Je suis sûr que nous sommes tous reconnaissants...
Hugh B. Brown
Je suis sûr que nous sommes tous reconnaissants au Seigneur de la présence ici du président Clark, du privilège d'écouter son témoignage inspirant et dynamique, ainsi que de son exhortation et de ses conseils. Être invité à lui succéder inspire vraiment beaucoup d'humilité. Je me contenterai d'ajouter mon témoignage au sien : c'est l'Église de Jésus-Christ ; l'expression qualificative « des Saints des derniers jours » distingue ses membres des membres de la même Église aux temps anciens, qui sont appelés Saints dans le Nouveau Testament. ¶
Nous adorons Dieu le Père par son Fils Jésus-Christ. C'est lui, le Sauveur, qui est le Chef de l'Église, son grand prêtre, son Fondateur et son Inspiration. Tous les autres, qu'ils soient prophètes, apôtres, anciens, membres — tous les autres lui sont volontiers soumis. ¶
Nous sommes d'accord avec l'apôtre Paul que « . . . il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4:12.) On nous informe qu'il y a peut-être plus de non-membres que de membres présents et à l'écoute. À vous tous, là-bas, nous souhaitons chaleureusement la bienvenue et nous voulons vous inclure dans la salutation habituelle des Saints des derniers jours : « Frères et sœurs. » ¶
Peut-être beaucoup d'entre vous appelleraient-ils l'Église l'Église « mormone » ; bien que nous ne nous opposions pas à cette désignation, elle peut être quelque peu trompeuse. Mormon était un prophète américain de l'Antiquité, dont le nom a été donné à un registre sacré qu'il a compilé ; mais bien qu'on puisse l'appeler l'Église mormone, ce n'est pas l'Église de Mormon, ni l'Église de Joseph Smith ni de Brigham Young, ni d'aucun autre homme. C'est l'Église de Jésus-Christ. ¶
Il a été fait allusion, dans cette conférence, à la condition chaotique du monde à cause du communisme. Sans m'y attarder longuement, nous savons tous que notre monde est divisé et en péril ; que, bien que les nations occidentales croient en Dieu, ou prétendent le faire, ainsi qu'en la liberté des hommes et en la valeur de l'individu, il y a des centaines de millions de nos semblables à qui l'on enseigne que Dieu est un mythe et la religion un simple opiacé ; que l'on endoctrine, tandis que leur esprit et leur corps sont asservis, pour qu'ils croient à la suprématie monstrueuse de l'État totalitaire. ¶
Tandis que nous prêchons le Christ et lui crucifié, il y a des millions de personnes sur la terre qui n'osent mentionner son nom que par dérision et anathème. Les fronts de bataille de cette guerre froide sont divisés en secteurs : social, économique, scientifique, géographique, idéologique ; mais le seul front sur lequel l'ennemi se concentre, le seul front qui lui fait grincer des dents rien qu'à son nom, est le front qu'on peut appeler « Dieu et la religion ». ¶
La guerre — froide ou chaude — sera menée par les disciples du Christ contre l'antéchrist. ¶
Cela étant vrai, il incombe à tous les chrétiens, partout, et je m'adresse de nouveau à vous, nos amis là-bas, il nous appartient de réexaminer nos credos, nos concepts fondamentaux, notre foi de base, et de nous demander de nouveau ce que signifie le mot « Dieu » dans notre théologie, et la place de Dieu dans nos vies. Notre allégeance doit être intelligente et bien définie. ¶
Chacun devrait répondre pour lui-même à la question : « Que pensez-vous du Christ ? » ¶
(Matthieu 22:42.) J'aimerais rendre mon témoignage de lui et indiquer brièvement sa place dans l'esprit et le cœur de tous les Saints des derniers jours à titre de contexte et d'introduction, ou, par contraste — car aucun autre, si grand soit-il, ne peut lui être comparé — puis-je attirer l'attention un instant sur ce que le touriste peut voir lorsqu'il se rend en Europe ou au Moyen-Orient, visitant les lieux de naissance et de repos des personnages notables de la terre — les poètes, les auteurs, les soldats et les hommes d'État. ¶
Le touriste sera probablement impressionné par les ruines des cités antiques et par les monuments et les pierres tombales en ruine de beaucoup de ceux qu'on appelle grands. Certains de ces hommes de l'Antiquité ont construit et orné leurs propres sépulcres et doré leurs tombeaux afin d'afficher leur richesse et d'indiquer leur rang. Le visiteur sera impressionné par le Colisée à Rome, l'Acropole à Athènes, et admirera l'œuvre des maîtres d'autrefois dans l'art, la littérature, la philosophie et le gouvernement. Il se souviendra de la pompe des pharaons en Égypte en visitant les pyramides, et pourra demander : « Pourquoi une dépense si colossale d'argent, de temps et de vies pour construire un tombeau ? » Il repartira probablement sans réponse à sa question et ne se souviendra que du sourire impénétrable du Sphinx. ¶
Mais si son voyage le conduit en Terre sainte, il sera inspiré par la pensée que, bien que Rome ait eu ses Césars, ses maîtres artistes et ses génies ; bien qu'Athènes ait eu ses conquérants, ses hommes d'État et ses philosophes ; bien que l'Égypte ait eu ses dictateurs fastueux et ses pharaons implacables, c'est à la petite Bethléhem, puis à Nazareth et à la Galilée, qu'il revenait de donner à ce monde son personnage le plus transcendant. ¶
À Jérusalem, on a le privilège de se tenir devant un tombeau ouvert — un tombeau qui fut jadis fermé par une grande pierre sur laquelle avait été apposé le sceau de Rome et devant laquelle on avait posté une garde. Mais cette pierre fut roulée, ce sceau fut brisé, cette garde fut vaincue, ce tombeau fut ouvert par un ange du Seigneur. Ce sépulcre emprunté n'était ni doré ni décoré, et l'on n'y trouva aucun trésor terrestre, car son occupant temporaire était dépourvu de biens de ce monde. De son vivant, il n'avait pas où reposer sa tête, et dans la mort il n'y avait pas de lieu où déposer son corps — d'où la pitié d'un ami. ¶
Mais de ce tombeau modeste sortirent des richesses au-delà de tout prix. Le corps sans vie, qui y avait été déposé par des mains aimantes trois jours auparavant, sortit de ce tombeau triomphant de la mort, un Personnage ressuscité et glorifié, les prémices de ceux qui dormaient. Et les récompenses de cette victoire doivent être partagées entre tous les hommes partout, car, comme Paul l'a dit : « Car, puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts. ¶
« Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » (1 Corinthiens ¶
15:21-22.) Et qu'est-ce qui est sorti de ce tombeau ouvert ? Était-ce simplement un esprit ? ¶
Il a lui-même répondu à cette question lorsqu'il s'est tenu parmi ses disciples, qui étaient étonnés et effrayés en le voyant. Il leur a dit : « . . . Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi de pareilles pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs ? ¶
« Voyez mes mains et mes pieds, que c'est moi-même : touchez-moi et voyez ; car un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. » (Luc 24:38-39.) Frères et sœurs, cet Enfant de Bethléhem, ce Charpentier de Nazareth, cet Homme de Galilée n'a jamais écrit de livre, et pourtant le récit de ce qu'il a dit et fait pendant les trois courtes années de son ministère, qui fut fidèlement, quoique partiellement, consigné par ses humbles disciples, a été lu et relu par plus de gens dans plus de langues que n'importe quel autre livre. ¶
Il n'a laissé aucun chef-d'œuvre sur toile, et pourtant sa vie et sa mort ont inspiré plus d'artistes que tout autre sujet. Il n'a laissé aucun monument de pierre, de bronze ou de marbre, et pourtant l'image de sa divine humanité a été une source d'inspiration pour des millions de personnes au fil des siècles. ¶
Mais ce n'est pas seulement de celui qui a vécu et est mort il y a deux mille ans que nous témoignons et que nous adorons — et nous espérons que vous, nos amis, noterez ce que nous disons maintenant, car nous le déclarons par autorité et par commandement — nous témoignons de celui qui a aussi été ressuscité des morts et qui vit maintenant — celui qui est compréhensible, celui qui a un corps matériel, bien qu'immortel, comme il l'a lui-même déclaré quand il a dit à ses disciples étonnés : « Touchez-moi et voyez. » C'est ce même corps qui est monté au ciel près de Béthanie lorsqu'une nuée l'enveloppa, et, à l'émerveillement et à la stupéfaction de ses disciples, il monta au ciel. Deux hommes en vêtements blancs, qui se tenaient là, dirent : « Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel. » (Actes 1:11.) Pierre déclara que le ciel doit le recevoir jusqu'au temps du « . . . ¶
rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé par la bouche de tous ses saints prophètes depuis le commencement du monde. » (Ibid., 3:21.) Oui, nous témoignons du Premier-né du Père dans l'esprit, du Fils unique de Dieu dans la chair, membre de la sainte Trinité, Créateur du monde. Pour prouver qu'il était le Créateur, nous citons les paroles de Jean, l'apôtre : ¶
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. » ¶
(Jean 1:1-3.) Que la Parole dont il est question n'était autre que le Christ devient évident quand on lit le quatorzième verset : « Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, (et nous avons contemplé sa gloire, la gloire comme celle du Fils unique venu du Père,) pleine de grâce et de vérité. » (Ibid., 1:14.) L'apôtre Paul rend aussi témoignage de lui comme Créateur : « Car c'est par lui que toutes choses ont été créées, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dominations, principautés, puissances : toutes choses ont été créées par lui et pour lui : ¶
« Et il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui. » (Colossiens 1:16-17.) Nous lisons de lui dans Hébreux : « Dieu, . . . ¶
« nous a parlé dans ces derniers jours par son Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi fait les mondes ; « qui, étant la splendeur de sa gloire et l'image expresse de sa personne, et soutenant toutes choses par la parole de sa puissance, après avoir par lui-même purifié nos péchés, s'est assis à la droite de la Majesté dans les lieux très hauts ; » ¶
(Hébreux 1:1-3.) Nous parlons de celui dont Ésaïe a prophétisé quand il a dit : « . . . Voici, une vierge concevra et enfantera un fils, et elle appellera son nom Emmanuel. » ¶
(Ésaïe 7:14.) Qu'il faisait référence à l'Enfant de Bethléhem est attesté par ce que l'ange dit à Joseph confus et perplexe, dont la bien-aimée Marie était sur le point d'avoir un enfant. L'ange dit à Joseph : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car ce qui est conçu en elle vient du Saint-Esprit. ¶
« Et elle enfantera un fils, et tu appelleras son nom JÉSUS : ¶
car il sauvera son peuple de ses péchés. ¶
« Or, tout cela est arrivé afin que s'accomplisse ce qui avait été dit par le Seigneur, par le prophète, disant : « Voici, une vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et ils appelleront son nom Emmanuel, ce qui, interprété, signifie : Dieu avec nous. » ¶
(Matthieu 1:20-23.) Il a lui-même proclamé sa divinité et sa qualité d'héritier lorsqu'il fut mis au défi par ses persécuteurs après avoir dit : « Moi et mon Père, nous sommes un. » ¶
Ils voulurent le lapider, et il dit : « . . . pour laquelle de mes œuvres me lapidez-vous ? » Et ils dirent : « Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème ; et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu. » Et il leur répondit : « Dites-vous de celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde : Tu blasphèmes, parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? ¶
« Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. » (Jean 10:30-33, 3637.) Quant à la réalité de la résurrection du Christ, de sa divinité, de sa qualité universelle de Dieu, écoutons sa propre déclaration et lisons le témoignage d'une multitude de gens sur le continent américain, à qui il apparut juste après sa crucifixion. ¶
Cette Écriture est peut-être nouvelle pour beaucoup d'entre vous, mais en Amérique, comme à Jérusalem, il y avait de saints hommes de Dieu qui parlaient comme ils étaient poussés par le Saint-Esprit. ¶
Vous vous souviendrez d'avoir lu dans le récit de la crucifixion par Luc : « Il était environ la sixième heure, et il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu'à la neuvième heure. ¶
« Et le soleil fut obscurci, et le voile du temple se déchira par le milieu. » ¶
(Luc 23:44-45.) Et dans Matthieu : ¶
« Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas ; et la terre trembla, et les rochers se fendirent ; « et les tombeaux s'ouvrirent ; et beaucoup de corps de saints qui dormaient ressuscitèrent. » (Matthieu 27:51-52.) Or cette épaisse obscurité, qui couvrit la terre, et les convulsions de la terre au moment de la crucifixion, s'étendirent à l'Amérique. Ici les ténèbres durèrent trois jours, et elles étaient si épaisses sur toute la surface du pays que les gens pouvaient sentir la vapeur des ténèbres, et ils ne pouvaient faire aucune lumière. ¶
À la fin de la période de ténèbres et de bouleversement, ceux qui survécurent furent rassemblés près du temple. Là, ils entendirent une voix comme si elle venait du ciel. ¶
Ils ne la comprirent pas d'abord, mais la comprirent ensuite, quand la voix dit : ¶
« Voici mon Fils bien-aimé, en qui je me complais, en qui j'ai glorifié mon nom — écoutez-le. ¶
« Et il arriva que, comme ils comprenaient, ils levèrent de nouveau les yeux vers le ciel ; et voici, ils virent un Homme descendre du ciel ; et il était vêtu d'une robe blanche ; et il descendit et se tint au milieu d'eux ; et les yeux de toute la multitude étaient tournés vers lui, et ils n'osaient pas ouvrir la bouche, pas même l'un à l'autre, et ne savaient pas ce que cela voulait dire, car ils pensaient que c'était un ange qui leur était apparu. ¶
« Et il arriva qu'il étendit la main et parla au peuple, disant : ¶
« Voici, je suis Jésus-Christ, dont les prophètes ont témoigné qu'il viendrait au monde. ¶
« Et voici, je suis la lumière et la vie du monde ; et j'ai bu à cette coupe amère que le Père m'a donnée, et j'ai glorifié le Père en prenant sur moi les péchés du monde, en quoi j'ai souffert la volonté du Père en tout depuis le commencement. ¶
« Et il arriva que lorsque Jésus eut dit ces paroles, toute la multitude tomba à terre ; car ils se souvenaient qu'il avait été prophétisé parmi eux que le Christ se montrerait à eux après son ascension au ciel. ¶
« Et il arriva que le Seigneur leur parla, disant : ¶
« Levez-vous et venez à moi, afin de mettre la main dans mon côté, et aussi afin de toucher la marque des clous dans mes mains et dans mes pieds, afin que vous sachiez que je suis le Dieu d'Israël et le Dieu de toute la terre, et que j'ai été mis à mort pour les péchés du monde. ¶
« Et il arriva que la multitude s'avança et mit la main dans son côté, et toucha la marque des clous dans ses mains et dans ses pieds ; et cela, ils le firent, s'avançant un à un jusqu'à ce qu'ils se fussent tous avancés, et eussent vu de leurs yeux, et touché de leurs mains, et connussent avec certitude et eussent témoigné qu'il était celui à propos duquel les prophètes avaient écrit qu'il viendrait. ¶
« Et lorsqu'ils se furent tous avancés et eurent été eux-mêmes témoins, ils s'écrièrent d'un commun accord, disant : ¶
« Hosanna ! Béni soit le nom du Dieu Très-Haut ! Et ils tombèrent aux pieds de Jésus et l'adorèrent. » (3 Néphi 11:7-17.) Et ainsi nous avons le témoignage de témoins oculaires de deux continents que Jésus est le Christ. Nous ajoutons notre témoignage non seulement qu'il a vécu, mais qu'il vit encore. Ce fait est le plus grand espoir de ce monde divisé et en péril, car si le Christ vit encore, alors l'antéchrist sera vaincu. Il ne peut y avoir de paix dans un monde sans Dieu. ¶
Mais notre témoignage ne serait pas complet si nous ne réaffirmions pas notre foi en la seconde venue du Christ, au millénium à venir où il régnera comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Que cet événement culminant n'est pas très éloigné est indiqué par les signes des temps, par les guerres et les bruits de guerres, par les machinations sataniques d'hommes mauvais qui asserviraient non seulement le corps mais aussi l'esprit de tous ceux qui osent refuser de souscrire aux idéologies inventées par l'antéchrist. ¶
Puisse venir bientôt le moment où il dira de nouveau à ce monde troublé : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne s'alarme pas. » (Jean 14:27.) Que Dieu nous accorde d'être prêts pour ce jour et, dans l'intervalle, de ne pas avoir peur, sachant qu'il vit encore et que, comme il l'a dit de lui-même : « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Matthieu 28:18.) Je témoigne de lui avec humilité au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶