Pulpit

Révélation ancienne et moderne

George Q. Cannon

Conférence générale d'avril 1898·Séance du matin du premier jour·1898-04-06

Il est réjouissant ce matin de voir une si grande assemblée dans ce bâtiment, au commencement de notre Conférence, et il faut espérer que l'intérêt qui se manifeste aujourd'hui par ceux qui sont présents sera maintenu tout au long de la Conférence, que grâce à cet intérêt nous puissions obtenir une bonne mesure de l'Esprit de Dieu, et que nous puissions tous sentir, quand cette Conférence se clôturera, qu'elle a été la meilleure Conférence à laquelle nous ayons jamais assisté—Tel est le sentiment habituel qu'éprouvent ceux qui assistent aux Conférences—À chaque Conférence, les bénédictions de Dieu qui sont reçues semblent plus grandes que jamais auparavant, et ce sentiment est bien entendu produit par l'intérêt que chacun porte à assister aux réunions, à écouter les instructions et à s'imprégner de l'esprit de la Conférence—Il est très réjouissant pour nous tous de voir le président Woodruff et d'entendre sa voix—Comme il l'a dit, il ne s'attendait guère, il y a quelques jours, à pouvoir assister à cette Conférence, souffrant comme il l'était d'un très

sévère accès de rhume—Mais il est ici avec nous, et c'est un sujet de grande satisfaction et de plaisir pour tous de le voir et d'entendre sa voix, même si ce n'est que pour une brève période

Comme le président Woodruff l'a dit, les progrès de l'œuvre sont très réjouissants—C'est une période importante dans laquelle nous vivons—Un grand changement s'est produit en ce qui concerne cette œuvre et sa portée sur les nations—Sans doute la majeure partie de cette congrégation se souviendra des promesses qui furent faites par le serviteur de Dieu lors de la dédicace du Temple de Salt Lake il y a cinq ans—Des prédictions furent faites à cette époque qui semblaient peu susceptibles d'être accomplies, en regardant les choses comme les hommes les regardent naturellement—Mais pas un mot ne fut dit concernant les progrès de cette œuvre et la faveur qu'elle trouverait à partir de ce moment-là, qui n'ait pas été littéralement accompli

Comme je l'ai dit, un grand changement s'est produit en ce qui concerne l'œuvre du Seigneur—Elle occupe une position différente, à bien des égards, de celle qu'elle a jamais occupée auparavant—Ce fut une cause de consolation pour les Saints, dans les heures sombres que nous avons connues il y a une dizaine ou douzaine d'années, d'entendre les Anciens prédire qu'un jour meilleur allait se lever sur le peuple, et que nous émergerions des épreuves, des difficultés et des peines de ces jours-là avec une plus grande influence et plus de puissance, plus respectés en tant que peuple que nous ne l'avions jamais été—Il semblait fort improbable que ces prédictions se réaliseraient, parce que l'amertume nourrie envers les Saints des Derniers Jours et leur religion était si répandue et si profondément enracinée—Mais ces prédictions ont été accomplies

Nous avons souvent été entourés de circonstances très difficiles, et il y a eu bien des fois dans notre histoire où il semblait que cette œuvre de Dieu allait être renversée et tous Ses desseins réduits à néant—Ceux qui ont combattu cette œuvre se sont abandonnés à ces espoirs—Les mesures qu'ils ont entreprises, et qu'ils ont cherché à mener à bien, avaient pour objet la destruction de cette organisation et la dispersion de ce peuple—Ils supposaient ces mesures suffisantes pour accomplir les fins qu'ils avaient en vue—S'ils n'en avaient pas été assurés, ils auraient sans nul doute essayé d'autres plans

Ce qui a soutenu les Saints des Derniers Jours durant leurs temps d'épreuve, c'est l'esprit de prophétie—Le Seigneur a accordé à Ses Anciens l'esprit de prophétie—Au milieu des épreuves les plus terribles, quand le peuple était dispersé, chassé de ses foyers et de ses possessions, dans un état de complet dénuement, sans nourriture, sans vêtements convenables, sans abri, errant sans demeure, dispersé par la main brutale de la violence — dans ces heures sombres le Seigneur accordait à Ses serviteurs l'esprit de prophétie—Il reposait sur eux avec puissance, et ils prédisaient au peuple qu'un jour meilleur se lèverait sur lui, et qu'il émergerait de ses épreuves plus fort et meilleur, plus fermement enraciné dans la foi que le Seigneur lui avait révélée, qu'il ne l'était auparavant. Plus d'une fois dans l'histoire des Saints des Derniers Jours, des foules les ont chassés de leurs foyers — les lieux que le Seigneur avait désignés comme lieux de rassemblement ; et ils étaient un peuple dispersé, brisé, et sans lieu de résidence permanent—Mais sous l'inspiration du Tout-Puissant, par l'esprit de prophétie qu'Il accordait à Ses serviteurs, et au peuple lui-même, ils étaient attirés les uns vers les autres et retenus par des liens invisibles aux yeux humains—Et bien qu'ils fussent parfois très éloignés les uns des autres, ils étaient attirés ensemble vers le nouveau lieu de rassemblement, que sous l'inspiration du Tout-Puissant par Ses serviteurs, et dont ils participaient eux-mêmes également, ils savaient être le lieu où il leur était donné de se rassembler à nouveau—Aussi nombreuses que fussent les tentations qui les entouraient de toutes parts pour les induire à abandonner la cause de Dieu, à quitter un peuple si persécuté et qui devait endurer de telles épreuves, ces liens invisibles dont je parle les attiraient ensemble et les poussaient à tenter à nouveau de bâtir des villes et des temples, où ils pourraient adorer le Tout-Puissant selon les commandements qu'Il leur avait donnés

Il est vraiment merveilleux de regarder en arrière sur l'histoire des Saints des Derniers Jours ; de voir la puissance qui s'est manifestée pour les maintenir unis comme ils l'ont été—Comme je l'ai dit, ceux qui formèrent des plans contre eux supposaient qu'ils ne pourraient manquer de détruire l'organisation de l'Église

et de séparer le peuple d'une manière telle qu'il ne serait jamais réuni à nouveau—Mais le peuple s'est à nouveau rassemblé—C'est la puissance de Dieu qui a fait cela—C'est l'esprit de prophétie qui reposait sur les serviteurs de Dieu, qui encourageait le peuple, qui lui disait que le Seigneur avait révélé et établi Son Église sur la terre, et qu'il n'existait ni puissance sur la terre ni dans l'enfer qui pût la détruire, ni contrecarrer Ses desseins, comme l'avaient prédit les bouches de Ses saints prophètes—Comme dans le passé, il en a été ainsi ces dernières années—Ce même Esprit a reposé sur le peuple—Et il y a cette grande particularité attachée à cette œuvre ; ce n'est pas seulement ces hommes qui ont été choisis par le Seigneur pour conduire qui ont eu cet Esprit. Ils n'ont pas prophétisé sans un témoignage de la part du peuple fidèle lui-même que ce qu'ils disaient était la vérité et venait du Tout-Puissant—Car dans les cœurs de tous les Saints des Derniers Jours il y avait un écho répondant aux paroles d'espoir, de réconfort et de prophétie qui avaient été données par ceux sur qui l'esprit de prophétie reposait—Le peuple a senti cet Esprit, il en a été réconforté et soutenu—Nous avons vu cela si souvent que nous savons que ce que le Seigneur a dit concernant Son œuvre sera accompli

Il est étonnant, quand on y réfléchit, ce qui a été accompli à cet égard—Nous avons vu des gens chassés de leurs foyers dans un complet dénuement, traversant les plaines, avec des chariots improvisés, faits de la manière la plus grossière, des matériaux les plus verts, avec des vaches, ou des bœufs, ou des poneys, ou quoi que ce fût qui pût être attelé pour les tirer ; quelques effets personnels jetés dans le chariot, avec une petite quantité de nourriture, bon nombre des hommes, et des femmes aussi, presque pieds nus, et les enfants dans le même état— tous inspirés par un seul Esprit, et c'était l'Esprit de Dieu—Il n'y avait rien dans leur situation, que l'œil naturel pût voir, pour les réconforter ou les soutenir—Mais ils étaient pleins d'espoir, joyeux dans leurs sentiments, voyageant avec autant de confiance et de certitude que s'ils connaissaient chaque pas qu'ils avaient à faire et qu'il y avait devant eux un bon endroit qu'ils atteindraient et dont ils pourraient jouir des plaisirs—Nous avons vu cela, je le dis, et c'était une étonnante illustration de ce que Dieu peut faire pour un peuple ; de la façon dont Il peut le soutenir et l'inspirer à accomplir l'œuvre qu'Il exige de ses mains

Quand les Saints étaient dans l'Iowa (alors un territoire), en train d'y traverser, et ensuite à Winter Quarters, les femmes, dans bien des cas, prirent leurs matelas de plumes et les envoyèrent dans le Missouri pour les vendre, afin de se procurer un peu de provisions—Toutes sortes d'expédients furent employés pour obtenir un peu de nourriture—Il y avait le Missouri à gauche, invitant le peuple — une bonne terre, de la nourriture en abondance, une terre où ils pouvaient vivre avec une relative facilité—Mais les Saints ont-ils faibli ? Ont-ils, durant les jours terribles de Winter Quarters, pensé qu'ils devaient déserter ce lieu où tant mouraient d'exposition aux intempéries et du manque de nourriture convenable, pour aller là où ils pourraient se procurer quelques-uns des conforts et des commodités de la vie ? De telles pensées étaient-elles dans les cœurs du peuple ? Non ; aucun tel sentiment ne se manifesta—S'il en est qui désertèrent alors, ils étaient si peu nombreux qu'on ne s'en souvient pas—Le peuple avait une mission—Chaque homme, chaque femme et chaque enfant (assez âgé) sentait que Dieu lui avait confié une mission ; et avec une intégrité inébranlable, avec un courage sans défaillance, ils maintinrent leur position là jusqu'au moment où ils pourraient partir plus à l'ouest

C'était ce même esprit et cette même intensité de dévotion qui les inspirait en venant dans ce pays—Et qu'est-ce qui a retenu le peuple ici ? Quelle influence opérait sur lui ? Y avait-il quelque chose d'attrayant dans ce pays ? En le regardant aujourd'hui, et en imaginant que c'était sa condition lorsque les frères et sœurs y vinrent pour la première fois, vous diriez, « c'est un pays attrayant, un endroit délicieux pour s'arrêter. » Mais une telle vue que celle que nous voyons maintenant ne s'offrait pas à leurs yeux—Tout était rébarbatif—Il semblait que le peuple pourrait mourir de faim ; et après la venue des criquets il sembla certainement un moment qu'ils allaient mourir de faim—Les Saints des Derniers Jours ont-ils faibli alors ? Non, ils n'ont pas faibli—Qu'est-ce qui les soutenait ? C'était ce même esprit de prophétie que j'ai mentionné — l'Esprit de Dieu, qui

est l'Esprit de prophétie—Les Anciens témoignèrent que c'était le lieu que Dieu avait choisi, et qu'Il avait désigné comme lieu de rassemblement pour Ses Saints ; et ils avaient eux-mêmes le même témoignage, le même Esprit—Un amour particulier jaillit dans les cœurs du peuple pour ce pays, même en ces jours-là—Il y avait quelque chose de très attrayant dans ses montagnes et ses vallées et ces ruisseaux limpides qui coulaient des montagnes—Une chose qui ajoutait à son charme était qu'il était une terre de liberté, une terre de liberté, une terre où les foules ne pouvaient venir nous attaquer, comme elles l'avaient fait dans le passé ; un endroit où les familles des Saints, et les hommes dirigeants parmi eux, pouvaient aller au lit en paix et en tranquillité, sans être troublés par la crainte d'être attaqués durant la nuit—Cela apportait un étrange et délicieux sentiment de soulagement—S'ils avaient seulement du pain à manger, ou de quoi soutenir la vie ; s'ils avaient seulement de l'eau à boire, je crois que la grande masse du peuple — presque sans exception, puis-je dire — aurait été contente de rester ici même dans ces circonstances. L'idée d'avoir des fruits tels que nous en avons maintenant, et en si grande abondance, était à peine anticipée—Si elle l'était, ce n'était que par bien peu, parce que les graines qui avaient été semées et les petits arbres qui poussaient étaient gelés pendant les deux ou trois premières années—Mais il y avait là un peuple content et heureux—Ils allaient se coucher les portes non verrouillées—Il n'y avait pas de crainte parmi eux—Ils avaient été délivrés d'une terrible crainte—Ceux qui vinrent dans ces circonstances pouvaient se rappeler les nuits et les heures qu'ils avaient passées à surveiller et à craindre qu'une foule vienne sur eux pour les chasser de leurs maisons, pour brûler leurs maisons, peut-être pour leur infliger des violences personnelles—Ils se rappelaient aussi qu'aucun de leurs hommes dirigeants ne pouvait aller se coucher dans sa maison sans avoir une garde pour le surveiller—Le soulagement de cet état de choses était tel qu'il apportait en lui-même du bonheur—Mais je le dis à nouveau, c'était l'esprit de Prophétie qui reposait sur les Anciens et sur le peuple qui les soutenait—Dieu révélait par Son Saint-Esprit l'avenir qui attendait le peuple—Le peuple savait, comme il savait qu'il vivait, que cette œuvre était destinée à triompher, qu'elle était destinée à réussir, que ceux qui s'y attacheraient en seraient récompensés, et qu'un grand et glorieux triomphe les attendait, non seulement dans cette vie, mais dans les royaumes de la béatitude dans la vie à venir

C'est ce même Esprit qui a reposé ces dernières années sur le peuple—Il a été réconforté et soutenu par l'Esprit de Dieu et les prédictions des serviteurs de Dieu—C'est une bénédiction merveilleuse, mes frères et sœurs—Il est bien pour nous d'y penser aujourd'hui en tant que membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ; de penser que nous sommes dans cette heureuse condition ; que les cieux sont en communication avec nous, parce que c'est du ciel que nous recevons ces bénédictions qui sont si délectables et qui ont un tel effet sur nous et sur notre conduite—C'est une chose bénie de penser que les cieux sont avec nous en cela ; que nous sommes guidés par les révélations du Seigneur Jésus ; que le don de prophétie a été restauré en notre temps, et qu'il a été reçu et joui par des hommes—Pas une prédiction n'a été prononcée concernant cette œuvre, en ce qui concerne l'œuvre elle-même, qui ne se soit accomplie—Pas un espoir n'a été inspiré, pas un encouragement n'a été donné aux Saints des Derniers Jours par les prophètes de Dieu, qui n'ait pas jusqu'à cette heure présente été abondamment accompli, aussi loin que nous sommes allés—Beaucoup reste encore à s'accomplir—Il serait impossible pour l'esprit humain de concevoir ce qui reste ; mais nous voyons l'accomplissement des prédictions à mesure que nous avançons jour après jour—Elles s'accomplissent sous nos yeux, quand nos yeux sont ouverts pour les percevoir—Par conséquent, nos cœurs devraient être remplis de joie et d'une reconnaissance immense envers le Seigneur notre Dieu que nous soyons dans cette condition ; que le Seigneur ne nous ait pas oubliés ; qu'Il n'ait pas fermé Ses oreilles contre nous, ni Sa bouche, de sorte qu'Il ne pourrait pas nous parler ; qu'Il n'ait pas détourné Son visage de nous ; mais qu'Il nous sourie, qu'Il nous accorde les influences réconfortantes, joyeuses et éclairantes de Son Saint-Esprit pour être avec nous

Maintenant nous traversons d'autres épreuves—Nous avons émergé de celles qui nous environnaient il y a quelques années—Un

grand changement, comme je l'ai dit, s'est produit dans le sentiment public à notre égard—Nos Anciens sont généralement traités avec beaucoup de bienveillance—Des mille Anciens qui travaillent maintenant aux États-Unis, le rapport vient de la plupart d'eux qu'ils sont traités avec bienveillance—Voyageant sans bourse ni besace, ils sont hébergés, des amis leur sont suscités, des portes leur sont ouvertes, et ils sont traités avec bonté, et non persécutés dans la même mesure qu'il y a quelques années—Le même rapport vient des cinq cents Anciens qui sont maintenant engagés dans le ministère en Europe—Leur témoignage s'accorde avec le témoignage des serviteurs de Dieu aux États-Unis—C'est particulièrement le cas dans l'empire allemand—Il fut un temps où c'était presque au prix de la liberté personnelle que les hommes prêchaient l'Évangile là-bas—Ils devaient le faire en secret, dans des endroits où la police ne pouvait pas les punir en raison de la nature de leurs rassemblements—Mais maintenant cela est changé—La liberté religieuse est arrivée dans beaucoup de ces pays, et les Anciens peuvent maintenant prêcher sans être mis en danger comme ils l'étaient il y a quelques années

Sur les îles du Pacifique il y a environ deux cents Anciens qui travaillent, et leurs travaux sont aussi accompagnés de bons résultats—Ils parlent de la manifestation de la puissance et des bénédictions de Dieu en leur faveur, et du sentiment de bienveillance qui se manifeste envers eux par ceux avec qui ils entrent en contact

Ainsi ces dix-sept cents Anciens travaillent maintenant avec une efficacité et un succès sans parallèle dans l'histoire de notre Église—Jamais cette Église n'a tenu une Conférence annuelle où il y ait eu plus de sujet de congratulations et d'actions de grâces qu'il n'en existe aujourd'hui à cette soixante-huitième Conférence annuelle de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours—Jamais auparavant il n'y eut autant d'Anciens sur le terrain—Jamais auparavant ils ne rencontrèrent un tel succès—Jamais auparavant il n'y eut apparemment autant de personnes baptisées en une seule année qu'il n'y en a eu durant cette année—Ces sujets d'actions de grâces devraient être rappelés à notre souvenir, et nous devrions remercier notre Dieu du fond de nos cœurs pour ce qu'Il fait pour

nous, pour l'accomplissement des paroles du serviteur de Dieu dans le Temple lors de sa dédicace ; car il prophétisa à cette époque quel serait le résultat de cette dédicace et les glorieux effets qui s'ensuivraient de cette œuvre

Dans notre propre pays ici, nous avons aussi sujet d'actions de grâces—Il est intéressant pour les Saints, sans aucun doute, de savoir, comme beaucoup le savent probablement, que les frères Lyman et Cowley ont visité les conférences et les Anciens dans les États du Sud, de l'Est et du Nord, et que leurs ministrations parmi ceux qu'ils ont visités ont eu de bons effets, en réglant les affaires, donnant des instructions, corrigeant tout ce qui était incorrect ou susceptible de le devenir—Nous avons été très satisfaits d'entendre les rapports qu'ils nous ont donnés des résultats de leurs travaux—Les présidents et les Anciens dans les missions des États du Sud, de l'Est, du Nord et du Sud-Ouest font un excellent travail

Comme vous le savez probablement, le frère Anthon H. Lund est parti d'ici depuis notre dernière Conférence pour la Palestine, accompagné du frère Hintze (qui a autrefois travaillé dans la mission turque et qui a une connaissance de la langue) et d'un frère arménien, qui souhaitait retourner dans son propre pays—Le but de leur voyage est de chercher à obtenir un lieu de rassemblement pour les Saints de l'Orient, afin qu'ils ne soient pas soumis aux restrictions imposées aux immigrants dans ce pays depuis ces contrées—Nous ne savons pas dans quelle mesure leurs travaux peuvent être couronnés de succès ; mais la nouvelle que nous avons reçue est pleine d'espoir et d'encouragement—Les Anciens ont été grandement bénis jusqu'ici dans leur voyage, et ont réussi lors de leur première réunion à baptiser un assez grand nombre de personnes qui étaient préparées à recevoir l'Évangile, et aussi à confirmer un certain nombre qui avaient été baptisés, mais qui n'avaient pas été confirmés en raison de l'absence d'un porteur de la Prêtrise de Melchisédec—Les frères écrivent de manière très encourageante sur ces questions, et nous espérons qu'ils réussiront à trouver un endroit, si telle est la volonté du Seigneur, où les Saints de l'Orient pourront commencer à se rassembler dans ce pays, afin que le principe du rassemblement, que le Seigneur

grave fortement dans les esprits des convertis à Son Évangile, puisse être mis en œuvre là

Les Douze Apôtres à la maison, comme vous le savez tous, ont été infatigables dans leurs travaux en visitant les diverses conférences et en travaillant avec les Saints dans la mesure de leurs capacités—Les frères John Henry Smith et John W. Taylor, au cours de quelques semaines d'absence, ont tenu 100 réunions avec les Saints dans les divers Pieux qu'ils ont visités, et les rapports qui nous parviennent montrent que ces travaux ont été accompagnés d'excellents effets

Les Sept Présidents des Soixante-dix, aussi, soit accompagnent les Douze soit y vont eux-mêmes—C'est un ministère itinérant, travaillant très assidûment dans sa vocation parmi les divers Pieux — ceux d'entre eux qui sont à la maison—Comme vous le savez, deux de leur nombre sont maintenant en Europe, présidant la Mission d'Europe — les frères Rulon S. Wells et Joseph W. McMurrin

Un nouveau pas a été franchi, à savoir celui de prêcher aux peuples environnants—Notre attention a été attirée sur les États qui nous environnent—Le frère John W. Taylor a travaillé dans le Colorado avec un certain nombre d'Anciens, et avec un grand succès—À Denver, Pueblo et dans d'autres endroits ils ont été l'instrument d'amener beaucoup de personnes à la connaissance de la vérité—Dans l'Idaho et le Montana aussi, les Anciens ont travaillé et ont accompli et accomplissent encore une bonne œuvre en divers endroits là, et ils font rapport d'excellents résultats—Le peuple les écoute, et leur fournit des endroits où ils peuvent se réunir et prêcher au peuple—Dans notre propre État, nous avons entendu parler des frères qui s'emparent de l'œuvre et visitent leurs voisins qui ne sont pas de notre foi

Il y a une classe de gens en Utah qui pensent que ce qu'ils ne savent pas sur les Mormons et leurs doctrines ne vaut pas la peine d'être su, et ils sont pleins de suffisance en ce qui concerne leur connaissance de nos principes, alors qu'ils sont profondément ignorants à notre sujet—Ce qu'ils savent est d'un caractère si superficiel que cela les trompe—Parfois ils s'en vont et parlent aux journalistes, et disent ce qu'ils savent, et depuis combien de temps ils résident ici, et pourtant ils ne savent vraiment rien de nous—Mais outre cette classe il en est une autre, composée

de personnes honnêtes qui ne sont pas de notre foi — honnêtes, je veux dire, en ce qui concerne la moralité et leur conception de la vérité—Un homme peut être très honnête financièrement, et pourtant ne pas être assez honnête pour recevoir la vérité du ciel—Il n'est donc pas une attaque contre l'honnêteté financière d'un homme de parler de son manque d'honnêteté pour recevoir la vérité—Certains des frères ont pensé qu'ils pourraient faire un bon travail dans les différents quartiers en visitant ceux qui ne sont pas de notre foi—Là où cela a été fait, les rapports sont que cela a été accompagné d'excellents résultats—Beaucoup de gens dans l'État ont lu nos ouvrages avec plaisir, et ont exprimé leur confiance en leur vérité

C'est une bonne chose—C'est un travail qui devrait être encouragé parmi nous—Certaines de ces personnes se sont plaintes de notre exclusivité—Bien entendu, nous pouvons comprendre pourquoi nous sommes exclusifs—Nous avons eu une formation telle qu'elle nous a rendus dans une large mesure exclusifs—Ils ont eu sans doute des raisons de penser que nous, dans notre traitement à leur égard, étions exclusifs ; mais là où ils ont été mis en contact avec notre peuple, surtout avec nos sœurs, les effets, tels qu'ils nous sont rapportés, ont été invariablement bons—Nous avons senti encourager les Présidents de Pieux et les Évêques de quartiers dans ce travail, parce que nous croyons qu'il sera accompagné d'excellents effets, et beaucoup pourraient ainsi être amenés à la connaissance de la vérité

En Californie, l'œuvre a également progressé d'une manière très satisfaisante—Le Président de la Mission de Californie a écrit une lettre à la Première Présidence il y a quelque temps, et a dit qu'il y avait là trois Anciens qui aimeraient que leurs épouses leur soient envoyées, car ils pensaient qu'elles pourraient faire un bon travail—À peu près au même moment, nous reçûmes une lettre de la Mission d'Europe, dont la Présidence suggérait que là où les Anciens pouvaient emmener leurs épouses avec eux, et si elles étaient des femmes prudentes, elles pourraient faire beaucoup de bien—Juste à ces jours, une lettre arriva d'un Président de Pieu, disant qu'il y avait un jeune couple dans son Pieu qui étaient sur le point de se marier ; mais le jeune homme avait été appelé en mission, et ils différaient leur mariage pour pouvoir demander quelques conseils—Le jeune homme et la jeune femme étaient tous deux moralement et physiquement capables de partir en mission, et ils avaient également des moyens suffisants—La question était posée, Serait-il juste pour eux de se marier, et pour la jeune dame d'accompagner son mari ? La Première Présidence répondit en retour, « Oui, si elle est telle que vous la décrivez ; qu'elle soit mise à part comme missionnaire et aille avec son mari et prêche l'Évangile du mieux qu'elle peut. » Nous dîmes la même chose au Président de la mission de Californie ; nous dîmes, « Oui, si ces épouses sont des femmes prudentes. » Nous ne voulons pas que des femmes imprudentes soient envoyées pas plus que des hommes imprudents, parce qu'elles pourraient faire plus de tort qu'elles ne pourraient faire de bien—Mais si elles peuvent obtenir une recommandation de leurs Évêques comme femmes sages et convenables, nous les mettrons à part et les enverrons à leurs maris, si leurs maris peuvent prendre en charge les frais de leur transport—Depuis lors, deux autres dames se rendaient en Europe, et la demande vint du Président du Pieu et de ses conseillers de savoir si elles ne pouvaient pas y aller en qualité de missionnaires—C'étaient de capables jeunes dames ; elles avaient des proches en Europe, l'une un frère et l'autre un fiancé, et la question était, que fallait-il faire à leur sujet—Nous envoyâmes un mot en retour, « Oui, si elles sont telles que vous les décrivez, mettez-les à part et laissez-les partir comme missionnaires pour prêcher l'Évangile, dans la mesure du possible, à leur propre sexe et à d'autres qui les écouteront. » Il semble que le Seigneur prépare la voie pour que les femmes de cette Église fassent du bien dans ce sens—Pour certaines contrées et dans certaines circonstances, des femmes convenables pourraient aller avec leurs maris comme missionnaires et être en mesure de faire beaucoup de bien

La Présidence de la mission d'Europe nous écrivit au sujet de plusieurs sœurs qui y avaient été avec leurs maris, et ils décrivirent le bien qu'elles avaient fait et la bonne influence qu'elles avaient portée—Cela fut illustré par une conversation qui eut lieu il y a quelque temps lors d'une de nos réunions sociales—Le frère George D. Pyper et son épouse avaient été à l'Est, et dans la branche qu'ils avaient visitée il y avait eu des expressions fréquentes parmi ceux qui n'avaient pas rejoint l'Église en ce sens : « Eh bien, nous avons vu les Anciens mormons, mais nous n'avons pas vu les femmes mormons ; nous aimerions voir des femmes mormons, et voir quelle sorte de gens elles sont. » Il y avait une femme d'une certaine importance qui n'avait pas rejoint l'Église, bien que son mari l'eût fait ; mais elle s'était exprimée plusieurs fois de cette manière—La sœur Pyper lui rendit visite là, et fit la connaissance de cette dame, et la dame fut si heureuse de rencontrer l'une de nos sœurs — une femme intelligente, et une femme qui ne donnait pas l'impression d'être une pauvre esclave malheureuse — qu'elle entra dans l'Église—Sans aucun doute, c'était dû au fait qu'elle avait trouvé que les femmes étaient aussi intelligentes, aussi présentables et aussi distinguées dans leur sphère que les messieurs dans leur sphère—C'est encourageant, et cela élargira sans doute notre champ d'activité dans une très grande mesure—Il y aura indubitablement une opportunité pour les femmes capables et désireuses de faire le bien de partir, dans des conditions convenables ; non pas partir sans accompagnement et seules — ce ne serait pas prudent — mais là où elles ont des maris qui y vont, et qu'elles conviennent sous d'autres rapports, il semble qu'il n'y aurait pas d'inconvénient à ce qu'elles y aillent et rendent témoignage—Bien sûr, elles ne peuvent pas administrer les ordonnances—Ce n'est pas leur prérogative d'officier dans les ordonnances de l'Évangile—Mais elles peuvent rendre témoignage ; elles peuvent enseigner ; elles peuvent distribuer des tracts, et elles peuvent faire beaucoup de choses qui aideraient à la propagation de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ

Maintenant, frères et sœurs, en regardant tout le travail dans son ensemble, n'avons-nous pas sujet de glorifier Dieu en ce jour, à cette soixante-huitième Conférence annuelle ? Soixante-huit ans l'Église a été organisée—Nous regardons en arrière sur nos peines, nos tribulations et ce que les Saints ont enduré, mais pour ceux qui ont été fidèles à la vérité il n'y a aucun regret mêlé à notre contemplation de ces scènes. Il n'y a aucune raison de regretter d'avoir été ferme et d'avoir maintenu notre intégrité jusqu'à aujourd'hui—Et comment l'avenir se présente-t-il ? Radieux de promesses, brillant d'espoir, tout pour nous encourager

Nous avons nos épreuves aujourd'hui d'un caractère financier—Beaucoup de notre peuple est sans emploi—En conséquence de cela, le conseil a été donné de ne pas envoyer les Saints ici de l'étranger, mais plutôt de les garder dans les branches jusqu'à ce qu'ils soient enracinés dans la foi—Après un temps, quand ils seront établis dans la vérité et mieux en mesure d'endurer les épreuves qu'ils devront affronter dans Sion, ils pourront se rassembler—Mais maintenant ce n'est pas la voix de l'Esprit que les Saints se rassemblent des nations de la terre comme ils l'ont fait, venant ici sans expérience, et ensuite incapables d'endurer les épreuves auxquelles ils doivent faire face, et apostatant—Qu'ils restent dans leurs branches, et s'ils souhaitent apostasier qu'ils apostasient là, sans avoir la peine et la dépense de venir à Sion—De cette façon nous pourrions élever des branches solides, qui assisteraient les Anciens dans les divers champs de travail, et les soutiendraient et les réconforteraient—C'est le conseil qui a été donné aux Anciens, et nous le croyons juste—En attendant, ceux qui sont à la maison peuvent se fortifier du mieux qu'ils peuvent—Comme je le dis, nous traversons des épreuves de ce caractère—Il n'y a jamais eu, depuis que nous sommes dans ces montagnes, un temps où nous ayons eu de telles choses à combattre—Dans les premiers jours il y avait pénurie de conforts et d'argent ; mais il n'y avait pas de dettes—Maintenant la grande masse du peuple — c'est-à-dire, des dirigeants — est endettée—Les hommes les plus prudents parmi nous se sont enchevêtrés—Telle est la condition du peuple—Resterons-nous dans cette condition ? Le président Woodruff dit qu'il espère que non—Maintenant c'est une bonne occasion de prophétiser ; mais je ne veux pas assumer ce rôle aujourd'hui—Je suis assuré, cependant, que nous émergerons de ces troubles financiers tout comme nous l'avons fait d'autres épreuves—Je n'ai pas l'ombre d'un doute dans mon esprit à ce sujet—Mais je ne désire pas dire ce que je ressens, car je ne veux pas en dire trop sur ces choses—Mais je pense que nous avons grand sujet d'espérer et d'être encouragés—En regardant le passé, et en nous souvenant des bénédictions que Dieu nous a accordées, des promesses qu'Il nous a faites, et des délivrances qu'Il a opérées pour nous, je pense que nous avons sujet de nous réjouir aujourd'hui et de mettre notre confiance en Lui. Il nous fera traverser si nous voulons seulement Le servir. Il nous enseignera là où nous sommes ignorants ; Il nous donnera la connaissance, et la connaissance est la puissance. C'est parce qu'il y a de la connaissance parmi le peuple que cette Église est une organisation puissante. Le Seigneur nous a accordé la connaissance concernant bien des choses.

En ce moment toute l'Europe se prépare à la guerre. Elle ne sait pas ce qui peut sortir de ces complications chinoises. L'Amérique est troublée par la perspective d'une guerre avec l'Espagne. Les capitalistes s'efforcent de garder leur argent dans une position où ils puissent le manier et le contrôler. Un sentiment général d'inquiétude prévaut dans toute la nation. Maintenant, en ce qui nous concerne, tandis que nous partageons dans une certaine mesure tous ces sentiments (car nous faisons partie de cette nation, et rien ne peut arriver à la nation qui ne nous affectera pas), il y a parmi nous une absence de crainte, un sentiment de repos, une absence de trouble concernant les mouvements de la nation, et un sentiment de sécurité que je crois qu'aucun autre peuple sur la terre ne possède. La raison en est que nous savons que Dieu ne fait rien, sans le révéler à Ses serviteurs les Prophètes. Nous savons que l'esprit de prophétie est dans notre milieu, et que s'il y a un danger nous menaçant nous y serons préparés. Le Seigneur inspirera Ses serviteurs et Son peuple de sorte qu'ils ne se trouveront pas non préparés.

Que Dieu vous bénisse, mes frères et sœurs. Que Dieu nous bénisse tous durant cette Conférence ; bénisse tout homme qui prendra la parole, et l'inspire avec l'Esprit et la puissance de Dieu ; bénisse chacun qui écoutera afin que tous puissent se réjouir ensemble et être mutuellement édifiés ; ce que je demande humblement au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursGeorge Q. Cannon, « Révélation ancienne et moderne », Conférence générale d'avril 1898, Séance du matin du premier jour (1898-04-06). Pulpit Vault, 1898-04-cannon-ancient-and-modern-revelation. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).