La grande différence entre la véritable Église et les autres corps religieux
Abraham Owen Woodruff
Mes frères et sœurs, j'espère avoir votre soutien et les bénédictions de Dieu pour me guider dans mes paroles ici cet après-midi. Je n'ai pas d'autre désir, en me tenant devant vous, que de vous donner ce que le Seigneur voudra bien me révéler, et je désire vivre de telle sorte que, chaque fois que je serai appelé à occuper une position de ce genre, le Seigneur veuille bien me favoriser de son Saint-Esprit, afin que je ne sois pas laissé à dépendre de la sagesse de l'homme. ¶
J'ai le désir, cet après-midi, de dire quelques mots qui puissent être stimulants et encourageants pour ceux qui détiennent la prêtrise, spécialement pour ceux qui agissent dans la Prêtrise moindre. Le président Snow est allé parmi le peuple et s'est acquitté des devoirs que notre Père céleste lui a donnés à accomplir, et après l'avoir fait, il décharge une grande part de cette responsabilité sur les épaules de la prêtrise dans toutes ses organisations. Je sais qu'il n'y a pas, dans beaucoup de collèges de la prêtrise, l'activité qu'il devrait y avoir ; et bien qu'il soit vrai que les Saints des derniers jours, durant l'année écoulée, se soient acquittés de façon exceptionnelle du paiement de leurs dîmes, ils n'ont pas fait aussi bien qu'ils l'auraient fait si les instructeurs, les prêtres et les anciens en Israël avaient accompli leurs devoirs aussi fidèlement que le président Snow a accompli les siens. Il est vrai que la plupart des hommes qui occupent ces postes sont plus jeunes que le président Snow, mais je regrette de devoir reconnaître qu'ils n'ont pas été aussi diligents dans les différents pieux et paroisses de Sion en ce qui concerne ce message que le prophète du Seigneur a donné au peuple, qu'ils auraient dû l'être. En visitant un pieu il y a peu de temps, j'ai appris, en questionnant le grand conseil, que certains d'entre eux n'avaient pas été visités par leurs instructeurs depuis des années ; et bien que ce pieu ait augmenté d'environ cinquante pour cent le paiement de ses dîmes durant l'année écoulée, j'ai pensé en moi-même quel résultat il aurait pu obtenir si la prêtrise, dans tous ses départements, avait été active et fidèle. ¶
Afin de vous présenter ce que je désire, je vais lire une partie du douzième chapitre de la première épître aux Corinthiens : ¶
« Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. ¶
« Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. ¶
« Si le pied disait : Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps – ne serait-il pas du corps pour cela ? ¶
« Et si l'oreille disait : Parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps – ne serait-elle pas du corps pour cela ? ¶
« Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe ? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat ? ¶
« Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. ¶
« Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? ¶
« Maintenant donc il y a plusieurs membres et un seul corps. ¶
« L'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous. ¶
« Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ; ¶
« et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d'un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins décents reçoivent le plus d'honneur, ¶
« tandis que ceux qui sont décents n'en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait, ¶
« afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. ¶
« Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. ¶
« Vous êtes le corps de Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. ¶
« Et Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des instructeurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues. ¶
« Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils instructeurs ? ¶
« Tous ont-ils le don des miracles ? Tous ont-ils le don de guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? ¶
« Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence. » ¶
On a fait référence ici hier à l'Église du Christ, comparée à un homme de soixante-dix ans. L'apôtre Paul, lui aussi, dans sa belle image, a comparé l'Église du Christ au corps d'un homme. Je désire dire quelques mots au sujet de cette image qui a été employée. Je me suis demandé quelle est la plus grande cause de la différence entre l'Église du Christ et les églises qui ont été établies par l'homme, car il existe de nombreuses formes de religion, dont certaines s'inspirent de près de celle fondée par notre Seigneur et Maître Jésus-Christ. Et j'ai pensé : n'est-ce pas parce que ces différents corps n'ont pas l'Esprit ? J'ai comparé cet esprit à la prêtrise du Fils de Dieu, et j'en ai conclu en moi-même que c'était là la plus grande cause de la différence qui existe entre l'Église que le Christ a établie et les églises que les hommes ont établies. Lorsque le prophète Joseph s'enquit auprès du Seigneur au sujet de la divinité des différentes dénominations qui existaient alors sur la terre, et dont plusieurs existent encore aujourd'hui, il lui fut dit qu'elles avaient une forme de piété, mais reniaient la puissance de celle-ci ; qu'elles s'approchaient du Seigneur des lèvres, mais que leur cœur était loin de lui. J'ai pensé en moi-même quelle comparaison il y avait entre la véritable Église de Dieu, avec la prêtrise et l'Esprit pour l'animer, et les formes mortes de religion, telles qu'elles ont été instituées par les hommes. Nous pourrions pousser cette comparaison un peu plus loin, et prendre le squelette de ce corps, l'organisation de l'Église du Christ, animée par l'Esprit et la prêtrise de Dieu, et voir, en rapport avec ce squelette, les tendons, les secours dans le gouvernement, les muscles, le système nerveux et la circulation du sang du cœur vers toutes les parties du corps. Et tout comme il est impossible qu'un corps humain existe sans l'esprit, ainsi il est impossible que l'Église du Christ existe sans la prêtrise du Fils de Dieu. Tout comme il est impossible qu'un corps soit complet sans le cerveau, le cœur et les autres organes du système, ainsi il serait impossible que l'Église du Christ existe dans sa perfection sans la Présidence, les apôtres, les soixante-dix, les grands prêtres, les anciens, les prêtres, les instructeurs et les diacres. Tous ont leur œuvre particulière à accomplir, tout comme les organes du système humain ont leur part particulière à faire. J'ai comparé la circulation du sang dans le corps à la prêtrise active, qui parcourt tout le corps de l'Église, communiquant vie et vigueur, et remettant en ordre toutes les parties qui pourraient être déplacées. Chaque fois qu'un membre est blessé, le sang aide à le rétablir. Il en est de même des travaux de la prêtrise du Fils de Dieu, dans le grand corps que le Christ a établi. ¶
Je crois que chaque organisation de la prêtrise est tout aussi importante et vitale pour l'Église du Christ que chaque organe l'est pour le système humain ; et dans les pieux ou les paroisses où les diacres, les instructeurs, les prêtres et les anciens n'ont rien à faire, il y aura une stagnation du sang. Notre peuple a souffert de ce mal en négligeant de payer ses dîmes, mais maintenant cette prêtrise se met au travail, ce sang circule plus librement, et se dirige particulièrement vers la guérison du corps de ce mal particulier. La prêtrise a œuvré avec énergie, mais pas autant qu'elle aurait dû le faire. Il y a beaucoup d'instructeurs et de prêtres qui n'ont pas œuvré aussi fidèlement qu'ils auraient dû le faire. Pensez à quel beau corps ce serait si chaque collège était actif, si le sang circulait à travers chaque partie du système, et si chaque partie était renouvelée et purifiée, de sorte qu'elle puisse être dans un état de santé parfaite. Que Dieu nous aide à pouvoir amener ce corps, l'Église du Christ, dans cet état désirable, afin que la liste contenant des milliers de noms de personnes qui devraient payer la dîme et qui ne le font pas puisse être effacée. Je crois qu'une des façons les plus pratiques d'amener cet état de choses est que les présidents de pieux, les évêques de paroisses et les présidents de collèges veillent à s'acquitter de leur part de cette responsabilité. On ne s'attend pas à ce que le président Snow puisse atteindre toutes les parties du corps et être en mesure de régler et de renouveler personnellement le corps du Christ, mais il y a des membres du corps qui ont été choisis pour faire ce travail, et s'ils ne le font pas, cet état que nous désirons n'existera pas. ¶
J'espère, mes frères et sœurs, que le président Snow vivra pour voir les désirs de son cœur exaucés. Je prie pour cela et je travaille pour cela parmi les frères des pieux où je vais, afin que la confiance dans l'Église du Christ, en ce qui concerne les affaires financières, puisse être maintenue. L'Église est maintenant sur une bonne base financière ; mais nous ne devrions pas cesser nos travaux dès que nous entendons de bonnes nouvelles. Nous ne devrions pas bien courir un moment pour nous lasser ensuite, juste au moment où notre aide est le plus nécessaire. Il a fallu un travail considérable de la part de la prêtrise pour amener le peuple à prendre conscience de son état et de sa négligence quant au paiement de la dîme, et il faudra un travail continu de notre part pour maintenir le peuple éveillé à ces choses. Il est étrange que nous ayons toujours besoin d'être aiguillonnés pour faire ce qui est juste ; néanmoins nous devons être aiguillonnés, et nous devons nous aiguillonner les uns les autres afin de nous maintenir vivants dans l'Église du Christ. Si nous ne sommes pas mis en contact avec cette prêtrise et ses œuvres, nous mourons bientôt, tout comme un membre du corps humain mourrait si le sang n'y circulait pas. Il est donc très nécessaire que les frères qui détiennent la prêtrise et les sœurs qui sont engagées dans les diverses organisations de cette Église portent leur responsabilité et sentent qu'il y a une responsabilité individuelle liée à cette œuvre qui repose sur eux, et que Dieu ne les justifiera pas s'ils ne s'acquittent pas de leurs devoirs dans leurs appels respectifs. ¶
Je désire lire, pour le bénéfice de ceux qui détiennent la prêtrise, un passage du troisième chapitre d'Ézéchiel, à partir du verset 17 : ¶
« Fils de l'homme, je t'établis comme sentinelle sur la maison d'Israël. Tu écouteras la parole qui sortira de ma bouche et tu les avertiras de ma part. ¶
« Quand je dirai au méchant : Tu mourras ! si tu ne l'avertis pas, si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa mauvaise voie et pour lui sauver la vie, ce méchant mourra dans son iniquité et je te redemanderai son sang. ¶
« Mais si tu avertis le méchant et qu'il ne se détourne pas de sa méchanceté et de sa mauvaise voie, il mourra dans son iniquité, et toi, tu sauveras ton âme. ¶
« Si un juste se détourne de sa justice et fait ce qui est mal, je mettrai un piège devant lui et il mourra ; parce que tu ne l'as pas averti, il mourra dans son péché, on ne parlera plus de la justice qu'il a pratiquée et je te redemanderai son sang. » ¶
Ceci, mes frères et sœurs, peut s'appliquer à ceux d'entre nous qui ont reçu la prêtrise du Fils de Dieu. Nous ne l'avons pas reçue par l'intermédiaire de l'homme. Les dirigeants de cette dispensation la reçurent de Pierre, Jacques et Jean, et de Jean-Baptiste, les hommes qui détenaient les clés de cette prêtrise et qui la reçurent du Fils de Dieu lui-même. C'est pourquoi la responsabilité qui repose sur nous ne nous a pas été imposée par l'homme ; elle nous est venue de Dieu ; et lorsque la tête nous dira : Fais ceci ou cela, nous sommes tenus de le faire. Nous sommes tenus de veiller à ce qu'il n'y ait pas de stagnation dans notre partie du corps ; qu'il n'y ait pas de négligence dans le paiement des dîmes ou dans l'observation d'aucun des commandements dans notre pieu, notre paroisse ou notre association. C'est mon devoir, à la tête d'une association, d'une paroisse ou d'un pieu, de veiller à ce que le peuple accomplisse son devoir. S'ils sont entièrement négligents envers les enseignements de Dieu qui nous parviennent par sa bouche, je veux vous dire, mes frères et sœurs, que ceux qui se tiennent à la tête de ces organisations tomberont sous condamnation. La Présidence, les Douze ou les soixante-dix ne peuvent être dans toutes les paroisses ; mais il y a des hommes placés là avec une responsabilité égale dans leurs appels, et ils doivent s'acquitter de ces devoirs, sinon le Seigneur ne les tiendra pas pour innocents. Il ne les excusera pas s'ils ne travaillent pas avec diligence, s'ils ne fouillent pas les coins obscurs pour veiller à ce qu'il n'y ait pas de toiles d'araignées dans leur pieu ou leur paroisse, mais que tout fonctionne comme il se doit ; qu'il n'y ait pas d'engorgement dans la machinerie de ce grand corps du Christ, mais que chacun fasse sa part. Si nous faisons cela, nous obtiendrons le salut et nous entrerons dans la présence de Dieu et nous entendrons le bienvenu éloge : « C'est bien, bon et fidèle serviteur. » Si nous ne le faisons pas, nous ne pouvons pas nous attendre, du seul fait que la prêtrise nous a été conférée, à hériter du royaume céleste de notre Dieu. Le Seigneur ne récompensera pas le paresseux, ni l'indolent ; il ne récompensera pas l'intendant injuste, celui qui n'a pas tiré parti des occasions que Dieu a placées à sa portée. Si nos talents sont grands, nous avons d'autant plus besoin de les utiliser que ceux qui ne sont pas aussi grandement bénis. ¶
Avant de m'asseoir, il y a une autre question qui me vient à l'esprit et sur laquelle je désire m'exprimer. J'ai remarqué qu'il se glisse parmi une certaine catégorie de Saints des derniers jours un esprit qui n'est pas de Dieu, mais du monde. Il a été populaire, depuis l'établissement du mormonisme, d'avoir de nombreuses familles ; car nous comprenons qu'il y a des centaines de milliers d'esprits dans l'autre monde impatients d'être revêtus d'un tabernacle par de bons pères et mères, afin qu'ils puissent traverser cet état d'épreuve. Mais il existe une certaine catégorie de Saints des derniers jours qui en est venue à penser comme le monde des Gentils — qu'il n'est ni distingué ni convenable d'avoir de nombreuses familles ; et nous constatons donc, à notre grand regret, que dans certains cas des mesures sont prises pour empêcher ces esprits d'être revêtus d'un tabernacle par eux. Je veux dire que tout Saint des derniers jours devrait sentir qu'il n'est pas justifié devant Dieu son Père en suivant une conduite de ce genre. Nous voulons, dans la mesure où Dieu nous en fera la faveur, le privilège et la bénédiction de la postérité. Et ceux qui emploient des moyens pour empêcher cela découvriront dans le monde des esprits qu'ils ont perdu les étoiles de leur couronne et se sont fermé un moyen d'exaltation ; qu'ils ont commis un tort grave qu'ils ne pourront peut-être pas réparer pendant de nombreux âges, si tant est qu'ils le puissent jamais. Ceux qui ont combattu le système du mariage plural par le passé étaient des gens qui, en règle générale, s'opposaient aux familles nombreuses des Saints des derniers jours, et qui prenaient eux-mêmes des mesures pour empêcher les esprits de venir à eux pour être revêtus d'un tabernacle, allant même dans certains cas jusqu'à se rendre coupables de tuer des innocents non nés. Sur de tels hommes reposera la malédiction de Dieu. Je désire vivement que cette pratique ne se glisse pas parmi les Saints des derniers jours. J'ai prié pour que l'Esprit sur ce sujet soit donné à quelques-uns des membres les plus âgés de ce collège, ou à la Présidence, afin qu'ils s'y attardent, parce que je sais, d'après ce que j'ai entendu de sources sûres, que cet esprit dont j'ai parlé se glisse, à un degré léger tout au moins, parmi les Saints des derniers jours. Merci à Dieu pour la postérité. Merci à Dieu pour les familles nombreuses des ¶
Saints des derniers jours. Je voudrais qu'il y en ait aujourd'hui des millions de plus, et que le monde soit rempli de cette catégorie de personnes qui craignent Dieu et qui désirent le servir et garder ses commandements, et dont les fils et les filles sont élevés dans les principes de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. ¶
Je remercie mon Père céleste pour le témoignage qu'il m'a donné que ceci est son œuvre, que le président Snow est un prophète du Dieu vrai et vivant, que Dieu est avec lui, qu'il l'a inspiré, et que les changements qui s'opèrent dans notre situation financière sont dus aux révélations de Dieu par son prophète. Que Dieu nous aide à être fidèles, à être loyaux. Qu'il nous donne son Esprit, afin que nous ne tombions pas dans les ténèbres, afin que nous ne perdions pas l'Esprit de l'Évangile du Seigneur Jésus. Tenons-nous fermes et accomplissons notre part. Veillons à ce que la responsabilité qui repose sur nous soit assumée, afin que nous puissions entrer dans la présence de Dieu notre Père, et partager la récompense de l'ouvrier et de ceux qui ont été vaillants pour le témoignage de Jésus, et recevoir la vie éternelle. Je le demande par le Christ, notre Rédempteur. Amen. ¶