Les débuts de la plupart des religions du monde...
Howard W. Hunter
Les débuts de la plupart des religions du monde sont quelque peu obscurs, et cela est vrai des débuts de la religion d'Israël. L'événement central vers lequel convergent tous les premiers récits est l'exode d'Israël hors d'Égypte. Une série d'événements s'est produite, témoignant de la sollicitude du Seigneur pour ses enfants. Les Hébreux croient que leur Dieu s'est fait connaître à eux à l'heure de leur plus grande détresse en leur accordant la libération de leurs oppresseurs, les pharaons d'Égypte. Le Seigneur appela Moïse pour les guider. Ce n'était pas une tâche facile de conduire un peuple qui oscillait constamment entre la foi et le doute, entre l'obéissance et la rébellion. ¶
Indices témoignant de la sollicitude de Dieu pour ses enfants
Ce n'est pas la stratégie militaire qui délivra les enfants d'Israël des armées égyptiennes lancées à leur poursuite à la mer des Roseaux, mais la protection du Seigneur, qui fendit les eaux afin qu'ils pussent traverser à pied sec et s'échapper. Il vint à leur secours depuis la colonne de nuée et de feu. Il pourvut à leurs besoins tandis qu'ils traversaient la péninsule du Sinaï. Lorsqu'ils souffraient de la soif, il rendit les eaux douces. Pour apaiser leur faim, il leur fournit des cailles et de la manne. ¶
En dépit de ces grandes manifestations, Moïse était confronté à la tâche constante de préserver l'unité et l'ordre. En plusieurs occasions, il y eut des murmures contre ce grand dirigeant et des attaques contre son autorité lorsqu'ils tardaient à atteindre le but espéré, le pays ruisselant de lait et de miel. ¶
Après une longue lutte, les Israélites pénétrèrent dans le désert du Sinaï et établirent un camp au pied de la montagne. C'est pendant leur séjour en ce lieu qu'un événement merveilleux se produisit. Moïse était monté sur la montagne pour rechercher la direction divine dans la résolution des problèmes auxquels il faisait face. ¶
« Le troisième jour au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs, et une épaisse nuée sur la montagne ; le son de la trompette retentit avec une force extraordinaire ; et tout le peuple qui était dans le camp fut saisi d'épouvante. ¶
« Moïse fit sortir le peuple du camp, à la rencontre de Dieu ; et ils se placèrent au bas de la montagne. ¶
« La montagne de Sinaï était toute en fumée, parce que l'Éternel y était descendu au milieu du feu ; cette fumée s'élevait comme la fumée d'une fournaise, et toute la montagne tremblait avec violence. ¶
« Le son de la trompette retentissait de plus en plus fortement. Moïse parlait, et Dieu lui répondait à haute voix. » (Exode 19:16-19.) Après le déroulement de ces événements en cette occasion solennelle, le Seigneur se tint au sommet de la montagne, et Moïse fut autorisé à s'approcher de lui. ¶
Les soixante-dix anciens furent autorisés à monter à mi-pente de la montagne, et tous les autres demeurèrent au pied de celle-ci. Le Seigneur entreprit alors de proclamer ce qui est devenu connu sous le nom des Dix Commandements ou du Décalogue. En hébreu, le Décalogue est connu sous le nom des Dix Paroles, car dans sa forme hébraïque primitive, il se compose de dix brèves formules, chacune ne comportant que deux mots. ¶
Le premier commandement
« Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. » (Ibid., 20:3.) En Égypte, les Israélites avaient été entourés de peuples qui adoraient d'autres dieux, mais ils s'étaient familiarisés avec la présence du Seigneur grâce aux miracles qu'il avait accomplis en leur faisant traverser la mer Rouge et en les délivrant des Égyptiens, en faisant jaillir de l'eau du rocher, en fournissant des cailles et de la manne lorsqu'ils avaient faim, et par une colonne de nuée pour les guider. ¶
Ce commandement de n'avoir pas d'autres dieux a été donné comme une condition première au bonheur de l'homme, afin qu'il puisse vouer son allégeance à son véritable Père. Il doit y avoir dans la vie de chacun une loyauté suprême envers le vrai Dieu. ¶
Le deuxième commandement
« Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. ¶
« Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements. » (Ibid., 20:4-6.) Sous le joug de l'Égypte, les Israélites avaient été soumis à l'adoration des images taillées interdites par ce commandement. On peut noter à ce propos que certaines des grandes confessions chrétiennes du monde omettent entièrement du Décalogue ce deuxième commandement relatif aux images taillées et divisent le dixième afin d'obtenir dix commandements. L'histoire a bien illustré les calamités qui frappent les générations d'enfants lorsque les pères se détournent du vrai Dieu. D'un autre côté, nous constatons les bénédictions qui parviennent aux enfants de parents justes. ¶
Le troisième commandement
« Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain ; car l'Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. » (Ibid., 20:7.) Par cela, il nous est commandé de ne pas nous livrer à de faux serments ni à aucune parole irrévérencieuse concernant Dieu ou l'un de ses attributs, ni à des jurons profanes où son nom est utilisé. Jurer ou maudire est généralement le résultat de l'effort d'une personne incapable de s'exprimer clairement pour tenter d'impressionner les autres. Le blasphème est une habitude répugnante qui ne commande aucun respect. ¶
Le quatrième commandement
« Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. ¶
« Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. ¶
« Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. ¶
« Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour : ¶
c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié. » (Ibid., 20:8-11.) C'est là une réaffirmation de la loi qui existait dès le commencement, lorsque Dieu s'est reposé après la création. J'ai toujours été intéressé par ces paroles : « Tu travailleras six jours. » Cela semble être autant un commandement de travailler six jours que de s'abstenir de travailler le septième jour. Il est également intéressant de noter que ce quatrième commandement s'adresse à : « toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger ». Rien n'est dit concernant ton épouse. C'est peut-être la raison pour laquelle, après la rude tâche d'avoir lavé, nourri et habillé les enfants, préparé les vêtements de son mari, commencé le dîner du dimanche et être arrivée elle-même à l'église presque à l'heure, la mère ne vibre pas tout à fait à l'esprit du cantique d'ouverture : « Bienvenue, doux jour de repos, nous nous reposons maintenant de tout souci. » ¶
Le cinquième commandement
« Honore ton père et ta mère, ¶
afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne. » (Ibid., 20:12.) Les enfants sont exhortés à respecter leurs parents et à leur obéir, et ils sont tenus de pourvoir à leurs besoins lorsque surviennent des infirmités, comme leurs parents l'ont fait pour eux lorsqu'ils étaient petits. ¶
Le sixième commandement
« Tu ne tueras point. » (Ibid., 20:13.) Ce commandement fait référence à la privation illégale d'une vie humaine. La vie est l'un des biens terrestres les plus précieux de l'homme. Le respect de la vie humaine s'est accru au fil des nombreux siècles qui se sont écoulés depuis la proclamation de cette loi, et elle surpasse probablement l'ensemble des neuf autres commandements comme étant celui qui a suscité la plus grande préoccupation de la part de l'humanité. ¶
Le septième commandement
« Tu ne commettras point d'adultère. » ¶
(Ibid., 20:14.) Le Seigneur se préoccupe du caractère sacré du mariage et de la cellule familiale. Il ne s'agit pas d'un simple conseil, mais d'un commandement clair, concis et formel, donné pour s'appliquer également aux hommes comme aux femmes. ¶
Le huitième commandement
« Tu ne déroberas point. » (Ibid., 20:15.) Ce commandement ajoute la sacralité de la propriété à celles de la vie et de la famille. C'est le commandement fondamental sur lequel repose l'idée de la propriété privée. C'est une interdiction contre le vol, le brigandage, le cambriolage, l'abus malhonnête en tant qu'acheteur ou vendeur, ou tout acte illicite par lequel on acquiert ce qui ne nous appartient pas légitimement. On a dit que l'homme a un instinct possessif, mais sa capacité d'appropriation a ses limites. C'est pour cette raison que les étoiles sont encore à leurs places d'autrefois : uniquement parce qu'elles sont hors de portée des mains humaines prédatrices. Au vu de la course actuelle pour la conquête de l'espace, nous ne pouvons être sûrs des résultats futurs. ¶
Le neuvième commandement
« Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. » (Ibid., 20:16.) Ce commandement vise au premier chef le faux témoignage dans les procédures judiciaires, mais il s'étend à toute déclaration matériellement fausse. ¶
Tout mensonge qui tend à léser autrui dans ses biens, sa personne ou sa réputation est contraire à l'esprit et à la lettre de cette loi. La dissimulation de la vérité entraînant le même préjudice constitue également une violation de ce commandement. ¶
Le dixième commandement
« Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » (Ibid., 20:17.) Convoiter signifie désirer ardemment, soupirer après, convoiter ce qui appartient à une autre personne. ¶
Le désir d'acquérir de bonnes choses n'est pas une faute, mais le désir de les arracher illégalement à autrui est un péché. À cet égard, il est bon de comprendre que le bien ou le mal commence non pas lorsque l'acte s'accomplit, mais dès lors que l'on attache son cœur à une chose. ¶
Le Décalogue ou les dix lois furent gravés sur deux tables de pierre. La manière précise dont ils étaient disposés n'est pas connue, mais la plupart des exégètes les divisent en deux groupes. La première partie se compose des lois qui concernent les relations de l'homme avec Dieu : pas d'autres dieux, pas d'images taillées, pas de blasphème et l'observance du sabbat. Certains y ont inclus l'honneur dû aux parents, tandis que d'autres ont rangé celui-ci dans la catégorie des cinq derniers, qui sont les lois englobant un ensemble de devoirs moraux envers autrui — tu ne tueras point, tu ne commettras point d'adultère, tu ne déroberas point, tu ne porteras point de faux témoignage, tu ne convoiteras point. ¶
Devoir envers Dieu et son prochain
Il semble manifeste que le Sauveur avait à l'esprit ces deux groupes de lois — le premier définissant le devoir de l'homme envers Dieu et le second énonçant ses devoirs envers son prochain — lorsque le légiste lui demanda : ¶
« Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? ¶
« Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. ¶
« C'est le premier et le plus grand commandement. ¶
« Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. ¶
« De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu ¶
22:36-40.) Cette réaffirmation claire, concise et sans équivoque du Décalogue ramène les dix lois, les « tu ne feras point », comme on les appelle souvent, à deux simples exhortations empreintes d'amour : aimer le Seigneur et aimer son prochain. ¶
Il aime le Seigneur de tout son cœur, celui qui n'aime rien en comparaison de lui, et rien sinon par rapport à lui, qui est prêt à renoncer à tout, à tout faire ou à tout endurer pour lui plaire et le glorifier. Il aime Dieu de toute son âme, ou plutôt de toute sa vie, celui qui est prêt à donner sa vie pour sa cause et à être privé des douceurs du monde pour le glorifier. Il aime Dieu de toute sa force, celui qui met toutes les facultés de son corps et de son âme au service de Dieu. Il aime Dieu de toute sa pensée, celui qui s'applique uniquement à connaître Dieu et sa volonté, qui voit Dieu en toutes choses et le reconnaît dans toutes ses voies. ¶
L'amour de notre prochain découle de l'amour de Dieu comme de sa source même, et l'amour de Dieu se vérifie dans l'amour de notre prochain. ¶
Le fondement des lois pour les hommes
Tel est l'enseignement du Sauveur. ¶
Combien les enfants de la terre seraient heureux si ces deux simples préceptes, qui englobent la loi donnée à Israël, pouvaient être observés ! Des centaines de milliers de lois, de statuts et de recueils juridiques ont été rédigés par l'homme pour tenter d'énoncer les droits et les devoirs de l'homme en société, dont la plupart s'inscrivent dans le sens de la simple déclaration du Seigneur : « Tu aimeras ton prochain... » ¶
En lisant le récit des pérégrinations des Israélites en quête de la terre promise, cette interrogation vient à l'esprit : pourquoi n'ont-ils pas compris et suivi le prophète du Seigneur ? ¶
Lorsque nous songeons aux progrès accomplis par l'homme au cours des siècles qui ont suivi et aux grandes réalisations scientifiques qu'il a menées à bien, nous nous émerveillons de cette avancée. Mais l'homme a-t-il réellement réussi à vivre les simples commandements d'aimer son prochain et d'aimer le Seigneur ? ¶
Sommes-nous encore en train d'errer dans le désert aride du Sinaï ? ¶
Je témoigne humblement que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vrai et vivant. Par l'intermédiaire de son Église établie en ces derniers jours, par l'Évangile tel qu'il a été rétabli dans cette dispensation et par le pouvoir de la prêtrise peut venir l'aide nécessaire à ceux qui errent, pour s'élever au-dessus du niveau terrestre et vivre la loi du Seigneur. Telle est notre invitation adressée à tous ceux qui cherchent la vérité où qu'ils soient. Je prie pour que son Esprit soit avec nous et nous donne le désir et la capacité de vivre selon ses lois, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶