Le rassemblement et l’œuvre missionnaire
Anthon H. Lund
J’espère être en possession du même esprit qui a inspiré nos frères qui nous ont adressé la parole ce matin. Je me sens heureux d’être au milieu de vous, de voir tant de visages, tant de visages heureux, des Saints des derniers jours que je vois ici devant moi aujourd’hui. ¶
Lorsque vous vous êtes réunis pour la dernière fois en conférence générale, je n’ai pas eu le plaisir d’être avec vous, car je travaillais alors parmi les Saints en Orient—J’ai eu une mission fort intéressante dans cette partie de la terre—Comme vous le savez, nous avons un certain nombre de Saints dans l’empire turc—Pendant les massacres qui eurent lieu en Arménie il y a quelques années, nos frères et sœurs là-bas furent laissés sans aucun ancien de Sion pour les présider—La Présidence de l’Église envoya frère Hintze et moi-même là-bas en décembre dernier pour organiser plus pleinement l’Église—Nous avons trouvé que les Saints là-bas, bien qu’ayant été laissés sans anciens de Sion pour les présider, n’avaient pas perdu l’esprit de l’œuvre—C’est pour moi un témoignage assez fort que l’Esprit de Dieu agit de la même manière, produit les mêmes manifestations, partout où on en jouit—Les Saints là-bas jouissent de l’esprit de l’Évangile, se réjouissent dans ce qu’ils ont reçu, et l’Esprit les a menés à une juste compréhension—J’ai été heureux de les voir si bien ancrés dans les principes de l’Évangile, surtout quand je songeais qu’ils n’avaient pas accès à aucun de nos ouvrages de l’Église—Seuls quelques-uns des Saints étaient capables de lire l’anglais, et nous n’avons pas encore aucun de nos ouvrages de l’Église traduits en turc—Quelques brochures ont été publiées, mais les ouvrages de l’Église n’ont pas encore été traduits dans cette langue et, par conséquent, nos frères et sœurs là-bas n’ont pas été à même de lire nos ouvrages reconnus si ce n’est la Bible, ni aucun de nos sermons publiés ; et pourtant nous les avons trouvés en plein accord avec la croyance et la foi de l’Église, ce qui montre que l’Esprit de Dieu conduit dans toute la vérité—Ils furent très heureux de nous voir venir les visiter—Nous en avons trouvé un bon nombre prêts à recevoir l’Évangile, et nous avons eu la joie de conduire un bon nombre dans les eaux du baptême—Certains avaient été baptisés, mais faute d’ancien n’avaient pas été confirmés membres—Ils furent heureux de recevoir cette bénédiction—Nous avons organisé une branche de l’Église à Aïntab—Je ne pense pas qu’une telle situation se reproduira là-bas, celle où les Saints de la plus grande branche étaient laissés sous la présidence d’un prêtre seulement—Nous avons trouvé là des frères dignes de présider, dignes de la prêtrise, et nous les avons ordonnés. ¶
Nous avons aussi trouvé que notre adversaire n’était pas satisfait de notre œuvre, ni de l’œuvre des Saints—La persécution s’éleva contre les Saints là-bas, la populace troubla certaines de nos réunions, mais le Seigneur était avec nous ; personne ne fut blessé, et cela suscita davantage un esprit d’enquête parmi le peuple—Le gouvernement et les fonctionnaires du gouvernement nous étaient amicaux et nous promirent leur protection—Je trouvai que c’étaient surtout des membres appartenant à différentes confessions chrétiennes qui suscitèrent cette persécution contre notre peuple—Les Turcs eux-mêmes n’agirent en aucune manière de façon inamicale envers nous—Ils se demandaient de quoi il retournait dans tout ce tumulte, et ils venaient à nous et voulaient savoir ce que nous croyions réellement—Bien que le gouvernement turc ne soit pas de ceux sous lesquels un Américain aimerait vivre, il accorde néanmoins à nos Saints une plus grande liberté religieuse qu’il ne leur serait permis d’en jouir dans des pays comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne—Les Mahométans ne troublent pas nos frères dans l’exercice de leur religion, et ne leur interdisent pas de croire comme ils le désirent, mais leur donnent la liberté d’adorer Dieu selon les décisions de leur conscience—Je peux nuancer cela en disant que les Mahométans eux-mêmes ne jouissent pas de cette liberté dans la même mesure que les chrétiens—Si un Mahométan devait quitter sa religion et rejoindre quelque autre religion dans ce pays, il serait mis au ban de la société de ses parents et amis, et serait même en danger de mort—Mais quant aux chrétiens, les Mahométans veulent bien qu’ils fassent ce qu’ils veulent en matière de religion, et je crois que plus ils voient de contention parmi les chrétiens, plus cela leur plaît. ¶
Lorsque la persécution s’éleva contre nous, les Saints désiraient que nous en appelions au gouvernement pour obtenir de l’aide, mais après réflexion nous avons estimé que cela ne serait pas sage—Nous ne voulions pas susciter la lutte entre les Mahométans et les chrétiens—Il n’y a pas longtemps qu’un grand nombre de chrétiens ont perdu la vie en Arménie, et nous avions peur d’être la cause du déclenchement de cette haine raciale entre les deux partis, et nous pensions qu’il vaudrait mieux souffrir un peu de tort que d’être la cause qu’un tort soit fait—Je dis aux Saints que je ne pensais pas que la persécution serait bien grande, et je savais que le Seigneur était capable de protéger ses Saints. ¶
Partout où l’Évangile a été introduit, il a toujours rencontré de l’opposition—Le maire turc d’Aïntab me dit, quand je lui demandai de veiller sur notre peuple, afin qu’ils ne souffrent aucun tort de la part de leurs ennemis : « Partout où un message de vérité est envoyé, ceux qui le portent souffriront la persécution. » Je savais que le sentiment était vrai, mais il me semblait curieux de l’entendre de ses lèvres—Il promit de protéger les Saints, et j’apprends d’eux qu’il a infligé des amendes à certains des émeutiers. ¶
Je crois qu’il y a un grand avenir pour notre peuple dans ce pays ; et qu’il y a beaucoup d’honnêtes de cœur, et j’espère que nos frères les trouveront—Ils aiment entendre l’Évangile—Ils aiment la vérité, et lorsqu’ils la reçoivent ils jouissent de l’Esprit, et les signes accompagnent ceux qui croient, même dans ce pays lointain. ¶
En compagnie des anciens Hintze, Maycock, Larson et Nishan, ce dernier un ancien indigène, je visitai la Terre Sainte, et parcourus les lieux si familiers et si intéressants pour nous par la lecture des Écritures—Nous examinâmes le pays et les conditions qui y existent avec soin, en vue de trouver un lieu de rassemblement pour les Saints. ¶
Vous vous souvenez que dans les années quarante l’apôtre Orson Hyde fut envoyé dans ce pays, et qu’il le consacra au Seigneur, et pour le rassemblement des Juifs—Ce pays avait été maudit à cause de l’iniquité de son peuple, et pendant des centaines d’années il a été un témoignage au monde que le Seigneur honore les paroles de ses serviteurs, les paroles prononcées sous l’inspiration de son Esprit—Moïse, il y a des milliers d’années, fut autorisé à voir l’avenir et prophétisa à ce sujet, avertissant le peuple d’Israël que s’il n’obéissait pas aux commandements de Dieu il serait dispersé parmi les nations de la terre—Vous qui avez lu l’histoire savez avec quelle rigueur cette prophétie s’est accomplie, et que le pays donné à Abraham et à sa postérité a été occupé par des étrangers, et que les bénédictions de Dieu qui firent jadis de ce pays un lieu délicieux où habiter, furent retirées et il fut changé en un pays stérile et rébarbatif—Frère Hyde y alla et le bénit—La mission donnée aux serviteurs de Dieu était de proclamer l’Évangile d’abord aux Gentils, puis aux Juifs—Ceci fut déclaré très tôt par le Seigneur comme la mission donnée à ses serviteurs—Son peuple choisi n’était pas oublié—Il devait, lui aussi, recevoir le message de l’Évangile ; mais cette fois les premiers seraient les derniers—Le prophète Joseph fut inspiré à envoyer frère Hyde dans ce pays, et voyez le changement ! Un esprit est venu sur les Juifs, sur la Maison d’Israël, pour se rassembler dans ce pays—Cela n’était pas ressenti par eux auparavant, mais depuis ce temps-là. ¶
Cet esprit est venu sur eux dans quelque partie de la terre qu’ils habitent, Nous avons trouvé en voyageant dans ce pays des colonies entières de Juifs qui s’y sont rassemblés ces dernières années—En leur parlant (frère Hintze étant capable de parler la langue) nous apprîmes qu’ils ne se rassemblaient pas dans la foi ; ce n’était pas parce qu’ils croyaient que le Seigneur avait ouvert le chemin devant eux, mais ils avaient le désir d’y aller—Un savant docteur juif nous dit que son peuple voulait redevenir une nation—Ils désiraient ardemment être de nouveau un peuple sur la terre, et posséder le pays donné à leurs pères. ¶
À Jérusalem nous trouvâmes une hausse considérable dans le nombre des Juifs ; au cours des trois dernières années, quinze mille s’y étaient établis—Le sultan n’en est pas content et a interdit aux Juifs d’émigrer en Palestine, mais le mouvement continue néanmoins, le mouvement de Sion parmi le peuple d’Israël, et ils attendent avec impatience d’habiter ce pays—C’est un des signes des temps—Avant longtemps, je crois que le Seigneur touchera le cœur de ce peuple et qu’il croira en Jésus comme son Messie—Le Livre de Mormon contient la prophétie que lorsqu’il croira en lui, ce pays lui sera de nouveau donné comme son héritage—Je ne crois pas que ce temps soit très éloigné—Je crois que le temps se hâte où le Seigneur accomplira ce qu’il a dit par ses serviteurs les prophètes. ¶
Alors que nous étions à Jérusalem nous rencontrâmes une colonie d’Américains—Ces personnes ont eu l’impression qu’elles vivent dans les derniers jours et que la venue du Christ est proche, et elles ont donc vendu leurs biens, emporté leurs moyens à Jérusalem afin de pouvoir y vivre quand le Christ viendra, croyant qu’il viendra au mont des Oliviers. ¶
Nous passâmes une très agréable soirée avec eux—Ils vivaient dans l’ordre uni, ayant tout en commun, et ils emploient leur temps à faire du bien, à aller vers les malades et aider les pauvres—Jusqu’ici ils font une bonne œuvre—Mme Spofford, la présidente et responsable de la société, nous dit qu’en étudiant les Écritures ils sont arrivés à la conclusion que le Christ apparaîtra bientôt, et elle dit : « Nous avons été très frappés par la prophétie prononcée par Zacharie au chapitre 14, verset 10, et aussi par la prophétie de Jérémie, concernant Jérusalem, au chapitre 31, dans laquelle il est prédit comment la ville de Jérusalem sera construite selon certaines lignes—En lisant attentivement les chapitres, nous constatons que l’époque à laquelle il est fait allusion est celle des derniers jours, et il y est dit que la ville de Jérusalem devrait être construite depuis la tour de Hananéel jusqu’aux pressoirs à vin du roi et de là jusqu’à la vallée des cadavres et des cendres. » Elle nous fit remarquer ce fait, que la ville est construite maintenant exactement selon ces lignes—Ils ne savaient pas d’abord où était la tour de Hananéel—Personne ne semblait le savoir, et si vous consultez les livres donnant des descriptions de Jérusalem, ce lieu n’est pas désigné, mais il y a quelques années, lorsqu’ils creusaient les fondations du Grand hôtel à Jérusalem, ils découvrirent les fondations d’une tour et parmi les inscriptions trouvées se trouvait le nom de Hananéel—Cela leur fit croire que cela devait avoir été la tour de Hananéel—Prenant cela comme point de départ, et en allant vers les pressoirs à vin du roi et jusqu’à la vallée des cendres, Jérusalem est construite comme il est ainsi décrit. Ces gens prirent cela pour un des signes des temps—Je le prends pour un des signes des temps, que Dieu agit sur son peuple, son peuple choisi, et qu’ils se rassemblent dans ce pays. ¶
Quant à notre peuple qui s’y rassemble, nous sentons que nos frères devraient être bien ancrés dans la foi avant que nous ne les fassions déplacer, et étant encore à leurs débuts, il vaudrait mieux fortifier les branches et faire entrer plus de gens dans l’Église, puis les rassembler graduellement dans un lieu choisi en Terre Sainte, et c’est là une œuvre qui sera accomplie—Il y aura une Sion en Orient aussi bien qu’en Occident, « car la loi sortira de Sion et la parole du Seigneur de Jérusalem. » ¶
Frères et sœurs, je prends plaisir à m’arrêter sur ces choses—Je vois que le Seigneur agit avec les nations—Il accomplit graduellement ses desseins, et son œuvre grandira sur la terre, et toute l’opposition dans le monde ne l’arrêtera pas—Il a révélé sa volonté aux hommes—Il a établi son royaume sur la terre, et il grandira jusqu’à devenir, comme Daniel l’a vu, un royaume qui remplira toute la terre. ¶
Que le Seigneur nous aide à être fidèles et vrais et à avoir une part dans son royaume à jamais, telle est ma prière au nom de Jésus—Amen. ¶