Je me réjouis avec vous, mes frères et...
Legrand Richards
Je me réjouis avec vous, mes frères et sœurs, du privilège d'assister à cette merveilleuse conférence et d'écouter les témoignages des serviteurs du Seigneur, y compris le grand témoignage que nous a rendu ce matin le président McKay. ¶
Je remercie le Seigneur pour mon témoignage : je sais que cette œuvre est vraie, et je sais que la puissance de Dieu est en elle ; que cette Église est bâtie sur le fondement des apôtres et des prophètes, et que le Christ, notre Seigneur, est véritablement le chef de son Église aujourd'hui, comme il l'a toujours été. ¶
Je viens d'avoir le privilège, avec mon épouse, sur désignation du président McKay, de visiter cinq des missions d'Europe — les missions danoise, suédoise, norvégienne, finlandaise et néerlandaise — et sœur Richards et moi apprécions cette occasion très, très vivement. J'aime l'œuvre missionnaire. J'aime l'esprit de l'œuvre missionnaire. Je sais que l'Esprit du Seigneur est dans l'œuvre missionnaire. ¶
Lorsque Jésus fut ressuscité et envoya ses disciples dans le monde entier prêcher l'Évangile à toute créature, il dit : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde », (Matthieu 28:20), indiquant que lorsque son royaume serait établi dans les derniers jours, il serait avec ses serviteurs jusqu'à la fin du monde. Et je sais que l'Esprit du Seigneur est dans ce grand mouvement missionnaire. ¶
Nous avons eu le privilège de visiter plus de cinq cents missionnaires et d'entendre leurs témoignages, et j'ai eu un entretien personnel avec chacun d'eux ; et si vous, parents, aviez pu entendre les témoignages de ces missionnaires, vous auriez été fiers, et vous vous seriez sentis dédommagés des sacrifices que vous faites pour les maintenir dans le champ missionnaire. Beaucoup d'entre eux ont exprimé dans leur témoignage leur gratitude envers leurs parents pour le privilège d'être dans le champ missionnaire. Certains ont parlé des difficultés financières que leurs parents avaient connues. Un garçon a dit que son père était sans travail lorsqu'il avait été appelé à partir, mais que celui-ci ne voulait pas faire obstacle à ce que ce fils soit un ambassadeur de la vérité éternelle, et beaucoup d'entre eux ont témoigné que leurs parents avaient prospéré financièrement comme jamais auparavant pendant que leurs fils étaient dans le champ missionnaire. ¶
Autre chose qui m'a enthousiasmé dans leurs témoignages : beaucoup ont témoigné que leurs parents et les membres de leur famille étaient devenus plus intéressés et plus actifs dans l'Église pendant que leurs fils étaient dans le champ missionnaire, de sorte que ce grand programme missionnaire est en quelque sorte comme une épée à double tranchant. Il accomplit une œuvre merveilleuse dans le champ missionnaire, et il accomplit une œuvre merveilleuse ici, chez nous. ¶
Un missionnaire avec qui j'ai eu un entretien au Danemark a dit : « J'adore presque le président Petersen, mon président de mission. C'est lui qui a apporté l'Évangile à mon père dans ce pays, et nous sommes maintenant cinquante-sept dans l'Église grâce à cette seule conversion. » ¶
Un autre jeune homme, qui était conseiller dans la présidence de cette mission, était le septième fils d'un converti de cette mission à retourner dans le champ missionnaire — un jeune homme merveilleux — et il a dit : « Frère Richards, ne pourrais-je pas rester six mois de plus ? » ¶
J'ai dit : « Non, vous feriez mieux de rentrer chez vous. ¶
Vous avez votre service militaire à mettre derrière vous et vos études, et ensuite vous devriez vous marier, et alors vous pourrez élever vos garçons comme votre père l'a fait et les renvoyer en mission, et ils feront le reste de votre œuvre missionnaire à votre place. » ¶
Ç'a été une chose merveilleuse d'être avec ces missionnaires et de sentir leur esprit, et je remercie le Seigneur pour les expériences qui ont été les miennes. On dit que la preuve du pudding se trouve dans le fait de le manger, et j'ai eu le privilège d'accomplir quatre missions et d'en présider deux, et de visiter beaucoup de missions, et je ne voudrais pas élever un garçon en ce jour et cette génération sans qu'il aille en mission pour son bien et, parce que je pense que nous devons tant au monde, pour partager avec lui les merveilleuses vérités de l'Évangile. ¶
Si vous, parents, aviez pu voir l'éclat de leur visage lorsque les missionnaires amenaient leurs investigateurs nous serrer la main, vous ne penseriez pas qu'il existe dans ce monde quoi que ce soit qui puisse compenser et remplacer les expériences qui étaient les leurs. ¶
Les missionnaires jeûnent pour leurs investigateurs. Deux des missionnaires ont jeûné toute la journée pour que leur investigateur ne les déçoive pas alors qu'ils avaient organisé pour elle un service baptismal ce soir-là à Trondheim, dans le nord de la Norvège. Nous sommes allés au bord d'un fjord après dix heures du soir, le soleil brillant encore, et quel spectacle merveilleux de voir les missionnaires et la sœur vêtus de blanc ! Le missionnaire la conduisit dans les eaux du baptême, et quand elle revint, mon épouse dit, par l'intermédiaire de l'interprète : « Est-ce que c'était froid ? » Elle dit : « C'est deilig. » Cela veut dire : c'est beau. Je ne sais pas si certains d'entre vous, Scandinaves, le reconnaîtront ou non, mais c'était sa façon de dire que c'était merveilleux. ¶
C'était merveilleux. Ç'a été une chose merveilleuse d'assister à ce baptême. Nous étions là à le regarder, et beaucoup de touristes ou de vacanciers le regardaient, ainsi qu'un petit voilier qui remontait le fjord, parce que cela se passait en plein air. Nous n'avons pas encore de fonts baptismaux là-bas. Toutefois, ils construisent une belle chapelle neuve et les fondations étaient faites quand nous y étions. Tandis que je regardais cette belle scène, j'ai pensé au récit de la Bible où Jean conduisit le Rédempteur du monde dans les eaux du baptême. Il ne prit pas un peu d'eau pour en asperger la tête du Sauveur. Il le conduisit dans l'eau, et nous lisons que lorsqu'il fut baptisé ils remontèrent hors de l'eau, et je me suis demandé comment des chrétiens pouvaient se satisfaire de faire asperger un peu d'eau sur leur tête au lieu d'être véritablement baptisés comme le Rédempteur du monde l'a été, surtout quand ils lisent tant de prédictions des prophètes et des apôtres selon lesquelles le jour viendrait où les hommes « transgresseraient les lois et changeraient les ordonnances ». ¶
J'ai rendu visite à un assez grand nombre de personnes qui étaient allées au temple. ¶
Elles venaient d'avoir un voyage organisé depuis chacune de ces missions scandinaves et depuis la Finlande jusqu'au temple. ¶
Une centaine de personnes environ étaient allées dans chaque groupe. ¶
Et je veux rendre hommage ici à vous, membres de ces groupes d'expression étrangère. J'ai quelque chose à voir avec votre œuvre. Mais vous avez envoyé de l'argent à ces présidents de mission pour aider certains de ces membres défavorisés à aller au temple. Vous devriez voir la joie que cela apporte dans leur vie ! Ces temples ont littéralement changé l'attitude des Saints à bien des égards. ¶
Je rendais visite à un jeune homme et à son épouse, qui avaient trois enfants. ¶
Ils venaient de rentrer du temple en Suisse, et elle a dit ceci : ¶
« Frère Richards, nous ne sommes membres de l'Église que depuis six ans seulement, et nous estimons n'avoir que six ans. ¶
Nous ne savions pas comment vivre, ni pour quoi vivre, jusqu'à ce que nous trouvions l'Église. ¶
Quand on s'arrête pour y penser, dans ces pays, selon les rapports, il n'y a qu'environ cinq pour cent (je crois que c'était trois, mais pour être prudent je dirai cinq pour cent) de la population de ces pays qui va à l'église, quelle qu'elle soit, et alors on sait le peu de choses pour lesquelles il peut y avoir vraiment à vivre dans leur vie. Parfois, en traversant ces missions, je pensais que tout ce pour quoi ils vivaient, c'était leurs vacances, car ce sont des gens remarquables pour prendre des vacances chaque été. Je ne prendrai pas le temps d'entrer dans le détail à ce sujet. Mais ils ne semblaient pas se tourner vers la vie éternelle ni vers l'exaltation éternelle ni vers la compagnie éternelle de ceux qu'ils aiment. ¶
Ils ne savaient rien de ces choses-là. Les journaux écrivent même des articles qui discutent du fait qu'il n'y a pas de Dieu. ¶
On m'a dit que beaucoup de ministres du culte admettent ouvertement devant leurs membres qu'ils ne savent pas s'il y a un Dieu ou non. Alors, vous voyez, ils ont besoin des missionnaires. Ils ont besoin de ce merveilleux message que nous avons. ¶
À propos des temples, je vous rappelle le moment où Nicodème vint trouver Jésus de nuit et dit : ¶
« Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. ¶
« Jésus répondit et lui dit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » ¶
Et Nicodème, vous vous en souviendrez, ne put comprendre cela, alors il dit : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? » ¶
Et Jésus dit : ¶
« . . . si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » ¶
Et Nicodème ne put comprendre, et Jésus dit : « Es-tu docteur d'Israël, et ne sais-tu pas ces choses ? ¶
« En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu ; et vous ne recevez pas notre témoignage. ¶
« Si je vous ai dit des choses terrestres, et que vous ne croyez pas, comment croirez-vous si je vous dis des choses célestes ? » (Jean 3:2-5, 10-12.) Et j'ai toujours pensé que les choses célestes dont Jésus parlait étaient ces merveilleuses bénédictions que nous recevons dans les temples du Seigneur, et je remercie le Seigneur de ce que les temples atteignent notre peuple dans ces pays lointains. ¶
En 1906, j'ai entendu le président Joseph F. ¶
Smith faire cette déclaration à Rotterdam, en Hollande : « Le jour viendra où les temples du Seigneur parsèmeront toute cette terre d'Europe », et j'ai vécu assez longtemps pour en voir deux là-bas, et je vous dis que cela change le sentiment de notre peuple envers l'Église de savoir que ces glorieuses bénédictions sont à leur portée. ¶
Comme nous partions du temple de Londres pour rentrer chez nous, un brave frère, qui devait avoir la soixantaine, a dit : « Frère Richards, pourquoi n'ai-je pas pu connaître cela il y a trente ans ? Pourquoi n'ai-je pas pu avoir la joie, toutes ces années, d'aider à bâtir le royaume ? » ¶
Tel est l'esprit de cette œuvre. Il ne reste pas beaucoup de temps, mais j'aimerais simplement me remémorer un instant. Lorsque je suis parti pour ma première mission, jeune homme de dix-neuf ans, nous avons reçu des instructions du président Anthon H. Lund avant de partir en mission. Entre autres choses, il a dit : « Frères, les gens vous aimeront. Maintenant, ne vous enorgueillissez pas dans votre cœur en pensant qu'ils vous aiment parce que vous valez mieux que les autres. Ils vous aimeront à cause de votre appel, de l'Esprit du Seigneur que vous emportez avec vous et de la prêtrise que vous détenez. » ¶
Je ne comprenais pas très bien ce que cela signifiait, étant garçon, mais après avoir accompli ma première mission là-bas en Hollande, j'ai versé cent fois plus de larmes en prenant le train d'Amsterdam à Rotterdam que je n'en avais versé en disant adieu aux miens pour partir dans ce pays. ¶
Je suis entré dans un foyer où j'avais eu le privilège d'apporter l'Évangile, et la petite dame, mère d'environ huit enfants, leva les yeux vers moi, et les larmes ruisselèrent sur ses joues, jusqu'en bas du devant de sa robe, et elle dit : « Frère Richards, il m'a été pénible de voir ma fille partir pour Sion il y a quelques semaines, mais c'est beaucoup plus pénible de vous voir partir », et alors j'ai su ce que frère Lund voulait dire quand il disait : « Ils vous aimeront. Ils vous aimeront à cause du message que vous leur apportez. » ¶
Puis je suis allé dire au revoir à un homme qui était au service du gouvernement. Il se tenait droit, en uniforme. Il avait l'âge d'être mon père. Il s'est mis à genoux, a pris ma main dans la sienne, l'a serrée contre lui, l'a embrassée et l'a baignée de ses larmes, et alors j'ai compris ce que frère Lund voulait dire quand il disait : « Ils vous aimeront. » ¶
Je vous le dis, mes frères et sœurs, nous devrions être reconnaissants de ce grand système missionnaire qui apporte tant de joie, de bonheur et de paix dans la vie de notre peuple. Cette petite famille qui ne savait pas comment vivre avant d'avoir trouvé l'Église, et puis songez à la révélation que ce fut pour eux des merveilleuses vérités de l'Évangile, la durée éternelle de l'alliance du mariage — ils auront leurs enfants dans le monde éternel — et le fait qu'ils peuvent être exaltés en la présence de Dieu, le Père éternel, et de son Fils, Jésus-Christ ! Comparez cela avec ce qu'ils ont dans une nation où le peuple a presque abandonné sa foi en Dieu. ¶
Je prie Dieu de nous bénir tous et de nous aider à être dignes de notre héritage et à donner librement, et je tiens à féliciter les autres qui ont envoyé de l'argent dans ces missions pour aider les jeunes gens du pays à accomplir des missions, car ils font une grande œuvre. Et si l'un de vous autres est financièrement en mesure de le faire et aimerait amasser encore quelques trésors dans le ciel, je vous invite à faire de même. ¶
Je vous laisse mes bénédictions et je prie Dieu d'être avec vous tous, et je rends témoignage de sa vérité au nom du Seigneur, Jésus-Christ. Amen. ¶