Mes frères et sœurs, en octobre 1931...
Antoine R. Ivins
Mes frères et sœurs, en octobre 1931, j'ai occupé cette position pour la première fois, en tant que votre serviteur désigné. Je l'ai occupée à chaque conférence depuis lors, et cela ne devient pas plus facile, frères et sœurs. On ressent un sentiment de responsabilité croissante avec le passage des années et les expériences que procure cette fonction ; c'est pourquoi je sollicite l'appui de votre foi et de vos prières, afin que peut-être quelque chose que je dirai soit utile à certains d'entre nous, car le seul but que nous ayons est d'aider à parvenir à une amélioration de notre vie en tant que membres de l'Église. ¶
On vous a dit que je suis membre du Premier conseil des soixante-dix. ¶
Il est étonnant de voir combien de gens pensent que je puis être membre du Premier conseil des soixante-dix et grand prêtre dans l'Église, ce qui n'est pas le cas. ¶
Je pense qu'il serait peut-être approprié, si je puis puiser dans mon expérience, de vous dire simplement quelques mots sur la manière dont les soixante-dix sont nés sous l'inspiration donnée au prophète Joseph Smith. ¶
Presque tous les hommes qui furent ordonnés soixante-dix pendant cette première période étaient des hommes qui avaient mis leur vie à la disposition du prophète Joseph Smith. ¶
Presque tous étaient des hommes qui étaient descendus au camp de Sion et avaient montré leur volonté, si nécessaire, de donner leur vie pour l'œuvre de l'Église, sous la direction du prophète. ¶
Puis vint un moment, peu de temps après, où le prophète fut inspiré à appeler et à ordonner douze hommes à l'apostolat de l'Église ; c'était en 1835, au début de l'année. ¶
Cela fut suivi, en quelques semaines, par l'ordination d'un certain nombre d'hommes comme soixante-dix dans l'Église, et avant que bien des semaines ne se soient écoulées, il y avait trois groupes complets de soixante-dix chacun et quarante d'un quatrième groupe qui avaient été ordonnés à la fonction de soixante-dix. Sept hommes furent placés à la tête de tous pour diriger leurs efforts. ¶
Les choses se passèrent assez bien pendant un temps, puis un jour, deux hommes travaillaient dans une briqueterie, l'un était grand prêtre et l'autre était soixante-dix, et le grand prêtre entreprit de corriger le soixante-dix, et il le réprimanda pour quelque chose que lui, le soixante-dix, avait fait, et le soixante-dix dit : « Vous ne pouvez tout simplement pas faire cela. Je détiens dans la prêtrise une fonction plus élevée que la vôtre. » Cette petite querelle les amena à porter devant le prophète Joseph Smith la question de savoir laquelle pouvait être plus élevée. Je ne sais pas si le prophète a jamais dit laquelle était plus élevée, mais il a découvert ceci, que cinq des hommes qui avaient été désignés comme soixante-dix de l'Église avaient déjà été ordonnés grands prêtres, et on rapporte qu'il a dit qu'il est contraire à la vision qu'un grand prêtre préside dans les collèges des soixante-dix, de sorte que ces cinq hommes furent retirés, et cinq autres prirent leur place comme présidents. ¶
Pendant toute la vie du prophète Joseph Smith, il n'y eut que ces sept hommes, sous la direction des douze, pour diriger l'œuvre des soixante-dix. ¶
À la première conférence après la mort du prophète, un membre du Conseil des douze présenta à la conférence une résolution selon laquelle tous les anciens de moins de trente-cinq ans, qui étaient disposés à accepter la responsabilité de l'œuvre missionnaire, devaient être ordonnés dans le collège des soixante-dix, et assez d'hommes furent ordonnés pour former douze collèges. Puis ce premier groupe de soixante-dix fut divisé en dix groupes et chaque groupe de sept devint les présidents d'un collège. Les sept premiers demeurèrent la présidence de tous les soixante-dix de l'Église ; le deuxième, le troisième, le quatrième jusqu'au dixième devinrent les présidents d'autres collèges, la théorie qui prévalait, semble-t-il, étant que le premier collège était le collège président de tous les soixante-dix de l'Église. ¶
Or le premier collège des soixante-dix n'a pas été maintenu intact, sauf pour sa présidence, dont les membres sont soutenus comme membres des Autorités générales de l'Église. ¶
Or, ces frères ont reçu une fonction très spéciale dans la prêtrise. Tous les anciens de moins de trente-cinq ans qui sont disposés et dignes de faire l'œuvre missionnaire devraient être ordonnés soixante-dix, et c'est là la responsabilité première des soixante-dix dans l'Église. ¶
Un appel a été lancé hier soir pour un grand nombre de missionnaires, une grande augmentation du nombre de missionnaires dans l'Église. Il se trouve que je fais partie de ce comité missionnaire depuis mon entrée dans le Premier conseil et que je me rends compte de la nécessité de cette augmentation. Nous avons vingt mille hommes dans cette Église qui sont soixante-dix, plus de vingt mille, je crois, chacun d'eux engagé à proclamer l'Évangile rétabli de Jésus-Christ. Chacun d'eux devrait être qualifié dans ce but précis. Et que devrait-il être disposé à faire ? Chacun d'eux, et chaque fils qu'il devrait élever dans la perspective de devenir missionnaire, devrait pouvoir témoigner qu'il sait que Dieu et le Christ sont des Êtres personnels, un témoignage qui, ai-je souvent dit, est revenu au monde par la vision qui fut donnée en premier au prophète Joseph Smith. Il doit pouvoir témoigner que, par expérience, il sait que Dieu vit, que Jésus-Christ est son Fils. Il doit manifester une foi qui le poussera à répondre à tout appel légitime qui pourrait lui être adressé par la direction appropriée dans l'Église. ¶
Il arrive cependant que beaucoup ont des responsabilités familiales et que leur seule occasion de répondre à cette mission particulière se trouve dans les pieux de Sion, mission tout aussi importante que celles des champs étrangers. Elle n'exige pas le même temps, elle n'exige pas la même perte de revenu. Il y a bien des choses qui sont avantageuses en elle, par comparaison avec l'autre, si l'on veut appeler avantage le fait d'éviter ces responsabilités. Mais c'est une mission importante, car nul ne peut dire qu'un converti dans un pieu n'est pas aussi important qu'un converti dans n'importe quelle mission étrangère que l'on voudra nommer. Mais le fait est que nous attendons d'eux ce genre de service, d'une manière ou d'une autre. Nous attendons de chacun d'eux qu'il vive de telle manière que ses enfants qui grandissent puissent grandir avec la foi en Jésus-Christ comme Fils de Dieu, et avec une aspiration et une ambition d'être un jour capables de le déclarer à des gens qui n'en sont pas encore venus à le comprendre et à avoir le glorieux privilège d'être membres de l'Église. ¶
Je me demande dans quelle mesure les soixante-dix le font. Je me demande dans quelle mesure les anciens le font, car c'est aussi leur problème. Je me demande dans quelle mesure les grands prêtres le font, dans quelle mesure ils inculquent dans le cœur et l'esprit de leurs enfants qui grandissent le témoignage que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, qu'il est notre Frère aîné, et qu'ils vivent, qu'ils entendent et exaucent les prières, et que cette grande œuvre est venue à l'existence parce que Dieu et le Christ sont bel et bien apparus au prophète Joseph Smith, parce que, sous leur mandat, d'autres êtres qui avaient vécu sur cette terre, comme êtres ressuscités je suppose, célestialisés, quel que soit le nom qu'on leur donne, sont revenus sur la terre et ont conféré une prêtrise à Joseph et à Oliver, et qu'avec cette autorisation et sous l'inspiration directe de Dieu, notre Père céleste, une organisation de l'Église a été fondée pour régir l'usage des privilèges de la prêtrise dans les ordonnances essentielles à l'exaltation dans le royaume de Dieu. ¶
Tout garçon qui compte partir en mission, tout garçon ou toute fille qui aspire à une mission, devrait, par sa manière de vivre, par son étude, sa foi et sa prière, parvenir à un point où il puisse témoigner de ces choses avant d'entrer dans le champ missionnaire. ¶
Or, frères et sœurs, ce n'est pas toujours là notre heureuse expérience, en tant que directeurs de cette grande œuvre missionnaire. Trop souvent, des jeunes gens inexpérimentés, presque non convertis, répondent à notre suggestion. ¶
Il n'arrive presque jamais qu'ils n'obtiennent pas ce témoignage, une fois qu'ils sont dans le champ missionnaire et se consacrent à l'œuvre. Mais ne pouvez-vous pas imaginer que si ce témoignage était implanté dans leur cœur quand ils sont de jeunes gens en pleine croissance, leur vie serait différente, de sorte qu'ils auraient toujours droit à l'Esprit de Dieu pour les guider et les diriger, pour les aider dans leurs études et leur préparation à cette grande œuvre. Y a-t-il quelque chose de plus grand que les gens puissent faire que d'offrir à d'autres la possibilité d'être membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et de leur donner ainsi le privilège de mériter une exaltation dans le royaume de Dieu ? Je pense que c'est la plus grande bénédiction que quiconque puisse jamais offrir aux gens. ¶
Or, les soixante-dix ont cela pour appel particulier et pour responsabilité particulière. Dans quelle mesure exactement nous nous en acquittons, je ne saurais le dire. Je puis dire ceci cependant, qu'en tant que membre du Premier conseil, je suis extrêmement fier de la vie que mènent la plupart de nos soixante-dix, et de leur volonté de se sacrifier pour ce grand et digne but. ¶
Mais la grande chose qui est ressortie, ou l'une des grandes choses qui sont ressorties, des entretiens que nous avons eus avec les présidents de mission ces derniers jours, c'est le fait que certains de ces jeunes gens n'ont pas été ainsi instruits et qu'ils doivent l'apprendre sous la direction des présidents de mission. ¶
Cela devient une grave responsabilité pour un président de mission que d'avoir à implanter dans l'âme et le cœur d'un jeune homme le témoignage qui aurait dû y être placé par son père, par sa propre foi et sa prière et son service envers l'Église. ¶
Or, si nous pouvions seulement comprendre ceci, frères et sœurs, si nous pouvions comprendre, quand ces petits grandissent, que le soin apporté à notre façon de vivre, le soin apporté aux choses que nous faisons, le soin apporté aux choses que nous leur enseignons peuvent ancrer si bien dans leur conscience un témoignage de la vérité qu'à la maturité ils auront été capables de traverser toutes les épreuves de l'adolescence et d'en sortir indemnes. Voilà l'objectif, frères et sœurs, de cette grande œuvre — l'un de ses objectifs. ¶
Et en tant que pères de cette génération qui grandit, et en tant que mères, nous avons cette responsabilité, frères et sœurs, de préparer ces jeunes gens à ce service, parce que c'est l'un des trois principaux buts de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et je ne suis pas ici pour vous dire lequel est le plus important — l'œuvre pour les membres vivants de l'Église, l'œuvre pour nos ancêtres morts, ou l'effort pour offrir cette grande possibilité aux gens qui ne l'ont pas encore comprise. Ce sont trois buts principaux de l'Église, mais peu importe lequel de ces domaines vous visez, le problème est d'implanter dans le cœur de ces jeunes que vous avez mis au monde un témoignage qui rendra leur vie aussi proche de la perfection que possible, et leur service envers leurs semblables un service formidable et merveilleux. ¶
Que Dieu nous bénisse et nous aide, je le prie, en le faisant au nom de Jésus-Christ. ¶
Amen. ¶