Je suis sûr, mes frères et sœurs...
Henry D. Moyle
Je suis sûr, mes frères et sœurs, que nous apprécions tous l'occasion de lever la main pour soutenir le président David O. ¶
McKay comme Président de l'Église, et qu'en le faisant nous avons dans le cœur un sentiment de profonde gratitude pour le privilège qui nous est ainsi accordé en tant que membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. ¶
C'est glorieux d'être membre. C'est glorieux d'avoir un office ou un appel dans l'Église, peu importe à quel point le titre peut sembler relativement humble. Je suis constamment impressionné par le fait que, quel que soit notre appel, nous sommes tous encouragés, nous sommes tous consacrés, et nous travaillons tous au service du Maître. Je suis sûr que nous ne permettons pas à notre proximité avec l'œuvre, nous ne permettons pas au fait que nous ayons un accès si facile à notre Père céleste par la prière de prendre notre appartenance à l'Église à la légère ni de prendre nos appels dans l'Église à la légère. Nous sommes toujours conscients de sa proximité avec nous et des bénédictions que nous recevons en réponse à nos prières. ¶
Je suis sûr qu'il serait plus agréable à notre Père céleste de nous voir démissionner de nos postes — et ce n'est pas une pratique que nous recommandons dans l'Église — mais néanmoins cela semble préférable à négliger nos devoirs dans le moindre détail. Cela nous donne un sentiment solennel de réaliser que nous sommes consacrés à l'œuvre du Seigneur, et nous étant ainsi engagés, ce n'est ni notre privilège ni notre prérogative de violer ses commandements, même le moindre d'entre eux. Le Seigneur s'attend, et nous l'attendons de nous-mêmes, chacun de nous, à passer notre vie ici sur cette terre en conformité aussi complète aux lois de Dieu que nous en sommes capables. Aucun moyen de rationaliser, aucun moyen d'invoquer des excuses pour expliquer pourquoi nous devrions faire ceci ou ne pas faire cela, contrairement à la volonté de notre Père céleste, n'a de place dans notre vie. ¶
Je suis reconnaissant ce matin de ce qu'à travers le monde l'œuvre du Seigneur progresse de manière très satisfaisante, en fait si satisfaisante que parfois nous avons le sentiment d'être à peine capables de suivre le progrès de l'Église. ¶
Dans le champ de la mission, le Seigneur nous a bénis. Je veux juste vous donner deux chiffres. Dans les neuf premiers mois de 1959, dans les missions étrangères ou à plein temps de l'Église, nous avons eu plus de 23 000 baptêmes de convertis, et dans les huit premiers mois de 1961, nous en avons eu plus de 54 000. On nous demande constamment pourquoi cette grande augmentation de convertis survient à ce moment précis. ¶
Ma première réponse à cette question serait que la fidélité et le dévouement des Saints, leurs efforts pour mener une vie de justice, pour consacrer leur vie aux principes de vérité et de droit, sont d'une importance primordiale. Nous savons sans l'ombre d'un doute que les bénédictions qui descendent sur nous en tant que peuple sont directement proportionnelles à notre fidélité, à notre proximité avec notre Père céleste. À mesure que nous maintenons ouvert le canal de communication entre nous et notre Père céleste, nous pouvons nous attendre à être bénis plus abondamment tout le temps. ¶
En second lieu, nous ne pouvons pas être proches de cette œuvre missionnaire sans être conscients et sans reconnaître le fait que le Seigneur a touché le cœur des hommes dans le monde entier et les a rendus réceptifs aux humbles témoignages des anciens alors qu'ils vont de l'avant dans l'accomplissement de leurs devoirs de missionnaires de l'Église de Jésus-Christ en prêchant l'Évangile à travers le monde. ¶
Notre approche, notre premier contact avec nos amis à travers le monde, est l'approche la plus simple que nous sachions faire. Nos leçons et leur présentation sont également directes et au but. ¶
Cette simplicité de notre approche et de notre présentation de l'Évangile dément l'existence de toute ruse, dispositif, plan, artifice ou intrigue d'aucune sorte par lesquels des chercheurs sans méfiance pourraient être amenés comme membres de l'Église sans savoir réellement ce qu'ils font ou sans avoir exercé le libre arbitre absolu dont le président McKay a parlé si magnifiquement hier. ¶
Arrêtons-nous et réfléchissons un instant à ce qu'un jeune missionnaire doit accomplir avant de conduire le converti dans les eaux du baptême. Il doit d'abord lui enseigner la Parole de Sagesse, et cela signifie lui enseigner dans pratiquement tous les cas à renoncer à des pratiques qui ont été de toute une vie et confirmées, et à vivre virtuellement une nouvelle vie, et à amener le chercheur à s'engager à garder ce commandement du Seigneur depuis le moment de son baptême jusqu'à ce que le Seigneur le rappelle chez lui. ¶
Nous lui demandons de réformer sa vie en ce qui concerne l'observance du dimanche. Nous lui enseignons que le dimanche — le Sabbat — est un jour saint. Le Seigneur a prescrit à ses enfants ce qui devrait et ce qui ne devrait pas être fait le jour du Sabbat. ¶
Et ici encore, le converti est tenu de renoncer dans de nombreux cas à cette activité hebdomadaire vers laquelle il avait toujours tourné le regard auparavant — un jour de fête, plutôt qu'un jour de culte. ¶
Nous lui enseignons la loi de la dîme telle qu'elle a été révélée dans ces derniers jours par le Seigneur à ses enfants, quelque chose auquel il n'a pas été habitué dans le passé, et là encore il est obligatoire pour le missionnaire d'amener son candidat au baptême à s'engager à une stricte observance de la loi de la dîme, rendant compte au Seigneur pour le reste de sa vie du dixième de son revenu, de son accroissement. ¶
On enseigne aux convertis à vivre de manière digne pour détenir la prêtrise de Dieu. On leur enseigne dès le début qu'après leur baptême, ils seront introduits dans la prêtrise. La Prêtrise d'Aaron leur sera conférée, puis plus tard la Prêtrise supérieure ou de Melchisédek. Afin d'être dignes de cette progression et de cet avancement dans l'Église, ils doivent être aussi stricts que possible dans le respect des lois et des commandements de Dieu. ¶
Puis aussi, on leur enseigne et on leur dit et on inculque dans leur esprit le fait que lorsqu'ils sont une fois membres de l'Église, ils ont alors l'obligation d'aider à promulguer l'Évangile auprès de leurs amis et voisins. ¶
En bref, être préparés à répondre à chacun des appels de la prêtrise qui leur sont faits, tout comme ces braves hommes et femmes qui ont été appelés aujourd'hui au service ont répondu de bon cœur. ¶
Ceux qui sont relevés et reçoivent d'autres postes acceptent les changements avec le même genre de loyauté et de dévouement qu'ils ont précédemment accordé à l'œuvre. ¶
Lorsque vous prenez en considération ces faits et de nombreux autres non mentionnés, vous devez vous arrêter et vous poser la question : « Comment ce jeune garçon de dix-neuf ans, le mien ou le vôtre, peut-il partir dans un monde étranger, beaucoup d'entre eux dans un pays étranger, où l'on parle une langue étrangère, et découvrir presque soudainement qu'il touche la vie de parfaits étrangers d'une manière qui dépasse presque la compréhension et certainement la puissance de l'homme ? » ¶
Prenez ces grands réformateurs, ces grands évangélistes, qui sont capables d'attirer, grâce à leur publicité et autrement, de grands rassemblements d'hommes et de femmes. Quelle est leur réalisation ultime ? Ils ne cherchent pas à changer le mode de vie d'un homme. Ils sont heureux lorsqu'ils peuvent amener l'homme ou la femme à confesser que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, et lorsqu'ils ont fait cette confession, c'est tout. Pas d'organisations, pas d'exigences, pas d'obligations d'aucune sorte ! Ce sont des hommes instruits — des hommes, je le présume, aussi brillants que n'importe quels hommes au monde. Ils sont matures, et je vous demande de vous asseoir et de vous arrêter et de réfléchir de temps en temps lorsque vous avez ce travail missionnaire à l'esprit à la différence entre les résultats produits dans la vie des convertis à l'Église et des convertis à ces grands mouvements populaires, peu importe combien ils peuvent être beaux, élégants et louables. ¶
Vous savez, pour moi c'est rien de moins qu'un miracle de voir des hommes et des femmes, matures, bien plus âgés que les missionnaires, se soumettre à ces jeunes hommes pour être baptisés par eux. Cela implique une question sérieuse. Le citoyen, l'ami moyen et normal, ne ferait cela que sur une seule fondation ou une seule base, à savoir qu'ils ont reçu dans leur cœur un témoignage de Dieu que ce jeune ancien a la prêtrise de Dieu conférée sur lui par ceux qui ont cette autorité de prêcher l'Évangile et d'en administrer les ordonnances. Sinon, ce qu'ils font serait une moquerie. ¶
Il n'y a pas lieu de présumer que 54 000 personnes cette année dans tous les pays du monde où nous avons des missionnaires se seraient permis de passer par cette formalité sans aucun résultat valable. Cela demande quelques efforts, cela demande beaucoup d'humilité. À moins qu'ils ne soient convaincus et convertis au fait qu'en ce jeune missionnaire ils ont trouvé le pouvoir de Dieu investi pour administrer les ordonnances sacrées de l'Évangile, ils ne le feraient pas. ¶
Cela m'a intéressé parce que dans plus d'un pays cette année la question suivante a été soulevée de manière plus ou moins officielle. Un jeune garçon de dix-neuf ans peut-il être un ministre de l'Évangile ? Sommes-nous justifiés en tant que gouvernement de lui conférer les avantages qui inhérents au statut de ministre de l'Évangile ? ¶
Et ils disent non. Un garçon de dix-neuf ans ne pourrait pas être un ministre de l'Évangile. Il n'a pas étudié. Il n'a pas fait d'études supérieures. Il n'est pas mature. ¶
Maintenant, qu'est-ce que cela signifie ? Il n'est pas instruit dans les voies des hommes. S'ils s'arrêtaient, comme ces 54 000 convertis se sont arrêtés, et réfléchissaient et priaient et recevaient une réponse à leurs prières, ils sauraient que le Seigneur est capable de conférer des bénédictions à ses enfants ici sur la terre par l'intermédiaire d'un garçon de dix-neuf ans aussi bien que par un homme plus âgé, que l'une des conditions n'est pas qu'il soit versé dans le savoir des hommes, mais qu'il soit en harmonie avec l'Esprit de notre Père céleste. ¶
Je ne dois pas prendre trop de temps, mais je ne peux pas m'asseoir sans vous donner un ou deux exemples de ce qui se passe dans le monde aujourd'hui pour indiquer cette pensée qui est la mienne que nous convertissons par l'Esprit, et la seule vertu du plan que nous utilisons maintenant à travers le monde est qu'il s'agit de la présentation la plus simple possible de l'Évangile que ces grands présidents de mission qui sont les nôtres ont pu élaborer dans le champ de la mission, la moins susceptible d'affecter l'esprit ou la raison des hommes — si simple, en fait, qu'elle ne peut avoir d'effet sur les hommes du monde à moins qu'il n'y ait une puissance supérieure qui touche leur cœur et apporte la conversion à leur âme. ¶
Je suis devenu de plus en plus convaincu au cours de mon association avec l'œuvre missionnaire que la plupart des gens sont touchés par l'Esprit du Seigneur dès le premier contact du missionnaire. ¶
Sinon, ils n'inviteraient pas le missionnaire à revenir fois après fois pour être instruits des principes de l'Évangile et être amenés de plus en plus près et finalement dans les eaux du baptême. ¶
Le frère Brossard nous raconte l'histoire de vingt-cinq conversions en France. Il n'y avait certainement aucun plan machiné qui a amené ces conversions. Il y avait un officier de l'armée, un soldat, en Algérie, et pendant qu'il était là au service de son pays, sa femme a eu un bébé, et il est mort. Il n'avait pas été baptisé dans l'église de ses parents, ceux-ci croyant au baptême des enfants, et par conséquent l'église a refusé à cette famille un service funèbre religieux pour l'enfant. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais nous avions un ami du frère Brossard et des missionnaires (et je pense qu'ils sont amis pour nous tous) qui a attiré l'attention de cette mère désemparée sur les missionnaires, et ils y sont allés à la demande de la famille et ont tenu les services, et ces vingt-cinq baptêmes sont venus en résultat de cela, tous d'un seul groupe. Je cherchais ce chiffre parce que je ne veux pas aller au-delà des faits, mais ce groupe est beaucoup plus grand que les vingt-cinq, et les missionnaires sont maintenant en train d'enseigner l'Évangile au reste d'entre eux, et le président Brossard nous assure que ces vingt-cinq ne sont qu'un petit commencement de ce qui ressortira de ce seul exemple. ¶
Ensuite, nous avons l'histoire d'un missionnaire qui a brûlé un feu rouge, et en faisant cela a obtenu le nom et l'adresse de l'agent de la circulation et une invitation à lui rendre visite chez lui. La peine de l'agent après que le missionnaire a eu fini avec lui a été — que dit le Bon Livre ? — « Va, et ne pèche plus. » ¶
Nous avons l'histoire de deux missionnaires venant de Zollingen en Allemagne qui sont allés voir le maire pour lui donner un Livre de Mormon, se sont liés d'amitié avec lui, et un jour de pluie, les voyant depuis sa limousine, le maire leur a fait signe de venir monter dans la voiture. Il voulait les conduire au conseil municipal et les présenter officiellement à cet auguste corps. ¶
Et deux missionnaires à Hambourg, en Allemagne, sont allés voir le chef de police pour se faire connaître et raconter leur histoire, et en résultat il leur a donné sa carte et a dit : « Je veux que vous, les anciens, vous vous sentiez libres de m'appeler à tout moment si vous avez la moindre difficulté, ou s'il y a le moindre service que nous puissions vous rendre, et j'aurai ma voiture auprès de vous en moins de cinq minutes. » ¶
C'étaient tous des garçons de dix-neuf ans, et je pourrais continuer et vous en raconter beaucoup d'autres. Il n'y avait rien que ces garçons pouvaient faire ou dire d'eux-mêmes qui produirait des résultats aussi miraculeux, mais le premier contact était suffisant pour ouvrir la porte à de futurs contacts. ¶
C'est ainsi que l'œuvre du Seigneur se poursuit. N'est-ce pas merveilleux de réaliser que les prophéties d'autrefois s'accomplissent ? Combien il est vrai qu'une pierre a été détachée de la montagne sans le secours d'aucune main et roule et remplira la terre. Presque chaque prophétie que nous avons dans l'Ancien et le Nouveau Testament concernant les derniers jours s'adapte à notre programme et nous fournit la réponse exacte et appropriée à cette demande quant aux résultats merveilleux qui accompagnent l'œuvre de nos missionnaires. Ils travaillent par et à travers l'Esprit, et laissez-moi vous dire ceci, mères et pères, nous vous aimons, et nous apprécions votre loyauté, et nous apprécions le service de vos fils et de vos filles. N'ayez aucune inquiétude concernant vos fils et vos filles dans le champ de la mission. Peu importe qui est leur président de mission. ¶
Tant qu'ils sont dans la ligne de leur devoir, encouragés par leurs parents à l'être, ils sont entre les mains du Seigneur, et il a promis de prendre soin d'eux et il est lié par ces promesses. ¶
Je ne peux concevoir rien de plus merveilleux dans tout le monde que d'avoir l'assurance absolue que l'Esprit de Dieu est avec vos fils et vos filles dans le champ de la mission pour les préserver, les protéger, les inspirer, pour accomplir un service que personne sur cette terre ne peut accomplir à moins d'avoir le pouvoir délégué par Dieu pour le faire. ¶
« Et quiconque ira prêcher cette bonne nouvelle du royaume et ne manquera pas de continuer à être fidèle en toutes choses ne sera pas fatigué dans son esprit, ni obscurci, ni dans son corps, ses membres ou ses jointures ; et pas un cheveu de sa tête ne tombera à terre sans qu'il y soit pris garde. Et ils n'auront ni faim ni soif. ¶
« Et quiconque vous reçoit, là je serai aussi, car j'irai devant votre face. Je serai à votre droite et à votre gauche, et mon Esprit sera dans votre cœur, et mes anges tout autour de vous pour vous soutenir. » (D&A 84:80, 88.) Que Dieu nous bénisse tous et bénisse les missionnaires. Ils se tournent vers nous aujourd'hui pour obtenir des conseils, une direction et des encouragements. Donnons-les-leur, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶