Pulpit

Le président N. Eldon Tanner, le Chœur et...

Paul H. Dunn

1967 October General Conference·Third Day Morning Meeting·1967-10-01

Président N. Eldon Tanner Le Chœur et l'assemblée vont maintenant s'unir pour chanter : « Quels fondements fermes », après quoi nous aurons un bref intermède à l'orgue.

Un chant a été interprété par les dames du Chœur : « Amenez vos fatigués et vos pauvres ».

Président N. Eldon Tanner À l'intention des auditeurs et téléspectateurs qui viennent de nous rejoindre, nous annonçons que nous sommes réunis dans le Tabernacle historique de Temple Square, à Salt Lake City, Utah, pour la sixième session de la 137e conférence générale semestrielle de l'Église.

Nous allons maintenant entendre frère Paul H. Dunn, du Premier conseil des soixante-dix, qui sera suivi de frère Boyd K. Packer, assistant des Douze et président de la mission de Nouvelle-Angleterre.

Frère Paul H. Dunn, du Premier conseil des soixante-dix Président McKay, mes frères et sœurs bien-aimés, visibles et invisibles : Je suis moi aussi très reconnaissant ce matin pour les nombreuses bénédictions qui sont les miennes. J'ai été transporté par cette délicieuse conférence et par les messages divins qui y ont été délivrés.

Maintenant, je sollicite à mon tour l'appui de vos prières et de votre foi afin de pouvoir vous relater certaines des pensées qui remplissent mon cœur en cette heure.

Arrêté par un grain de poussière Cet été, j'ai fait un voyage à travers l'Arizona et la Californie. Alors que je roulais avec ma famille à travers le désert, savourant chaque minute du trajet bien qu'il fît assez chaud, j'ai soudain pris conscience que ma voiture perdait toute sa puissance.

Pendant quelques instants, elle a roulé sur sa lancée, puis, à une très légère montée sur la route, elle s'est arrêtée net. J'ai regardé la jauge d'essence et constaté que j'avais largement de carburant ; la température du radiateur était normale ; le niveau d'huile était parfait ; et la courroie de ventilateur était bien en place. Je savais donc que la panne ne provenait pas d'une surchauffe du moteur. Connaissant mes aptitudes mécaniques, j'ai compris que j'étais bon pour une marche à pied. Un voyageur complaisant m'a emmené jusqu'à un téléphone à quelques kilomètres de là en haut de la côte ; j'ai appelé un mécanicien, puis j'ai dû refaire les trois kilomètres à pied pour retourner à la voiture. Le mécanicien est arrivé et a presque aussitôt décelé la difficulté ; il a introduit la pointe d'une toute petite épingle dans le trou de l'une des pièces du moteur, et la voiture était de nouveau prête à partir. Un infime grain de poussière, si petit qu'il était à peine visible à l'œil nu, mais suffisant pour stopper l'avancée de cinq personnes pendant deux heures, obliger l'un de nous à marcher trois kilomètres, et bouleverser les projets de tout le groupe pour cette nuit-là et pour le reste du voyage.

Arrêté par une idée fausse Depuis cette mésaventure, j'ai pensé que ce ne sont pas seulement les voitures et les vacanciers insouciants, mais aussi les activités d'institutions tout entières et les plans de collectivités et de nations qui se trouvent parfois paralysés par d'infimes grains de poussière — en l'occurrence, de fausses philosophies ou des contre-vérités que des personnes irréfléchies et parfois machiavéliques placent sur notre chemin. Pour une raison ou une autre, certains semblent estimer que leur mission suprême est de saper et d'affaiblir la foi et la croyance de nos jeunes en la réalité de Dieu, du Christ et de sa mission.

Ceux-là sont ce que j'appellerais des antéchrists modernes. On les rencontre dans de nombreux milieux. Certains sont des religieux ; d'autres sont enseignants ; d'autres encore sont des personnalités influentes de la société. Leur cri ressemble à celui d'autrefois.

Il y a bien des siècles sur ce continent, l'un des grands prophètes du Livre de Mormon, Alma, attira notre attention sur un antéchrist de ce genre se présentant sous les traits d'un enseignant, d'un philosophe, d'un conférencier, un homme du nom de Korihor. Permettez-moi de citer un court extrait de cette admirable section du Livre de Mormon, qui résonne de façon presque moderne : « Ô vous qui êtes asservis sous une espérance folle et vaine, pourquoi vous attachez-vous à des choses aussi insensées ? Pourquoi attendez-vous un Christ ? Car nul homme ne peut savoir ce qui va arriver.

« Voici, ces choses que vous appelez des prophéties, dont vous dites qu'elles sont transmises par de saints prophètes, voici, ce sont des traditions insensées de vos pères.

« Comment savez-vous avec certitude qu'elles sont vraies ?

Voici, vous ne pouvez pas savoir ce que vous ne voyez pas ; c'est pourquoi vous ne pouvez pas savoir qu'il y aura un Christ. »

(Alma 30:13-15.) Aucune époque de l'histoire n'a été exempte de tels enseignements ou d'une telle pensée.

La foi étouffée par la peur et la tromperie Gilbert Murray, dans sa célèbre description de l'état d'esprit du monde romain au premier siècle de notre ère, a employé l'expression « la défaillance du courage ».

Cette défaillance du courage se manifestait entre autres par « une montée de l'ascétisme, du mysticisme et, en un sens, du pessimisme ; une perte de confiance en soi, de l'espoir en cette vie et de la foi dans l'effort humain normal ; ainsi qu'un renoncement à la recherche patiente... »

(Five Stages of Greek Religion, p. 119.) Un survol rapide des tendances culturelles de notre époque révèle de multiples signes d'une moderne défaillance du courage au sein de la civilisation occidentale et de la présence de ces antéchrists parmi nous. Notre époque se caractérise également, dans de nombreux milieux, par le pessimisme, la perte de confiance en soi et d'espérance en cette vie, le mépris des valeurs traditionnelles et un scepticisme à grande échelle à l'égard de la croyance en Dieu, en son Fils Jésus-Christ et en sa mission divine. Il est sans doute plus exact de dire que les hommes d'aujourd'hui perdent foi en eux-mêmes parce qu'ils ont perdu la foi en Dieu.

Ayant perdu la foi en Dieu comme en eux-mêmes, nombre de nos contemporains ne savent plus vers qui se tourner. Une grande partie de la littérature actuelle décrit cette détresse. Des titres tels que Le Déclin de la culture occidentale, L'Impasse de l'homme moderne, L'Anéantissement de l'homme, « L'Âge dévoyé », « Le Campus en détresse », et, si vous ou tout esprit sensé pouvez l'imaginer, un ouvrage des plus récents, Un chat nommé Jésus, illustrent bien la posture de l'homme occidental d'aujourd'hui.

L'exemple le plus familier du climat de notre temps provient sans doute de nos campus universitaires. Presque chaque journal ou magazine que l'on lit aujourd'hui contient un article ou un reportage sur l'effervescence qui agite une part notable de nos étudiants. La réaction générale est d'en rejeter la faute sur les universités ; et s'il est vrai que les philosophies à l'origine de cette effervescence atteignent souvent leur paroxysme dans l'environnement universitaire, et que certains éminents professeurs doivent porter une part du blâme, nous omettons parfois de comprendre que si une orientation adéquate était donnée par les foyers, les collectivités et, en général, la société qui forme ces jeunes gens, les étudiants ne seraient pas aussi perméables à ces faux enseignements.

Comme l'a affirmé avec justesse Milton Barron, le problème n'est pas celui de la délinquance juvénile, mais celui du jeune dans une société délinquante.

La rébellion de la jeunesse Des enfants qui ont grandi dans une société de mariages brisés et de foyers éclatés, de taudis, de publicité fausse et trompeuse, de guerre et de mépris général pour les valeurs spirituelles se rebellent désormais devenus de jeunes adultes. Les traits les plus tristes et les plus distinctifs de leur résistance sont leur désillusion envers leur propre rébellion et l'absence totale d'idéal rédempteur.

Leur révolte est une rébellion non pas sans cause, mais sans but.

Il n'est pas extraordinaire que des jeunes se rebellent. Chaque nouvelle génération a ses rebelles. Mais une rébellion de jeunes gens tristes n'ayant presque aucune confiance dans leur propre rébellion est un phénomène tout à fait inédit. Il suffit d'une brève immersion dans le milieu universitaire pour constater les manifestations de rejet à l'égard des valeurs éprouvées. Barbes, cheveux longs, vêtements débraillés, sit-in,

et l'absence de retenue touchant à l'alcool, à la chasteté et aux drogues ne sont que les symptômes d'un malaise qui est, à son niveau le plus profond, un problème spirituel.

Il me semble que le pessimisme et la frustration de notre temps, particulièrement chez nos étudiants, ne proviennent d'aucun manque d'engagement, mais plutôt de l'absence de foi en quoi que ce soit qui vaille la peine qu'on s'y engage. Et cela procède à son tour du manque de foi en Dieu, qui seul donne un sens ultime, une valeur et un dessein durable à l'existence et aux actes de l'homme.

C'est lorsque ce manque de but se fait sentir que l'antéchrist lance son appel séducteur. En voici une illustration typique :

« Je suis de moins en moins enclin à penser que la religion soit une chose nécessaire. » C'est là la déclaration d'un ministre de l'une de nos grandes confessions, prononcée devant un large auditoire d'étudiants auquel j'assistais récemment. Il y a quelques mois, ces propos émanaient d'un professeur d'université et paraissaient dans un journal de campus à fort tirage :

« Personne ne croit en Dieu. Dieu est mort. Le Dieu à la longue barbe et au bras long de six coudées est mort depuis bien longtemps. Il empeste tout le monde occidental en refusant de se faire enterrer. »

Aggravé par la confusion Faut-il s'étonner que tant de jeunes soient désemparés ? Treize années d'expérience passées à travailler directement sur des campus universitaires m'ont prouvé que ces déclarations ne sont pas isolées, mais très familières à la jeunesse étudiante. Cependant, pour la plupart, les étudiants n'acquièrent pas leur athéisme et leurs doctrines de doute à travers les philosophies étudiées en cours. Ces philosophies ne font que donner une voix à un mode de vie latent et inexprimé qu'ils n'ont que trop bien appris dans leur foyer et au sein de la société qui les a nourris.

Un professeur, décrivant l'état d'esprit de certains de ses étudiants, disait : « Dépourvus d'une cause mobilisatrice et d'une idéologie fervente, la quête d'un dessein durable chez les étudiants est susceptible de devenir agressive, extrémiste, parfois désespérée. Elle peut aisément virer à l'obsession de sentiments subjectifs et au pur égoïsme. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le véritable défi de notre jeunesse universitaire est de découvrir une autorité, tant privée que publique, qui rende possible une individualité authentique. » (J.

Glenn Gray, Harpers, mai 1965, p. 54.) Ce professeur ajoute : « Mais avant de réussir à bâtir la grande société, nous devrons dissiper le doute et le désarroi quant à sa validité et à sa valeur dans l'esprit de ceux qui sont aujourd'hui à l'université et qui devraient être ses futurs dirigeants. Nombre de ces jeunes hommes et jeunes femmes tourmentés à qui j'enseigne, en tout cas, n'ont pas encore décidé quel sens, si tant est qu'il y en ait un, revêt leur existence. » (Ibid., p. 59.) La jeunesse troublée a besoin de s'identifier au pouvoir divin Ce dont la jeunesse désabusée d'aujourd'hui a le plus grand besoin, c'est d'une définition d'elle-même, d'un sentiment d'identité et d'un sentiment d'appartenance — véritablement le sentiment d'appartenir à un univers qui, au fond, n'est ni hostile ni indifférent aux valeurs les plus hautes, aux espérances et aux aspirations de l'homme. Ce dont la jeunesse a besoin aujourd'hui, c'est d'une foi et d'une certitude que les choses qui importent le plus ne sont pas à la merci de celles qui importent le moins ; que l'homme n'est pas simplement un « arrangement accidentel d'atomes »,

mais un enfant du Dieu vivant qui donne sens et dessein à l'existence, non seulement en termes ultimes, mais aussi face aux épreuves d'ici-bas.

Les principes de l'Évangile rétabli constituent le guide le plus sûr et le plus digne de confiance pour l'homme mortel. Le Christ est la lumière de l'humanité.

Dans cette lumière, l'homme voit clairement son chemin ; lorsqu'elle est rejetée, l'âme humaine trébuche dans les ténèbres. Nul individu, nul groupe, nulle nation ne peut connaître le succès véritable sans suivre celui qui a dit : « ... Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8:12.) La vie humaine est pleine de sens et de dessein En tant que membres de L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, nous rendons témoignage à la jeunesse troublée d'aujourd'hui que Dieu est réel et qu'il vit, qu'il se soucie de vous, de moi et du monde, que le monde relève d'un ordre moral, et que la vie de l'homme a un dessein et un sens.

Nous rejetons le pessimisme inhérent à l'humanisme tout comme au fondamentalisme ; nous rejetons le négativisme de l'existentialisme comme l'aboutissement logique d'un athéisme radical. Nous proclamons que « les hommes sont pour avoir la joie » ; dès lors, nous considérons le désespoir et la mélancolie de notre temps comme anormaux et contre nature.

Nous croyons que le seul remède véritable à cette maladie spirituelle, que j'ai qualifiée de « défaillance du courage », réside dans une foi qui envisage Dieu et l'homme comme de réels partenaires dans la tâche de créer un monde meilleur. Et nous croyons que les contributions de l'homme à ce partenariat exercent un impact décisif sur l'aboutissement final.

Alliance avec Jésus-Christ Nous croyons que la paix et le bonheur de l'humanité reposent sur l'acceptation de Jésus-Christ comme Rédempteur et Sauveur, et qu'il n'y a « sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés ». (Actes 4:12.) Nous croyons que proclamer cette foi est notre plus grande responsabilité, et pour l'heure, c'est le plus grand besoin de l'homme.

Et nous rendons un témoignage supplémentaire, mes frères et sœurs, où que vous soyez, que dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ, Dieu notre Père, en qui réside notre foi, a été révélé au monde. Nous croyons que ce n'est qu'avec ce genre de signification que l'homme peut se dévouer de tout cœur et courageusement à la solution de nos problèmes actuels. « Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui : qu'il vit ! » (D&A 76:22.) Et je le sais par les murmures intérieurs de l'Esprit d'en haut, et je rends ce témoignage humblement et avec gratitude au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursPaul H. Dunn, « Le président N. Eldon Tanner, le Chœur et... », 1967 October General Conference, Third Day Morning Meeting (1967-10-01). Pulpit Vault, 1967-10-dunn-president-n-eldon-tanner-the-choir-and. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).