Mes chers frères, chaque fois que j'ai la charge...
Hugh B. Brown
Mes chers frères, chaque fois que j'ai la charge d'apparaître devant les hommes qui détiennent la prêtrise de Dieu, je ressens le besoin d'une aide supérieure à celle de l'homme. Ce soir, en prenant conscience qu'il y a des dizaines de milliers d'hommes et de jeunes gens réunis dans cet édifice et dans quelque 320 autres lieux de rassemblement, je me sens écrasé par la responsabilité d'occuper même quelques-unes des précieuses minutes de cette réunion. ¶
En raison des événements qui me sont arrivés au cours des derniers mois, j'ai sondé mon propre cœur et mon âme et cherché à savoir comment je devrais vivre à l'avenir et quel usage je devrais faire du temps qui m'est imparti. J'ai pensé aux conseils que je donnerais aux hommes de la prêtrise s'il s'agissait de mon dernier message. En examinant ce que la prêtrise a signifié pour moi et ce qu'elle doit signifier pour vous, j'en suis venu à la conclusion que si je devais laisser une seule admonestation, ce serait de veiller à être propres — propres de corps, de pensée et de conduite. ¶
Je recommande à tous, non seulement aux jeunes gens détendant la prêtrise d'Aaron, mais aussi aux hommes adultes de la prêtrise de Melchisédek, de lire le douzième chapitre du magnifique petit manuel publié par l'Évêché président pour les jeunes gens de la prêtrise d'Aaron. Je félicite le Comité des jeunes de l'Église d'avoir mis à la disposition des jeunes gens ce livre inspirant, qu'ils feront bien de conserver et de relire souvent. ¶
Je félicite certainement l'Évêché pour sa préparation minutieuse et les réunions inspirantes qu'il a organisées avec les détenteurs de la prêtrise d'Aaron et leurs dirigeants. Le douzième chapitre traite de la pureté morale et spirituelle, de la chasteté. Si chaque jeune homme et chaque homme adulte de l'Église lisaient et appliquaient les enseignements de ce seul chapitre, nous serions un peuple beaucoup plus fort qu'aujourd'hui. ¶
Vous, mes frères, la plupart d'entre vous ici, et beaucoup d'autres qui nous écoutent, savez que l'homme qui se tient devant vous ce soir s'est souvent tenu devant des jeunes gens en uniforme militaire et leur a parlé de ces mêmes choses, soulignant la nécessité de garder son corps pur pour être un temple du Saint-Esprit. Et ainsi, nous disons ce soir à tous les hommes de la prêtrise ce qu'Ésaïe a dit autrefois : ¶
« ... soyez purs, vous qui portez les vases de l'Éternel. » (Ésaïe 52:11.) Je vais vous lire quelques versets d'une révélation donnée au prophète Joseph Smith pendant qu'il était en prison. En réfléchissant aux expériences qu'il a traversées, à ce qu'il a enduré et aux circonstances dans lesquelles ces paroles ont été données, elles acquièrent une signification et une valeur accrues pour chacun d'entre nous. ¶
Lorsque je lis le récit du prophète Joseph Smith dans la prison de Liberty, je suis inspiré par le courage de cet homme. Quand on pense aux épreuves, aux persécutions qu'il a subies, puis aux révélations splendides qui lui ont été données dans ces conditions défavorables, on ne peut que s'incliner avec révérence devant son nom et remercier Dieu pour le Prophète de la Restauration. ¶
Lorsqu'il était dans la prison de Liberty, où il a passé plusieurs mois en 1838-1839, il avait le sentiment que la terre entière s'était combinée contre lui et contre le peuple. Du fond de cette prison obscure, froide et dégoûtante, entouré d'ennemis, il crie au Seigneur dans la prière et la supplication : ¶
« Ô Dieu, où es-tu ? Et où est la tente qui couvre ta retraite ? ¶
« Combien de temps ta main se retiendrait-elle et ton œil, oui, ton œil pur, observerait-il des cieux éternels les torts faits à ton peuple et à tes serviteurs, et ton oreille serait-elle pénétrée de leurs cris ? ¶
« Oui, ô Seigneur, combien de temps souffriront-ils ces torts et ces oppressions illégales, avant que ton cœur ne soit adouci envers eux et que tes entrailles ne soient émues de compassion envers eux ? » (D&C 121:1-3.) Et la réponse est venue au Prophète : ¶
« Mon fils, que la paix soit en ton âme ! Ton adversité et tes afflictions ne seront que pour un peu de temps ; et alors, si tu les supportes bien, Dieu t'exaltera en haut ; tu triompheras de tous tes ennemis. » (Ibid., 121:7.) Il continue : ¶
« Voici, il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. Et pourquoi ne sont-ils pas élus ? ¶
« Parce que leur cœur est tellement attaché aux choses de ce monde et aspire tellement aux honneurs des hommes, qu'ils n'apprennent pas cette seule leçon : ¶
« Que les droits de la prêtrise sont inséparablement liés aux pouvoirs du ciel et que les pouvoirs du ciel ne peuvent être maîtrisés ni dirigés que selon les principes de la justice. Qu'ils peuvent nous être conférés, c'est vrai ; mais lorsque nous entreprenons de couvrir nos péchés, ou de flatter notre orgueil, notre vaine ambition, ou d'exercer un contrôle, une domination ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes, à quel que degré que ce soit d'injustice, voici, les cieux se retirent, l'Esprit du Seigneur est attristé, et lorsqu'il s'est retiré, c'est la fin de la prêtrise ou de l'autorité de cet homme. » (Ibid., 121:34-37.) Frères de la prêtrise, n'exerçons jamais une domination unjuste. Honorons la prêtrise dans notre propre foyer, dans nos attitudes envers nos épouses et nos enfants, car là comme ailleurs « lorsqu'il s'est retiré, c'est la fin de la prêtrise ou de l'autorité de cet homme. » L'Esprit ne luttera pas toujours avec l'homme, mais nous devrions toujours nous efforcer de conserver son Esprit dans nos foyers, dans nos affaires, dans tout ce que nous entreprenons de faire. ¶
Nous devons purifier nos corps et nos âmes, et chercher à être dignes d'être appelés fils de Dieu et de détenir la Sainte Prêtrise. Je poursuis ma lecture : ¶
« Aucun pouvoir, aucune influence ne peut ou ne doit être conservé en vertu de la prêtrise, si ce n'est par la persuasion, par la longanimité, par la gentillesse et la douceur, et par l'amour sincère ; par la bonté et la connaissance pure, qui agrandiront grandement l'âme sans hypocrisie et sans fraude — » ¶
(Ibid., 121:41-42.) « Que tes entrailles soient aussi remplies de charité envers tous les hommes et envers la famille de la foi, et que la vertu orne tes pensées sans cesse ; alors ta confiance deviendra forte en la présence de Dieu, et la doctrine de la prêtrise se distillera sur ton âme comme la rosée des cieux. ¶
« Le Saint-Esprit sera ton compagnon constant et ton sceptre, un sceptre immuable de justice et de vérité ; et ta domination sera une domination éternelle, et sans moyen de contrainte, elle découlera vers toi pour toujours et à jamais. » (Ibid., 121:45-46.) Je ne me lasse jamais de lire ou d'entendre cette écriture, car c'est la parole directe du Seigneur aux hommes qui détiennent la prêtrise, nous disant comment l'honorer, comment officier sous son autorité, nous mettant tous en garde contre une domination injuste. Je voudrais vous dire, pères, ce soir, que notre conduite dans notre foyer détermine dans une large mesure notre dignité à détenir et à exercer la prêtrise, qui est le pouvoir de Dieu délégué à l'homme. Presque n'importe quel homme peut faire bonne figure lorsqu'il est en parade devant le public, mais l'intégrité d'un homme se vérifie lorsqu'il n'est pas « en service ». ¶
Le véritable homme se voit et se connaît dans la solitude relative du foyer. Un office ou un titre n'effacera pas un défaut ni ne garantira une vertu. ¶
« La vraie valeur réside dans ce que l'on est, non dans ce que l'on paraît, dans l'accomplissement chaque jour qui passe de quelque petit bien, non dans le rêve de grandes choses à faire plus tard. ¶
« Quoi que disent les hommes dans leur aveuglement, et malgré les illusions de la jeunesse, il n'y a rien de si royal que la bonté, et rien de si noble que la vérité. » ¶
Ne cherchons jamais, selon les paroles du 37e verset de cette section des Doctrine et Alliances, « ... à couvrir nos péchés, ou de flatter notre orgueil, notre vaine ambition, ou d'exercer un contrôle, une domination ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes, à quel que degré que ce soit d'injustice... » (Ibid., 121:37.) Le regretté président Joseph F. Smith a écrit : « Il n'y a aucun office découlant de cette Prêtrise qui soit ou puisse être plus grand que la Prêtrise elle-même. C'est de la Prêtrise que l'office tire son autorité et son pouvoir. Aucun office ne donne d'autorité à la Prêtrise. Aucun office n'ajoute au pouvoir de la Prêtrise, mais tous les offices dans l'Église tirent leur pouvoir, leur vertu, leur autorité de la Prêtrise. Le Président de l'Église remplit son rôle de Président en vertu de sa Prêtrise. » ¶
Et maintenant, à vous frères qui présidez dans l'Église, je voudrais dire un mot — présidents de pieux, présidents de missions, évêques de paroisses, tous ceux qui présidez à quelque titre que ce soit — nous vous exhortons à reconnaître et à utiliser vos conseillers. ¶
Vous remarquerez que dans toute l'organisation de l'Église, notre Père céleste a prévu que chaque dirigeant présidant ait deux conseillers. Nous regrettons qu'il nous arrive d'entendre parler d'un président de pieu, d'un président de mission, d'un évêque ou d'un dirigeant présidant qui s'arroge les honneurs appartenant à l'office qu'il détient, qui préside de manière dictatoriale en homme seul, en oubliant ses conseillers, en négligeant de prendre conseil auprès d'eux, et assumant ainsi tous les honneurs de la présidence ou de l'évêché et prenant sur lui toute la responsabilité des décisions auxquelles ses conseillers devraient participer. Il y a de la sagesse et de la sécurité dans le conseil. Honorez ceux avec qui et sur qui vous présidez. Honorons la prêtrise et les offices qui s'y trouvent, ce qui s'applique non seulement à nos attitudes envers ceux qui présidents sur nous, mais aussi envers ceux sur qui et avec qui nous présidons. Présidons avec bonté, considération et amour. ¶
Maintenant, frères, nous qui sommes assemblés ce soir ici et dans 320 autres lieux devrions former un grand rempart contre le communisme et les maux qui l'accompagnent. ¶
L'efficacité de notre opposition envers eux dépend de la manière dont nous honorons notre prêtrise et nous plaçons en position de chercher et d'obtenir l'aide de Dieu pour combattre le mal. Le communisme vient du diable. Le communisme a commencé lorsque le diable a été chassé du ciel en raison de sa rébellion contre la volonté de son Père que les hommes aient leur libre arbitre. Satan et ses émissaires voudraient dépouiller les hommes de leur précieuse liberté. Nous ne souhaitons pas ce soir entrer dans une longue discussion sur ce mal, mais il est bon que tous les hommes sachent que l'Église et les dirigeants de l'Église s'opposent fermement au communisme. ¶
Pour souligner cela, je me réfère à ce que le président Grant, le président Clark et le président McKay ont écrit il y a quelque temps : ¶
« L'Église ne s'ingère pas et n'a pas l'intention de chercher à s'ingérer dans l'exercice le plus complet et le plus libre des droits politiques de ses membres, dans le cadre de notre Constitution... ¶
« Mais le communisme n'est ni un parti politique ni un plan politique sous la Constitution ; c'est un système de gouvernement qui est l'opposé de notre gouvernement constitutionnel, et il faudrait détruire notre Gouvernement avant que le communisme puisse s'établir aux États-Unis. » ¶
J'aimerais que vous lisiez le reste vous-mêmes et que vous voyiez quelle était la position de la Première Présidence à cette époque, et je pense pouvoir vous dire avec autorité que la position de la Première Présidence n'a pas changé depuis lors. ¶
Mais, frères, prenez garde de ne pas devenir des extrémistes d'un côté ou de l'autre. Le degré d'aversion d'un homme envers le communisme ne peut pas toujours se mesurer au bruit qu'il fait en allant traiter tout le monde de communiste quand quelqu'un ne partage pas ses opinions politiques personnelles. Il n'y a aucune excuse pour que des membres de cette Église, en particulier des hommes qui détiennent la prêtrise, s'opposent les uns aux autres au sujet du communisme ; nous y sommes tous inaltérablement opposés, mais nous devons être unis dans notre combat contre lui. Ne sapons pas notre gouvernement et n'accusons pas ceux qui occupent des charges publiques d'être indulgents envers le communisme. De plus, nos chapelles et nos foyers de réunion ne doivent pas être mis à la disposition d'hommes qui cherchent un gain financier ou un avantage politique en détruisant la foi dans nos dirigeants élus sous le couvert de combattre le communisme. Que les protecteurs auto-proclamés de notre liberté financent leurs propres projets. Nous appelons la prêtrise de l'Église à se tenir unie, formant un front solide contre tout ce qui dépouillerait les hommes de leur liberté donnée par Dieu. ¶
Je vous laisse à nouveau mon témoignage que je sais que Dieu vit et que Jésus est le Christ. Du plus profond de mon cœur, je rends témoignage de ce fait et du fait que Joseph le Prophète a été ordonné, mis à part et appelé comme dirigeant de cette grande dispensation. Je rends témoignage du fait que notre cher Président détient aujourd'hui toutes les clés et l'autorité données à Joseph Smith et qu'il est le porte-parole de Dieu sur la terre aujourd'hui. Nous l'honorons et le soutenons. ¶
Que Dieu vous aide, frères, et nous aide tous à rester fidèles jusqu'à la fin, fidèles à Dieu, fidèles à notre pays et à ses institutions, et fidèles à la vérité, je prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶