, etc. Il n'est pas nécessaire de consigner par écrit les sermons ou les arguments des frères, car sans doute ces choses peuvent-elles se trouver plus complètement dans d'autres livres ; mais tenez une annale des événements au fur et à mesure qu'ils se produisent, des changements dans la paroisse, dans l'épiscopat, chez les instructeurs, dans les diverses associations et institutions de la paroisse. Il est vrai que les diverses sociétés tiennent des registres, mais le greffier de la paroisse devrait au moins noter les changements qui surviennent, afin que ses registres de paroisse constituent une histoire véridique de la paroisse. Aujourd'hui, quand on entre dans certaines paroisses et qu'on demande qui fut le premier évêque de la paroisse, et qui le suivit, il n'y a pas un trait de plume pour en témoigner ; et lorsque nous envoyons frère Andrew Jenson, l'un des assistants du bureau de l'historien, s'enquérir de l'histoire des paroisses, on le renvoie souvent aux membres les plus âgés de la paroisse pour obtenir les renseignements qu'il désire. Il ne devrait pas en être ainsi. Nos registres de paroisse devraient contenir une histoire de la paroisse depuis son organisation et les changements qui s'y sont produits, ainsi que les événements importants qui s'y sont déroulés. Dans les pieux, il devrait également y avoir deux registres. Aucune annale généalogique n'y est nécessaire, mais un registre du grand conseil et un registre de l'histoire du pieu sont requis. Ces registres n'exigent pas beaucoup d'écriture ; peu de chose, écrit au moment voulu, suffira à maintenir l'histoire à jour. Si l'on y veille, lorsque viendra le temps d'écrire l'histoire des divers pieux et paroisses, nous disposerons des matériaux nécessaires pour le faire. ¶
J'ai tenu à dire cela au sujet de la tenue des annales. Lorsque des conférences de paroisse ont lieu et que la présidence du pieu les visite, il devrait être entendu que ce jour-là devrait aussi être un jour d'inspection des registres dans cette paroisse. Que l'évêque fasse apporter tous ses registres, afin que la présidence du pieu puisse les examiner ; et la présidence pourra signaler ce qui manque, ou féliciter là où de bons registres sont tenus. Nous avons trouvé nécessaire de fixer un jour chaque année à cet effet, et nous pensons que le jour où se tient la conférence de paroisse est le meilleur moment pour que la présidence du pieu inspecte les registres. Il est nécessaire que ces choses soient conservées. Le registre généalogique revêt une grande importance. Combien nous sommes heureux, lorsque nous allons de par le monde, de constater avec quel soin on y a tenu un registre des naissances, de sorte que nous pouvons retracer notre ascendance, dans certains pays, sur plusieurs centaines d'années. Cela ne pourrait se faire si les registres généalogiques étaient tenus avec négligence. Il arrive ici qu'on les consigne sur des bouts de papier, qu'on range dans un tiroir, et qu'on égare parfois. Il ne doit pas en être ainsi. Lorsque nous entreprenons de faire une chose, faisons-la bien. Ne vous fiez pas au seul greffier, mais que l'évêque sente qu'il lui incombe de veiller sur les registres de sa paroisse. Les statistiques ne peuvent être tenues correctement si les registres eux-mêmes ne le sont pas. Il faut aussi veiller aux certificats d'appartenance. Les évêques devraient s'assurer que ceux qui déménagent reçoivent leur certificat à emporter dans les paroisses où ils s'établissent ; et les paroisses où ils arrivent devraient chercher à connaître leur situation, afin de pouvoir les recevoir. Beaucoup se perdent parce qu'ils déménagent sans certificat et ne se joignent pas aux paroisses ou aux branches où ils s'établissent, alors que, si l'on s'occupait d'eux et qu'on les réchauffait, ils pourraient devenir des membres actifs de l'Église. ¶
Je suis satisfait, frères et sœurs, de l'état du peuple. Lorsque frère Cowley a évoqué hier une époque où tant de gens apostasiaient de l'Église, j'ai pensé combien il est heureux qu'il n'en soit plus ainsi aujourd'hui, et que les excommunications soient très rares. En fait, je crois que la discipline de l'Église pourrait être plus stricte et constituer une bénédiction pour le peuple. Mais c'est un signe de bonne santé de voir qu'il n'y a plus autant d'apostasies que par le passé. Je crois que le peuple comprend mieux les principes de l'Évangile et vit l'Évangile plus parfaitement. Il a montré, au cours des deux dernières années, comment il a reçu la parole du prophète au sujet de la dîme, et je crois que le Seigneur le bénira, tant temporellement que spirituellement, pour avoir satisfait à cette exigence. Il sera fortifié dans sa foi, et il y aura moins de danger d'apostasie qu'à l'époque où l'on refusait de garder les commandements de Dieu. Que le Seigneur vous bénisse tous, au nom de Jésus. Amen. ¶