Mes frères et sœurs et mes amis, tandis que j'aborde...
David O. McKay
Mes frères et sœurs et mes amis de l'auditoire de la télévision et de la radio, tandis que j'aborde ce devoir solennel, je ressens pleinement le besoin de votre soutien uni et particulièrement de l'influence tutélaire et directrice de l'Esprit du Seigneur. ¶
« Je t'en conjure... écrivit Paul à Timothée, devant Dieu et devant Jésus-Christ... ¶
« prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur... » (2 Tim. 4:1-2.) ¶
Dans la même lettre, il déclara prophétiquement « ... que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. ¶
« Car les hommes seront égoïstes,... ¶
« ... aimant le plaisir plus que Dieu, ¶
« ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force... » (Ibid., 3:1-2, 4-5.) ¶
Mesures de protection contre la délinquance
C'est dans l'esprit de l'injonction et de la prophétie de Paul que j'aborde le sujet des remparts contre la délinquance juvénile. En mentionnant ces mesures de protection, je n'ai rien de nouveau à proposer. Vous les avez souvent entendues évoquer, mais je pense que, comme pour les principes de l'Évangile, il convient que nous soyons actifs en toute occasion, favorable ou non, que nous reprenions, censurions, exhortions et avertissions avec toute patience tandis que nous contemplons la vague montante de criminalité et que nous fassions prendre conscience à chacun de nous, si possible, qu'une plus grande diligence est nécessaire. ¶
Peu de personnes contesteront le fait que nous vivons des temps périlleux, que beaucoup de gens ont perdu leurs amarres et sont « ... flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction » ; (Éph. 4:14.) ¶
Parmi les maux flagrants de notre époque, il en est deux qui semblent particulièrement néfastes et qui doivent être freinés si nous voulons préserver les véritables idéaux chrétiens. Ce sont : premièrement, une tendance croissante à mépriser les vœux du mariage ; et deuxièmement, la délinquance juvénile montante. Une étude attentive révèle une corrélation étroite entre ces deux situations sociales malsaines. ¶
Tendance à déshonorer les vœux du mariage
Comme preuve du premier point, il nous suffit de jeter un coup d'œil au nombre de divorces dans l'ensemble du pays. Des statistiques récentes révèlent qu'un mariage sur quatre est broyé par l'implacable machine du divorce. ¶
Une criminalité toujours croissante
Mais c'est sur la vague de criminalité en constante augmentation que je désire attirer l'attention ce matin. Les enfants en sont corrompus ; les jeunes sont pris dans son tourbillon et en sont massivement contaminés. ¶
J. Edgar Hoover, directeur du Federal Bureau of Investigation, qui est probablement la première autorité de notre pays en matière de criminalité, a présenté ce rapport alarmant lors d'un dîner donné en son honneur à Chicago, dans l'Illinois, le 24 novembre 1964 : ¶
« Pour chaque homme et pour chaque nation arrive un moment où des décisions doivent être prises face à de graves problèmes. Tout retard supplémentaire dans la recherche de solutions peut conduire au désastre. Ce moment est arrivé pour les États-Unis. ¶
« Le moment est venu où nous devons regarder en face, avec réalisme, ce fait saisissant : depuis 1958, la criminalité dans ce pays a augmenté cinq fois plus vite que notre croissance démographique ! Les crimes graves — meurtres, viols avec violence, vols à main armée, cambriolages, voies de fait graves, vols d'automobiles — ont augmenté régulièrement depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. En 1951, ces crimes ont pour la première fois franchi le cap du million, et plus de deux millions et quart de crimes graves ont été signalés au cours de l'année 1963. ¶
« Plus inquiétant encore est le fait que cette spirale terrifiante de la criminalité résulte d'une vague grandissante de délinquance juvénile à travers tout le pays. L'année dernière, pour la quinzième année consécutive, les délits impliquant nos jeunes ont augmenté par rapport à l'année précédente. Pour l'ensemble des crimes graves commis aux États-Unis en 1963, les jeunes délinquants représentaient 72 pour cent du total des arrestations pour ces crimes ! Le coût de notre criminalité atteint désormais la somme vertigineuse de vingt-sept milliards de dollars par an ! ¶
Déclin de la force morale
« Quel constat sombre et malheureux sur le climat moral de cette grande nation ! La force morale de notre nation a diminué de façon alarmante. Nous devons revenir aux enseignements de Dieu si nous voulons guérir cette maladie. Ces statistiques choquantes, conjuguées à l'apparente indifférence du public à leur égard, sont révélatrices de la fausse moralité que nous tolérons aujourd'hui. C'est un faux code fondé sur l'adoration des choses créées par l'homme lui-même. Il est aussi imparfait et faible que l'homme lui-même ! Aussi séduisant soit-il pour les sens, ce genre de climat moral ne peut offrir ni le soutien ni la force si vitaux pour notre survie nationale. Cet effondrement de nos normes morales ne peut que nous rendre impuissants en tant que peuple et en tant que nation. » ¶
En attirant l'attention sur ces conditions, je ne voudrais pas vous laisser penser que nos jeunes, dans l'ensemble, ne méritent pas notre confiance. C'est du petit nombre, et non de la multitude, dont nous parlons maintenant. ¶
Lorsque, il y a quelques années, un petit garçon de quatre ans s'égara dans les Badlands du Dakota du Nord, toute la contrée se mobilisa et s'organisa pour son sauvetage. On n'accorda toutefois aucune pensée aux centaines d'enfants de quatre ans qui étaient en sécurité auprès de leur mère. Un accident de train ou une catastrophe aérienne frappe nos esprits, éveille notre sympathie et fait réclamer davantage de mesures de sécurité, alors qu'aux centaines de trains et d'avions transportant des millions de personnes à bon port, nous accordons à peine une pensée passagère. ¶
Ainsi, alors que nous attirons avec sollicitude l'attention sur les tragédies dans le cours de la vie humaine, n'oublions pas le groupe beaucoup plus nombreux qui avance avec constance et succès, évitant les bancs de sable et les rapides de la complaisance coupable et de la décadence spirituelle, et dont la vie noble confirme et renforce notre confiance envers la génération montante. Tandis que nous cherchons la brebis perdue, sachons apprécier les « quatre-vingt-dix-neuf » qui sont en sécurité dans la bergerie. ¶
Mais quelle que soit la fermeté de notre confiance envers la majorité des jeunes, nous ne devons pas fermer les yeux sur le fait que le nombre de délinquants et de jeunes criminels augmente de manière inquiétante. Dans l'intérêt du climat moral de nos collectivités, du bien-être de l'État et de la pérennité de notre forme démocratique de gouvernement, nous devons rechercher les causes de cette flambée de criminalité et, si possible, les éliminer et appliquer les remèdes appropriés. ¶
Protection contre la délinquance : le foyer
Au premier rang d'importance comme mesure de protection se trouve le foyer. Une étude récente montre qu'au moins quatre facteurs entrent en jeu dans les troubles et la délinquance chez les jeunes : (1) les foyers brisés, (2) les mariages instables, (3) les foyers indisciplinés, (4) les mères qui travaillent à l'extérieur alors que leur présence est nécessaire à la maison. ¶
Dans un foyer bien ordonné, l'enfant doit apprendre à reconnaître les droits des autres membres de la famille et à respecter ses parents. Que l'enfant apprenne au foyer que les autres membres de la famille ont des droits qu'il doit respecter. Enseignez-lui qu'il doit avoir du respect pour les biens d'autrui. On doit lui apprendre à être honnête, à respecter les affaires de son père et de sa mère, à ne pas prendre des pièces de monnaie dans le porte-monnaie de sa mère sans sa permission, ni à emprunter ce qui appartient à son frère ou à sa sœur sans le consentement du propriétaire. ¶
Enseignez à l'enfant qu'il a des devoirs au foyer. Dès son jeune âge, il doit comprendre qu'il est de son devoir de contribuer à rendre le foyer agréable, de le maintenir propre et d'accomplir certaines tâches qui lui sont assignées. Comme cela a déjà été dit, le travail est l'un des plus grands remparts contre le crime. ¶
Il y a trois choses fondamentales auxquelles chaque enfant a droit : (1) un nom respecté, (2) un sentiment de sécurité, (3) des occasions de se développer. ¶
La famille donne à l'enfant son nom et sa place dans la société. Un enfant veut que sa famille soit aussi respectable que celle de ses amis. Il veut pouvoir montrer son père avec fierté et éprouver toujours une inspiration en pensant à sa mère. C'est le devoir d'une mère de vivre de telle sorte que ses enfants associent à son souvenir tout ce qui est beau, doux et pur. Pour reprendre les mots de l'ancien président des États-Unis, Herbert Hoover : « Après avoir déterminé chaque fait scientifique, après avoir érigé chaque mesure de sécurité publique, après avoir construit chaque édifice pour l'instruction, la formation, l'hospitalisation ou les loisirs, toutes ces choses ne sont encore qu'une infime part des dons physiques, moraux et spirituels que la maternité accorde et que le foyer confère. Aucune de ces choses ne porte cette affection, ce dévouement de l'âme, qui constitue cette grande dotation d'amour émanant des mères. » ¶
Et le père doit vivre de telle sorte que l'enfant, en suivant son exemple, soit un bon citoyen et, dans l'Église, un véritable saint des derniers jours. ¶
Un enfant a le droit de sentir que dans son foyer, il a un lieu de refuge, un lieu de protection contre les dangers et les maux du monde extérieur. L'unité et l'intégrité de la famille sont nécessaires pour répondre à ce besoin. ¶
Le foyer est le meilleur endroit au monde pour enseigner le plus haut idéal de la vie sociale et politique de l'homme, à savoir une parfaite liberté d'action tant qu'il n'empiète pas sur les droits et les privilèges d'autrui. ¶
Le grand besoin du foyer américain aujourd'hui est d'avoir plus de religion. Les parents devraient montrer de façon évidente, tant par leurs actes que par leurs propos, qu'ils s'intéressent sincèrement aux fruits de la vraie religion. L'exemple des parents doit souligner la nécessité de l'honnêteté dans nos rapports avec notre famille, nos voisins et tous ceux avec qui nous entrons en contact : de la gentillesse envers nos employés, de la loyauté envers nos employeurs, de la pleine mesure envers nos clients. ¶
Le Seigneur place la responsabilité exactement là où elle doit être, lorsqu'il dit qu'il est du devoir des parents d'enseigner à leurs enfants les principes de l'Évangile et à marcher en droiture devant le Seigneur, et que s'ils ne les instruisent pas ainsi, le péché sera sur la tête des parents. (Voir D&A 68:25.) ¶
Protection contre la délinquance : l'Église
Après le foyer, comme protection contre la délinquance, l'église devrait être une force dominante. L'autre jour, j'ai été heureux de constater qu'un récent sondage Gallup, paru dans une récente édition du New York Herald Tribune, révélait qu'en 1964 au moins 45 pour cent de toute la population adulte de la nation assistait aux offices religieux au cours d'une semaine typique, et que, bien que ce pourcentage ait baissé de quatre points depuis l'année record de 1958, il reste si élevé qu'il éclipse totalement les 5 pour cent et 7 pour cent de certains autres grands pays. Il est intéressant de noter que, bien que les hommes passent pour être peu religieux, 40 pour cent de toute la population masculine adulte des États-Unis va à l'église chaque dimanche. Quarante-neuf pour cent des femmes y assistent régulièrement. Cela signifie que 49 500 000 hommes et femmes adultes assistent aux services religieux aux États-Unis. Mais qu'en est-il des 55 pour cent restants d'hommes et de femmes qui ne vont pas à l'église, et qu'en est-il des enfants qui grandissent dans les foyers de ces personnes ? Leur indifférence envers l'église ne devrait avoir pour effet que de nous inciter à une activité plus fervente et plus diligente. ¶
Protection contre la délinquance : les écoles
Là où règne une indifférence à l'égard des églises chrétiennes, nous devrons placer, immédiatement après le foyer, non pas l'église, mais l'école publique comme facteur le plus influent pour réduire la délinquance. ¶
Je crois de tout mon cœur que l'objectif suprême du système scolaire public, de l'école enfantine à l'université, devrait être la formation du caractère et l'épanouissement de citoyens loyaux et dévoués à la république. L'enseignement de la lecture, de l'écriture et du calcul, des arts et des sciences, et même la recherche approfondie ne devraient être qu'un moyen de développer une véritable virilité et une féminité noble. ¶
La véritable éducation consiste à éveiller l'amour de la vérité, un juste sens du devoir, à ouvrir les yeux de l'âme sur le grand dessein et la finalité de la vie. Il ne s'agit pas d'apprendre à l'individu à aimer le bien pour son intérêt personnel ; il s'agit de lui apprendre à aimer le bien pour le bien lui-même ; à être vertueux en actes parce qu'il l'est de cœur ; à aimer Dieu et à le servir souverainement, non par crainte, mais par ravissement devant son caractère parfait. ¶
C'est sur l'instructeur que repose une grande part de la responsabilité d'élever la société à ce niveau supérieur. Ralph Waldo Emerson, réputé pour être le plus sage des Américains, a dit : « Le caractère est plus élevé que l'intelligence... Une grande âme sera forte pour vivre aussi bien que pour penser. » (Nature, Addresses, and Lectures: The American Scholar.) ¶
Protection contre la délinquance : le climat moral des dirigeants, de la collectivité, de l'État et de la nation
Une autre protection contre la délinquance des jeunes est le climat moral des dirigeants de la nation, de la ville et de la collectivité. Celui-ci est déterminé par les idéaux et les actions des adultes, et particulièrement des représentants civiques et de ceux à qui est confiée l'application de la loi. ¶
Si nous désirons sincèrement réduire la délinquance parmi les jeunes, tournons nos regards vers nous-mêmes en tant que membres de la collectivité et en tant que dirigeants et personnalités officielles des milieux civiques. Une nation qui a surmonté d'immenses difficultés matérielles et maîtrisé les forces physiques doit disposer de moyens plus efficaces pour combattre le cynisme de sa jeunesse — ce cynisme né de la malhonnêteté affichée sans vergogne par des gens haut placés, de l'hypocrisie des dirigeants et de la mise en scène tapageuse du crime. ¶
Oui, nous vivons des temps périlleux, mais espérons qu'ils seront pour la génération actuelle pareils à la fournaise ardente qui consume les scories mais purifie l'or. ¶
Un homme intègre est un trésor national. Une femme pure est l'incarnation de la véritable gloire nationale. Un citoyen qui chérit la justice et déteste le mal vaut mieux qu'un cuirassé. La force de toute collectivité réside et se manifeste dans les hommes qui sont purs, irréprochables, droits et honnêtes, prêts pour le bien et attentifs à toute approche du mal. Que de tels idéaux deviennent la norme civique. ¶
Exprimons ici et maintenant notre reconnaissance pour L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, avec ses collèges de prêtrise et ses organisations auxiliaires tout spécialement organisés pour combattre les fléaux du crime et de la délinquance juvénile. Elle a été établie par révélation divine de Dieu le Père et de son Fils Jésus-Christ. Sa glorieuse mission est de proclamer la naissance de l'Évangile rétabli ; d'élever la société afin que les hommes puissent vivre plus cordialement les uns avec les autres ; de créer dans nos collectivités un milieu sain où nos enfants pourront puiser la force de résister à la tentation et un encouragement à rechercher le perfectionnement culturel et spirituel ; d'anéantir l'influence d'hommes calculateurs qui tireraient profit de leurs semblables tombés si bas qu'ils sont devenus esclaves de leurs appétits et de leurs passions, et qui rempliraient leurs bourses grâce aux faiblesses des adeptes du jeu, de l'ivrognerie et de la nicotine. L'Évangile est une philosophie rationnelle qui enseigne aux hommes comment parvenir au bonheur dans cette vie et à l'exaltation dans la vie à venir. ¶
Que Dieu nous aide à nous acquitter de nos responsabilités envers notre jeunesse en créant, au foyer, à l'école, dans l'Église et dans nos collectivités, un cadre édifiant, sain et propice à la foi, c'est là ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶