L'œuvre du temple et les devoirs de la Prêtrise
Marriner W. Merrill
Je suis heureux de voir tant de personnes présentes à cette conférence. Nous venons de différentes régions de cet État et d'autres États pour recevoir conseil et avis et pour participer de l'esprit de la conférence. ¶
Assis ici hier, je pensais que cela fait quarante-sept ans ce printemps que j'ai assisté pour la première fois à une conférence dans cette ville, et j'ai comparé, dans mon esprit, les changements survenus depuis cette époque jusqu'à aujourd'hui. À cette époque, aucun de ces beaux bâtiments de ce pâté de maisons n'existait. Nous nous réunissions, je crois, dans l'ancien tabernacle, et l'assemblée était petite comparée à ce qu'elle est aujourd'hui. Depuis lors, beaucoup de nos chers frères et dirigeants de l'Église ont été appelés à œuvrer dans une autre sphère, et d'autres ont pris leur place ; ce beau tabernacle a été érigé ; et quatre temples ont été bâtis dans cet État au nom du Seigneur, à un coût de plusieurs millions de dollars. Il est merveilleux de contempler le progrès et l'avancement accomplis par le peuple de Dieu. Le Seigneur a certainement béni leurs travaux, et les a multipliés dans les bonnes choses de la terre. Il les a aussi accrus en foi et en toute bénédiction qui rend la vie désirable. Nous devrions certainement être un bon peuple, et bien humble. Nous devrions reconnaître Dieu, et, dans la sincérité de notre âme, le rechercher pour une continuation de ses miséricordes. ¶
Hier, en pensant aux temples qui ont été bâtis, je me suis demandé combien parmi nous apprécient le privilège d'entrer dans la maison du Seigneur et d'accomplir une œuvre par procuration pour nos proches défunts. La doctrine du salut pour les morts fut révélée à l'Église dès les premiers jours. Depuis le tout début de l'œuvre, l'Église a reçu le commandement de bâtir des temples. Il en fut ainsi chez les Néphites. Ils n'étaient sur ce continent que depuis quelques années lorsqu'ils commencèrent l'érection d'un temple. L'œuvre, dans cette dispensation, n'était inaugurée que depuis quelques années lorsque la construction d'un temple commença. Cela montre l'importance de cette œuvre, et la nécessité pour les Saints des derniers jours de travailler dans l'intérêt de leurs ancêtres décédés. Bien des frères et sœurs peuvent témoigner que nombre de ceux pour qui l'on a officié dans les temples du Seigneur ont approuvé l'œuvre accomplie pour eux par leurs amis. Au milieu de tous nos autres soucis et travaux, ce principe de la rédemption de nos ancêtres ne devrait pas être perdu de vue. Nos anciens, lorsqu'ils partent à l'étranger, surtout s'ils se rendent au pays de leurs pères, devraient s'appliquer avec diligence à rechercher les registres de leurs ancêtres, afin que, à leur retour, ils puissent officier pour eux dans les temples du Seigneur. Nous n'avons que cette courte vie — quelques jours seulement — pour nous consacrer à cette œuvre et pour manifester à nos proches de l'autre côté que nous nous intéressons à eux, et nous devrions saisir cette occasion. Nous ne pouvons être rendus parfaits sans eux ; et eux non plus ne peuvent être rendus parfaits sans nous. Cette œuvre de rédemption des morts se poursuivra. Le président Taylor a dit un jour qu'elle se poursuivrait de notre vivant, et du vivant de nos enfants, et du vivant des enfants de nos enfants, et tout au long du Millénium, et je ne sais combien de temps encore. Le modeste commencement que nous avons fait est comme une goutte dans l'océan, comparé à ce qui reste à accomplir ; car le dessein du Père est de sauver et de racheter ses enfants. ¶
Les saints se sont plutôt bien comportés, compte tenu de leurs circonstances ; mais l'esprit de l'œuvre du temple n'a pas encore pénétré le cœur du peuple dans son ensemble. Un certain nombre ont accompli une bonne œuvre, et ont recherché avec diligence les registres de leurs pères ; tandis que d'autres sont demeurés indifférents. Je sens, au fond de mon cœur, qu'il devrait y avoir un réveil parmi le peuple à ce sujet. Tant que nous en avons l'occasion — tant que le jour dure — saisissons ce privilège. Certains le remettent à plus tard parce qu'ils n'ont qu'un petit registre, et se disent : « Je pense que j'attendrai encore un peu jusqu'à ce que je puisse augmenter mon registre, afin que, une fois que je commencerai, je puisse continuer. » Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Si vous n'avez le registre que de quelques-uns, ces quelques-uns devraient être officiés ; et lorsque vous vous en serez occupé, si vous êtes diligents, la voie s'ouvrira pour que vous puissiez obtenir d'autres registres. Cela s'est produit fréquemment. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre lorsque nous en avons l'occasion. ¶
Je suggère ces choses parce que je me consacre à cette œuvre, et j'en sens l'importance. Il est tout aussi important de racheter nos ancêtres que d'aller à l'étranger amener des âmes dans l'Église. Les maisons du Seigneur ont été érigées, leurs portes sont ouvertes à ceux qui en sont dignes, et nous devrions nous en occuper. De plus, aux temples du Seigneur sont associées des bénédictions qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Le pouvoir de Dieu s'y manifeste fréquemment à des individus. Les visions de leur esprit s'ouvrent, et ils voient les choses de Dieu. Bien entendu, ces choses ne sont pas destinées au public, ni à être proclamées au loin ; elles sont sacrées, et données par le Seigneur pour le réconfort et la consolation de ses fidèles serviteurs et servantes. C'est pourquoi j'insiste sur l'importance, pour les saints, de considérer ces choses dans leurs foyers. Les familles devraient organiser leurs affaires de sorte que cette œuvre puisse être accomplie de leur vivant ; car l'évidence se manifeste de toutes parts qu'il ne restera plus longtemps avant que vous et moi soyons parmi ceux qui furent ; nous serons passés de l'autre côté, nos labeurs, pour ce qui est de la condition mortelle, achevés. Maintenant est le temps favorable ; maintenant est le jour du salut. ¶
Beaucoup de choses me sont venues à l'esprit hier au sujet de la croissance et de la sanctification du peuple. J'ai découvert, dans mon expérience, que c'est un labeur constant que d'obéir aux préceptes de l'Évangile. Nous avons une organisation d'Église parfaite. On ne trouve rien de semblable nulle part. Elle vient du Seigneur. Nous avons des organisations de pieu et de paroisse. L'une des organisations de pieu est le grand conseil. Or, on a longtemps considéré que la fonction de conseiller du grand conseil était nominale, et qu'il n'y avait pas grand-chose à faire pour le grand conseil. C'est une idée erronée. Il devrait être un avec la présidence du pieu, comme les Douze Apôtres sont un avec la Présidence de l'Église ; et ce serait une excellente chose si les présidents de pieu suivaient l'exemple de la Présidence de l'Église. Nous constatons que la Présidence de l'Église tient ses réunions régulières. Elle se réunit un jour par semaine, et autant des Douze qu'il est possible se joignent à elle. Il serait bon que cela soit suivi dans les pieux. Que la présidence de pieu se réunisse chaque semaine, et que le grand conseil se joigne à elle, et discute des questions touchant au bien-être du peuple du pieu. Qu'ils chantent et prient ensemble, et demandent au Seigneur de les diriger dans leur ministère. Je sais que c'est une bonne chose. Je vais vous dire ce qui est nécessaire dans toute l'Église : c'est que chaque paroisse de l'Église soit travaillée par les officiers de la paroisse et du pieu, afin que l'on puisse dire, dans un an, que tout non-payeur de dîme de l'Église a été converti. Quelqu'un doit accomplir ce travail ; pourquoi la présidence de pieu et le grand conseil ne s'en chargeraient-ils pas, pour voir quel bien ils peuvent accomplir dans les années à venir ? Qu'ils voient s'ils ne peuvent pas amener une réforme, afin que le rapport ne parvienne pas au président de l'Église qu'il y a dix mille, ou tout autre nombre, de non-payeurs de dîme dans l'Église. ¶
Cette loi de la dîme n'a pas été instituée par l'homme ; c'est la parole du Seigneur au peuple, et ceux qui ne s'y conforment pas subiront certainement une perte. D'où l'importance que chaque membre de l'Église soit éclairé, afin qu'il puisse être amené à se rendre compte de sa position et de la nécessité de se réformer et de faire mieux. Et comment un homme peut-il être converti sans que quelqu'un le convertisse ? Comment peut-il entendre sans prédicateur ? Si ce travail devait incomber à la présidence et au grand conseil, cela donnerait au grand conseil autre chose à faire que de siéger sur des procès. Bien que les grands conseils soient organisés et préparés à entendre et à juger les difficultés entre frères, leurs travaux devraient être dirigés vers d'autres voies, et ceux qui ont des difficultés devraient être conseillés de les régler eux-mêmes. ¶
Je vais vous dire comment j'ai procédé dans le pieu de Cache. Durant la dernière année, nous n'avons pas eu un seul procès devant le grand conseil. Nous avons choisi des frères et les avons envoyés vers les parties ayant des difficultés et des troubles, et j'ai dit aux frères : Allez leur chanter les chants de Sion. « Eh bien, combien de fois devons-nous chanter ? » « Eh bien, chantez une fois, puis priez ; chantez encore, et continuez à chanter jusqu'à ce que l'Esprit du Seigneur soit là, et que vous puissiez sentir un adoucissement. » Je vous assure que cela a produit d'excellents résultats. Les difficultés ont été réglées par les parties elles-mêmes. Leur cœur s'est adouci, et elles ont décidé d'arranger elles-mêmes leurs différends. C'est la seule manière dont ils puissent être réglés. Le grand conseil ne peut pas le faire ; le tribunal de l'évêque ne peut pas le faire. Ils peuvent rendre des décisions, mais cela règle-t-il la chose ? Il n'y a qu'une seule manière de la régler, et elle est exposée dans les Écritures : va trouver ton frère, et arrangez-vous entre lui et toi seul. Réglons nos différends nous-mêmes, et que le grand conseil soit employé à prêcher l'Évangile et à converser au coin du feu, tout comme nos anciens le font dans le monde. Nos anciens font plus de convertis au coin du feu qu'ils n'en font en chaire. Ils vont dans les foyers du peuple et s'entretiennent avec lui. C'est exactement ce dont Sion a besoin. Que nos frères qui détiennent l'autorité aillent s'asseoir au coin du feu du peuple, et le convertissent à assister à ses réunions et à accomplir son devoir. ¶
On se plaint particulièrement que les anciens n'assistent pas aux réunions de leur collège. Ils ont besoin d'être convertis. Ce sont de bons hommes, mais insouciants et inconsidérés. Leur esprit a besoin d'être touché par l'Esprit du Seigneur, et il faut qu'un réveil se produise dans leur cœur. Il n'y a pas de difficulté avec les sœurs ; si les frères veulent seulement agir droitement, diriger et conseiller, chanter et prier dans le cercle familial, les sœurs iront très bien. La difficulté réside chez les chefs de famille et chez les porteurs de la sainte Prêtrise, qui ont accepté d'accomplir leur devoir, car lorsque nous ordonnons des gens aujourd'hui, nous leur demandons s'ils seront fidèles dans leur appel et leur ministère. Nous avons besoin d'un réveil. ¶
S'il convient que la présidence et le grand conseil se réunissent, et chantent et prient ensemble, la même règle s'applique à l'épiscopat de chaque paroisse. Tenez ces réunions chaque semaine ; et ne laissez pas quelque chose d'insignifiant vous en détourner. Un épiscopat m'a dit qu'aucun de ses membres ne savait chanter. J'ai suggéré qu'ils fassent appel à quelqu'un qui sache chanter ; et s'ils ne pouvaient trouver personne, qu'ils chantent eux-mêmes du mieux qu'ils le pouvaient. Faites de votre mieux, et le Seigneur l'acceptera. Chantez et priez, et discutez des affaires de la paroisse. Aussi sûrement que vous adopterez cette politique et la mettrez en pratique, vous serez des bienfaiteurs pour la paroisse et une bénédiction pour le peuple. Votre esprit se tournera vers l'intérêt du peuple ; et lorsqu'il verra que vous avez son bien-être à cœur, il sera disposé à venir vous demander conseil. Le président Snow dit qu'il y a beaucoup d'évêques qui n'accomplissent pas leur devoir. Je sais que c'est vrai, et je sais que le Seigneur l'a inspiré à le dire, car il ne pourrait rendre visite personnellement à chaque paroisse pour en connaître l'état. Le Seigneur l'a inspiré à dire cela, et cela devrait pénétrer notre cœur. Nous voulons sauver des hommes et des femmes ; nous voulons sauver des familles. Nous allons à l'étranger et dépensons notre temps et nos moyens à prêcher l'Évangile et à rassembler des gens dans l'Église, alors que, en bien des cas, nous négligeons ceux qui se trouvent juste à notre porte. Tous ne sont pas semblables, et c'est une bonne chose que nous ne le soyons pas. Le président Snow dit que chacun de nous a sa propre individualité, et qu'il en sera toujours ainsi. Je suppose que nous serons toujours exactement ce que nous sommes, et si nous progressons en nous-mêmes, tant mieux. On s'attend à ce que nous progressions, et à ce que nous nous répandions au loin. ¶
Il est décrété dans les cieux que ce peuple sera à la tête, et que les grands hommes de la nation viendront, avec le temps, à Sion, chercher conseil et sagesse. Où irons-nous le trouver ? Quels sont nos avantages sur les autres peuples ? Eh bien, nous communions avec les cieux. C'est là où nous devançons le monde. Non seulement nous avons les avantages de leur savoir, mais nous avons l'inspiration divine, par laquelle notre esprit est éclairé. La Présidence de l'Église a les cieux ouverts pour elle par l'Esprit et le pouvoir de Dieu, et elle sera capable de conseiller les plus sages des nations. Ce temps viendra ; et il n'est pas loin. ¶
Mes frères et sœurs, je sens l'importance qu'il y a à ce qu'un réveil se produise parmi les saints. Ne pensez pas atteindre de grandes choses par des mesures particulières, comme frère Smoot y a fait allusion hier, telles que des réunions de jeûne spéciales pour le bénéfice de quelqu'un. Prenez l'ordre de l'Église tel qu'il est, et ne cherchez pas à introduire des questions accessoires ni à changer les ordonnances de l'Évangile. Si nous changeons les ordonnances de l'Évangile, nous romprons bientôt l'alliance que nous avons contractée. Le Seigneur se plaignit à l'ancien Israël de ce qu'il transgressait ses lois, changeait les ordonnances et rompait l'alliance éternelle ; et il les châtia à cause de leurs iniquités. En une autre occasion, il leur dit qu'ils l'avaient dépouillé. Ils voulurent savoir en quoi ils l'avaient dépouillé. « Dans les dîmes et les offrandes. » Combien d'entre nous ont dépouillé le Seigneur dans les dîmes et les offrandes ? Bien qu'il y ait eu, dans ce domaine, une augmentation fort louable, je sens, au fond de mon cœur, que nous n'avons pas encore tout à fait atteint la mesure et satisfait aux sentiments de notre bien-aimé président, car il comprend ces choses, et Dieu est avec lui pour l'inspirer et le diriger dans les conseils qu'il donne aux Saints des derniers jours. Voyons si nous ne pouvons pas nous améliorer cette année. Mais si une réforme doit s'accomplir, ce sera par l'effort et le labeur. Si elle doit être efficace en nous-mêmes et dans nos familles, il faudra du labeur. Cela incombe aux présidents de pieu, aux grands conseils et aux évêques, et à toute la Prêtrise, et le Seigneur ne nous justifiera pas si nous cherchons à esquiver la responsabilité. C'est pourquoi, mes frères et sœurs, je pense que la meilleure chose que nous puissions faire est de prendre de nouvelles résolutions dans notre cœur ; et là où nous avons failli par le passé, efforçons-nous d'y remédier à l'avenir. Aussi sûrement que nous le ferons, le Seigneur sera avec nous, et les manifestations de son pouvoir se feront sentir dans chaque pieu et chaque paroisse de Sion. C'est la règle, la discipline de l'Église, et nous devons chercher à la mettre en pratique dans notre vie, afin qu'il puisse être dit de nous, lorsque nous partirons, comme cela peut l'être d'un certain nombre de bonnes personnes : « C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as bien agi de ton vivant : tu as rempli la mesure de ta création avec utilité devant le Seigneur, et tu as travaillé sans égoïsme dans l'intérêt de son œuvre. » Si nous pouvions nous dépouiller de l'égoïsme et nous confier entièrement en notre Père, combien grande serait notre histoire. ¶
Je suppose avoir occupé tout le temps qui m'était imparti. Je me sens bien. Je sais que c'est là l'œuvre de Dieu. Je vous rends témoignage que c'est le cas. L'Évangile a été révélé de notre temps, et nous avons eu le privilège d'avoir nos yeux un peu ouverts pour comprendre les grandes vérités que Dieu a révélées. Ces frères qui sont à la tête sont les hommes qu'il faut à la place qu'il faut. La Présidence de l'Église est remplie d'inspiration ; elle est revêtue du pouvoir de Dieu, dans la mesure où son administration est couronnée de succès, et le restera. Que nos administrations continuent d'être couronnées de succès, et l'Église triomphera ; le royaume, et la grandeur du royaume, seront donnés, en leur temps, aux saints du Très-Haut, et ne leur seront plus jamais retirés. Amen. ¶