Mes chers frères et sœurs : Fréquemment...
Joseph Fielding Smith
Mes chers frères et sœurs : Fréquemment, quelqu'un vient me trouver avec un problème personnel relatif à son mariage. Le mari et la femme ne s'entendent plus bien, et le divorce semble les menacer directement. Ils ont plusieurs enfants, et pourtant des différends surgissent qui semblent vitaux pour la continuité de leur union. ¶
Si les parents vivaient tous deux en plein accord avec les principes divins de l'Évangile, une telle situation ne se produirait pas. Il y aurait la paix et l'harmonie au foyer. ¶
Dans l'ensemble du monde dit chrétien, le divorce est chose courante, mais les membres des autres églises n'ont pas la juste compréhension relative à l'union du mariage. Pour eux, le mariage est au mieux une union temporaire, et la cérémonie célébrée par un ministre, un juge ou un autre fonctionnaire légalement autorisé à marier stipule expressément et définitivement que l'union durera jusqu'à ce que la mort les sépare, et qu'alors le mariage prendra fin. Leur doctrine concernant le mariage est qu'il s'agit d'une ordonnance ou d'une union terrestre et qu'elle s'achève à la mort. Cette fausse doctrine s'est imposée à leur esprit en raison de la déclaration du Seigneur aux sadducéens venus le trouver avec leur interrogation concernant la femme qui avait eu sept maris. Je cite cette conversation : ¶
« ... Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit : Si le frère de quelqu'un meurt, ayant une femme, et qu'il meure sans enfants, son frère épousera la femme, et suscitera une postérité à son frère. ¶
Il y avait donc sept frères. Le premier se maria, et mourut sans enfants. ¶
Le second prit la femme, et mourut sans enfants. ¶
Le troisième la prit de même, et ainsi tous les sept, et ils ne laissèrent point d'enfants, et moururent. ¶
Enfin, la femme mourut aussi. ¶
À la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle donc la femme ? Car les sept l'ont eue pour femme. ¶
Jésus leur répondit : Les enfants de ce siècle prennent des femmes et des maris ; ¶
mais ceux qui seront trouvés dignes d'avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. ¶
Car ils ne pourront plus mourir, parce qu'ils seront semblables aux anges, et qu'ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection. ¶
Que les morts ressuscitent, c'est ce que Moïse a fait connaître vers le buisson, quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. ¶
Or, Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous sont vivants ». (Luc 20:28-38.) ¶
Le mariage est pour toujours
Rappelons-nous que le premier mariage sur cette terre, celui d'Adam et Ève, fut célébré avant qu'il y eût la moindre mort dans le monde ; par conséquent, il était destiné à durer à jamais. Le mariage, s'il est accompli par l'autorité divine, doit durer pour toujours. Dans les temples du Seigneur, les hommes et les femmes sont unis par une alliance éternelle. Des enfants leur naissent dans cette alliance pour leur appartenir à jamais, et c'est pourquoi l'union familiale était destinée à durer à toujours. ¶
Paul rend cela parfaitement clair dans ses écrits aux membres de l'Église de Corinthe lorsqu'il leur déclare : « Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme ». (1 Corinthiens 11:11.) De même, il dit aux Éphésiens : ¶
« Aussi je vous demande de ne pas perdre courage à cause de mes tribulations pour vous : elles sont votre gloire. ¶
À cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, duquel toute la famille dans les cieux et sur la terre tire son nom », (Éphésiens ¶
3:13-15.) L'idée dominante dans le monde selon laquelle le mariage est une alliance pour cette seule vie est en contradiction avec ce qui est écrit dans les Écritures. Qu'on se souvienne que lorsqu'Adam fut placé dans le jardin d'Éden, la mort n'existait pas. ¶
Nous lisons également que le Seigneur a déclaré qu'il n'était pas bon que l'homme soit seul ; par conséquent, Ève fut amenée sur la scène pour être une « aide semblable à lui ». ¶
(Voir Genèse 2:18.) Ainsi, nous voyons que le mariage et l'organisation de la famille étaient destinés à durer à jamais. C'était par un commandement divin, et Adam et Ève reçurent le commandement de multiplier et de remplir la terre de leur postérité. ¶
La famille est pour toujours
Dans cette dispensation finale, le prophète Joseph Smith a appris par révélation que l'union entre un homme et sa femme devait durer à jamais. La mort, bien qu'elle doive intervenir, ne devait être qu'une séparation temporaire, et l'union de l'époux et de l'épouse continuerait à travers toute l'éternité. ¶
Et dès lors, l'union familiale durerait également à jamais, et chaque génération, dans le royaume de Dieu, serait éternellement unie à celle qui l'a précédée, depuis la fin des temps jusqu'au commencement. Ainsi, les enfants de l'alliance seraient finalement rassemblés et les enfants de Dieu deviendraient une seule grande famille. Chaque génération serait liée à celle qui l'a précédée, pour tous ceux qui recevraient l'Évangile et deviendraient membres de la divine famille de Dieu. ¶
Le président Young injustement condamné
Maintenant, j'aimerais exprimer une autre pensée qui est vitale pour nous tous. Le président Brigham Young a été injustement condamné pour une déclaration qu'il avait faite selon laquelle Adam est notre Dieu et le seul avec qui nous ayons affaire. La déclaration du président Young a été impitoyablement condamnée, mais ce qu'il a dit est un principe juste et en plein accord avec les doctrines du royaume de Dieu. C'est la doctrine du droit d'aînesse dans le royaume de Dieu et un principe glorieux lorsqu'il est pleinement et clairement compris. ¶
Adam dans la vallée
Permettez-moi de citer une révélation donnée au prophète Joseph Smith : ¶
« Trois ans avant sa mort, Adam appela Seth, Énos, Kénan, Mahalaleel, Jéred, Hénoc et Méthuschélah, qui étaient tous de grands prêtres, ainsi que le reste de sa postérité qui était juste, dans la vallée d'Adam-ondi-Ahman, et leur conféra là sa dernière bénédiction. ¶
Et le Seigneur administra des consolations à Adam et lui dit : Je t'ai placé à la tête ; une multitude de nations sortiront de toi, et tu es un prince sur elles à jamais. ¶
Et Adam se leva au milieu de l'assemblée, et bien qu'il fût courbé sous le poids de l'âge, étant rempli du Saint-Esprit, il prédit tout ce qui arriverait à sa postérité jusqu'à la dernière génération ». ¶
(D&A 107:53, 55-56.) De nouveau, dans une autre révélation donnée au prophète Joseph Smith, nous trouvons ce qui suit : ¶
« Pour que vous [c'est-à-dire les Saints] parveniez à la couronne préparée pour vous et que vous soyez établis dirigeants sur de nombreux royaumes, dit le Seigneur Dieu, le Saint de Sion, qui a établi les fondements d'Adam-ondi-Ahman ; qui a désigné Michel pour être votre prince », ¶
« qui a désigné Michel pour être votre prince, a affermi ses pieds et l'a placé très haut, et lui a donné les clefs du salut sous le conseil et la direction du Saint, qui est sans commencement de jours ni fin de vie ». (Ibid., 78:15-16.) Ainsi nous apprenons, en vertu de la loi du droit d'aînesse, que tous ceux qui sont sauvés dans le royaume de Dieu seront soumis à Adam, car par désignation divine, il détient ces clefs sous la direction de Jésus-Christ. Je pourrais étendre cette loi un peu plus loin. Selon l'Évangile de Jésus-Christ, Joseph Fielding Smith sera soumis à son père, et son père à son père dans la famille de Dieu ; et ainsi de suite en remontant de la fin jusqu'au commencement ; et nous serons tous obéissants à Adam, dont le prophète Joseph Smith a déclaré qu'il détient les clefs du salut pour sa postérité qui est rachetée, mais « sous le conseil et la direction du Saint », qui est Jésus-Christ, lequel se tient à la tête parce qu'il est le Rédempteur du monde, qui nous a donné, par son expiation, la résurrection et la vie éternelle si seulement nous nous repentons et gardons ses lois et ses commandements. ¶
Obéir aux ordonnances et aux principes et acquérir l'harmonie
Si un homme et sa femme observaient avec ferveur et fidélité toutes les ordonnances et tous les principes de l'Évangile, il ne saurait surgir aucun motif de divorce. La joie et le bonheur attachés aux liens du mariage deviendraient plus doux, et l'époux et l'épouse s'attacheraient de plus en plus l'un à l'autre à mesure que les jours s'écoulent. Non seulement le mari aimerait la femme et la femme le mari, mais les enfants qui leur naîtraient vivraient dans une atmosphère d'amour et d'harmonie. L'amour de chacun pour les autres ne serait point altéré, et en outre l'amour de tous envers notre Père éternel et son Fils Jésus-Christ serait plus solidement enraciné dans leurs âmes. ¶
Le divorce n'a jamais été envisagé dans le plan de l'Évangile, et là où existe le véritable amour, les discordes entre père et mère ainsi qu'entre enfants et parents ne surgiront pas. Nous sommes tous ici, dans ce monde mortel, en période probatoire. Nous avons été envoyés ici d'abord pour obtenir des tabernacles pour nos esprits éternels ; en second lieu, pour être mis à l'épreuve, pour connaître des tribulations aussi bien que la joie et le bonheur abondants qui peuvent être obtenus par une alliance sacrée d'obéissance aux principes éternels de l'Évangile. La mortalité, comme Léhi l'a enseigné à ses enfants, est un « état préparatoire ». ¶
(2 Néphi 2:21.) C'est ici que nous devons être éprouvés et testés pour voir si, bien qu'exclus de la présence de notre Père éternel mais instruits dans la voie de la vie éternelle, nous l'aimerons, le révérerons et serons fidèles à son Fils bien-aimé, Jésus-Christ. Ces principes devraient être posés comme fondement de chaque foyer. ¶
Aucune prière ne devrait être négligente en ce qui concerne les principes sacrés de l'Évangile de notre Rédempteur. Le Seigneur nous a commandé, à tous sans exception, d'élever nos enfants dans la lumière et la vérité. ¶
Là où cet esprit existe, la discorde, la désobéissance et la négligence des devoirs sacrés ne réussissent pas et ne peuvent pas réussir. ¶
La prière adressée à notre Père éternel au nom de son Fils bien-aimé devrait régner dans le foyer. Là où cela est observé dans un esprit de foi et d'humilité, le fléau du divorce et la désobéissance aux commandements relatifs à notre salut éternel ne peuvent exister. ¶
Je conclus par une déclaration du président David O. McKay : ¶
« Lorsque nous parlons de la rupture du lien conjugal, nous touchons à l'une des expériences les plus tristes de la vie. Pour un couple qui s'est réchauffé au soleil de l'amour mutuel, rester là jour après jour et voir les nuages de l'incompréhension et de la discorde obscurcir la douce clarté de leur vie est une véritable tragédie. ¶
Dans les ténèbres qui s'ensuivent, l'éclat de l'amour dans les yeux de l'autre s'estompe. Pour le restaurer, des tentatives stériles sont faites pour dire le mot juste et faire le geste approprié ; mais la parole et le geste sont mal interprétés, et une réplique courroucée rouvre la blessure, et des cœurs autrefois unis se déchirent de plus en plus profondément. Lorsque cet état déchirant est atteint, on cherche la séparation. Mais le divorce n'est pas la bonne solution, particulièrement s'il y a des enfants concernés... ¶
« Sauf en cas d'infidélité ou d'autres situations extrêmes, l'Église réprouve le divorce, et les autorités voient avec appréhension le nombre croissant de divorces dans l'Église... ¶
« Le mariage est ordonné de Dieu afin que les enfants soient instruits de telle sorte qu'ils soient un jour dignes de la présence du Christ ; et le foyer le plus heureux est celui dans lequel ils sont accueillis, ainsi que Dieu et la nature l'ont prévu... ¶
« Certains jeunes couples se marient et remettent à plus tard l'arrivée d'enfants dans leur foyer. Ils courent un grand risque. Le mariage a pour but d'élever une famille, et la jeunesse est le moment propice pour cela. J'admire ces jeunes mères avec quatre ou cinq enfants autour d'elles maintenant, encore jeunes, heureuses... ¶
« La raison principale du mariage est d'élever une famille. Ne pas le faire est l'une des conditions qui font flétrir l'amour et finissent par le tuer ». (Gospel Ideals, pp. 469-470, 466.) Frères et sœurs, soyons tous fidèles à chaque alliance de l'Évangile. N'oubliez pas de prier et d'obéir à notre Père céleste et à son Fils bien-aimé, Jésus-Christ, je le demande humblement au nom de notre Rédempteur. Amen. ¶