Mes chers frères et sœurs, après avoir écouté...
Henry D. Taylor
Mes chers frères et sœurs, après avoir écouté le message inspirant du président McKay, je sens que nous tous, du fond de notre cœur, pouvons dire : « Nous te remercions, Père céleste, pour un prophète qui nous guide en ces derniers jours. » ¶
Pendant que la Première Guerre mondiale faisait rage en Europe, il y avait chez nous certaines personnes qui s'asseyaient dans leurs confortables fauteuils, s'entouraient de cartes et suivaient la marche des combats en lisant les journaux. ¶
Elles étaient extrêmement critiques à l'égard des généraux et de ceux qui dirigeaient les campagnes, et étaient très empressées et promptes à se faire entendre pour exposer la stratégie qu'elles emploieraient si elles se trouvaient dans des positions semblables de direction. ¶
On appelait ces personnes des « stratèges de salon ». ¶
Avant la démolition de vieux bâtiments ou la construction de nouveaux, on érige une palissade pleine pour protéger les passants. Il est devenu courant de percer des trous dans la palissade ou d'y installer des hublots de verre. De ces postes d'observation, beaucoup s'arrêtent et regardent avec intérêt les travaux de démolition ou de construction. Parmi les spectateurs, il y en a qui amélioreraient la façon dont le travail est mené. Certains abattraient tout de suite un bâtiment, tandis que d'autres le feraient petit à petit. Puis il y a ceux qui changeraient le plan architectural du bâtiment. D'autres critiquent la manière dont le ciment est coulé, dont les briques sont posées et dont le verre est installé. Ces personnes sont connues sous le nom de « contremaîtres de trottoir ». ¶
Puis il y a un autre groupe appartenant à cette catégorie. Lorsqu'ils sont en voiture, ils ne cessent de faire des suggestions au conducteur sur la manière dont la voiture devrait être conduite, la vitesse à laquelle il faudrait rouler, le moment de tourner et les signaux à employer. Ce sont les « conducteurs de la banquette arrière ». ¶
L'Église devient l'objet de critiques de la part de tels « experts ». Ils sont mécontents de la manière dont le surintendant gère l'École du Dimanche. Ils trouvent à redire à la façon dont l'évêque dirige les affaires de la paroisse. Le président de pieu ne leur plaît pas, et ils critiquent son administration. Ils sont mécontents de la façon dont la dîme est distribuée. Ce sont des personnes qui ne trouvent rien à redire à leurs propres actes, mais semblent disposées et empressées à confesser les péchés d'autrui. ¶
Le Sauveur réprimandait de tels groupes lorsqu'il a dit : « Et pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? . . . Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère. » (Matthieu 7:3-5.) ¶
Je crois que c'est la même pensée que le poète Burns désirait exprimer lorsqu'il a écrit ces vers : ¶
« Oh, si quelque Puissance nous accordait le don de nous voir comme les autres nous voient ! » (Robert Burns, To a Louse) ¶
Je vous assure que je ne suis pas contre la critique, si elle est de la bonne sorte. La critique constructive peut être bonne et utile. La critique destructrice peut être mauvaise et nuisible. Il y a de nombreuses années, mon président de mission m'a donné ce sage conseil : ¶
« Si la critique est juste et faite avec bienveillance, acceptez-la et remerciez-en. Si elle est juste et faite sans bienveillance, acceptez-la. Mais si elle est injuste et faite sans bienveillance, n'y prêtez aucune attention. » ¶
Une attitude critique et le fait de trouver à redire à l'Église, si l'on y persiste, peuvent facilement mener à l'apostasie. Une bonne devise à adopter et à suivre est : « Si vous ne pouvez pas faire mieux que le silence, ne dites rien. » C'est ma conviction profonde et ferme que le Seigneur a établi son Église en ces derniers jours et a choisi des prophètes pour conduire les Saints. Il n'y en a qu'un seul à la fois sur la terre qui soit appelé à exercer les clés de la sainte prêtrise. Il peut déléguer à d'autres le pouvoir et l'autorité d'agir pour lui à tel titre qu'il le veut, mais lui seul détient les clés pour de telles actions. ¶
Aujourd'hui, cette personne est le président David O. McKay. ¶
Associés à lui dans la Première Présidence se trouvent deux autres hommes sages et bons. Ensemble, ils constituent les « trois grands grands prêtres présidents ». Le président Joseph F. Smith l'a clairement établi dans un discours prononcé de cette chaire vers le tournant du siècle, lorsqu'il a déclaré : « Dieu a établi toutes choses dans leur ordre. La maison de Dieu est une maison d'ordre, et non une maison de confusion. Dans cette maison, Dieu lui-même est le Chef suprême, et il doit être obéi. Le Christ est à l'image et à la ressemblance de son Être, son Fils unique, et il se tient comme notre Sauveur et notre Dieu. . . . Immédiatement après Dieu et le Christ, est placé sur la terre quelqu'un à qui les clés et l'autorité de la sainte prêtrise sont conférées, et à qui le droit de présidence est donné. Il est le porte-parole de Dieu auprès de son peuple en toutes choses concernant l'édification de Sion, et le salut spirituel et temporel des Saints. . . . ¶
« Ceux qui ont contracté l'alliance de garder les commandements du Seigneur doivent écouter la voix de celui qui est placé pour présider sur eux ; et, en second lieu, ceux qui sont appelés à agir avec lui comme ses conseillers dans la sainte prêtrise. Il faut ce Conseil de trois pour constituer l'autorité présidente et dirigeante de la Prêtrise sur la terre. » ¶
Ces frères, avec le Collège des douze et d'autres dirigeants de notre Église, sont bénis d'une vision et d'une prévoyance bien au-delà des pouvoirs et des capacités ordinaires. Le Seigneur a voulu qu'ils siègent à la « place du conducteur », pour employer notre figure de style, et dirigent les affaires de l'Église. De leur poste d'observation, ils peuvent voir clairement la route devant eux, de quel côté tourner, comment éviter les rochers et les nids-de-poule, bien mieux que ceux d'entre nous qui sont assis sur la banquette arrière. Il est de notre devoir, de notre responsabilité et de notre privilège de les appuyer et de les soutenir par nos paroles, nos actes et nos prières. ¶
Comment pouvons-nous le mieux le faire ? En les magnifiant aux yeux de nos familles, de nos amis, de nos relations, de nos voisins, et même d'étrangers, et en ne permettant aucune médisance à l'égard des dirigeants choisis du Seigneur. ¶
Nous pouvons substituer le soutien à la plainte, les compliments et les louanges à la critique défavorable. Nous pouvons prier pour eux en public et en privé et dans nos prières de famille, en enseignant à nos enfants à prier pour eux. ¶
C'est mon sincère désir que chacun de nous devienne de ceux qui « soulèvent » plutôt que de ceux qui « s'appuient » ; que nous partagions la responsabilité d'édifier le royaume de Dieu ici sur la terre, et que nous ne la reportions pas tout entière sur les épaules de nos dirigeants. ¶
Nous ne deviendrons alors jamais des « stratèges de salon », des « contremaîtres de trottoir » ni des « conducteurs de la banquette arrière », mais plutôt des « pratiquants de la parole et non pas seulement ses auditeurs ». ¶
Si nous suivons le conseil et la direction de notre Président et Prophète, nous deviendrons alors admissibles à toutes les bénédictions promises par le Seigneur lorsqu'il a dit : ¶
« C'est pourquoi, c'est-à-dire l'Église, tu prêteras l'oreille à toutes ses paroles et à tous les commandements qu'il te donnera à mesure qu'il les reçoit, marchant en toute sainteté devant moi ; « Car sa parole, vous la recevrez comme si elle sortait de ma propre bouche, en toute patience et avec foi. ¶
« Car en faisant ces choses, les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre vous, oui, et le Seigneur Dieu dispersera les pouvoirs des ténèbres de devant vous, et ébranlera les cieux pour votre bien et pour la gloire de son nom. » (D & A 21:4-6.) J'en témoigne au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen. ¶