Président McKay, président Clark et président Moyle...
Levi Edgar Young
Président McKay, président Clark et président Moyle, mes frères et sœurs : ¶
Nous sommes ici en ce beau jour pour adorer Dieu notre Père et Jésus-Christ notre Rédempteur. Je sais que chacun a ce sentiment et écoutera les paroles de ses serviteurs avec joie et reconnaissance. Il y a tant de périodes de l'histoire que nous aimons étudier et méditer. Au cours de l'année écoulée, j'ai étudié la vie de Christophe Colomb. Les historiens nous disent que Colomb pensait qu'au-delà de la mer occidentale on pouvait trouver une terre. Dans les écrits historiques de l'érudit italien Padre Clementis, il a conservé une forme de prière dont on dit qu'elle fut utilisée par Colomb le vendredi matin 12 octobre, lorsqu'il posa le pied sur la terre du Nouveau Monde. ¶
Colomb déclara, dans l'une de ses lettres au roi et à la reine d'Espagne, qu'il était l'« agent entre les mains de Dieu pour s'aventurer sur le puissant océan ». Selon Washington Irving, Colomb, lorsqu'il posa le pied sur l'île de San Salvador, prononça la prière suivante, qui a été traduite du latin : ¶
« Ô Dieu, notre Père, éternel et tout-puissant, créateur du ciel, de la terre et de la mer, nous glorifions ton saint nom, nous louons ta majesté, toi que nous servons en toute humilité, nous plaçons sous ta sainte protection cette nouvelle partie du monde. » ¶
Plymouth Rock est depuis longtemps devenu l'emblème de la liberté américaine, cette liberté née d'un juste respect des droits de tous les hommes et de la reconnaissance du caractère permanent de la religion. Les Pères pèlerins étaient des hommes d'une foi profonde en la Providence de Dieu. Leur venue en Amérique par-delà l'océan inexploré fut un événement ordonné de Dieu pour l'établissement ultime de son royaume sur la terre. Bien des siècles avant la naissance du Sauveur, le prophète Néphi écrivit ces paroles en regardant vers l'avenir : ¶
« Et il arriva que je regardai et vis de nombreuses eaux ; et elles séparaient les Gentils de la postérité de mes frères. ¶
« Et je regardai et vis un homme parmi les Gentils, qui était séparé de la postérité de mes frères par les nombreuses eaux ; et je vis que l'Esprit de Dieu descendait et agissait sur cet homme ; et il s'en alla sur les nombreuses eaux vers la postérité de mes frères qui était dans la terre promise. ¶
« Et il arriva que je vis que l'Esprit de Dieu agissait sur d'autres Gentils ; et ils sortirent de captivité sur les nombreuses eaux. ¶
« Et il arriva que moi, Néphi, je vis que les Gentils qui étaient sortis de captivité s'humiliaient devant le Seigneur. » (1 Néphi 13:10, 12-13, 16.) C'est sous une direction divine que les Pères pèlerins vinrent en Amérique et y implantèrent les institutions de la civilisation. Par le Pacte du Mayflower, ils établirent une république, la plus haute forme d'institution politique connue de l'homme. ¶
Une telle république était inconnue jusqu'à leur époque, et c'était le seul pays où une nation de ce genre était possible. ¶
Ce continent était resté inconnu jusqu'à ce que les hommes qu'il fallait, formés comme il le fallait, puissent bâtir leurs foyers dans la contrée sauvage et tenir le terrain pour un dessein plus grand que ce qu'ils savaient. Ces chrétiens avaient en tête une nouvelle cité de Dieu dans la contrée sauvage, et ils firent du poisson l'emblème de leur communauté, qui est depuis les temps anciens le symbole de l'humilité chrétienne. ¶
Le pasteur John Robinson fut l'un des plus éminents des Pères pèlerins, et pourtant il ne posa jamais le pied sur le sol américain. Le petit groupe qui quitta Leyde, en Hollande, en 1620, reçut sa bénédiction et, dans ses paroles d'adieu, il leur dit : ¶
« Frères, nous allons bientôt nous séparer les uns des autres, et si je vivrai jamais assez pour revoir vos visages sur la terre, le Dieu du ciel seul le sait : ¶
mais que le Seigneur l'ait ou non ordonné, je vous adjure devant Dieu et ses saints anges de ne pas me suivre plus loin que vous ne m'avez vu suivre le Seigneur Jésus-Christ. Si Dieu vous révèle quoi que ce soit, par quelque autre de ses instruments, soyez aussi prêts à le recevoir que vous l'avez jamais été à recevoir la vérité par mon ministère ; car je suis pleinement persuadé, je suis très confiant que le Seigneur a encore plus de vérité qui doit jaillir de sa sainte parole. Pour ma part, je ne puis assez déplorer la condition des églises réformées, qui en sont arrivées à un terme en matière de religion, et n'iront pour le moment pas plus loin que les instruments de la réforme. » ¶
C'est pourquoi nous sommes reconnaissants d'avoir été bénis de connaître que l'Évangile a été rétabli par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, et c'est là notre témoignage. La raison pour laquelle j'en parle comme je le fais est qu'il y a un certain nombre de personnes dans cette assemblée qui ne sont pas membres de l'Église. ¶
Des milliers de personnes ont accepté l'Évangile, et nous croyons en la pureté des enseignements de l'Évangile de Jésus-Christ comme nul autre. C'est une chose merveilleuse. ¶
Lorsque vint le moment pour les Saints de se déplacer vers l'ouest, ils vinrent sous la conduite d'un prophète de Dieu. Ils s'établirent dans cette vallée. C'était une vallée d'armoise, très sèche en été, froide en hiver. Ils vinrent en l'an 1847, et à partir de ce moment-là, sans cesse, il y eut des compagnies de Saints des derniers jours dans les plaines, venant en Utah, venant en petits nombres puis en groupes plus importants, jusqu'à ce que le territoire soit peuplé et que l'Utah soit fondé en tant qu'État. ¶
Une pensée merveilleuse fut exprimée par le président Brigham Young dans la Première Épître générale au peuple à la fin de 1847. Elle indiquait le grand amour et le grand respect que lui et les Saints des derniers jours avaient pour toutes les personnes. ¶
« Venez donc, vous, Saints ; venez donc, vous, hommes honorables de la terre ; venez donc, vous, sages, vous, savants, vous, riches, vous, nobles, selon les richesses, et la sagesse, et la connaissance du grand Jéhovah ; de toutes les nations, et tribus, et royaumes, et langues, et peuples, et dialectes sur la face de toute la terre, et joignez-vous à l'étendard d'Emmanuel, et aidez-nous à édifier le royaume de Dieu, et à établir les principes de vérité, de vie et de salut, et vous recevrez votre récompense parmi les sanctifiés, lorsque le Seigneur Jésus-Christ viendra rassembler ses joyaux ; et nulle puissance sur la terre ni en enfer ne pourra prévaloir contre vous. ¶
« Le royaume de Dieu consiste en principes corrects ; et peu importe quelle est la foi religieuse d'un homme ; qu'il soit presbytérien, ou méthodiste, ou baptiste, ou Saint des derniers jours ou “mormon”, ou campbellite, ou catholique, ou épiscopalien, ou mahométan, ou même païen, ou quoi que ce soit d'autre, s'il veut plier le genou et confesser de sa langue que Jésus est le Christ, et soutenir de bonnes et saines lois pour la régulation de la société, nous le saluons comme un frère, et nous le soutiendrons tant qu'il nous soutiendra en ces choses ; car la foi religieuse de chaque homme est une affaire entre sa propre âme et son Dieu seul ; mais s'il renie Jésus, s'il maudit Dieu, s'il s'adonne à la débauche, à l'ivrognerie et au crime ; s'il ment, et jure, et vole ; s'il prend en vain le nom du Grand Dieu, et commet toutes sortes d'abominations, il n'aura pas de place au milieu de nous, car nous avons longtemps cherché à trouver un peuple qui pratique la droiture, qui distribue la justice également, qui reconnaisse Dieu dans toutes ses voies, qui respecte ces lois et ces ordonnances sacrées qui sont consignées dans ce livre sacré appelé la Bible, que nous croyons véritablement et que nous proclamons jusqu'aux extrémités de la terre. » ¶
En conclusion, j'ai un mot ou deux à dire au sujet de l'un de mes amis dévoués. ¶
Le chef de l'Église catholique en Utah, l'évêque Duane G. Hunt, est décédé l'autre jour. C'était l'un des hommes les plus excellents, et c'est il y a moins d'un an seulement que l'évêque Hunt a dit à un visiteur : « Il y a une chose que je sais. L'Église mormone a été courtoise et bienveillante envers chaque âme qui vit. Les gens sont allés de l'avant en donnant et en rendant leur témoignage que Dieu vit et a rétabli l'Évangile. » ¶
Puissions-nous tous parvenir à la foi dont les orateurs nous ont parlé ce matin et dont les orateurs nous parleront aujourd'hui et mercredi. Grandissons, car c'est dans cette croissance que se trouvent notre salut, notre joie de vivre, et nous trouvons certainement ce que signifie la vie. ¶
Que Dieu nous bénisse tous par les saints desseins, la prêtrise de Dieu, je le demande en son nom. Amen. ¶