Récemment, un voisin de siège dans un avion...
Sterling W. Sill
Récemment, un voisin de siège dans un avion me parlait de la science très intéressante de la balistique. ¶
Il me fit remarquer que lorsqu'une balle est tirée à travers le canon d'une arme, elle reçoit une série de marques caractéristiques qui l'identifieront à jamais avec ce canon particulier par lequel elle a été tirée. ¶
Notre conversation passa ensuite à une autre série de faits que l'on pourrait appeler la balistique mentale ou la balistique spirituelle. ¶
C'est-à-dire que lorsqu'une idée traverse l'esprit, celui-ci reçoit une série de marques caractéristiques ; par exemple, lorsqu'on pense des pensées négatives, on se forme un esprit négatif. Si l'on pense des pensées dépravées, son esprit devient dépravé. Si l'on pense des pensées damnées, un esprit damné en sera le résultat. Salomon parlait en quelque sorte en expert de balistique lorsqu'il a dit : « Car comme [un homme] pense en son cœur, tel il est. . . . » (Prov. ¶
23:7.) Au cours de notre voyage, nous avons dû faire une escale d'une heure entre deux avions. Pendant notre attente, nous avons examiné le genre de littérature qui était distribuée au kiosque à journaux de l'aéroport. Nous avons été frappés, comme on ne peut manquer de l'être, par le fait que l'un des problèmes les plus graves de notre époque, qu'on le considère du point de vue de l'Église ou de celui de la nation en général, est le très bas niveau des idées qui constituent une si large part de notre nourriture mentale. ¶
William James a dit un jour : « L'esprit se forme de ce dont il se nourrit. » Nous ne songerions pas à nourrir notre corps d'aliments contaminés, et pourtant nous nourrissons souvent notre esprit et notre âme de pensées contaminées, et nous faisons ainsi passer des émotions contaminées à travers notre cœur, parfois avec des résultats fatals. ¶
L'un de nos besoins les plus urgents à l'heure actuelle est de faire le ménage dans nos pensées. ¶
Parce que deux pensées opposées ne peuvent coexister dans l'esprit au même moment, la meilleure façon de se débarrasser des pensées indésirables est de leur administrer le contrepoison du bien. La meilleure façon de chasser l'obscurité d'une pièce est de la remplir de lumière. La meilleure façon de tuer le négatif est de cultiver le positif, et la meilleure façon d'améliorer notre vie est d'améliorer nos pensées. Et l'une des meilleures façons d'améliorer nos pensées est de développer l'amour de la grande littérature. ¶
Le jeune Abraham Lincoln a dit un jour : « Ce que je veux savoir est dans les livres, et mon meilleur ami est celui qui me procurera un livre que je n'ai pas lu. » Et dans l'une des voix les plus autorisées de l'Écriture des derniers jours, le Seigneur a dit : « Il est impossible à un homme d'être sauvé dans l'ignorance. » (D. & A. 131:6.) Et il est tout aussi impossible d'être sauvé en lisant le genre d'histoires à caractère sexuel et de romans policiers à meurtres qui constituent une si large part de notre littérature contemporaine. ¶
Ce matin, j'aimerais partager avec vous quelques citations concernant la valeur des grandes idées et des idéaux stimulants tels que les bons livres nous les rendent accessibles. Quelqu'un a dit : « Les livres sont parmi les biens les plus précieux de la vie. Ils sont la création la plus remarquable de l'homme. Rien d'autre de ce que l'homme construit ne dure jamais. Les monuments tombent, les civilisations périssent, mais les livres demeurent. » ¶
« La lecture attentive d'un grand livre est en quelque sorte un entretien avec les plus nobles hommes des siècles passés qui l'ont écrit. » ¶
Charles Kingsley a dit un jour : « Il n'y a rien de plus merveilleux qu'un livre. ¶
Il peut être un message qui nous vient des morts, d'âmes humaines que nous n'avons jamais vues, qui vécurent peut-être à des milliers de milles, et pourtant ces petites feuilles de papier nous parlent, nous éveillent, nous instruisent, ouvrent notre cœur et, à leur tour, nous ouvrent leur cœur comme des frères. » ¶
« Sans les livres, Dieu est silencieux, la justice dort, la philosophie est boiteuse. » ¶
John Milton a dit : « Les livres ne sont pas des choses mortes, mais contiennent en eux une certaine puissance de vie, aussi active que l'âme dont ils sont la progéniture. Ils conservent, comme dans une fiole, la plus pure efficacité de l'intelligence vivante qui les a engendrés. » ¶
Bien sûr, la grande littérature du monde a pour centre la sainte Bible. Les écrits de Shakespeare contiennent à eux seuls quelque 550 citations et allusions bibliques. ¶
Les œuvres de Tennyson comportent 330 références bibliques. Les œuvres d'Emerson sont remplies d'idées bibliques, et le Nouveau Testament relate quatre-vingt-neuf occasions où le Maître lui-même a cité les grandes Écritures. ¶
Songez à l'effet que la Bible a eu dans des vies individuelles. En regardant en arrière, nous voyons le jeune Abraham Lincoln couché devant le feu ouvert, lisant la Bible, et il est facile de suivre l'influence de la Bible dans sa vie tout au long de sa carrière. Un passage de la Bible dans l'esprit d'un autre jeune homme du nom de Joseph Smith a contribué à changer l'histoire religieuse du monde. • Ou encore, songez à l'effet qu'a eu l'enseignement de la Bible sur l'ascension et la chute des nations. La plupart des nations du passé sont tombées parce qu'elles ont désobéi à la loi divine. Ce sera certainement encore un facteur déterminant de toute réussite nationale. ¶
Avec une remarquable perspicacité, Daniel Webster fit un jour cette déclaration prophétique : « Si nous demeurons fidèles aux principes enseignés dans la Bible, notre pays continuera de prospérer, mais si nous, ou nos enfants, négligeons son enseignement et son autorité, nul ne peut dire avec quelle soudaineté quelque calamité pourra nous accabler et ensevelir toute notre gloire dans une profonde obscurité. » ¶
Nous inscrivons sur nos pièces de monnaie la devise « Nous avons confiance en Dieu. » Nous devrions au moins savoir de quelle sorte de Dieu nous parlons. ¶
On a fait remarquer : « Nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve, mais nous savons qui tient l'avenir. » Et nous pouvons être certains que notre prospérité nationale aussi bien que notre exaltation individuelle dépendent de la façon dont nous saurons utiliser ce grand réservoir de vérité spirituelle. ¶
En cette époque incertaine, nous avons besoin des grandes Écritures comme jamais auparavant. ¶
Notre problème, bien sûr, est que, si grande que puisse être notre littérature, même si nous avons la parole de Dieu lui-même prononcée à notre époque, cela ne nous aide guère à moins que nous ne sachions ce qui a été dit et que nous nous gouvernions ensuite en conséquence. ¶
Le cinquième chapitre du livre de Moïse raconte comment Dieu tenta d'enseigner à la postérité d'Adam à vivre les principes de l'Évangile. Mais Satan vint parmi eux en disant : « Ne le croyez pas », et beaucoup ne le crurent pas. Ce même problème afflige le monde depuis lors. ¶
L'un de nos grands Articles de foi dit : « Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement ; nous croyons aussi que le Livre de Mormon est la parole de Dieu. » Mais non seulement Satan est parmi nous, disant : « Ne le croyez pas », ¶
il va beaucoup plus loin et dit aussi : « Ne la lisez même pas. » Et les enquêtes sur la lecture montrent que la plupart des gens, dans l'Église comme en dehors, suivent cette malheureuse direction. Très peu de gens lisent régulièrement la Bible dans un but précis, et la grande majorité ne la lisent presque pas. ¶
On rapporte qu'une instructrice de l'École du Dimanche demanda un jour aux membres de sa classe s'ils savaient ce qu'il y avait dans la Bible, et qu'une petite fille leva la main. ¶
L'instructrice dit : « Très bien, Mary Jane, lève-toi et dis à la classe ce qu'il y a dans la Bible. » Et Mary Jane répondit : « Il y a une mèche de cheveux de bébé dedans ; il y a des violettes pressées du prétendant de sœur ; et il y a des lettres d'amour de grand-mère. » Nous devrions nous rappeler qu'il y a dans la Bible certaines choses dont Mary Jane n'avait apparemment jamais entendu parler. ¶
Premièrement, les doctrines de la vie éternelle s'y trouvent. La Bible nous instruit au sujet de Dieu, notre Père éternel, et de ce que devrait être notre relation avec lui. On demanda un jour à Lord Calvin de nommer la plus grande découverte qui ait jamais été faite, et il répondit : « La plus grande découverte qui se fasse jamais, c'est lorsqu'un homme découvre Dieu. » Jésus a indiqué cette même vérité lorsqu'il a prié : « Et c'est ici la vie éternelle : qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17:3.) Songez à l'avantage que le jeune Timothée avait sur beaucoup de nos enfants. ¶
Paul a dit à Timothée : « . . . dès l'enfance tu connais les saintes Écritures, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est en Jésus-Christ. » Puis il a dit : « Toute Écriture est donnée par inspiration de Dieu, et est utile pour la doctrine, pour la réprimande, pour la correction, pour l'instruction dans la justice : » (II Tim. 3:15-16.) Songez au profit que montrerait notre vie si nous pouvions absorber les leçons des grandes paraboles, ou la philosophie de la règle d'or, ou l'esprit de la responsabilité individuelle de l'homme envers Dieu, ou la stimulation que renferme la doctrine de la progression éternelle. Ou encore, supposons que nous obtenions les réponses de Dieu aux grandes questions de la vie, y compris celle qu'exprima le jeune chef riche lorsqu'il demanda : « Bon maître, que ferai-je pour hériter la vie éternelle ? » (Luc 18:18.) Il y a dans la Bible d'importants « tu ne feras pas ». Le Seigneur a dit qu'il y a des choses que nous ne devons tout simplement pas faire. La plupart des dix commandements entrent dans cette catégorie. La Bible nous parle du fruit défendu, du terrain défendu, des désirs défendus et des pensées défendues. Comme l'a fait remarquer Cecil B. De Mille : « Il ne nous est pas possible d'enfreindre les dix commandements, nous ne pouvons que nous briser nous-mêmes contre eux. » ¶
Il y a dans la Bible ce que quelqu'un a appelé une série de « billets à ordre ». ¶
Chaque commandement est assorti d'une bénédiction pour son observance fidèle. Mais le Seigneur a dit : « Moi, le Seigneur, je suis lié lorsque vous faites ce que je dis ; mais lorsque vous ne faites pas ce que je dis, vous n'avez pas de promesse. » ¶
(D. & A. 82:10.) Il a dit : « Je commande, et les hommes n'obéissent pas ; je révoque, et ils ne reçoivent pas la bénédiction. » (Ibid., 58:32.) Cela signifie que toutes les bénédictions ne s'appliquent pas à nous individuellement. Seules s'appliquent à nous les lois que nous vivons réellement ; par exemple, le Seigneur a dit par la bouche de Malachie : « Apportez toutes les dîmes à la maison du trésor . . . », puis il a promis : « et mettez-moi de la sorte à l'épreuve ... si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux, et ne répands pas sur vous une bénédiction, de sorte qu'il n'y ait pas assez de place pour la recevoir. » (Mal. 3:10.) Mais cela ne s'applique pas à nous, à moins que nous ne payions notre dîme. ¶
Supposons que nous arrachions de la Bible les passages qui ne s'appliquent pas à nous personnellement. C'est-à-dire que, si nous ne sanctifions pas le jour du sabbat, ou si nous manquons d'observer les lois de l'honnêteté, de la chasteté, de la tempérance, du repentir et du baptême, alors nous ferions mieux d'arracher ces parties de l'Écriture, afin de ne pas nous tromper inutilement nous-mêmes en imaginant qu'elles s'appliquent à nous. Il serait intéressant que chacun de nous découvre quelle serait l'épaisseur de sa propre version particulière de la Bible dans ces conditions. On demanda un jour à quelqu'un s'il était chrétien, et il répondit qu'il l'était, par endroits. Je suppose qu'il vaut mieux être chrétien par endroits que ne pas être chrétien du tout. Mais nous devrions garder à l'esprit que, lorsque notre christianisme vient par endroits, nos bénédictions viendront elles aussi par endroits. ¶
Autant que je sache, l'idée la plus passionnante, la plus exaltante qui soit au monde est que, si nous le choisissons, nous pouvons vivre chacun de ces grands commandements de Dieu, et ainsi nous pouvons faire de nous des bénéficiaires de chacun de ces billets à ordre scripturaires. ¶
Il y a dans la Bible une grande inspiration. ¶
Parfois nous exprimons un important besoin humain en disant : « Si seulement j'avais quelqu'un pour me donner de temps en temps un coup de pouce, quelqu'un à admirer. Quelqu'un pour raviver ma foi et remonter mon enthousiasme. » Le plus grand besoin de la plupart d'entre nous est simplement d'une inspiration franche, honnête et authentique. Lorsque vous ressentez un tel besoin, supposez que vous vous tourniez vers ce grand volume que quelqu'un a appelé « le Qui est qui de Dieu » ; c'est-à-dire que les Écritures parlent des hommes qui sont importants pour Dieu, et ce sont eux qui peuvent le mieux élever notre vie. Thomas Carlyle a dit un jour : « On ne peut regarder un grand homme sans gagner quelque chose de lui. » Il est certain que l'on ne peut étudier la vie de figures aussi imposantes qu'Abraham et Moïse, Pierre et Paul sans en être élevé. ¶
Par la Bible, nous pouvons puiser dans les expériences accumulées de quelques-uns des plus grands hommes qui aient jamais vécu. Un étudiant assidu des Écritures acquiert un pouvoir nouveau de penser, de sentir et de jouir. C'est une source de délice des plus exquis et des plus durables que d'avoir l'esprit meublé de pensées dignes d'intérêt, de belles expressions et d'idéaux stimulants. ¶
Ou encore, nous pouvons revivre dans notre propre vie les grands événements de la Bible. Supposons, par exemple, que nous allions en imagination nous tenir sur le mont Sinaï où, accompagnés des éclairs et des tonnerres de cette sainte montagne, Dieu donna la loi à Moïse. Nous voyons le grand prophète descendre de la présence de Jéhovah, la gloire de Dieu reposant sur lui avec une telle intensité que le peuple ne pouvait supporter sa présence. ¶
Puis, en un instant, nous pourrions choisir de franchir les 1500 années suivantes et d'aller sur les collines de Judée pour le premier Noël, et de célébrer avec cette compagnie angélique l'événement le plus important qui se soit jamais produit sur cette terre, la naissance du Sauveur du monde. Puis supposons que nous le suivions pendant ces trente-trois années où il marcha sur les routes poussiéreuses de cette terre, et que nous tâchions d'apprendre les leçons que sa vie enseigne. ¶
L'une des lignes les plus inspirantes de toutes les Écritures fut prononcée par la mère de Jésus aux noces de Cana. ¶
Elle dit aux serviteurs : « Quoi qu'il vous dise, faites-le. » (Jean 2:5.) Quelle devise inspirante ce serait pour notre vie individuelle ! Ou encore, supposons qu'en esprit nous allions avec lui dans le jardin de Gethsémané où, sous le fardeau de nos péchés, il suait de grosses gouttes de sang par tous les pores. Ou encore, nous pourrions aller nous tenir, tête découverte et cœur contrit, devant la croix dressée sur cette colline aride de Judée, tandis que ce Souffrant couronné d'épines payait pleinement le prix de notre rédemption. Comme notre reconnaissance serait accrue et notre vie sanctifiée si nous revivions avec sympathie ces grands événements qui ont tous eu lieu dans notre intérêt. Nous ne devons pas blâmer seulement les gens de ce temps-là d'avoir fait mourir Jésus sur la croix. Nous devons aussi porter notre part de culpabilité. Ce sont vos péchés et les miens qui ont rendu nécessaire qu'il offre volontairement sa propre mort. Mais maintenant la plus grande occasion de notre vie est de veiller à ce que son expiation n'ait pas été faite en vain. ¶
Emerson toucha un jour à l'un de nos plus grands dangers actuels lorsqu'il dit : « Au bord d'un océan de vie et de vérité, nous mourons misérablement. ¶
Parfois nous sommes le plus loin lorsque nous sommes le plus près. » Songez combien étaient proches ceux qui vécurent à la même époque que Jésus. Il marchait parmi eux. ¶
Ils entendirent ses enseignements. Ils eurent connaissance de ses miracles, et pourtant ils étaient si loin. Lorsque Satan vint parmi eux en disant : « Ne le croyez pas », ils prononcèrent eux-mêmes leur propre condamnation en disant : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants. » (Matt. 27:25.) Et il en a été ainsi, et il peut en être de même pour nous. ¶
Nous sommes si proches. Nous avons les grandes Écritures. Nous avons le jugement du temps qui éclaire la vie du Christ. ¶
L'Évangile a été rétabli dans une plénitude jamais connue auparavant dans le monde. ¶
Nous avons le témoignage écrit de nombreux témoins, anciens et modernes, et pourtant, si nous « ne le croyons pas », nous pouvons être si loin. Même en cet âge de merveilles et de lumières, Satan nous pousse encore à marquer notre âme de la contamination de pensées inférieures, alors que la plus grande occasion de notre vie est de lire davantage, d'étudier davantage, de croire davantage et de vivre davantage cette parole de Dieu qui est toujours capable de nous rendre sages à salut. ¶
L'un des accomplissements les plus passionnants que je puisse concevoir est que, comme Église et comme nation, nous puissions aspirer à dire, d'une pleine compréhension : « Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu. » Puissions-nous ordonner notre vie de telle sorte que ce grand accomplissement soit réalisé, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶