Frère Alvin R. Dyer, assistant du...
Alvin R. Dyer
Frère Alvin R. Dyer Assistant du Collège des douze apôtres Je suis reconnaissant, mes frères et sœurs, de la présence du président McKay. C'est toujours un honneur d'être en sa présence. ¶
Le degré de foi d'un homme en Dieu, ses conceptions religieuses et son sentiment de destinée éternelle sont des caractéristiques qui le rendent différent. L'homme est un enfant d'esprit de Dieu le Père éternel, et sa naissance dans la condition mortelle est un couronnement, qu'il soit riche ou pauvre, ignorant ou instruit, blanc, brun ou noir quant à la couleur, pécheur ou juste par nature. ¶
Dieu se souvient de l'homme Dieu se souvient de l'homme et, tel qu'il est, lui a donné la domination sur toutes choses sur la terre. Il est le maître désigné sur toutes les créatures d'un ordre inférieur de la création, et sur les objets inanimés sur la terre, dans la mer et dans les airs. « . . . Tu l'as fait, » déclarait le Psalmiste, « de peu inférieur à Dieu, et tu l'as couronné de gloire et de magnificence. » ¶
(Ps. 8:5.) L'existence mortelle est telle que l'homme doit se préoccuper du progrès matériel, mais puisqu'il a reçu, par droit divin, la domination sur toutes choses sur la terre, toutes les choses matérielles peuvent être mises à son service. Mais, quant aux choses charnelles, Dieu a donné à l'homme un avertissement spécial, avec le commandement de cultiver les attributs de spiritualité et d'intelligence, contraires au carnalisme. ¶
Aux saints romains des premiers jours, l'apôtre Paul a écrit : « . . . l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix. » ¶
Il a ensuite expliqué ce qu'on entendait par l'esprit charnel, lorsqu'il a dit que l'affection de la chair « est inimitié contre Dieu, ¶
parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu. » ¶
(Romains 8:6-7.) Aux saints des derniers jours, le prophète Joseph Smith parle de l'intelligence, avec une explication de son sens ; il a dit : « La gloire de Dieu est intelligence, ou, en d'autres termes, lumière et vérité. ¶
« La lumière et la vérité délaissent ce méchant. » (D&A 93:36-37.) Il a dit aussi qu'un homme ayant des pensées charnelles ne peut supporter la présence de Dieu. (Voir D&A 67:12.) Le progrès matériel Presque tout le monde aujourd'hui qui a accordé un peu d'attention et d'étude à la question est convaincu que le gain matériel progressivement acquis au cours du dernier siècle et demi a atteint de grands sommets. L'expression souvent mentionnée « ce siècle des lumières » fait référence aux progrès que l'homme a accomplis dans les domaines de la science et de l'industrie. ¶
Ces progrès, en règle générale, se révèlent d'un grand bénéfice pour l'existence naturelle de l'homme, et l'on ne voit aucune fin prévisible à ce genre de progrès. Mais le formidable impact du progrès matériel en cours empiète sur le comportement spirituel et moral de l'homme. ¶
Ces empiétements, je le crois, ne sont pas dus à ce qui a été accompli sur le plan matériel, car assurément la véritable conception spirituelle ne fait pas obstacle au progrès matériel ; mais plutôt, des empiétements se produisent en raison de l'abandon et de l'altération contemporains des valeurs spirituelles et des vérités fondamentales d'une existence juste nécessaires pour relever le défi du progrès matériel. ¶
Le déclin spirituel de l'homme face aux progrès matériels, dont les preuves nous entourent, doit alors être attribué à de fortes dérives vers le carnalisme. ¶
À mesure que l'apogée des temps se rapproche, qui sera le point culminant de l'existence terrestre de l'homme, les questions fondamentales de l'esprit spirituel et de l'esprit charnel, du bien et du mal, du juste et de l'injuste deviendront plus prononcées. ¶
Par exemple, nous voyons à l'œuvre dans le monde aujourd'hui de puissantes forces de carnalisme qui s'opposent à Dieu et aux influences d'ordre spirituel qui peuvent persuader et diriger l'homme vers la vie juste. Ces partisans du carnalisme voudraient remplacer Dieu par un camarade terrestre invisible et sont prêts à conduire les masses vers une conquête mondiale, sur le principe charnel selon lequel, parallèlement, les conceptions de Dieu en tant que créateur et de la mission divine du Fils de Dieu, le Rédempteur de l'humanité, qui est le défenseur d'un système de lois de progrès éprouvées et éternelles, doivent être systématiquement « réduites à une simple formalité », ¶
et finalement éliminées. ¶
Mais l'homme n'a pas besoin de se laisser tromper par de tels principes de domination injuste centrés sur le « carnalisme », ¶
car leur contraire — ces principes de spiritualité, de foi en Dieu et d'exposition aux lois éternelles de justice — a été renouvelé et rafraîchi par un rétablissement divin venant de Dieu, par l'intermédiaire de ses prophètes choisis, en notre temps et à notre époque. Mais à mesure que cette question et d'autres questions de bien ou de mal, de juste ou d'injuste deviennent encore plus aiguës, nous serons témoins de séparations parmi les hommes. Des masses émergeront ceux qui ont « l'esprit charnel » et ceux qui ont « l'esprit spirituel ». C'est dans ce dernier domaine que, par une conformité constante aux lois spirituelles ou éternelles, l'homme peut atteindre la perfection. En cela, nous voyons l'œuvre et la gloire de Dieu. ¶
C'est le droit de chaque personne d'accomplir son salut. S'il y a un nombre suffisant de telles personnes qui adhèrent à ce droit, il existe un royaume de justice, ou un royaume de Dieu. ¶
Paul, l'apôtre, a démontré sa claire compréhension de cela lorsqu'il a dit : ¶
« Mais l'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge. » Il a déclaré : ¶
« Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu. » (1 Corinthiens 2:14, 11.) Dans ma propre vie, j'ai reçu la confirmation complète des principes justes enseignés dans mes jeunes années par des parents attentionnés, et par d'autres, relatifs à une vie spirituelle. Selon mes faibles moyens, je travaille sur ces traits de caractère, espérant acquérir la suprématie complète qu'ils procurent. Au prophète Joseph Smith ont été révélées de nombreuses vérités divinement inspirées qui peuvent élever l'homme vers la lumière. Dans ce qui suit, l'effet de la spiritualité dans la vie d'une personne est énoncé : ¶
« . . . votre corps tout entier sera rempli de lumière, et il n'y aura pas de ténèbres en vous ; et le corps qui est rempli de lumière comprend toutes choses. » (D&A 88:67.) Cultiver « la spiritualité » ¶
Voici un certain nombre de moyens pratiques et efficaces de cultiver « la spiritualité » : ¶
- Tenir fermement aux principes de droiture et de vérité. Lorsque nous « édulcorons » ou compromettons nos principes, nous nous affaiblissons nous-mêmes, et nos chances de bonheur véritable diminuent de plus en plus à mesure que chaque pas glissant est fait vers le bas.
Certains écrits bibliques et autres écrits contemporains confirment le fait que, du temps de la servitude israélite en Égypte, tous les Israélites n'étaient pas esclaves ; certains ont obtenu la libération et des positions privilégiées en « passant » aux dieux de l'Égypte. Sur les murs du jardin de leurs demeures princières, ils peignaient des images des idoles du pays, démontrant leur défection et leur abandon de principes, ainsi que leur infidélité envers leur propre peuple. Cet incident illustre une leçon universelle qui a aujourd'hui de nombreux parallèles dans la foi, dans la famille et dans le gouvernement. ¶
- S'élever au-dessus de l'adversité. David Starr Jordan a dit un jour : « Seul devient réel ou profitable pour un homme ce qui lui a coûté la sueur de son front, l'effort de son cerveau ou l'angoisse de son âme. Celui qui veut être sage doit acquérir quotidiennement sa sagesse. » Poursuivant, il a dit : « Nul n'est jamais misérable s'il paie véritablement le prix du bonheur.
Nul n'est misérable s'il n'a pas essayé d'avilir la vie. » (The Strength of Being Clean, pp. 6-7.) Je me rappelle une fable des Scandinaves selon laquelle, lorsqu'un homme remportait une victoire sur un autre, la force du vaincu passait dans ses veines, suggérant qu'une victoire sur la nature charnelle de l'adversité et de la faiblesse apporte de la force. ¶
La vie de l'apôtre Paul, après sa conversion à l'Évangile de Jésus-Christ, témoigne d'une endurance fidèle pour s'élever au-dessus de l'adversité. ¶
Si pour un homme le sentiment de déception, la conviction que la vie est trop dure pour nous et que nous ne pouvons secouer le poids écrasant de ses destinées, ¶
avait pu être excusable, cela l'aurait été dans la vie de Paul. Quel succès visible avait-il obtenu ? — la fondation de quelques églises, dont la majorité lui étaient déjà froides. ¶
Il a vu ses efforts à Corinthe, Éphèse, Thessalonique et Galatie lentement sapés par des instructeurs hérétiques, un mouvement qui s'est finalement répandu dans toute la chrétienté primitive, conduisant à une apostasie complète. ¶
Mais qu'avait gagné Paul personnellement ? La richesse ? Il dépendait absolument des dons aléatoires d'autrui. La puissance personnelle ? Au moment de son plus grand besoin, il n'y avait pas un seul ami pour se tenir à ses côtés. L'amour ? ¶
Il avait appris par une amère expérience combien il y en avait peu qui n'avaient pas honte de simplement le reconnaître dans sa misère. ¶
Maintenant, après tout ce qu'il avait souffert, après tout ce qu'il avait fait, quelle était sa condition ? Il était un prisonnier solitaire attendant la mort d'un malfaiteur. ¶
Quelle était la somme totale des biens terrestres que le long travail de sa vie lui avait apportée ? Un vieux manteau et quelques livres. ¶
Et pourtant, dans quel esprit a-t-il écrit à Timothée, son jeune converti, qui faiblissait dans la foi ? Se plaint-il de ses épreuves ? Regrette-t-il sa vie ? Décourage-t-il son jeune ami en lui disant que presque tout espoir terrestre est voué à l'échec, et que lutter contre la méchanceté humaine est un combat sans fruit ? ¶
Nullement ! Sa dernière lettre à Timothée est une lettre d'espérance plutôt que de désespoir. Pour lui, le combat est terminé ; la course est achevée. Le travail de la journée dans la vigne du Maître est presque fini. Quand il sera tout à fait achevé et qu'il sera entré en présence du Maître, alors et là — non pas ici et maintenant — il recevra la couronne de justice et une récompense inexprimable. C'est Timothée, non Paul, qui risque de céder à la langueur et à la timidité, et d'oublier que l'Esprit de Dieu n'est pas un esprit de crainte, mais de puissance, d'amour et de bon sens. (Voir 1 Timothée 6:20 ; 2 Timothée 1:6-7.) 3. Surmonter les faiblesses. L'un des grands principes de l'Évangile se trouve dans le fait que l'homme, par droit divin, est libre d'agir par lui-même et, par conséquent, ne fait que ce qu'il veut. (Voir D&A 58:28.) Quelqu'un a proposé cette suggestion : ¶
« La vie au mètre est pénible, mais au centimètre, c'est facile ! » ¶
Surmonter l'habitude du tabac est tout à fait comparable à surmonter toute faiblesse nuisible à la santé, au bonheur et à la spiritualité. ¶
Prenez, par exemple, le cas d'un homme que je connaissais qui avait l'habitude de fumer au point de régler le réveil à des intervalles précis au cours de la nuit pour ensuite s'asseoir, songeur, sur le bord de son lit. Ou prenez un autre homme de ma connaissance qui faisait la même chose sans l'aide d'un réveil, simplement en réponse à l'envie habituelle de fumer. Chez de tels hommes, le désir de relever le défi d'arrêter exige quelque chose de plus que la simple déclaration : « J'ai fumé ma dernière cigarette. » ¶
Comme l'un d'eux me l'a dit : « Si je pouvais seulement arrêter pendant une heure, ce serait un exploit. Ensuite, je me dirais : “maintenant, je vais tenir encore une heure.” » Il a appris une grande leçon : tout ce que vous pouvez faire pendant une heure, vous pouvez le faire pendant deux heures, et à mesure que chaque heure s'écoule, de nouvelles forces arrivent — oui, même de nouvelles forces pour affronter les moments d'extrême pression où tout semble s'effondrer. ¶
De l'apôtre Jacques, nous recevons ceci pour ceux qui surmontent une faiblesse : ¶
« Heureux l'homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment. » (Jacques 1:12.) 5. Aimer la vérité. Dans mes propres relations, les personnes les plus heureuses sont celles qui aiment l'Évangile et ses vérités de justice et qui font un véritable effort pour vivre selon les principes de vie qu'il enseigne. ¶
Pour être véritablement heureux, nos pensées et nos actions doivent être du côté du bien, non du mal. Lorsque les hommes aiment les ténèbres plutôt que la lumière, leurs actions sont mauvaises. ¶
J'aime l'Église rétablie de Jésus-Christ, parce que je sais qu'elle m'aide à être une meilleure personne. Je ne saurais dire à quel point je suis bon, mais je sais que sans l'Évangile, je serais moins bon. Comme tous les hommes, j'ai des faiblesses inhérentes, et si j'y cédais, elles pourraient m'entraîner vers le péché et la sensualité ; mais cela n'arrivera jamais tant que je magnifierai la prêtrise que je détiens et que je resterai proche de l'Église et des influences de son Évangile. Et il en est ainsi pour tous les hommes. ¶
Connaître et aimer la vérité, c'est être libre. ¶
- Être humble. L'un des buts suprêmes de la spiritualité est la qualité humaine de l'humilité, surtout lorsqu'elle est volontaire. Comme l'a dit un jour Alma, prophète de l'Amérique ancienne : « . . . bénis sont ceux qui s'humilient sans être contraints d'être humbles. . . » (Alma 32:16.) En fait, une telle humilité relève de la douceur, au sujet de laquelle le Maître a dit : « Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre ! » (Matthieu 5:5.) Le prophète Joseph Smith possédait cette qualité d'humilité, comme en témoigne ce récit : Pendant la traduction du Livre de Mormon, de la nourriture fut apportée à Joseph Smith et à Oliver Cowdery par Joseph Knight, un ami fermier. Ils n'avaient pas d'argent, pas même pour le papier nécessaire à la traduction.
Le prophète a demandé à Joseph Knight s'il pouvait leur apporter du papier pour que la traduction puisse se poursuivre, ce qu'il a fait. Le grand intérêt qu'il portait à ce qui se passait l'a conduit à demander au prophète d'interroger le Seigneur sur ce qu'il pourrait faire pour faire avancer l'œuvre. ¶
En réponse à cela, le Seigneur a donné au prophète une révélation pour Joseph Knight, qui enseigne le grand principe de l'humilité : ¶
« Voici, je vous parle, et aussi à tous ceux qui ont le désir de faire paraître cette œuvre et de l'établir. « Et nul ne peut prêter son assistance à cette œuvre, s'il n'est humble et plein d'amour, s'il n'a la foi, l'espérance et la charité, et s'il n'est tempérant en tout ce qui sera confié à ses soins. » ¶
(D&A 12:7-8.) Ce récit montre dans quelles circonstances d'humilité le Livre de Mormon a été produit. ¶
Le prophète et ces hommes ne possédaient rien des biens de ce monde, et pourtant ils poursuivaient une cause qui devait apporter au monde des annales des anciens habitants de l'Amérique du Nord et du Sud, qui constituent sans aucun doute un nouveau témoin du Christ et de l'œuvre divine de Dieu notre Père éternel et céleste pour réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme. ¶
Je témoigne que la vérité a été rétablie, afin que l'homme puisse chercher et trouver dans le rétablissement la puissance qui peut l'élever vers la lumière de la compréhension et de la conviction spirituelles. ¶
C'est ce que je fais au nom de Jésus-Christ. ¶
Amen. ¶