Mes frères et sœurs, le président McKay...
Antoine R. Ivins
Mes frères et sœurs, le président McKay n'avait pas tout à fait tort lorsqu'il a dit qu'Anthony W. Ivins [son père] allait vous parler. Mon nom traduit signifie Anthony. C'est une traduction française. ¶
Je suis heureux d'être avec vous aujourd'hui, mes frères et sœurs, et je suis reconnaissant pour les très nombreuses bénédictions dont mon épouse et moi bénéficions, en particulier du fait qu'elle jouit d'une santé et d'une force qui lui permettent d'être à la réunion aujourd'hui et d'être ma constante compagne dans l'œuvre qui m'est assignée. ¶
Cela fait trente ans, mes frères et sœurs, que j'ai fait face à cette assemblée pour la première fois, c'est-à-dire que ce le sera lors de la conférence d'octobre. ¶
Ces trente années ont été remplies de nombreuses expériences magnifiques alors que j'ai travaillé parmi les membres de l'Église. J'espère que le temps restant qui peut m'être accordé me sera aussi agréable et bénéfique que l'a été le passé. ¶
Je suis particulièrement reconnaissant aujourd'hui de l'occasion que j'ai eu lors de cette conférence de saluer mes amis du pieu nouvellement créé au Mexique. ¶
Frère Juarez, qui était avec eux lorsque j'ai été affecté à la présidence de la mission mexicaine, était l'évêque responsable de tout le travail au Mexique. Il a traversé les années intermédiaires dans la foi et le service, et je le félicite d'être maintenant nommé évêque dans ce nouveau pieu. ¶
Je prie pour qu'ils rapportent au peuple du Mexique mes meilleurs vœux et ma foi en eux et en leur capacité à réaliser l'objectif pour lequel ce nouveau pieu a été créé. ¶
J'ai vécu un peu plus de la moitié de la vie de l'Église, et je me remémore les difficultés avec lesquelles les frères accomplissaient l'œuvre de l'Église quand j'étais jeune garçon. Je me souviens de l'opposition qui s'était développée dans de nombreuses régions du pays contre l'œuvre de l'Église, et puis, quand on voit le succès que nous rencontrons et la croissance que nous réalisons aujourd'hui, on s'émerveille et l'on réalise que c'est vraiment l'œuvre du Seigneur. ¶
Notre problème, frères et sœurs, est de la faire progresser, et vous, frères qui êtes dans l'auditoire aujourd'hui, la plupart d'entre vous, vous êtes des officiers responsables dans la prêtrise que vous avez reçue, et en ce sens, vous avez une obligation très distincte envers vos assemblées. ¶
J'ai lu dans le Nouveau Testament récemment, j'ai relu, et je le trouve extrêmement intéressant. J'aimerais le recommander comme suite à la lecture du Livre de Mormon qui était notre devoir récemment. J'ai lu, comme vous l'avez tous lu, cette déclaration sur le fait d'avoir de la foi comme un grain de moutarde. On se demande pourquoi le grain de moutarde a été choisi — certains pensent que c'est parce qu'il est petit, cela a pu être le cas — mais c'est une chose intéressante d'étudier un grain de moutarde. Il est doué par Dieu du pouvoir de grandir et d'augmenter en taille, en stature, puis de se reproduire lui-même. En d'autres termes, ce grain de moutarde porte en lui le pouvoir parfait de réaliser la fin pour laquelle il a été créé par Dieu. Mais nous devons aussi comprendre que s'il réalise cette fin, les conditions doivent être satisfaisantes. ¶
Sa capacité peut être détruite par la gelée, la sécheresse ou la chaleur, mais s'il tombe dans l'environnement approprié, il grandit et réalise pleinement sa fin. Je crois que dans le cœur de chaque enfant normal qui naît dans ce monde se trouve ce même pouvoir donné par Dieu, et je crois aussi que la réalisation de ce pouvoir dépend, pendant des années au moins, de conditions extérieures dont les pères, les mères et les voisins sont très largement responsables, jusqu'à ce que les gens atteignent une maturité où ils déterminent leur propre ligne de pensée et de conduite. ¶
Je ne m'inquiète pas tant de ce que les autres ne font pas, mais plutôt de ce que nous ne faisons pas. Nous avons le pouvoir, en tant que membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, d'influencer les jeunes. Beaucoup d'entre nous n'apprécient pas et ne comprennent peut-être pas cela, et nous perdons, pour une raison ou une autre, le service de beaucoup de jeunes hommes et de jeunes femmes formidables dans l'Église. Nous avons maintenant un grand groupe d'hommes dans la Prêtrise de Melchisédek qui ne semblent pas apprécier leurs occasions et leurs responsabilités. ¶
J'ai développé dans mon ministère avec vous un amour pour les personnes qui sont en un sens indifférentes à cause de ces conditions sur lesquelles elles n'avaient que peu de contrôle plus tôt dans la vie, et j'en suis venu à réaliser qu'une fois qu'elles peuvent être touchées par l'Esprit de Dieu vers la foi et l'activité, elles deviennent de formidables serviteurs. Je veux qu'elles comprennent que nous les aimons. ¶
Lorsqu'on est militamment opposé à l'œuvre de l'Église, nous n'avons que de la sympathie pour lui. Ainsi, lorsque nous réalisons le grand nombre de personnes qui n'ont pas perçu leurs occasions de devenir actives et de passer par la Prêtrise d'Aaron pour aller dans la Prêtrise de Melchisédek, puis lorsque nous réalisons le nombre d'hommes qui sont dans la Prêtrise de Melchisédek et qui n'y sont pas actifs, nous ne pouvons m'empêcher de réaliser la formidable responsabilité qui repose sur nous et combien nous sommes loin de fournir l'effort parfait dans l'éducation des jeunes et leur établissement sur un fondement ferme de foi, une foi comme le grain de moutarde. Or, si nous pouvions cultiver correctement ces personnes durant leurs années de croissance, elles réaliseraient, je pense, assez pleinement les objectifs pour lesquels nous sommes ici — des objectifs donnés par Dieu et des pouvoirs donnés par Dieu que nous avons et que nous ne parviennont pas à utiliser. ¶
Je pense que nous sommes peut-être justifiés de juger la foi de quelqu'un par son activité, parce que la foi est ce qui incite à l'action, et si nous les jugeons selon ce critère, nous trouvons qu'il y a des moments où beaucoup d'entre eux sont signalés comme ayant peu de foi parce qu'ils sont signalés comme inactifs dans l'Église. Pourquoi ne pouvons-nous pas les atteindre, frères et sœurs ? Nous ne pouvons pas les y forcer, bien sûr ; nous devons les y amener par l'amour et leur donner l'occasion d'aider, parce que lorsque les gens nous servent, ils réalisent qu'ils ont un intérêt pour nous. J'ai lu quand j'étais garçon l'autobiographie de Benjamin Franklin dans laquelle il disait avoir appris tôt que lorsqu'il voulait que des personnes particulières portent un intérêt particulier envers lui, il devait donner à ces personnes particulières l'occasion de faire quelque chose pour lui, et c'est peut-être là l'une de nos approches auprès de ces personnes, trouver quelque chose qu'elles peuvent faire et qui détournera leur intérêt et développera leur foi et leur témoignage. Le témoignage est la chose qui a le plus grand pouvoir de toutes dans nos vies, je le crois. ¶
Lorsque nous réalisons, en recevant un témoignage qui vient de l'Esprit de Dieu, notre relation avec Dieu, notre obligation envers Dieu notre Père et notre obligation envers les uns et les autres dans l'organisation de l'Église, alors nous nous consacrons à ce service. Sans témoignage, nous faisons peu de choses. ¶
Notre problème, frères et sœurs, avec nos jeunes, est donc de développer dans leur cœur le témoignage qui peut les porter à travers ces années d'adolescence qui sont si remplies de dangers vers une âge adulte mûr avec un témoignage qui les poussera à observer les commandements de Dieu, afin que lorsqu'ils s'engageront dans la relation du mariage, comme cela a été suggéré, ils le fassent pour le temps et pour toute l'éternité, afin qu'ils puissent alors poursuivre — et alors seulement ils peuvent poursuivre et réaliser la pleine fin pour laquelle les hommes et les femmes viennent dans ce monde. ¶
Frères et sœurs, ne nous inquiétons pas trop des autres personnes, mais inquiétons-nous de nous-mêmes. Frère Lee a dit hier soir que les seules comparaisons qu'il estime avoir de la valeur sont les comparaisons d'une personne avec son passé, d'une paroisse avec son passé, d'un pieu avec son passé. ¶
Alors, si nous nous regardons nous-mêmes, nous commençons, si nous en avons le courage, à réorganiser notre vie. ¶
Je me souviens d'avoir donné un discours en Idaho une fois sur la repentance. La repentance est fondamentale pour nous, comme vous le savez tous, mais après avoir terminé, un brave homme âgé est venu vers moi et m'a dit : « Frère Ivins, c'était formidable. Vous avez frappé mon voisin en plein sur la tête. » Et un jeune homme a suivi et a dit : « Frère Ivins, c'était bien, et vous me parliez tout le temps. » C'est notre problème, frères et sœurs, de prendre à cœur les instructions que nous recevons à travers les Écritures que nous lisons et de la part des frères qui se tiennent pour nous enseigner. ¶
Puissions-nous avoir la force et le pouvoir de nous regarder en face et de profiter ensuite des occasions présentées afin de nous acquitter honorablement de notre responsabilité les uns envers les autres et envers Dieu notre Père céleste, je le prie au nom de Jésus-Christ. ¶
Amen. ¶