Pulpit

Il y a deux semaines, je survolais...

John H. Vandenberg

1964 April General Conference·First Day (Saturday, April 4) — General Priesthood Meeting, 7:00 p.m.·1964-04-04

Il y a deux semaines, je survolais le barrage Hoover en tant que passager à bord d'un avion de ligne à réaction. La personne assise à côté de moi regardait par le hublot, contemplant les vastes étendues du lac Mead en contrebas, puis, concentrant son attention sur le barrage Hoover, s'est exclamée : « Il semble incroyable qu'un si petit barrage puisse contrôler et contenir une si vaste réserve d'eau ! »

Les merveilles des hommes, comment elles sont accomplies

Nous nous émerveillons devant les réalisations de l'homme, mais nous oublions parfois la planification, l'ingénierie et la conception nécessaires pour construire un ouvrage tel que le barrage Hoover.

La construction d'un tel ouvrage exige la pose minutieuse de chaque barre d'acier, le malaxage parfait de chaque gâchée de béton, le contrôle adéquat des températures et l'exécution rigoureuse de multiples autres détails critiques afin d'obtenir la solidité intégrée nécessaire pour assurer la durabilité et la pérennité d'un projet aussi gigantesque. Or, tout comme il est nécessaire d'« intégrer » soigneusement

la force requise pour garantir la sécurité d'un édifice matériel — de même est-il nécessaire d'ancrer dans l'âme des hommes la force morale qui aide à forger un caractère capable de protéger la sécurité de l'individu.

La prêtrise, une force active pour édifier le caractère

Ce soir, nous avons entendu d'excellents discours prononcés par deux jeunes gens détenant la Prêtrise d'Aaron. [Ronald G.

Plumb, Douglas Cowie]* Ils ont démontré qu'ils avaient ancré une force morale dans leur caractère, en touchant le cœur de cette vaste assemblée de la prêtrise. La prêtrise que nous détenons devrait être une force active pour développer une mise en pratique plus efficace des principes moraux, fortifiant ainsi notre pouvoir de soumettre l'adversaire.

Le grand Archimède de Syracuse s'écria devant son roi : « Donnez-moi un levier et un point d'appui, et je soulèverai le monde. » (100 Great Lives, p. 526.) C'est la Sainte Prêtrise, semblable à un levier, conférée et confiée à des hommes dignes, qui fait avancer la grande œuvre de Dieu.

« À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d'Aaron, qui détient les clés du ministère d'anges, de l'Évangile de repentir et du baptême par immersion pour la rémission des péchés ; ... »

(D&A 13.) Ainsi parla Jean-Baptiste lorsqu'il conféra la moindre prêtrise à Joseph Smith et Oliver Cowdery.

Ce fut là le commencement — comme le Seigneur l'a déclaré : « Pour préparer les faibles aux choses qui viennent sur la terre et à la mission du Seigneur le jour où les faibles confondront les sages, où le petit deviendra une nation forte, et où deux mettront leurs dizaines de milliers en fuite.

« Et par les choses faibles de la terre, le Seigneur battra les nations par la puissance de son Esprit » (Ibid., 133:58-59). La Prêtrise d'Aaron, avec ses divers offices de diacre, d'instructeur et de prêtre, est conférée aux hommes et aux jeunes gens dignes de l'Église âgés de plus de douze ans. On attend de chacun ainsi ordonné qu'il officie dans son office et son appel respectifs avec dignité et dévouement. L'office d'évêque est conféré par ordination à ceux qui sont spécialement appelés à administrer toutes les affaires de la Prêtrise d'Aaron dans la paroisse.

L'office d'évêque

L'office d'évêque est l'un des grands offices de la prêtrise. Il est de la plus haute importance que chaque évêque de l'Église reconnaisse comme responsabilité primordiale son appel et son ordination dans la moindre prêtrise. L'évêque connaît bien les desseins de Dieu, car Dieu a dit : « ... car voici mon œuvre et ma gloire : réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme » (Moïse 1:39), et le véritable évêque prendra la résolution suivante : « Voici mon œuvre et ma gloire : réaliser l'immortalité et la vie éternelle de chaque garçon et de chaque fille confiés à mes soins. » Pour y parvenir, il faut non seulement du dévouement et une détermination inébranlable, mais aussi la nécessité d'être un exemple dans sa propre conduite personnelle. Paul a conseillé à Tite : « ... il faut que l'évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu ; qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête ; mais qu'il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint, tempérant, attaché à la vraie parole telle qu'elle a été enseignée, afin d'être capable d'exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs » (Tite 1:7-9). ## L'attitude de l'évêque

L'attitude d'un évêque à l'égard de son appel peut entraîner l'élévation ou la chute des détenteurs de la Prêtrise d'Aaron dans sa paroisse. La progression dans cette prêtrise devrait commander une plus grande responsabilité morale. L'accession à l'office d'évêque implique la plus grande des responsabilités morales, non seulement pour sa propre vie, mais aussi pour la vie de chaque garçon et de chaque fille de sa paroisse.

Attribution des responsabilités

Je crois que chaque garçon attend avec impatience d'être ordonné à l'office de diacre. Il s'est préparé au mieux de ses capacités de jeunesse à recevoir la Prêtrise d'Aaron. À partir de ce moment, s'il manque à ses responsabilités, c'est généralement en raison de la négligence de son propre père ou de son évêque. C'est là une pensée redoutable, mais souvenez-vous que les garçons ne doivent pas rester seuls ; ils « ... ont besoin qu'on leur fixe des limites fermes à mesure qu'ils grandissent », conseillait Graham B. Blaine, fils, « car ce n'est qu'ainsi qu'ils peuvent apprendre à s'imposer une discipline ; sans ces limites, ils deviennent des adultes irresponsables, égoïstes et sans conscience » (Journal of National Association of Women's Deans and Counselors, 1er nov. 1963, Blaine, Graham B. Jr., « Stress and Distress and Identity Formation in College and High School »). ## Un témoignage tiré de la vie

Je crois que chaque jeune garçon devrait ressentir ce qu'a éprouvé frère James E. Talmage lorsqu'il a été ordonné diacre. Il a déclaré : « J'ai été appelé et ordonné un dimanche matin, sans aucun avertissement préalable ; et cet après-midi-là, j'ai été placé comme sentinelle à la porte de la maison où les Saints s'étaient réunis pour le culte.

Dès que j'eus été ordonné, j'éprouvai un sentiment tel que je n'ai jamais pu le décrire pleinement. Il semblait à peine concevable que moi, un petit garçon, je pusse être honoré de Dieu au point d'être appelé à la prêtrise. J'avais lu au sujet des fils d'Aaron et de Lévi qui avaient été choisis pour les tâches sacrées de la moindre prêtrise, mais que je fusse appelé à accomplir une partie du service qui avait été exigé d'eux dépassait ce que mon jeune esprit pouvait saisir. J'étais à la fois effrayé et heureux. Puis, lorsque je fus placé en faction à la porte, j'oubliai que je n'étais qu'un gamin de onze ans ; je me sentis fort à la pensée que j'appartenais au Seigneur et qu'il m'aiderait dans tout ce qui me serait demandé. Je ne pouvais résister à la conviction que d'autres sentinelles, bien plus fortes que moi, se tenaient à mes côtés, bien qu'invisibles aux yeux humains.

« L'effet de mon ordination au diaconat pénétra tous les aspects de ma vie d'enfant. J'ai bien peur d'avoir parfois oublié ce que j'étais, mais j'ai toujours été reconnaissant de ce que, bien souvent, je m'en souvenais, et ce souvenir contribuait toujours à me rendre meilleur. Lorsque je jouais dans la cour de récréation de l'école et que j'étais peut-être tenté de prendre un avantage déloyal dans le jeu, ou au milieu d'une dispute avec un camarade, je me souvenais, et la pensée était aussi efficace que si elle avait été prononcée à haute voix : « Je suis diacre, et il n'est pas convenable qu'un diacre agisse de la sorte. » Les jours d'examen, lorsqu'il me semblait facile de copier le travail d'un autre garçon ou de tricher dans le livre, je me souvenais de nouveau : « Je suis diacre, et je dois être honnête et droit. » Quand je voyais d'autres garçons tricher au jeu ou à l'école, je me disais en moi-même : « Il serait plus grave pour moi de faire cela que pour eux, parce que je suis diacre. » Rien de ce qui m'était demandé dans les devoirs de mon office n'était fastidieux ; le sentiment du grand honneur de mon ordination rendait tout service agréable. J'étais le seul diacre de la branche et j'avais d'abondantes occasions de travailler.

« L'impression laissée sur mon esprit lorsque je fus fait diacre ne s'est jamais effacée. Le sentiment d'être appelé au service particulier du Seigneur, en tant que détenteur de la prêtrise, a été une source de force pour moi tout au long des années. Plus tard, lorsque j'ai été ordonné à des offices supérieurs dans l'Église, la même assurance m'est venue, en chaque occasion semblable, à savoir que j'étais en vérité doté d'un pouvoir venu du ciel et que le Seigneur exigeait de moi que j'honore son autorité. J'ai été ordonné tour à tour instructeur, ancien, grand prêtre et enfin apôtre du Seigneur Jésus-Christ, et à chaque ordination m'a envahi un sentiment nouveau et bouleversant que j'avais connu pour la première fois lorsque j'avais été appelé à être diacre au service du Seigneur. » (Course of Study for the Quorums of the Priesthood :

Deacons 1914, p. 135-136.) Je suis certain que ce témoignage de frère Talmage nous fera apprécier plus pleinement le grand privilège que représente le fait de détenir la prêtrise.

La jeunesse veut être forte

Bien des éléments indiquent que les jeunes désirent apprendre et être forts. Un rapport récent paru dans The British Journal of Educational Psychology indiquait : « Les écoliers sont peut-être plus désireux d'apprendre que les enseignants ne le sont de les instruire. Plus de 800 écoliers britanniques du primaire et du secondaire ont reçu une liste des qualités des bons enseignants établie à partir de rédactions d'élèves. On leur a demandé de classer ces qualités par ordre d'importance. Les enfants ont classé la capacité pédagogique de l'enseignant au-dessus de toutes les autres qualités et ont également placé les compétences en matière de discipline au-dessus de compétences personnelles telles que la convivialité, la patience, la bienveillance et la bonne humeur. »

Le corps, une bénédiction sacrée

Fondamentalement, le droit et la responsabilité d'enseigner à un garçon ou à une fille le caractère sacré de son corps incombent aux parents. Les pères devraient être si proches de leurs fils que de nombreuses discussions puissent avoir lieu à ce sujet. Il est regrettable qu'un jeune garçon détenant la prêtrise de Dieu ne se sente pas libre d'aborder une telle discussion avec son père et doive satisfaire sa curiosité en écoutant les autres.

Coopération des parents et des évêques

Les évêques devraient encourager les parents à apprendre les principes moraux établis par Dieu et les exhorter à les enseigner à leurs enfants lorsque le niveau de compréhension de ces derniers est tel que cela ne prête pas à confusion.

Depuis un certain nombre d'années, nous recommandons aux évêques de rencontrer les parents de chaque garçon qui approche de ses douze ans afin d'expliquer les programmes, les possibilités et les obligations morales du service de la prêtrise.

Cette entrevue avec les parents est indispensable pour susciter un plus grand encouragement parental auprès des jeunes garçons. Il semble qu'un évêque avisé pourrait opportunément expliquer aux parents, en un tel moment, les préceptes du Seigneur sur la chasteté et les exhorter à expliquer ces choses à leurs fils dès que leur degré de maturité le justifie.

Dans le livre de Samuel se trouve un récit captivant concernant le grand prêtre Éli. Éli était juge, un serviteur dévoué du Seigneur dans l'Israël ancien. Il descendait d'Aaron par son fils cadet. Le plus souvent, nous pensons à Éli à travers son lien avec l'enfant Samuel dans le temple. Mais les fils d'Éli étaient mauvais et ne gardaient pas les commandements du Seigneur. Ils ne connaissaient donc pas le Dieu d'Israël, mais se complaisaient dans la méchanceté. Le récit déclare : « Éli était fort âgé, et il apprit comment ses fils agissaient à l'égard de tout Israël... » (1 Sam. 2:22). En conséquence de leurs mauvaises actions, ils n'eurent pas le privilège d'administrer les ordonnances de la moindre prêtrise. Cela aurait été leur droit de continuer à accomplir les ordonnances extérieures de la moindre prêtrise après la mort de leur père. Au lieu de cela, ils perdirent non seulement les privilèges du service de la prêtrise, mais aussi la vie éternelle.

Le Seigneur condamna Éli, et il ne fit plus partie des élus parce qu'en tant que père, il ne disciplinait ni ne contrôlait ses fils. « ... Je veux punir sa maison pour toujours », dit le Seigneur, « à cause du crime dont il a connaissance, et par lequel ses fils se sont rendus méprisables, sans qu'il les ait réprimés » (Ibid., 3:13). Quelqu'un a dit : « Il est inutile de faire des recherches généalogiques si vous ne saviez pas où se trouvaient vos enfants la nuit dernière. » Il n'existe aucun appel dans cette Église qui l'emporte sur celui d'être père. Aucune tâche dans l'Église ne devrait jamais être considérée comme une excuse pour négliger son foyer. Le foyer est la cellule fondamentale de l'Église. Enseignez à vos fils, par l'exemple, à être loyaux et fidèles à la loi, aux dirigeants, à la prêtrise et à l'autorité de Dieu. Votre famille a besoin de votre loyauté et de votre fidélité envers l'Église, ce qui englobe le foyer. Abstenez-vous de propos méchants ; votre langage doit être à tout moment pur et édifiant.

Feu frère Albert E. Bowen a déclaré :

« ... l'une des choses merveilleuses au sujet de l'Évangile est que lorsqu'un commandement a été donné, ou pour le formuler autrement, lorsqu'un principe de progression est révélé, il y a toujours incorporé un moyen de réaliser son dessein. » (The Welfare Plan, p. 142.) ## La Prêtrise d'Aaron, un principe efficace de progression

Maintenant, pour vous, garçons : nous voulons que la Prêtrise d'Aaron soit un principe efficace de progression dans votre vie afin de vous préparer à la direction dans l'Église. Cette année, nous avons inclus quelques objectifs supplémentaires à atteindre dans le programme de la prêtrise. L'un d'eux est la mémorisation d'écritures précises. Nous les avons choisies parce que nous croyons qu'elles vous aideront à mieux comprendre certains principes fondamentaux de l'Évangile. Il ne fait aucun doute que vous pouvez les apprendre si seulement vous vous appliquez à la tâche.

L'autre soir, sœur Vandenberg et moi marchions le long de Main Street.

Nous nous trouvions à environ cinq mètres derrière deux jeunes gens au début de leur adolescence. Le plus petit des deux récitait avec vigueur une partie de l'oraison funèbre d'Antoine sur le corps de César. Je n'ai pu m'empêcher d'entendre — il le faisait si bien ! En l'écoutant, j'ai pensé combien est merveilleuse l'exubérance de la jeunesse avec sa capacité d'apprendre et d'assimiler — j'ai également pensé aux objectifs que nous avions fixés pour la Prêtrise d'Aaron et j'ai éprouvé de la joie à la pensée que si ce jeune pouvait réciter de la littérature dans la rue, les garçons qui détiennent la prêtrise de Dieu n'auraient certainement aucune difficulté à mémoriser et à réciter les écritures indiquées.

Pour conclure, méditons sur la promesse du Seigneur : « Tu prendras les choses que tu as reçues, qui t'ont été données dans mes Écritures pour loi, pour qu'elles soient ma loi pour gouverner mon Église ; et celui qui agit selon ces choses sera sauvé, et celui qui ne le fait pas sera damné, s'il continue ainsi.

« Si tu demandes, tu recevras révélation sur révélation, connaissance sur connaissance, afin que tu connaisses les mystères et les choses paisibles, ce qui apporte la joie, ce qui apporte la vie éternelle. » (D&A 42:59-61.) ## « Jeunes gens, Dieu vous aime »

Laissez-moi vous assurer, jeunes gens, que Dieu vous aime. Vous avez mille fois plus de valeur que les œuvres des hommes devant lesquelles nous nous émerveillons fréquemment.

Dieu attend donc de vous que vous vous discipliniez et que vous bâtissiez dans votre caractère des vertus qui dureront pour toujours.

Que Dieu bénisse la Prêtrise d'Aaron de cette Église est mon humble prière, que je demande au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursJohn H. Vandenberg, « Il y a deux semaines, je survolais... », 1964 April General Conference, First Day (Saturday, April 4) — General Priesthood Meeting, 7:00 p.m. (1964-04-04). Pulpit Vault, 1964-04-vandenberg-two-weeks-ago-i-was-flying-over. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).