Pulpit

Les Saints, un peuple charitable

Joseph F. Smith

Conférence générale d'avril 1898·Séance du matin du troisième jour·1898-04-08

Mes frères et sœurs, j'ai été inopinément appelé à dire quelques mots et, n'ayant pas prémédité ce que je dirais, il m'est venu à l'esprit de suivre quelques-unes des remarques qui nous ont déjà été adressées ce matin, en lisant dans le quatrième chapitre de Mosiah :

« Croyez en Dieu ; croyez qu'Il est, et qu'Il a créé toutes choses, aussi bien au ciel que sur la terre ; croyez qu'Il a toute sagesse et toute puissance, aussi bien au ciel que sur la terre ; croyez que l'homme ne comprend pas toutes les choses que le Seigneur peut comprendre.

« Et de plus : Croyez que vous devez vous repentir de vos péchés et les abandonner, vous humilier devant Dieu ; et demandez avec sincérité de cœur qu'Il vous pardonne ; et maintenant, si vous croyez toutes ces choses, voyez à les pratiquer.

« Et de plus je vous dis, comme je vous l'ai dit auparavant, que vous avez connu Sa bonté, et avez goûté de Son amour, et avez reçu la rémission de vos péchés, ce qui cause une si grande joie dans vos âmes, même ainsi je voudrais que vous vous souveniez, et reteniez toujours le souvenir de la grandeur de Dieu, et de votre propre néant, et de Sa bonté et de Sa longanimité envers vous, créatures indignes, et vous humiliez même dans les profondeurs de l'humilité, invoquant le nom du Seigneur chaque jour, et demeurant fermement dans la foi de ce qui est à venir, qui a été annoncé par la bouche de l'ange ;

« Et voici, je vous dis que si vous faites cela, vous vous réjouirez toujours, et serez remplis de l'amour de Dieu, et retiendrez toujours la rémission de vos péchés ; et vous croîtrez dans la connaissance de la gloire de Celui qui vous a créés, ou dans la connaissance de ce qui est juste et vrai.

« Et vous n'aurez pas le désir de vous faire du mal les uns aux autres, mais de vivre en paix, et de rendre à chaque homme selon ce qui lui est dû.

« Et vous ne souffrirez pas que vos enfants aillent dans la faim ou dans le dénuement ; vous ne souffrirez pas non plus qu'ils transgressent les lois de Dieu, et se battent et se querellent les uns avec les autres, et servent le diable, qui est le maître du péché, ou qui est l'esprit mauvais dont nos pères ont parlé ; lui étant ennemi de toute justice ;

« Mais vous leur enseignerez à marcher dans les voies de la vérité et de la sobriété ; vous leur enseignerez à s'aimer les uns les autres, et à se servir les uns les autres ;

« Et vous-mêmes aussi, vous viendrez en aide à ceux qui ont besoin de votre secours ; vous distribuerez de vos biens à celui qui est dans le besoin ; et vous ne souffrirez pas que le mendiant adresse en vain sa pétition à vous, et le renvoie pour périr.

« Tu diras peut-être : cet homme a attiré sa misère sur lui-même, c'est pourquoi je retiendrai ma main et ne lui donnerai pas de ma nourriture, ni ne lui impartirai de mes biens pour qu'il ne souffre pas, car ses punitions sont justes.

« Mais je vous dis, ô homme, quiconque fait cela a grand sujet de se repentir ; et à moins qu'il ne se repente de ce qu'il a fait, il périt à jamais, et n'a aucune part au royaume de Dieu.

« Car voici, ne sommes-nous pas tous des mendiants ? Ne dépendons-nous pas tous du même Être, c'est-à-dire Dieu, pour tous les biens que nous possédons ; pour la nourriture et le vêtement, et pour l'or et l'argent, et pour toutes les richesses que nous possédons, de quelque sorte que ce soit ?

« Et voici, même maintenant, vous avez invoqué Son nom, et vous avez mendié la rémission de vos péchés. Et vous a-t-il souffert de mendier en vain ? Non. Il a répandu Son Esprit sur vous, et a fait que vos cœurs seraient remplis de joie, et a fait que vos bouches seraient fermées, de sorte que vous ne pouviez pas trouver d'expression, tant était grande votre joie.

« Et maintenant, si Dieu, qui vous a créés, dont vous dépendez pour votre vie, et pour tout ce que vous avez et que vous êtes, accorde tout ce que vous demandez de juste, dans la foi, croyant que vous recevrez, ô alors, comment vous faudrait-il impartir de vos biens les uns aux autres ?

« Et si vous jugez l'homme qui adresse sa pétition pour vos biens afin qu'il ne périsse point, et le condamnez, combien plus juste sera votre condamnation pour avoir retenu vos biens, qui ne vous appartiennent pas mais à Dieu, à qui appartient aussi votre vie ; et pourtant vous n'adressez point de pétition, et ne vous repentez point de ce que vous avez fait.

« Je vous dis : Malheur à cet homme, car ses biens périront avec lui ; et maintenant, je dis ces choses à ceux qui sont riches, en ce qui concerne les choses de ce monde.

« Et de plus, je dis aux pauvres, vous qui n'avez pas et pourtant avez suffisamment, pour que vous puissiez subsister de jour en jour ; je veux dire tous ceux qui renvoient le mendiant, parce qu'ils n'ont pas ; je voudrais que vous disiez dans vos cœurs : je ne donne pas parce que je n'ai pas ; mais si j'avais, je donnerais.

« Et maintenant, si vous dites cela dans vos cœurs, vous demeurez sans culpabilité, autrement vous êtes condamnés, et votre condamnation est juste ; car vous convoitez ce que vous n'avez pas reçu.

« Et maintenant, à cause de ces choses que je vous ai dites ; c'est-à-dire pour conserver la rémission de vos péchés de jour en jour, afin que vous puissiez marcher sans culpabilité devant Dieu, je voudrais que vous impartissiez de vos biens aux pauvres, chaque homme selon ce qu'il a, comme de nourrir les affamés, habiller les nus, visiter les malades et administrer à leur secours, aussi bien spirituellement que temporellement, selon leurs besoins ;

« Et voyez que toutes ces choses soient faites avec sagesse et ordre ; car il n'est pas requis qu'un homme coure plus vite qu'il n'a de force. Et de plus : Il est expédient qu'il soit diligent, afin que par là il remporte le prix ; c'est pourquoi toutes choses doivent être faites avec ordre.

« Et je voudrais que vous vous souveniez, que quiconque parmi vous emprunte à son prochain devrait rendre ce qu'il a emprunté, selon qu'il convient, autrement tu commets un péché, et peut-être tu pousses aussi ton prochain à commettre un péché.

« Et enfin, je ne peux pas vous dire toutes les choses par lesquelles vous pouvez commettre un péché ; car il y a des voies et des moyens divers, tellement nombreux que je ne peux les compter.

« Mais ceci je peux vous dire : si vous ne veillez pas sur vous-mêmes, et sur vos pensées, et sur vos paroles, et sur vos actes, et n'observez pas les commandements de Dieu, et ne demeurez pas dans la foi de ce que vous avez entendu touchant la venue de notre Seigneur, même jusqu'à la fin de vos vies, vous devez périr. Et maintenant, ô homme, souviens-toi, et ne péris point. »

J'ai lu les paroles du roi Benjamin au peuple telles qu'elles sont consignées dans le quatrième chapitre de Mosiah dans le Livre de Mormon, et je ne sais pas si elles ne s'appliquent pas à nous aujourd'hui, de beaucoup de façons, aussi complètement qu'elles s'appliquaient à ceux à qui elles ont été adressées—Pourtant, je crois pouvoir dire avec confiance que les Saints des Derniers Jours, en règle générale, comptent parmi les gens les plus hospitaliers, les plus généreux et les plus bienveillants que l'on puisse trouver sur la terre—Il n'y a pas longtemps, l'un de nos Anciens est revenu d'une mission dans le Sud—Il s'était posé la question dans son esprit de savoir si les Saints des Derniers Jours de Sion seraient aussi libéraux, aussi hospitaliers, aussi bienveillants et aussi disposés à recevoir et à accueillir un étranger que les gens du Sud, et il décida de mettre la chose à l'épreuve—Le récit de ses visites à certains de nos gens ici est publié dans l'Improvement Era, n° 6—Je ne puis vous le donner dans le détail, mais ferai seulement une brève esquisse—Se présentant comme un ministre de l'Évangile de l'État du Tennessee, voyageant sans bourse ni besace, comme les Anciens de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours le faisaient généralement, il rendit visite au frère B. Y. Hampton de la Hampton House et demanda l'hospitalité sans frais—Le frère Hampton consentit volontiers à s'occuper de lui—Il appela ensuite au Temple Barber Shop, avec une représentation semblable, et demanda un « rasage et une coupe », dans les mêmes conditions, ce qui fut volontiers accordé, et on lui demanda de « revenir ». Il rendit ensuite visite au frère Henry Dinwoodey, et se présentant comme précédemment, lui demanda de quoi payer son billet de chemin de fer vers le nord, sur quoi le frère Dinwoodey lui tendit l'argent—Ayant besoin d'un ressort de remontage pour sa montre, il se rendit chez le frère John Daynes et fils, se présenta comme précédemment, et ils réparèrent volontiers sa montre—Il alla ensuite voir le colonel Thomas G. Webber de la Z.C.M.I. et dans le même déguisement demanda une paire de chaussures, que le colonel Webber lui donna généreusement—Ayant une dent à plomber, il se rendit au cabinet dentaire du Dr Fred Clawson, qu'il convainquit, après quelque difficulté, qu'il n'était pas un vieil ami et camarade d'école, mais vraiment un ministre de l'Évangile du Tennessee portant un nom semblable, et le médecin consentit volontiers à lui plomber la dent sans argent ni prix—Il fut ainsi prouvé que les Saints des Derniers Jours étaient aussi généreux, aussi bienveillants, aussi prompts à aider un étranger d'une autre religion, que les bonnes gens des États du Sud, et, à dire vrai, que ceux de n'importe quel autre pays—Ayant ainsi soumis ces gens à l'épreuve, en d'autres termes les ayant pesés dans la balance et ne les ayant pas trouvés en défaut dans chaque cas, il expliqua pleinement son mobile et qui il était, à leur mutuelle satisfaction—Et quand l'Ancien leur rendit leurs dons ou refusa d'accepter les faveurs qui lui avaient été accordées sans une rémunération convenable, dans chaque cas, comme je le comprends, les frères insistèrent que ce qu'ils avaient fait était de bonne foi de leur part, et qu'il était le bienvenu à la même chose, croyant qu'un Ancien qui avait passé deux ans et plus en mission, travaillant sans bourse ni besace, serait vraisemblablement presque autant dans le besoin d'une telle aide que l'aurait été l'étrange ministre qu'il avait personnifié

Maintenant quelques-uns d'entre nous sont un peu plus fortunés que d'autres—Par exemple, j'ai plusieurs portes, et les mendiants viennent à toutes ; et si jamais un mendiant a été renvoyé de l'une de mes portes, je n'en ai pas eu connaissance—J'ai toujours, et ma famille aussi, contribué de la nourriture et des vêtements que nous pouvions épargner à tout ceux qui venaient en demander—L'été dernier, un pauvre garçon est venu chez moi—Il se trouvait que j'étais dehors, à l'angle de la maison ; j'entendis la voix d'un homme, je regardai, et il était assis sur une caisse—J'entendis qu'il murmurait et jurait—Je sortis et je lui dis : « Mon ami, qu'avez-vous ? » Il montra ses pieds et dit : « Regardez mes pieds. » Les restes de chaussures qu'il avait aux pieds étaient trop petits pour lui—Il les avait usées à travers les semelles et les côtés, et ses pieds étaient au sol—Ils étaient couverts d'ampoules, enflammés et douloureusement meurtris—Il dit qu'il avait été chassé du comté de Davis par les agents de la loi, et qu'on lui avait dit que s'il ne quittait pas le comté il serait mis en prison pour vagabondage, et qu'il était venu ici et avait demandé de la nourriture, et que les gens qui lui avaient donné à manger ne l'avaient pas invité à entrer dans la maison—Or je dis : « Mon ami, pourquoi jurez-vous à ce sujet ? Il me semble qu'un homme dans votre situation devrait prier plutôt que de jurer—Il vous siérait bien mieux de vous humilier et d'implorer le Seigneur de vous accorder un peu d'aide de Sa part, plutôt que de maudire et jurer comme je vous l'ai entendu faire. » Je lui dis : « Ceci est chez moi, c'est ma famille qui vit ici, j'ai une très grande famille et j'ai tout ce que je peux faire pour les entretenir—Pour autant que je puisse trouver ou procurer du travail pour mes enfants, ils sont au travail, en fait certains d'entre eux travaillent qui devraient aller à l'école—Nonobstant tout cela, nous sommes prêts à vous aider, vous ou toute autre personne, dans la mesure de nos moyens, qui vient à nous dans le besoin ; mais je n'aime pas que quelqu'un vienne sur mes terres et use d'un langage profane, ou maudisse et jure—Maintenant, je vous conseille de ne plus jamais jurer, de tenir sacré le nom du Seigneur, et de faire un peu de prière, et je vous promets que vous vous en sortirez mieux dans ce monde que vous ne l'avez fait. »

J'appelai alors l'attention de ma femme sur la condition de ce pauvre garçon, et elle lui prépara un bon bain chaud, lui donna une chemise propre et une paire de chaussettes, une paire de bottes, et un bon petit déjeuner, et l'envoya en chemin—Voilà comment nous avons traité cette pauvre créature—Mais nous ne les traitons pas tous ainsi—Nous ne pourrions pas nous permettre de donner à tous ceux qui viennent des bottes et des chaussettes et des vêtements et des bains, car nous n'en avons pas suffisamment pour tout le monde, mais nous avons toujours réussi à donner quelque chose aux pauvres, et n'avons jamais refusé de nourriture à personne—Je crois que c'est le sentiment général et le caractère des Saints des Derniers Jours—Je pense que tout le peuple mormon est bienveillant, et est généreux envers les pauvres et les malheureux, et qu'il n'est pas un Saint des Derniers Jours sous le son de ma voix ou nulle part qui ne partagerait sa ration avec son semblable en cas de besoin—J'ai ce témoignage à rendre aux Saints des Derniers Jours—Le président Cannon me demande si je conseillerais, quand des hommes viennent demander de la nourriture, de les inviter à faire un peu de travail pour cela—Je serais très décidément en faveur de demander à un homme qui avait amplement le temps et rien d'autre, et qui avait la force physique, de consacrer un peu de son temps et de sa force en compensation de ce qu'il a reçu—Mais il faut les surveiller un peu ; je ne parle pas maintenant des Saints des Derniers Jours qui cherchent du travail—Il y a très peu de Saints des Derniers Jours qui doivent mendier, en fait je n'en connais pas, et je suis désolé qu'il y en ait qui prétendent être Saints des Derniers Jours qui mendient ; il ne devrait pas y avoir de mendiants Saints des Derniers Jours—Les mendiants que nous avons sont ceux qui ne sont pas des nôtres, et ils sont parfois très méchants dans leurs cœurs, et ne sont pas du tout reconnaissants parfois de ce qu'ils reçoivent—J'ai vu des hommes s'éloigner de ma porte avec du bon pain et du beurre dans les mains (assez bon pour que n'importe quel roi en mange, car mes gens font du bon pain et du bon beurre, aussi bon que j'en aie jamais mangé sur terre) et une fois sortis de la porte ils l'ont jeté dans la rue—Ce n'était pas de la nourriture qu'ils voulaient—Ils voulaient de l'argent—Pour quoi ? Pour aller dans quelque enfer de jeu ou dans quelque saloon—Bien sûr, ils en sont responsables—Nous ne pouvons juger que d'après les apparences et d'après les impulsions du bon esprit qui est en nous ; et il vaut mieux donner à une douzaine qui ne méritent pas que de renvoyer les mains vides une seule personne méritante

Il y a un autre aspect de cette question sur lequel je veux faire remarquer—Il y a une telle chose qu'encourager l'oisiveté et favoriser le paupérisme chez les hommes—Les hommes et les femmes ne devraient pas être disposés à recevoir la charité à moins d'y être contraints pour se préserver de la souffrance—Tout homme et toute femme devrait posséder l'esprit d'indépendance, un esprit d'auto-suffisance, qui l'inciterait à dire, quand il est dans le besoin : « Je suis prêt à donner mon travail en échange de ce que vous me donnez. » Aucun homme ne devrait être satisfait de recevoir sans rien faire en retour—Après qu'un homme a été réduit à la pauvreté et se trouve dans la nécessité de recevoir de l'aide, et que ses amis la lui donnent, il devrait sentir que c'est une obligation sous laquelle il est placé, et quand le Seigneur lui ouvrirait la voie il rendrait le don—C'est le sentiment que nous devrions cultiver dans nos cœurs, pour faire de nous un peuple libre et indépendant—La culture de tout autre sentiment ou esprit que celui-là est propre à faire des pauvres à charge, à dégrader et à ramener l'humanité à la mendicité, qui est la condition la plus misérable dans laquelle les hommes puissent se trouver—C'est une mauvaise chose pour les hommes de penser que le monde leur doit une existence, et que tout ce qu'ils ont à faire est de mendier ou de voler pour l'obtenir—Quand on en arrive à cette classe de gens, je pense beaucoup à l'avis exprimé une fois par le Dr Johnson, quand un mendiant vint le trouver et lui demanda l'aumône en insistant sur ce que le docteur devrait être généreux à l'aider, « car, » dit-il, « docteur, vous savez que je dois vivre. » Mais le docteur dit : « Je n'en vois pas la moindre nécessité. » Quand un homme devient un parasite, vivant de la charité de ses amis, j'avoue qu'il est difficile de voir la nécessité pour lui de vivre—Il n'est d'aucune utilité pour quiconque—Je parle ainsi seulement de ceux qui sont valides, de ceux qui ont leurs facultés et peuvent les consacrer à quelque industrie, à quelque travail utile—Je ne fais pas allusion au paralytique, à ceux qui sont affaiblis par l'âge, parce que je les vois sous un tout autre jour ; il est nécessaire pour eux de vivre, et il est nécessaire pour nous de les aider ; mais il n'y a pas grand besoin dans ce monde d'hommes et de femmes qui sont capables de travailler et ne veulent pas travailler—Des hommes viennent chez notre évêque et chez les Apôtres et demandent : « Que ferons-nous ? Nous sommes sans emploi—Nous ne pouvons rien trouver à faire, que ferons-nous ? » L'évêque dit : « Mettez vos affaires dans votre sac, si vous en avez un, ou si vous n'en avez pas prenez votre mouchoir pour y mettre vos habits, si vous avez autre chose que ce que vous avez sur le dos, et allez dans les nouvelles colonies où il y a de la terre à prendre, où il y a de l'eau à tirer de la rivière, et où il y a l'occasion pour vous de prendre une ferme, de cultiver le sol, et éventuellement d'élever des vaches, des moutons, des poulets, des cochons et autres animaux utiles et de produire de la mère terre de quoi vous nourrir et vous habiller, et devenir ainsi un citoyen indépendant, un membre utile de la société, et contribuer quelque chose au bien-être de l'humanité, et prouver que le monde est meilleur de vous avoir en lui. — Bien, mais, » dit l'un de nos bons frères, « c'était bien suffisant, évêque, en des temps anciens, mais les temps sont différents maintenant. » Bien sûr que les temps sont différents maintenant—Un garçon qui commence dans le monde de nos jours comme nous avions coutume de le faire, sans rien, voit ses voisins jouissant de bonnes et confortables maisons, il voit beaucoup de gens qui sont riches, qui peuvent se promener en voiture et avoir tout le luxe, et lui, sous l'impression qu'il vaut autant qu'eux et a tout autant droit aux richesses qu'eux, sentant que parce qu'il n'a pas autant qu'eux il a été lésé ou persécuté en quelque manière, l'envie et l'inimitié surgissent dans son âme envers les riches, et il sent qu'ils sont ses ennemis et qu'il a le droit d'être le leur—C'est mal—Il est tout aussi facile de gagner sa vie à partir du sol maintenant avec comparativement rien pour commencer, qu'il ne l'était pour les Pionniers quand ils arrivèrent pour la première fois dans cette vallée, n'était-ce la fierté que nous avons, à condition d'aller là où des terres et de l'eau attendent le travail nécessaire pour les mettre en valeur et les utiliser, au lieu de convoiter paresseusement les possessions des autres, et de nourrir la pensée que nous devrions avoir aussi bien qu'eux—Si nous voulons aller travailler et gagner et produire ce dont nous avons besoin, nous y avons droit, et le Seigneur bénira tout homme qui entreprend honnêtement et fidèlement de l'obtenir de la mère terre—Le Seigneur Tout-Puissant, au commencement, a voulu que nous gagnions notre pain à la sueur de notre front, et que nous produisions de la terre ce qui est nécessaire pour la nourriture et le vêtement et pour nous bâtir des habitations—Il a pourvu de l'or et de l'argent et du fer et des pierres précieuses en grande abondance dans la terre, et il est légitime pour les hommes de rassembler toutes ces choses de la terre, parce qu'elles sont utiles à l'humanité—Le Seigneur a pourvu à toutes ces choses ; et il n'y a rien sur la face du globe ni dans ses profondeurs que Dieu a prévu pour l'usage de l'homme, qui ne soit pas légitime pour nous de prendre et d'utiliser si nous le faisons sagement et prudemment—Tout cela est conçu pour notre bien

Maintenant, n'encourageons pas le paupérisme ou la mendicité ; n'encourageons pas l'idée que l'Église ou que le monde doit une existence à quelque homme, sauf au pauvre méritant—le pauvre du Seigneur—ou qu'il la gagne par son honnête travail—J'ai entendu un individu dire un jour : « Le monde me doit une existence et je serai damné si je ne l'ai pas. » Un tel homme l'aurait s'il devait voler pour cela, et après un temps il l'aurait s'il devait tuer un homme qui possède des richesses, pour le dépouiller de ses biens—C'est l'esprit du meurtre et du vol—L'esprit qui s'insinue dans le cœur des hommes pour recevoir des aumônes et obtenir quelque chose pour rien, leur faisant croire qu'on leur est dû sans travail honnête, est, en partie, le même esprit, du moins c'est un esprit qui conduit au meurtre et au vol, pour que sa passion puisse obtenir ce que « le monde lui doit », comme il l'imagine—Or le monde me doit une existence à condition que j'aille travailler pour la produire par un travail honnête—La terre a été bonne et généreuse pour tous ceux qui ont honnêtement travaillé sur son sein, et qui ont cherché secours et assistance auprès d'elle—Elle a été une bonne mère—Elle a donné de sa force pour le bien de l'homme quand il a mis son travail dessus assidûment et fidèlement ; ceux-là ont moissonné leur récolte en sa saison et ont participé de ses fruits en abondance—Cherchons donc à obtenir notre subsistance de cette façon, si le Seigneur nous le permet ; et s'Il nous appelle à toute autre affaire, occupons-nous-en aussi fidèlement que nous nous occuperions de la culture du sol si nous étions autorisés à nous y consacrer

Que Dieu vous bénisse, c'est ma prière au nom de Jésus—Amen

Citer ce discoursJoseph F. Smith, « Les Saints, un peuple charitable », Conférence générale d'avril 1898, Séance du matin du troisième jour (1898-04-08). Pulpit Vault, 1898-04-smith-priesthood-and-obedience. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).