L'alliance et le serment de la prêtrise
Joseph F. Smith
Mes frères et sœurs, je désire la foi, la bienveillance et les prières de mes auditeurs, afin de pouvoir ¶
dire la vérité, et que le Seigneur me donne une connaissance de Sa volonté, de sorte que ce que je dis soit en accord avec elle et pour le bénéfice de nous tous—Si je manque de me tourner vers ce pilier en face, je prie mes frères derrière moi de me rappeler à l'ordre ; car c'est l'un de mes défauts de me tourner à droite et à gauche quand je parle—Non que je sois désobéissant dans mon esprit, mais je n'ai pas toujours présent à l'esprit ce qui est pour le meilleur bien ¶
Je prendrai la liberté de relire une partie des Écritures qui ont été lues ce matin par le président Lorenzo Snow ; non que j'espère jeter quelque lumière supplémentaire sur le sujet, mais peut-être poursuivrai-je un peu dans la même direction : ¶
« Car quiconque est fidèle à l'obtention de ces deux sacerdoces dont j'ai parlé, et à l'honneur de son appel, est sanctifié par l'Esprit pour le renouvellement de son corps ; ¶
« Il devient les fils de Moïse et d'Aaron, et la postérité d'Abraham, et l'Église et le Royaume, et l'élu de Dieu ; ¶
« Et aussi tous ceux qui reçoivent ce sacerdoce me reçoivent, dit le Seigneur ; ¶
« Car celui qui reçoit mes serviteurs me reçoit ; ¶
« Et celui qui me reçoit reçoit mon Père ; ¶
« Et celui qui reçoit mon Père reçoit le royaume de mon Père ; donc tout ce que mon Père possède lui sera donné ; ¶
« Et c'est selon le serment et l'alliance qui appartient au sacerdoce ; ¶
« C'est pourquoi tous ceux qui reçoivent le sacerdoce reçoivent ce serment et cette alliance de mon Père, qu'il ne peut rompre, et qui ne peut être déplacée ; ¶
« Mais quiconque rompt cette alliance, après l'avoir reçue, et s'en détourne entièrement, n'aura pas le pardon de ses péchés dans ce monde ni dans le monde à venir. » ¶
Cela fait de la réception de cette alliance et de ce sacerdoce une chose très sérieuse ; car ceux qui le reçoivent doivent, comme Dieu Lui-même, y demeurer, et ne doivent pas faillir, et ne doivent pas être détournés de la voie ; car ceux qui reçoivent ce serment et cette alliance et s'en éloignent, ¶
et cessent d'agir avec justice et d'honorer cette alliance, et veulent demeurer dans le péché, et ne se repentent pas, il n'y a pas de pardon pour eux ni dans cette vie ni dans le monde à venir—Tel est le langage de ce livre, et c'est une doctrine et une vérité qui a été révélée de Dieu aux hommes par l'intermédiaire de Joseph Smith le Prophète—Et cette parole est fiable—C'est la parole de Dieu, et la parole de Dieu est vérité ; et il devient nécessaire pour tous ceux qui entrent dans cette alliance de comprendre cette parole, afin qu'ils y demeurent en vérité, et ne soient pas détournés de la voie ¶
En rapport avec ce passage des Écritures que j'ai lu, je prendrai la liberté d'en lire un peu plus, sur un sujet semblable, dans le Livre de Mormon—Et bien que ces paroles que je vais maintenant lire aient été les paroles d'un prophète qui a vécu anciennement sur ce continent, et aient été données avant la venue du Christ dans la chair, et avant que l'Évangile ne soit établi dans sa plénitude, avec le Saint-Sacerdoce, dans la terre, elles se rapportent pourtant au même serment et à la même alliance dont il est question dans le Livre de la Doctrine et des Alliances ¶
« Et maintenant, il arriva que lorsque le roi Benjamin eut ainsi parlé à son peuple, il envoya parmi eux, désirant savoir de son peuple s'ils croyaient les paroles qu'il leur avait dites ¶
« Et ils s'écrièrent tous d'une seule voix, disant : Oui, nous croyons toutes les paroles que tu nous as dites ; et aussi, nous savons qu'elles sont sûres et vraies, à cause de l'Esprit du Seigneur Omnipotent, qui a opéré un puissant changement en nous, ou dans nos cœurs, de sorte que nous n'avons plus de disposition à faire le mal, mais à faire continuellement le bien. » ¶
Quelle condition glorieuse était celle-ci ! une condition dans laquelle le Seigneur Dieu Omnipotent, par la puissance de Son Esprit, avait opéré un puissant changement dans les cœurs de ce peuple, de sorte qu'ils n'avaient plus aucun désir de faire le mal, mais étaient remplis seulement d'un désir ardent de faire ce qui était bon—C'était en vérité un grand changement, et pourtant c'est précisément le changement qui vient aujourd'hui à chaque fils et fille de Dieu qui se repent de ses péchés, qui s'humilie devant le Seigneur, et qui cherche le pardon et la rémission du péché par le baptême par immersion, par quelqu'un ayant l'autorité d'administrer cette ordi- ¶
nance sacrée de l'Évangile de Jésus-Christ—Car c'est cette nouvelle naissance dont Christ a parlé à Nicodème comme étant absolument essentielle pour que les hommes voient le Royaume de Dieu, et sans laquelle aucun homme ne pourrait entrer dans le Royaume—Chacun de nous peut peut-être se rappeler le changement qui s'est produit dans nos cœurs quand nous avons été baptisés pour la rémission de nos péchés—Il n'est peut-être pas convenable pour quelqu'un de parler de lui-même ou de ses propres expériences, parce qu'il peut se trouver parmi ceux qui entendent ma voix des gens qui s'opposent à ce qu'un homme parle de lui-même, et surtout quand il dirait du bien de lui-même ; pourtant je ne parle pas de moi-même, je parle de l'influence et de la puissance du Saint-Esprit que j'ai expérimentées quand j'avais été baptisé pour la rémission de mes péchés—Le sentiment qui s'empara de moi était celui d'une paix pure, d'amour et de lumière—Je sentis dans mon âme que si j'avais péché—et assurément je n'étais pas sans péché—il m'avait été pardonné ; que j'avais en vérité été purifi é du péché ; mon cœur fut touché et je sentis que je ne voudrais blesser le moindre insecte sous mes pieds—Je sentis comme si je voulais faire du bien partout, à tout le monde et à toutes choses—Je ressentis une nouveauté de vie, une nouveauté de désir de faire ce qui était juste—Il n'y avait pas une particule de désir pour le mal restant dans mon âme—Je n'étais qu'un petit garçon, il est vrai, quand j'ai été baptisé ; mais telle était l'influence qui s'est exercée sur moi, et je sais qu'elle venait de Dieu, et qu'elle a été et est toujours un témoignage vivant pour moi de mon acceptation du Seigneur ¶
Oh ! que j'aurais pu conserver ce même esprit et ce même ardent désir dans mon cœur chaque instant de ma vie depuis ce jour jusqu'à maintenant—Pourtant, beaucoup d'entre nous qui ont reçu ce témoignage, cette nouvelle naissance, ce changement de cœur, bien que nous puissions avoir erré dans notre jugement ou avoir commis beaucoup d'erreurs, et souvent peut-être manqué au véritable idéal dans notre vie, nous nous sommes repentis du mal, et nous avons cherché de temps à autre le pardon de la main du Seigneur ; de sorte que jusqu'à ce jour le même désir et le même dessein qui pénétraient nos âmes quand nous avons été baptisés et avons reçu la rémission de nos péchés détiennent encore la possession de nos cœurs, et sont encore le sentiment et la passion dominants de nos âmes—Bien que nous puissions parfois être entraînés à la colère, et que notre ¶
courroux nous amène à dire et à faire des choses qui ne sont pas agréables aux yeux de Dieu, pourtant immédiatement, en reprenant nos esprits et en nous remettant de notre chute dans la puissance des ténèbres, nous nous sentons humbles, repentants, et prompts à demander pardon pour le tort que nous avons fait à nous-mêmes, et peut-être à d'autres—Le désir grand, ardent, irrésistible, né de la vérité et du témoignage du Saint-Esprit, dans les cœurs du peuple qui obéit à la vérité, reprend son empire et s'empare de nouveau de nos âmes, pour nous conduire dans le sentier du devoir—Tel est mon témoignage, et je sais qu'il est vrai ¶
« Et nous, nous-mêmes aussi, grâce à la bonté infinie de Dieu, et aux manifestations de Son Esprit, avons de grandes perspectives de ce qui est à venir ; et s'il était expédient, nous pourrions prophétiser de toutes choses ¶
« Et c'est la foi que nous avons eue dans les choses que notre roi nous a dites, qui nous a conduits à cette grande connaissance, par laquelle nous nous réjouissons d'une si grande joie. » [Mosiah, Livre de Mormon, chap. 5, vs. 3 et 4.] ¶
Voici maintenant dans les paroles suivantes ce sur quoi je désire attirer votre attention, étant particulièrement en harmonie avec la référence que j'ai lue de la Doctrine et des Alliances concernant le serment et l'alliance de l'éternel Sacerdoce : ¶
« Et nous sommes disposés à entrer dans une alliance avec notre Dieu, pour faire Sa volonté, et lui être obéissants dans Ses commandements en toutes choses qu'Il nous commandera, tout le reste de nos jours, afin de ne pas nous attirer un tourment sans fin, comme l'a dit l'ange, afin de ne pas boire de la coupe de la colère de Dieu ¶
« Et maintenant, voici les paroles que le roi Benjamin désirait d'eux ; et c'est pourquoi il leur dit : Vous avez prononcé les paroles que je désirais ; et l'alliance que vous avez contractée est une alliance juste. » [Mosiah, chap. 5, vs. 5 et 6.] ¶
C'est assurément une alliance juste—Elle ne pourrait être que juste ; car l'alliance était avec Dieu, de faire Sa volonté, de Lui être obéissants dans Ses commandements en toutes choses tout le reste de leurs jours—Cer- ¶
tainement c'est bien ; c'est une alliance convenable de contracter de la part de l'homme faillible, et c'est une alliance éternelle, contractée avec ce Dieu Éternel qui traite avec Ses enfants non comme des êtres temporels ou mortels, qui semblent ne vivre que peu de temps sur la terre et puis disparaître, mais qui traite en référence à l'immortalité de leur être—Il n'est rien que Dieu ait fait pour les enfants des hommes qui soit uniquement de nature temporelle—Il traite avec nous en vue de notre être éternel, notre immortalité ; en référence au fait que nous sommes Ses enfants, ou que nous devrions l'être, et que nous le serons quand nous entrons dans cette alliance et obtenons le changement de cœur que l'entrée dans cette alliance est sûre d'apporter aux honnêtes de cœur ¶
« Et maintenant, à cause de l'alliance que vous avez contractée, vous serez appelés les enfants du Christ, Ses fils, et Ses filles ; car voici, aujourd'hui Il vous a engendrés spirituellement ; car vous dites que vos cœurs sont changés par la foi en Son nom ; c'est pourquoi vous êtes nés de Lui, et êtes devenus Ses fils et Ses filles ¶
« Et sous cette tête, vous êtes libres, et il n'est point d'autre tête par laquelle vous puissiez être rendus libres. Il n'est point d'autre nom sous lequel le salut vienne ; c'est pourquoi je voudrais que vous preniez sur vous le nom du Christ, vous tous qui avez contracté l'alliance avec Dieu d'être obéissants jusqu'à la fin de vos vies ¶
« Et il arrivera que quiconque fait cela sera trouvé à la droite de Dieu, car il connaîtra le nom par lequel il est appelé ; car il sera appelé par le nom du Christ. » [Mosiah, 5e chap., vs. 7, 8 et 9.] ¶
Pensez-y ! Qui comprend sa signification, la portée de son sens ? « Vous serez appelés par le nom du Christ. » ¶
« Et maintenant il arrivera que quiconque ne prendra pas sur lui le nom du Christ doit être appelé par quelque autre nom ; par conséquent, il se trouvera à la gauche de Dieu ¶
« Et je voudrais que vous vous souveniez aussi que c'est le nom que j'ai dit que je vous donnerais et qui ne devrait jamais être effacé, sauf par la transgression ; c'est pourquoi prenez garde que vous ne trangressiez pas, afin que le nom ne soit pas effacé de vos cœurs. » [vs. 10 et 11.] ¶
En d'autres termes, comme la Doctrine et des Alliances le dit : ¶
« C'est pourquoi tous ceux qui reçoivent le sacerdoce reçoivent ce serment et cette alliance de mon Père, qu'il ne peut rompre, et qui ne peut être déplacée ; ¶
« Mais quiconque rompt cette alliance, après l'avoir reçue, et s'en détourne entièrement, n'aura pas le pardon de ses péchés dans ce monde ni dans le monde à venir. » ¶
Je désire admonester cette vaste assemblée de prendre cette grande vérité dans leurs cœurs—Qu'elle s'empare de vos esprits, réfléchissez-y, considérez bien votre situation et votre continuité dans la repentance et la rémission des péchés, et dans l'amour de la vérité, et dans le désir ardent de faire le bien et d'abandonner tout le mal—Considérez-vous vous-mêmes et voyez si vous avez transgressé cette grande alliance dans laquelle vous êtes entrés, car si vous l'avez fait et ne vous en repentez pas, mais continuez dans la désobéissance à cette alliance, et choisissez de demeurer dans le péché, alors, aussi vrai que Dieu vit, et comme Il a parlé dans Sa parole, il n'y a pas de pardon pour vous dans ce monde ni dans le monde à venir—Si la parole de Dieu est vraie du tout, alors ceci est vrai ; et cela s'applique à ceux d'entre nous qui sont entrés dans la nouvelle et éternelle alliance, ayant été nés de nouveau, ou spirituellement engendrés par le Christ, et étant devenus les fils et les filles de Dieu ¶
Je poursuis dans le Livre de Mormon : ¶
« Je vous dis, je voudrais que vous vous souveniez de retenir le nom écrit toujours dans vos cœurs, afin que vous ne soyez pas trouvés à la gauche de Dieu, mais que vous entendiez et connaissiez la voix par laquelle vous serez appelés, et aussi, le nom par lequel Il vous appellera ; ¶
« Car comment un homme connaît-il le maître qu'il n'a pas servi, et qui lui est un étranger, et est loin des pensées et des desseins de son cœur ? ¶
« Et de plus : Un homme prend-il un âne qui appartient à son prochain, et le garde ? Je vous dis : Non ; il ne permettra pas même qu'il se nourrisse parmi ses troupeaux, mais il le chassera, et le rejettera au-dehors. Je vous dis : il en sera de même parmi vous, si vous ne connaissez pas le nom par lequel vous êtes appelés ¶
« C'est pourquoi je voudrais que vous soyez fermes et inébranlables, abondant toujours en bonnes œuvres, afin que le Christ, le Seigneur Dieu Omnipotent, vous scelle pour Lui, afin que vous puissiez être amenés au ciel, afin que vous puissiez avoir le salut éternel et la vie éternelle, par la sagesse, la puissance, la justice et la miséricorde de Celui qui a créé toutes choses, au ciel et en terre, qui est Dieu par-dessus tout. Amen. » [Livre de Mormon, Mosiah, 5e chap., vs. 12 à 15.] ¶
Il y a beaucoup de ce genre d'instructions contenues dans ce livre sacré, qu'il nous serait bien utile en tant que croyants en Christ, en tant que fils et filles de Dieu, ayant été spirituellement engendrés par Lui, ayant été nés de nouveau, et le vieil homme de péché ayant été mis de côté, les désirs charnels, diaboliques et sensuels de notre nature humaine ayant été soumis ou conquis et chassés de nos âmes et le nouveau désir de justice et de pureté ayant été engendré en nous, de sorte que nous ayons été rachetés de la mort spirituelle qui est venue sur nos premiers parents, et qui en raison de la chute est sur toute chair jusqu'à ce qu'ils se repentent de leurs péchés et reçoivent leur rémission par le baptême, ou par la nouvelle naissance—c'est-à-dire par la naissance de l'eau et de l'Esprit ; car la naissance de l'Esprit vient par ou à travers la naissance de l'eau, et le don du Saint-Esprit—Nous sommes d'abord requis d'être ensevelis avec Christ dans le baptême, typique de Sa mort et de Sa sépulture, ensevelissant le « vieil homme » avec sa nature sensuelle et diabolique, et ressuscitant à une nouveauté de vie, et ainsi par le baptême spirituel qui suit par l'imposition des mains nous devenons un fils ou une fille de Dieu, un héritier de Dieu et un cohéritier avec Jésus-Christ—C'est à travers cette ordonnance que les hommes sont engendrés spirituellement—C'est la porte par laquelle Jésus Lui-même est passé—Il est la porte, la lumière et la vie du monde ; et si quelqu'un entre par Lui, il aura la vie éternelle ; mais quiconque tente de passer par un autre chemin sera compté comme un voleur et un brigand, et nous pouvons bien juger jusqu'à quel point il réussira ¶
Voilà l'Évangile que nous nous sommes engagés à obéir—Nous sommes entrés dans le lien de cette nouvelle et éternelle alliance en convenant que nous obéirions aux commandements de Dieu en toutes choses quelles qu'Il nous commande—C'est une alliance éternelle jusqu'à la fin de nos jours—Et quand est la fin de nos jours ? Nous pouvons penser que cela se rapporte à la fin de notre vie mortelle ; qu'un temps viendra après que nous aurons terminé cette probation où nous pourrons vivre sans obéissance aux commandements de Dieu—C'est une grave erreur—Nous ne verrons jamais le jour, dans le temps ni dans l'éternité, où il ne sera pas obligatoire, et où il ne sera pas un plaisir autant qu'un devoir, pour nous en tant que Ses enfants, d'obéir à tous les commandements du Seigneur à travers les âges sans fin de l'éternité—C'est sur ce principe que nous restons en contact avec Dieu, et demeurons en harmonie avec Ses desseins—C'est seulement de cette façon que nous pouvons accomplir notre mission, et obtenir notre couronne et le don des vies éternelles, qui est le plus grand don de Dieu—Pouvez-vous imaginer une autre voie ? ¶
Dieu a établi toutes choses dans leur ordre—La maison de Dieu est une maison d'ordre, et non une maison de confusion—Dans cette maison, Dieu Lui-même est le chef suprême, et Il doit être obéi—Christ est à l'image et à la ressemblance de Son être, Son Fils engendré, et Il se tient comme notre Sauveur et notre Dieu—Nous devons marcher dans Ses sentiers, et observer Ses préceptes pour les accomplir, ou nous serons retranchés—Vient ensuite Dieu et Christ, sur la terre est placé l'un à qui les clés de la puissance et l'autorité du Saint-Sacerdoce sont conférées, et à qui le droit de la présidence est donné—Il est la bouche de Dieu à Son peuple, en toutes choses relatives à la construction de Sion et au salut spirituel et temporel du peuple—Il est comme le vicaire de Dieu ; je n'hésite pas à proclamer cette vérité ; car c'est Sa parole, et par conséquent c'est vrai—Le peuple qui est entré dans l'alliance de garder les commandements du Seigneur doit écouter la voix de celui qui est placé pour présider sur lui ; et secondairement, de ceux qui sont appelés à agir avec lui comme ses conseillers dans le Saint-Sacerdoce—Il faut ¶
ce conseil de trois pour constituer l'autorité présidante et gouvernante du Sacerdoce dans la terre—Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit constituent la Divinité et le quorum gouvernant incomparable sur toutes les créations du Père—Trois hommes sont à la tête de l'Église sur la terre—Et pourtant il y a ceux qui se disent Saints qui n'hésitent pas à s'élever en condamnation et à exprimer des paroles de haine et de malveillance envers ces hommes qui sont à la tête de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ! Bien sûr, ils le font souvent clandestinement ; honteux de leurs propres actes, trop lâches pour apposer leur signature à leurs propres écrits ; mais ils s'élèvent néanmoins contre ces hommes—des hommes dont la seule pensée est de faire du bien à toute l'humanité, dont le plus grand souci est pour le bien-être du peuple du Seigneur, et dont l'effort constant est de les unir et de les amener à travailler, chacun à sa place et dans son appel, pour aider à bâtir Sion—Ils désirent ardemment que chaque homme soit une abeille travailleuse dans « la ruche de Deseret », dans la maison de Dieu—Si quelqu'un se sent offensé par moi, qu'il vienne me voir comme un homme, et me dise en quoi j'ai mal fait, et me donne ainsi l'occasion de m'expliquer—J'ai honte de certains gens qui prétendent être Saints des Derniers Jours—J'ai sur mon bureau des lettres anonymes, fourmillant d'un esprit de violence, de haine, de malveillance et de condamnation envers moi et mes frères, surtout envers le président Cannon et moi-même, pour des choses que nous n'avons jamais faites, ni pensé faire dans le monde, nous condamnant pour des maux qui n'existent que dans leurs propres imaginations coupables ; car aucun homme avec l'Esprit de Dieu dans son cœur ne condamnera jamais ces hommes ouvertement, en secret ou par des lettres anonymes, dont des quantités nous sont envoyées de temps à autre—Pardonnez-moi de faire allusion à cela, parce que c'est peut-être trivial ; mais je considère les auteurs de lettres anonymes comme des lâches, des pleutres du type le plus bas, parmi les plus méprisables des créatures de Dieu—Si un homme a à se plaindre de moi, qu'il vienne me voir ; ou s'il a à se plaindre du frère Cannon, qu'il aille le voir—Qu'il nous déverse ses griefs, et nous donne l'occasion d'expliquer ou de ¶
réparer si nous avons fait du tort ; et qu'il ne se cache pas lâchement derrière un nom de plume, ou des lettres anonymes soufflant la colère et la vengeance contre les serviteurs du Seigneur et du peuple—Nous devons parfois reprendre avec fermeté ; mais si en reprenant nous les avons blessés inutilement, nous répandrons une double portion du baume de la douceur, de l'humilité et de l'amour vers eux, afin de guérir les blessures que nous avons faites, comme le Prophète l'a dit dans la 121e section de la Doctrine et des Alliances—Lisez-la vous-mêmes ¶
Or, ces pensées me sont simplement venues sur l'impulsion du moment—Elles ont peut-être été entièrement inutiles—Mais je me sens justifié, pour ce qui me concerne, de faire ces remarques—Si ces lettres de menaces venaient de défaillants ou de Gentils hostiles, nous ne serions pas surpris ; mais quand elles arrivent signées « Votre frère dans l'Évangile », nous supposons, bien que nous ne le sachions pas avec certitude, qu'elles viennent d'hommes qui prétendent être Saints des Derniers Jours ¶
L'autre jour j'ai parlé des conseils souvent donnés à certains de nos pauvres frères qui cherchaient du travail ; entre autres choses, qu'ils devraient aller dans les nouvelles parties du pays et prendre de la terre, cultiver le sol, et se bâtir parmi ceux qui commencent dans de nouvelles colonies, et ainsi s'établir des foyers—On m'a dit que je ferais mieux d'essayer moi-même ce remède—Or je veux dire à ceux qui ne le savent pas que j'ai essayé ce remède même—La première charrue avec laquelle j'ai labouré dans cette vallée était faite de bandages de roues de chariot—Nous n'avions pas de charrues venues de l'Est—Tout ce que nous pouvions faire était de nous amener dans cette vallée avec de quoi tenir corps et âme ensemble quand je suis arrivé ici en 1848—Nous avons alors vécu de rations serrées jusqu'à ce que le Seigneur nous donne les fruits de notre travail du sol—Je sais ce que c'est que d'aller dans les déserts et de labourer le sol aride, puis d'aller aux ruisseaux et de creuser des canaux pour amener l'eau de leurs cours naturels sur la terre—Je sais ce que c'est que de gagner ma vie à la sueur de mon front—Je l'ai fait avant ; et si le Seigneur le veut et me donne la force de le faire, je peux le faire encore—Je ne suis pas au-dessus ¶
de le faire, si le Seigneur l'exige—Je crois qu'il n'est pas de travail sur la terre plus essentiel au bien-être d'une communauté ou plus honorable que le travail nécessaire pour produire de la nourriture de la mère terre—C'est l'une des occupations les plus nobles—Et vient ensuite le gardiennage des troupeaux de moutons et de bétail—C'est aussi une occupation noble, si elle n'est conduite que convenablement et dans la justice—Ce sont là les fondements de la prospérité de toute communauté dans le monde—Quand la communauté agricole est prospère, quand le Seigneur bénit la terre et la rend féconde, alors le forgeron, le charpentier et ceux qui exercent d'autres métiers seront aussi prospères—Mais quand la terre refuse de donner de sa force pour le bien de l'humanité, alors tous les autres affaires sont stagnantes et langueront—C'est pourquoi cultivons la terre ; cultivons le sol ; produisons notre subsistance de la terre, par la bénédiction de Dieu, dans toute la mesure de nos possibilités, gardant toujours présent à l'esprit que nous avons contracté avec Dieu une alliance solennelle, qui est une alliance éternelle, et de laquelle Il ne peut s'éloigner ni être écarté, et à laquelle nous ne pouvons manquer qu'en transgressant nous-mêmes cette nouvelle et éternelle alliance et en nous en détournant ¶
Que Dieu nous aide à être vrais et fidèles à notre appel et à notre situation dans Son Église, c'est ma prière au nom de Jésus—Amen ¶