Obéissance, sacrifice et dîme
William H. Smart
Je me sens honoré du Seigneur, en tant que son serviteur, d'avoir ce grand privilège de m'adresser à vous dans cette réunion de débordement de la conférence. ¶
Je vais vous lire ces paroles du Seigneur au prophète Joseph Smith, que l'on trouve dans la 64e section du livre de Doctrine et Alliances : ¶
« Voici, le Seigneur exige le cœur, et un esprit bien disposé ; et celui qui est bien disposé et obéissant mangera l'abondance du pays de Sion en ces derniers jours. Et les rebelles seront retranchés du pays de Sion, seront chassés et n'hériteront pas le pays. Car en vérité, je dis que les rebelles ne sont pas du sang d'Éphraïm, c'est pourquoi ils seront arrachés. » ¶
« Car voici, je vous dis que Sion s'épanouira et que la gloire du Seigneur sera sur elle. Et elle sera une bannière pour le peuple, et on viendra à elle de toutes les nations sous le ciel. Et le jour viendra où les nations de la terre trembleront à cause d'elle et craindront à cause de ses gens terribles. » ¶
Je me suis senti impressionné par ce qui nous a été donné du Seigneur, pendant le temps où les frères nous ont parlé. Ils ont insisté très fortement sur le sujet de l'obéissance et du don total de nous-mêmes au Seigneur. Mon esprit, quand je contemple ce principe de l'obéissance, retourne à ce que nous apprenons dans la Perle de Grand Prix, lorsque, dans les conseils du ciel, furent examinés les fondements de la terre et son édification. Deux plans furent présentés à ces conseils, et à cause de l'esprit humble et obéissant que manifesta Jésus-Christ, il fut choisi pour exécuter ce plan que son Père approuva, et Satan se rebella parce que la confiance était donnée à son frère plus doux, Jésus. Lorsque cette terre fut formée et qu'Adam y fut placé avec sa femme Ève, nous constatons que, chez leurs enfants, deux esprits se manifestèrent — l'obéissance et la désobéissance ; d'un côté, le don du cœur à Dieu, et de l'autre, l'individu devenant loi pour lui-même. Abel offrit à Dieu un sacrifice dans la justice, tandis que son frère Caïn ne le fit pas. Le sacrifice d'Abel fut accepté du Seigneur, tandis que celui de Caïn fut rejeté ; et, à mesure que nous descendons le cours du temps, on ne saurait trouver de plus bel exemple de foi parfaite et simple que celui de l'histoire de notre père Abraham. Bien qu'un pays lui eût été donné, à lui et à sa postérité, bien qu'il lui eût été dit que par lui et sa descendance la terre serait bénie, Dieu exigea néanmoins de sa main son fils Isaac, et lui dit d'aller à la colline de Moriah pour l'y offrir en sacrifice au Seigneur. Il lia ensemble les bâtons de bois, prit le jeune homme, et se mit en route vers la montagne, où il laissa ses serviteurs et lia les bâtons sur le dos de son fils ; et le petit garçon, tandis qu'il trottinait aux côtés de son père, dit : « Mon père, mon père ? » Abraham répondit : « Me voici. » L'enfant dit alors : « Voici les bâtons ; où est l'agneau pour le sacrifice ? » Le père répondit : « Le Seigneur pourvoira lui-même à l'agneau du sacrifice. » ¶
Ils continuèrent donc jusqu'à la colline. Le père bâtit un autel, y posa les bâtons, puis y plaça son fils bien-aimé Isaac. Comme il allait l'offrir en sacrifice, un ange du Seigneur arrêta sa main, et l'on trouva un bélier dans le fourré pour le sacrifice. Cela suffisait. Dieu avait éprouvé son cœur, et il avait éprouvé son âme ; il avait établi qu'Abraham lui avait donné tout son cœur, entièrement et sans réserve. Et à cause de cela, l'ange du Seigneur lui dit : « Parce que tu n'as pas retenu loin de moi ton fils, ton fils unique, voici, en te bénissant je te bénirai, jusqu'à ce que ta postérité soit comme le sable qui est au bord de la mer et comme les étoiles au firmament des cieux. » Et il dit encore : « En toi, et en ta postérité, seront bénies toutes les nations de la terre. » ¶
Abraham donna à Dieu son cœur sans réserve, et Dieu promit de le lui rendre au centuple. Il eut la foi et le pouvoir de donner sa propre chair et son propre sang en sacrifice à Dieu ; et en offrant ainsi sa chair et son sang, Dieu lui promit que sa postérité, sa chair et son sang, deviendrait aussi nombreuse que le sable du bord de la mer et que les étoiles au firmament des cieux. ¶
Dieu a dit que toute bénédiction qui est dans l'Église du Christ est fondée sur l'observance de la loi. Il a institué la loi du sacrifice, la loi de la dîme, pour le salut temporel du peuple de Dieu. Nous apprenons, dans l'histoire des Juifs, qu'Adam et Ève reçurent les fruits de tous les arbres du jardin, et reçurent tout le bétail de la terre, les poissons de la mer et les oiseaux du ciel pour leur nourriture et leur soutien ; mais d'un seul arbre, Dieu exigea qu'ils ne touchassent pas au fruit, mais qu'ils lui en fissent un sacrifice, et qu'en agissant ainsi, en n'enfreignant pas cette loi de leur salut temporel, le jardin d'Éden leur serait assuré, mais que s'ils l'enfreignaient, ils perdraient leur demeure et seraient chassés jusque dans le monde solitaire et désolé. En observant la loi temporelle, ils recevraient des bénédictions temporelles ; en enfreignant la loi, ils perdraient leur demeure. Ils enfreignirent la loi, l'ange du Seigneur les chassa, et la terre produisit des ronces, des chardons et des herbes nuisibles au lieu des fruits succulents qu'elle produisait auparavant. Ils transgressèrent la loi, et leur propre vie, ainsi que la vie de leurs propres enfants, produisirent dans la chair des ronces, des chardons et des herbes nuisibles. Quelque temps après vint un peuple sous la conduite d'Hénoc, qui appliqua les principes du sacrifice à une portion de la surface de la terre, et ils élevèrent cette portion de la terre à un état de sanctification. À mesure qu'ils appliquaient les principes de la sanctification, la loi du sacrifice, à cette portion de la surface de la terre, et qu'ils l'appliquaient à leur propre vie, ils rachetèrent leur demeure et se rachetèrent eux-mêmes, jusqu'à ce qu'enfin il soit écrit que la Cité d'Hénoc « ne fut plus, parce que Dieu l'avait enlevée ». ¶
Ceci, mes frères et sœurs, s'est imprimé dans mon esprit comme la manière dont cette terre doit être rachetée. Dieu bénit ce peuple pour racheter cette portion de la surface de la terre, et nous avons leur exemple devant nous. De nos jours, Dieu dit à nos pères et à nos mères, avant qu'ils ne vinssent dans ce pays, que s'ils gardaient la loi de sanctification, ce serait pour eux un pays de Sion, et qu'ils ne seraient pas vaincus par leurs ennemis. Il leur fut impossible de garder cette loi ; et de même que Dieu retira la Prêtrise de Melchisédek et Moïse à l'ancien Israël, de même, dans sa miséricorde, il retira au peuple la loi supérieure de la rédemption temporelle, et il leur laissa la loi inférieure, celle de la dîme. Nous errons maintenant tous dans le désert des États de l'Ouest de l'Amérique avec cette loi inférieure, temporelle, parmi nous, donnée par la miséricorde de Dieu pour nous racheter et nous ramener à cette condition où nous pourrons observer la loi supérieure. Et Dieu nous supplie, par son prophète, aujourd'hui, et c'est là l'un des signes des temps. Quand nous pourrons observer cette loi, alors la venue du Christ sera proche, même à nos portes ; Sion sera rebâtie, et elle sera rachetée comme la Cité d'Hénoc fut rachetée, et la loi ira de l'avant, et Sion croîtra et s'épanouira comme je vous l'ai donné ici — « Car voici, je vous dis que Sion s'épanouira et que la gloire de Dieu sera sur elle. » ¶
Je vous rends témoignage que Dieu nous a renouvelé ce principe du sacrifice par le président Lorenzo Snow. Il nous a donné une bénédiction afin que nous ayons le privilège de renouveler ce pays, et nous devons racheter cette terre ; et nous devons nous racheter nous-mêmes par cette loi du sacrifice, et nous la gagnerons pouce par pouce, par les bénédictions du Seigneur, à mesure que nous appliquerons ce principe du sacrifice à cette terre qui est la nôtre. L'homme qui ne paie pas sa dîme est celui qui a les yeux fermés à ce principe. Nous devrions prier pour que Dieu nous bénisse de son esprit afin que nous fassions sa volonté à cet égard, et recevions ainsi une bénédiction qui est fondée sur l'obéissance. ¶
Je désire dire aux Saints des derniers jours une chose que j'avais à cœur de dire hier soir à la réunion de la Prêtrise. Il y a un an, pendant notre conférence, je suis allé à l'Union des écoles du dimanche et j'ai entendu l'apôtre Heber J. Grant tenter de chanter, et j'ai entendu certaines personnes dire, après que j'eus quitté la salle, qu'il s'était donné en spectacle. Il s'était tenu debout là et avait tenté de chanter un cantique de Sion, « Ô mon Père, toi qui demeures ». Il nous parla un peu avant cela, puis il tenta de chanter l'un des couplets, et ne trouva pas le bon ton ; mais il dit qu'il allait réessayer, comme le faisait autrefois frère Goddard quand il perdait le ton, et il le chanta de nouveau de la même vieille manière. Il voulait chanter ce cantique parce qu'Eliza R. Snow l'avait composé. Elle avait exercé une grande influence sur son cœur, et avait prophétisé en langues qu'il serait encore l'un des dirigeants de ce peuple. Il désirait apprendre à chanter « Dieu se meut d'une manière mystérieuse », parce que c'était l'hymne le plus aimé de notre bien-aimé président Woodruff. Je vous dis, jeunes gens et jeunes filles devant moi, que je sens dans mon cœur que Dieu a inspiré à cet homme de se mettre à chanter. Il nous cita ce soir-là que Dieu se plaît dans le chant du cœur ; oui, le chant du juste est une prière qui monte vers lui, et elle recevra une réponse par une bénédiction sur sa tête. Mon petit garçon était assis avec moi quand frère Grant dit cela, et ses yeux dansaient de joie et les muscles de son visage tressaillaient d'excitation. Je le remarquai, et je me dis : « Je me demande si un apôtre du Seigneur Jésus-Christ sera dépouillé d'une part de son pouvoir et de sa gloire parce qu'il se donne en spectacle devant les Saints des derniers jours. » Deux semaines plus tard, il y eut une conférence à Ogden. Parmi les orateurs annoncés se trouvait frère Heber J. Grant. Mon petit garçon dit : « Je veux aller à cette conférence, papa, si Heber J. Grant doit y être. » ¶
J'étais alors ici pour la mission des États de l'Est, et je me demandais ce que je pourrais faire pour aider cette mission. C'est une mission dure et froide, et nos anciens étaient presque découragés en certains endroits, parce qu'ils ne pouvaient pas dégeler suffisamment les gens pour qu'ils prêtent l'oreille à l'Évangile. Ils ne prêchaient pas autant qu'ils l'auraient dû ; et comme j'étais assis à ma place ce soir-là, un sentiment me vint que Dieu m'avait apporté une inspiration par l'intermédiaire de frère Grant. Je retournai à cette mission et me rendis à chaque conférence et dans chaque partie de celle-ci, et j'agis selon l'idée que la persévérance triomphe de bien des difficultés. Que Dieu vous bénisse. Amen. ¶