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Frère Marion D. Hanks, assistant du Collège...

Marion D. Hanks

1968 October General Conference·Third Day Morning Meeting·1968-10-06

Frère Marion D. Hanks Assistant du Conseil des douze apôtres

Hier soir, plusieurs adolescents ont parlé depuis cette chaire à plusieurs milliers de jeunes gens et d'hommes plus âgés lors d'une grande réunion. J'aimerais tirer mon thème ce matin, en partie, de ce que l'un d'eux a dit : « Si je ne peux respecter maman et papa, que je vois, comment puis-je respecter mon Père céleste, que je ne vois pas ? »

Le baptême des nouveau-nés, une erreur

Pour poser brièvement les bases, permettez-moi de citer un article de revue récent qui commençait par ces mots : « Le baptême des nouveau-nés est sur la sellette. » Suivent plusieurs exemples de cette évolution théologique significative à travers le monde chez les penseurs protestants et catholiques, puis cette déclaration :

« La contestation la plus redoutable du baptême des nouveau-nés a peut-être été formulée récemment par le vénérable Karl Barth de Suisse... Dans son dernier livre, Barth soutient qu'il n'y a aucun fondement biblique au baptême des nouveau-nés et que ce rite n'est pas un acte de la grâce de Dieu mais une réponse humaine à celle-ci — ce qui signifie que l'individu doit être suffisamment mûr pour comprendre la portée d'une telle décision. La conception traditionnelle de ce sacrement, dit-il, n'est rien d'autre qu'une “vieille erreur de l'Église”. »

(Time, 31 mai 1968, p. 58.)

« Le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent »

Sur le fond de cette déclaration, nous sommes en parfait accord. Lorsque les disciples demandèrent à Jésus : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? »

le Sauveur « appela un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux ». (Matt. 18:1-4.) « Alors on lui amena des petits enfants, afin qu'il leur imposât les mains et priât pour eux. Mais les disciples les repoussèrent.

« Et Jésus dit : Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ;

car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.

« Il leur imposa les mains. »

(Matt. 19:13-15.) À cela s'ajoute le témoignage d'un prophète du Livre de Mormon : « ... celui qui dit que les petits enfants ont besoin du baptême nie les miséricordes du Christ et tient pour rien son expiation et le pouvoir de sa rédemption...

car... tous les petits enfants sont vivants dans le Christ. » (Moro. 8:20, 22.) Dans d'autres Écritures sacrées, il nous est enseigné que les nouveau-nés sont « innocents devant Dieu... », et il est ajouté cette déclaration remarquable : « Et ce méchant vient et enlève la lumière et la vérité aux enfants des hommes par la désobéissance et à cause de la tradition de leurs pères. »

(D&C 93:38-39.) « Mais », a dit le Seigneur, « je vous ai commandé d'élever vos enfants dans la lumière et la vérité » et de « mettre votre maison en ordre ».

(D&C 93:40, 43.)

La tradition de leurs pères

C'est à l'expression « à cause de la tradition de leurs pères » que j'aimerais accorder une attention particulière pendant ces quelques instants, ainsi qu'à l'injonction de « mettre votre maison en ordre ».

Précédemment, du haut de cette chaire, j'ai exprimé mon respect pour les enfants qui ont corrigé les manières de parents négligents, et ma compassion pour des parents de choix qui se sont sincèrement efforcés d'élever leurs enfants dans la voie qu'ils devaient suivre, pour voir seulement ces enfants user de leur libre arbitre et de leur individualité afin de suivre d'autres voies. Le Seigneur nous a enseigné qu'à ses yeux, le fils ne portera pas l'iniquité du père, et le père ne portera pas non plus l'iniquité du fils. Chacun de ceux qui sont responsables devra finalement rendre compte de ses propres décisions.

Mais une multitude d'entre nous ont encore leurs enfants au foyer, ou ont des petits-enfants, ou exercent une influence dans les foyers ou auprès des enfants d'autrui. De nombreux jeunes couples fondent leur foyer en ce moment même, ou le feront bientôt.

Chacun de nous devrait être amené à une réflexion solennelle par cette parole grave : bien que les enfants soient « innocents devant Dieu », le « méchant » est capable d'enlever « la lumière et la vérité »

« par la désobéissance » et « à cause de la tradition de leurs pères ».

La première définition du mot « tradition » dans un dictionnaire moderne est : « Connaissances, doctrines, coutumes, pratiques, etc., transmises de génération en génération... »

Nos traditions

Quelle est la tradition dans votre propre foyer et dans le mien ? Quelles « connaissances, doctrines, coutumes, pratiques »,

et ainsi de suite, sont ou seront transmises de notre génération à nos enfants et à leurs enfants ?

Dieu nous enseigne que les enfants doivent honorer leurs parents. Qu'y a-t-il en nous, dans nos vies, notre caractère, notre comportement, qui soit digne de leur honneur ? Qu'y a-t-il en nous de noble, de responsable, de fidèle, de bienveillant, d'attentionné ? Qu'y a-t-il qui soit digne de leur respect et de leur émulation ?

Enseignons-nous l'honnêteté en étant honnêtes ? J'aime me souvenir de l'histoire de cet homme qui, accompagné de son petit garçon, s'est arrêté près d'un champ de maïs isolé sur une route de campagne écartée, et qui, après avoir regardé devant et derrière lui, à gauche et à droite, a commencé à enjamber la clôture pour s'approprier quelques épis de maïs du fermier. Son fils lui a dit :

« Papa, tu as oublié de regarder en haut. »

L'intégrité au foyer

Qu'arrive-t-il au garçon dont le père se vante de l'affaire juteuse qu'il a conclue en dupant d'autres personnes ?

Il y a des années, le regretté Joseph Welch a déclaré, lorsqu'il a été désigné Père de l'année :

« S'il était en mon pouvoir d'accorder à la jeunesse du pays une seule qualité, je ne choisirais pas, je crois, l'esprit ou la sagesse, ni même cette grande bénédiction qu'est l'instruction. Si je ne devais en choisir qu'une, je choisirais l'intégrité. Si un jour mes enfants et petits-enfants se disent les uns aux autres : “Il nous a appris à chérir l'intégrité”, je serai comblé.

« Comment la qualité d'intégrité est-elle transmise aux enfants dans le foyer ?

Elle se transmet en vivant une vie d'intégrité, d'honnêteté rigoureuse, de civisme responsable. Comment peut-on être sûr d'échouer à transmettre cette qualité inestimable aux enfants au foyer ? En se montrant un peu hors-la-loi ; en étant un magouilleur ; en étant un tricheur et un fraudeur. Il n'y a pas si longtemps, l'un de mes deux garçons m'a adressé ces paroles qui font réfléchir. Il m'a dit : “Quand nous étions jeunes tous les deux, il y avait des moments où maman et toi entrepreniez visiblement de nous expliquer comment mener une vie droite. Nous reconnaissions toujours ces moments-là et nous fermions nos oreilles et nos esprits. Vos moments les plus influents étaient vos moments les plus involontaires. Nous étions portés à imiter ce que vous étiez réellement — non ce que vous disiez être, ni même ce que vous croyiez être.” Si vos enfants doivent posséder de l'intégrité, ils doivent la trouver au foyer et en vous. S'ils vivent dans un climat de parfaite intégrité, ils l'adopteront comme une attitude et ne faibliront jamais par la suite. Et possédant l'intégrité, ils trouveront eux-mêmes la liberté ; et l'ayant trouvée, l'accorderont volontiers à tous les autres. »

Idéaux et valeurs

Chaque parent devrait se demander : Quels idéaux et quelles valeurs mon enfant apprend-il ? Quelle image a-t-il de lui-même ?

Quelle conception d'autrui développe-t-il dans notre foyer ? Son expérience avec ses parents lui apporte-t-elle une conscience grandissante que la « vive lumière de Dieu » s'étend sur toutes choses, et une confiance grandissante en la présence de son Père céleste ?

En Nouvelle-Zélande, nous avons appris un vieux proverbe maori : « Un oiseau doit avoir des plumes pour voler. » Les parents ont la responsabilité première de parer nos enfants de plumes pour leur envol. Un enfant qui vit dans un climat de manque de respect, de critique ou de honte ne sera pas enclin à se respecter ni à s'accepter lui-même ; et au sujet de la honte, il a été écrit avec force :

« Les holocaustes ne sont pas seulement causés par des explosions atomiques. Des holocaustes sont provoqués chaque fois qu'une personne est couverte de honte. » (Abraham J. Heschel, The Insecurities of Freedom.)

Notre façon de traiter les autres

Notre façon de traiter les autres conditionnera certainement l'attitude d'un enfant envers autrui. Les enfants qui voient et ressentent chez leurs parents une sollicitude sincère envers autrui, manifestée par des actes de bonté, de compassion et de désintéressement, seront eux-mêmes enclins à avoir une haute estime de l'humanité et à faire ce que les Écritures demandent : « fortifie les mains languissantes et affermis les genoux qui chancellent. » (D&C 81:5.) Les jeunes gens ainsi bénis seront aussi moins vulnérables au désarroi auquel certains sont confrontés dans l'insistance paradoxale de notre génération sur les droits et privilèges de l'homme, tout en le rabaissant en même temps au rang de créature de son environnement, conditionnée par des facteurs sociologiques et psychologiques, ne possédant pas les pouvoirs et capacités du libre arbitre, de penser et de croire, de choisir et de déterminer, n'étant pas la personnalité unique que Dieu nous a enseigné que nous sommes. La version du « réflexe conditionné »

du comportementaliste ne peut pas inspirer le mystère, la vénération et l'émerveillement qui constituent la gloire de l'homme. Savoir, au contraire, que chaque individu est une personne éternelle, un dieu ou une déesse en puissance, capable d'un amour profond, de bienveillance et de miséricorde, plus qu'humain, c'est nous préparer à vivre avec courage et avec le sens des responsabilités, pour inspirer l'autonomie, le respect de soi et un respect sincère pour les autres.

La tradition de discipline

Quelle est la tradition de discipline dans nos foyers ? Notre enfant est-il gâté, dorloté, autorisé dans un moment de crise à transférer sa culpabilité sur les autres — ses parents, ses camarades, sa famille, l'époque dans laquelle il vit, la société ? Comment gérera-t-il la déception et l'échec s'il n'apprend pas à affronter honnêtement ses erreurs ? Nous ne parlons pas d'infliger des punitions insensées. Nous parlons de réalités, de faits à regarder en face, de règles équitables qui soient comprises et appliquées, assorties de sanctions imposées avec cohérence lorsqu'elles sont enfreintes. « Le respect de soi », a dit quelqu'un, « est le fruit de la discipline ; le sentiment de la dignité grandit avec la capacité de se dire NON à soi-même. » (Heschel, op. cit.)

D'autres traditions à transmettre

Que donnerons-nous aux enfants ?

Priez pour avoir le sens de l'humour. « Le rire allège la vie » et apporte un esprit ensoleillé.

Priez aussi pour pouvoir transmettre la volonté de travailler et l'aspiration à l'excellence ; la capacité d'indignation morale et le courage de rester seul de son avis ; le dédain du mal et l'amour de la justice ; la capacité d'aimer sans condition ni contestation. Connaissez-vous l'histoire de cette fillette de huit ans dans un orphelinat, peu attrayante, aux manières agaçantes, rejetée par les enseignants et les administrateurs ? Un après-midi, on signala qu'elle avait enfreint une règle qui justifiait son renvoi de l'établissement. Contrairement au règlement, on l'avait vue déposer un mot dans la branche d'un arbre qui dépassait de la clôture.

Le mot fut récupéré. On pouvait y lire : « À quiconque trouvera ceci : Je t'aime. »

Comment, dans votre foyer et le mien, se porte la tradition de patriotisme ?

Le samedi soir, juste avant Noël l'année dernière, deux jeunes gens purs et élégants — des adolescents, en réalité — leur équipement de combat empilé non loin de là, se tenaient devant un grand groupe de leurs camarades à China Beach près de DaNang, au Sud-Vietnam, et ont chanté « Douce nuit ».

Ils n'avaient aucun accompagnement, et l'écho doux et clair de leurs voix restera toujours gravé dans les mémoires, tout comme l'émotion que nous avons tous ressentie. Le lendemain matin, avant l'aube, l'un de ces jeunes hommes est venu dans mes quartiers pour me dire au revoir et me serrer la main une fois de plus, alors qu'il rejoignait son unité pour partir dans la brousse dans une mission de recherche et de destruction. Ce n'était pas l'activité de sabbat qu'il aurait choisie — il était déçu de ne pas pouvoir rendre son culte avec ses camarades militaires lors de notre réunion prévue — mais il est parti faire son devoir. Il ne fait aucun doute quant à la tradition transmise dans le foyer de ce garçon.

Maîtrise de soi dans les foyers

Pères, mères, quelle tradition plantons-nous dans une autre génération, dans nos foyers, quant à la maîtrise de soi — la maîtrise de notre langue, de notre humeur et de nos appétits ? En 1884, Henry Drummond a fait une déclaration sur ce thème qui pourrait être lue régulièrement avec profit par chacun d'entre nous :

« Nous sommes enclins à considérer la mauvaise humeur comme une faiblesse tout à fait inoffensive.

Nous en parlons comme d'une simple infirmité de la nature, un défaut de famille, une question de tempérament, quelque chose qui ne mérite pas d'être pris très sérieusement en compte pour apprécier le caractère d'un homme. Et pourtant... la Bible revient encore et toujours pour la condamner comme l'un des éléments les plus destructeurs de la nature humaine.

« La particularité du mauvais caractère est qu'il est le vice des vertueux. Il est souvent la seule tache sur un caractère par ailleurs noble... Cette compatibilité du mauvais caractère avec une haute moralité est l'un des problèmes les plus étranges et les plus tristes de l'éthique. La vérité est qu'il y a deux grandes catégories de péchés — les péchés du Corps et les péchés de la Disposition d'esprit... Aucune forme de vice, ni l'amour du monde, ni la soif de l'or, ni l'ivrognerie elle-même, ne contribue davantage à déchristianiser la société qu'un caractère néfaste.

Pour rendre la vie amère, pour briser des communautés, pour détruire les relations les plus sacrées, pour dévaster des foyers, pour flétrir des hommes et des femmes, pour ôter l'éclat de l'enfance ; bref, pour sa puissance pure et gratuite de semer la misère, cette influence est sans égale. » (Henry Drummond : The Greatest Thing in the World, p. 43-46.)

Traditions pour les foyers futurs

Quelles traditions transmettons-nous pour d'autres foyers dans les temps à venir, qui soient dignes des souvenirs que nous gardons nous-mêmes ? À l'occasion, au fil des ans, j'ai eu la joie de demander à de grands groupes de dirigeants adultes de réfléchir un instant à leur conclusion pour une phrase inachevée, puis de partager leurs pensées. La phrase dit ceci : « Ce dont je me souviens le mieux concernant mon enfance au foyer avec mes parents et ma famille, c'est »

Je suppose que vos réponses seraient à peu près identiques à celles que j'ai entendues. Jamais personne n'a mentionné un niveau de vie élevé ou des possessions matérielles. Toujours ils ont parlé, comme je le ferais moi-même, de l'attention reçue de maman ou de papa ; des relations familiales, des traditions, des sacrifices, des aventures vécues ensemble ; des livres lus à haute voix, des cantiques chantés, du travail accompli ; des prières en famille et des conseils de famille ; des petits cadeaux préparés avec amour et générosité ; de souvenirs simples, sains et heureux. La seule question que je leur ai toujours posée, et que je pose aujourd'hui, est : « Que donnons-nous à nos propres enfants dont ils se souviendront avec autant de joie et de reconnaissance ? »

La tradition d'un chant d'enfants

Depuis notre dernière conférence, ma femme et moi avons eu le privilège de visiter les Samoa et d'autres îles dans les mers lointaines. Un après-midi, sur les hauteurs montagneuses d'Upolu, aux Samoa américaines, dans le village de Sauniatu, nous avons vécu une expérience remarquable et opportune pour ce moment. Le village était désert, à l'exception de quelques enfants en très bas âge et d'une ou deux personnes restées à la maison avec eux. Les autres travaillaient dans les champs ou à d'autres tâches. Tandis que nous marchions dans la seule ruelle de Sauniatu, entre les rangées de fales, depuis le monument vers la nouvelle chapelle et l'école, nous avons entendu des enfants chanter.

Ils étaient peut-être une demi-douzaine, aucun n'avait plus de quatre ans, et ils chantaient avec la douceur de l'enfance un chant que nous avons reconnu instantanément, et nous sommes restés fascinés, en larmes, à l'écouter : « Je suis enfant de Dieu ».

Dans ce haut refuge montagnard, au bout d'une route longue et tortueuse, sur une île de la mer, nous avons trouvé de tout petits enfants à la peau sombre, dont aucun n'avait vu du monde davantage que son petit village, chantant ce qu'ils avaient appris par la tradition de leurs pères, la plus grande vérité qui existe, sauf une : Je suis enfant de Dieu.

Cette autre vérité ? Qu'il y a un Dieu qui entend la voix de ses enfants.

Que Dieu nous bénisse pour que nous vivions et enseignions de manière à susciter une restauration du foyer, la résurrection du rôle parental, afin que le « méchant » ne puisse jamais enlever « la lumière et la vérité » à nos enfants « à cause de la tradition de leurs pères ». Au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursMarion D. Hanks, « Frère Marion D. Hanks, assistant du Collège... », 1968 October General Conference, Third Day Morning Meeting (1968-10-06). Pulpit Vault, 1968-10-hanks-elder-marion-d-hanks-assistant-to-the. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).